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MGP. Le métro du Grand Paris Express (GPE) fera-t-il partie des « grands travaux inutiles imposés » ?

En ce mois de janvier 2018, de nombreuses questions sont posées sur le programme de construction du métro souterrain « Grand Paris Express » que conduit la Société du Grand Paris. Quel sera son véritable coût ? Sera-t-il réalisé comme il a été annoncé ? Ou bien sera-t-il réduit ? Quelles seront les dates de ses différents achèvements ? Autant d’incertitudes à l’heure actuelle.

Le lancement du premier tunnelier du métro souterrain du «Grand Paris Express» devait être fait devant la presse le lundi 22 janvier 2018 à Champigny-sur-Marne par Philippe YVIN. La visite du chantier a été annulée en catastrophe par la Société du Grand Paris suite aux réserves formulées par la Cours des Comptes sur le surcoût de de plus de 13 milliards d’euros du programme. (Document SGP / PEE)


Le plus grand projet d’Europe. Le projet de métro Grand Paris Express comprend 200 km de lignes automatiques, soit autant que le métro actuel, et 68 gares. Ses promoteurs le qualifient de « plus grand projet urbain en Europe » . Pour eux, « il est bien plus qu’un réseau de transport, il ouvre de nouveaux horizons et offre de nombreuses opportunités. Avec lui, la métropole devient plus grande et plus unie ». (1) Les quatre nouvelles lignes du Grand Paris Express (15, 16, 17 et 18) et les lignes 11 et 14 prolongées, doivent être connectées au réseau de transport existant. Essentiellement souterrain, le nouveau métro traversera les territoires du Grand Paris pour les relier entre eux et à la capitale.

Projet du réseau du métro Grand Paris Express, Société du Grand Paris. 2017


Qui pilote le projet ? Le lancement du premier tunnelier du métro souterrain du « Grand Paris Express» devait être fait devant la presse le lundi 22 janvier 2018 à Champigny-sur-Marne par Philippe YVIN. La visite du chantier a été annulée en catastrophe par la Société du Grand Paris suite aux réserves formulées par la Cours des Comptes concernant les dérives financières du programme de plus de 13 milliards d’euros. Ce qui n’empêche pas que soit maintenu « un rassemblement festif et populaire (performances, innovations, spectacle vivant, ateliers pour les familles et les enfants, son et lumière, repas de chantier, bal populaire…». Autant de manifestations qui demeurent programmés pour le 3 février 2018 ! (2)

Le Premier ministre Édouard PHILIPPE a retiré à la Société du Grand Paris l’initiative de la communication à la presse de l’inauguration du tunnelier. C’est lui qui, en fin de compte, a visité le chantier le mardi 23 février 2018 et qui a pris en main la communication sur le sujet. Il a déclaré, sur le modèle du discours universel – c’est-à-dire d’un discours obscur, qui ne tranche rien et dans lequel toutes les opinions peuvent se retrouver – « Je suis venu voir l’ambition, l’ampleur et la complexité de cet immense projet ». Comme dit le poète comprenne qui pourra.


Une certitude. Le Grand Paris Express comprend quatre nouvelles lignes de métro automatique (lignes 15, 16, 17 18), les prolongements de la ligne 14, les branches qui doivent relier les deux aéroports d’Orly et de Roissy, le pôle scientifique de Saclay, et désenclaver des villes de Seine-Saint-Denis, de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil. Les mises en service avaient été échelonnée initialement entre 2019 et 2030. Tout ne peut pas être fini à temps. C’est désormais une certitude.

Les travaux de cet ensemble gigantesque de chantiers simultanés ont démarré, mais ils ont déjà pris du retard. Au nord-ouest de Paris, une inondation a ralenti les travaux, alors que la ligne 15, au sud, pourrait n’être achevée qu’en 2024 au lieu de 2022. Sans compter les autres tronçons où les travaux n’ont toujours pas commencé…


Des coûts pharaoniques. La Cour des Comptes a demandé une « révision du périmètre du projet et de son phasage ». Car la facture s’envole : initialement prévu à 19 milliards d’euros en 2010, le projet est maintenant chiffré à 35,08 milliards.

  • Première estimation :
    25,5 milliards
  • Deuxième estimation :
    35 milliards
  • Estimation de la Cour des Comptes :
    38,5 milliards

Des élus et citoyens des départements franciliens s’inquiètent. Le Grand Paris Express n’est-il pas entrain de s’inscrire au tableau des Grand travaux inutiles ? Comme l’ont été avant lui le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

Que signifie l’expression de Grands travaux inutiles (GTI) ? Elle a été popularisée à partir de 1986 par le journaliste belge Jean-Claude DEFOSSÉ lors ses interventions à la télévision belge. Elle a été reprise dans un livre intitulé Le Petit Guide des grands travaux inutiles publié en 1990. La formule a été complétée dans les années 2000 par celle de Grand travaux inutiles imposés (GTII).

Appartiennent à la catégorie des Grands travaux inutiles imposés, les équipements publics importants (ligne de chemin de fer, pont, barrage…) qui ont pour caractéristique :

  • soit de n’avoir jamais été terminé,
  • soit de ne pas avoir atteint les objectifs annoncés,
  • soit d’avoir un coût final, qui en augmentant sans cesse, finit par atteindre un montant prohibitif, sans rapport ni avec les besoins initiaux, ni avec les besoins présents, ni avec les besoins futurs.

Marc FRESSOZ, dans un article intitulé « Grand Paris Express : un scénario à la Eurotunnel ? », écrit : « Alors que le gouvernement va tenter de rectifier le tir face aux énormes dépenses, l’analyse de la Cour des comptes sur la folie des grandeurs du Grand Paris Express rappelle le projet de construction du tunnel sous la Manche dans les années 1980-1990 ».

« On n’a qu’une envie, c’est d’aller se pendre » : c’est le cri du cœur de la députée (PS) Christine PIRES-BEAUNE après l’exposé de Didier MIGAUD, le premier président de la Cour des Comptes venu présenter à la commission des Finances le rapport sur la Société du Grand Paris (SGP), le 17 janvier 2018. Tous les ingrédients d’un scandale sont réunis. « Une bombe à retardement financière pour le siècle », a renchéri un autre député ». (3)

S’il continue à être réalisé dans un contexte d’effets d’annonces, successives et contradictoires, le nouveau réseau du Grand Paris Express fera partie des grands travaux imposés inutiles.

Des liaisons Banlieue/Banlieue – et non plus des liaisons Paris/Banlieue – sont attendues depuis trop longtemps. Il ne faut pas que la réalisation des unes soient réalisées au détriment du fonctionnement des autres. La cohérence des différents projets manque. A ce sujet, des transports de surface comme le T7 et le futur T12 apparaissent peu performants. Il ne faudrait pas que pour des raisons économiques, les métros soient transformés en tramways.

Les 200 kilomètres de métro du Grand Paris Express ne correspondent pas en l’état, ni aux attentes, ni aux besoins des usagers et des usagères qui utilisent au quotidien les lignes du RER, notamment celles du réseau SNCF. Avant de créer de nouvelles lignes il faudrait assurer le fonctionnement normal des lignes existantes.


DOCUMENT

« La réalisation des tunnels », 19 septembre 2017, You Tube, Durée : 3:13. Vidéo sur le site : https://www.societedugrandparis.fr/gpe/actualite/les-premiers-tunneliers-bientot-sur-le-chantier-1501

RÉFÉRENCE DE LA VIDÉO
SOCIÉTÉ DU GRAND PARIS /GRAND PARIS EXPRESS, « La réalisation des tunnels », 19 septembre 2017, You Tube, Durée : 3:13. https://www.societedugrandparis.fr/gpe/actualite/les-premiers-tunneliers-bientot-sur-le-chantier-1501


LES 12 ARGUMENTS ET PROCÉDÉS
POUR FAIRE ACCEPTER À L’OPINION UN
GRAND PROJET INUTILE IMPOSÉ (GPII)

  • 1. L’INTÉRÊT GÉNÉRAL. Un GPII est toujours présenté comme porteur de l’intérêt général. Quant est-il défini ? Par qui ? Quelle analyse partagée est-elle faite d’un projet (par exemple, en termes de forces/faiblesses/opportunités/menaces) ?
  • 2. LA LÉGITIMITÉ. Un GPII est toujours légitime, « puisqu’il émane de pouvoirs en place légitimes ». Cet argument est construit sur le plan rhétorique sur le modèle de l’« enthymème ». C’est-à-dire un syllogisme incomplet, dont le second terme est absent, et qui considère implicitement comme établi. La légitimité se transmet par contamination. Elle opère une confusion entre « être » et « faire » : il n’est nullement établi que toutes les actions d’un pouvoir légitime sont elles mêmes automatiquement légitimes ?
  • 3. LA LÉGALITÉ. Un GPII est toujours justifié par l’argument : le projet respecte la loi. Mais il précise rarement à quelle(s) loi(s) il se réfère, en omettant de citer de façon complète les jurisprudences encadrant son application.
  • 4. LA DIVISIONS. Un GPII opère toujours une division entre plusieurs catégories de destinataires, entre élus et citoyens, entre usagers, riverains, habitants, travailleurs…
  • 5. LE TEMPS. Un GPII utilise le temps : l’âge des GPII, ente le projet initial, sa divulgation publique, les multiples divulgations partielles de son contenu, est très souvent extrêmement élevé, (plusieurs années, plusieurs décennies…). Le temps confère une légitimité naturelle à n’importe quel projet.
  • 6. LES FINANCES PUBLIQUES. Un GPII devient toujours, in fine, un équipement privé financé à l’origine par de l’argent public.
  • 7. L’EMPLOI. Un GPII annonce qu’il participe au maintien de l’emploi et à la création d’emplois nouveaux. Il s’agit encore d’un enthymème qui dit sans le dire : ceux qui s’opposent au projet, s’opposent a l’emploi.
  • 8. LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE. Un GPII prétend toujours qu’il participe à une politique de relance de la croissance par les grands travaux.
  • 9. LE RESPECT DES FORMES. Un GPII tente toujours de passer en force. Il pratique l’impasse sur le respect des formes. Il ignore ce qu’est un vice de forme, qu’il considère toujours comme quelque chose de mineur qui ne saurait remettre en cause le projet lui-même.
  • 10. LA SURDITÉ. Un GPII ignore les avis négatifs aussi bien des entités consultatives que du public qui sont ignorés lors des procédures d’information et de consultation…
  • 11. LE SECRET. Les pouvoirs en place, porteurs d’un GPII, utilisent le silence à l’égard des collectifs, des associations et des citoyens : aucune réponse n’est faite à leurs courriers et à leurs demandes de rendez-vous sont soir absentes, soit imprécises.
  • 12. LE FAIT ACCOMPLI. Le lancement d’un projet de GPII est ponctué « faits accomplis » discutables, qui permettent d’assoir l’étape suivante. Une situation d’irréversibilité du projet est ainsi créée, rendant difficile tout retour en arrière.

RÉFÉRENCES DU DOCUMENT

LAVOCAT Lorène, « Projets inutiles, la victoire est possible. Le récit de la rencontre de Reporterre », 5 décembre 2014, http://reporterre.net/Projets-inutiles-la-victoire-est-possible
HELUIN Gilles,
« La Rencontre de Reporterre du décembre 2014. Les projets inutiles : la victoire est possible », 12 décembre 2014. http://www.centpourcentnaturel.fr/post/2014/12/02/rencontre-de-reporterre-projets-inutiles-la-victoire-est-possible
REPORTERRE, LE QUOTIDIEN DE L’ÉCOLOGIE,
« Projets inutiles : la victoire est possible. (Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Triangle de Gonesse, Décathlon à Saint-Jean-de-Braye, Center Parcs à Roybon) », Réunion organisée le lundi 1er décembre 2014, Salle Jean Dane, Paris 12e, http://reporterre.net./


RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE
1.
Société du Grand Paris,
https://www.societedugrandparis.fr/
2. PIERRE LAPORTE COMMUNICATION (pour le compte de la Société du Grand Paris), « Invitation Preview Presse KM3. Lancement du Grand Paris Express. Visite de chantier », 22 janvier 2018.
DELAHAUTEMAISON Virginie, « Le calendrier des travaux du Grand Paris Express sera revu cette semaine », France 3 Régions / France TV Info Paris Ile-de-France, 21 janvier 2018.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/grand-paris/calendrier-travaux-du-grand-paris-express-sera-revu-cette-semaine-1405561.html
3. FRESSOZ Marc, « Grand Paris Express : un scénario à la Eurotunnel ? », Contexte transports, 24 janvier 2018. https://www.contexte.com/article/transports/grand-paris-express-un-scenario-a-la-eurotunnel_81629.html?utm_medium=email&utm_source=transactional&utm_campaign=newsletter_pouvoirs


Commentaire du 1er février 2018

La ministre des transports Élisabeth Borne confirme la révision à la baisse du projet de Grand Métro Express. Elle a adressé en date du 30 janvier 2018 une lettre aux élus d’Ile-de-France dans laquelle est indique que « Le futur métro sera réalisé… avec « un calendrier réaliste de livraison et de coût  » ».

Voir l’article :
« Le futur métro sera réalisé… avec « un calendrier réaliste de livraison et de coût » », Le Parisien, 1er février 2018. Article de Jean-Gabriel Bontinck.

© Bernard MÉRIGOT, 26 janvier 2018, 17 heures. Mise à jour le 1er février 2018, 19 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
http://portes-essonne-environnement.fr

 

Savigny-sur-Orge. Surprise lors de la vente aux enchères de la colonie de vacances de La Tranche-sur-Mer

Pour 408 000 €, il n’y a eu aucun candidat pour acheter les 2 585 mètres carrés construits et les 2,4 hectares de terrain de la Colonie de vacances La Savinière, propriété de la commune de Savigny-sur-Orge, située à La Tranche-sur-Mer (Vendée).

Cela s’est passé lors de la vente aux enchères publiques à la bougie (1)  le mardi 21 novembre 2017 dans la salle des adjudications de la Chambre des notaires de Paris, 12 avenue Victoria à Paris, située place du Châtelet.

Le notaire qui préside l’adjudication a déclaré que « n’ayant trouvé aucun preneur, le bien sera proposé lors d’une vente aux enchères ultérieure ».


 

Vente aux enchères (à la bougie) de la Colonie de vacances de la commune de La Tranche-sur-Mer propriété de la commune de Savigny-sur-Orge, le mardi 21 novembre 2017, à la Chambre des notaires de Paris. A gauche, Maître Alain de PUISSEGUR, notaire à Savigny-sur-Orge, présente la composition du lot. A l'extinction du 3e feu, aucun acquéreur ne se manifestera.. © Photographie CAD / BM pour PEE.

Vente aux enchères (à la bougie) de la Colonie de vacances La Savinière sise sur la commune de La Tranche-sur-Mer propriété de la commune de Savigny-sur-Orge, le mardi 21 novembre 2017, à la Chambre des notaires de Paris. A gauche, Maître Alain de PUISSEGUR, notaire à Savigny-sur-Orge, présente la composition du lot. A l’extinction du 3e feu, aucun acquéreur ne se manifesta. © Photographie CAD / BM pour PEE.

NB. La bougie allumée est à droite du chronomètre qui affiche 0 : 01 : 30. Curieuse proximité de deux objets pour mesurer le temps, l’un digital et moderne, l’autre « naturel » et séculaire. Une question : La flamme apporte-t elle la lumière ?


Des élus désappointés. Éric MEHLHORN, maire de Savigny-sur-Orge, accompagné par Anne-Marie GÉRARD, adjointe au maire, ne cachaient pas leur désappointement. Il faut savoir que cette somme a été inscrite en recette dans le Budget primitif 2018 de la commune qui a été voté par la majorité du conseil municipal.

Quant à Bernard BLANCHAUD, conseiller municipal, également présent, il voyait dans cette absence d’acheteur « la conséquence de la mauvaise idée de la majorité du conseil municipal qui a voté en 2017 la vente d’un bien communal, appartenant à tous les habitants de la commune ».

D’autres issues que la vente doivent-elles être étudiées ? Le conseiller municipal, élu aux élections municipales de 2014 sur la liste conduite Éric MEHLHORN, pense que les activités de La Savinière doivent être repensées dans le cadre d’un projet d’équipement public moderne, partagé par plusieurs communes. « La création d’un syndicat intercommunal de gestion pour la continuité des activités de La Savinière, avec Grand Orly Seine Bièvre (GOSB), l’établissement public territorial de 24 communes dont Savigny-sur-Orge est membre, demeure une chose possible ».

Pour Bernard BLANCHAUD « d’après les notaires de la région, le potentiel de valeur de La Savinière est supérieur à l’estimation qui a été faite ». On notera que la transformation des bâtiments existants en appartements et en studios n’est pas l’unique destin envisageable pour La Savinière. La valeur d’un bien dépend de l’utilisation que l’on en fait. Il ne faut pas oublier que La Tranche-sur-Mer est une commune touristique recherchée de la côte Atlantique.

La Savinière, Centre d’accueil permanent de la Ville de Savigny-sur-Orge (Essonne) de La Tranche-sur-Mer (Vendée) est implanté sur un terrain de 24 hectares. Plan de 2005. Archives CAD / BM.


De nombreuses questions citoyennes se posent. Visiblement le notaire de la commune a raté son coup. La proposition de vente n’a pas trouvé de client. Il est évident qu’exerçant son office à 450 kilomètres du bien à vendre, il n’était pas le mieux placé pour connaître la réalité des projets et des transactions immobilières sur la côte vendéenne.

  • Quelle est la mission exacte que le commune a confiée à Maître Alain de PUISSEGUR, notaire ?
  • Qui a fixé le montant de la mise à prix de 408 000 € ?
  • Pourquoi les frais de notaire qui sont en principe de 7 % (soit 28 560 €) s’élèvent-ils pour cette vente à 20 % ? (soit 81 600 €)
  • Pourquoi l’Ordre des notaires facture-t-il en plus 2,4 % ? (soit 9 792 €)

Autant de coûts supplémentaires qui alourdissent la facture finale pour l’acheteur.


Que va-t-il se passer maintenant ? La commune est liée par la délibération qu’elle a votée : la Savinière doit être vendue aux enchères. Il est évident que le prix de vente est à revoir à la baisse puisque aucun acheteur n’a accepté de payer 408 000 €.

Pour enchérir lors d’une vente d’un bien immobilier, il faut avoir consigné une somme. Dans le cas présent, cette consignation s’élevait à la somme de 81 000 € sous la forme d’un chèque de banque. Un seul candidat s’est manifesté pour cet achat, SAS STEVALIS dont les bureaux sont en Loire-Atlantique. A la sortie de la salle d’adjudication, son représentant ne cachait pas que la somme demandée par la commune de Savigny-sur-Orge était trop élevée compte tenus des importants travaux d’isolation et de mise aux normes qui devaient être faits dans les bâtiments.


Une superficie incertaine. On peut s’étonner avec raison que les superficies soient données avec la mention « environ ». Comment comprendre : «Ensemble immobilier de 2 589 m2 environ sur un terrain de 2,4 hectares environ » sinon :
  • qu’aucun descriptif précis des surfaces construites , conforme à la loi – et qui est demandé à tout vendeur – ne soit pas mentionné,
  • que le cadastre (qui comporte la superficie exacte des parcelles) ne soit pas mentionné.

Cette imprécision concernant les superficies exactes est curieuse.


Quel prix de vente au mètre carré ? La mise à prix est de 408 000 € pour 2 589 m2 carrés construits, ce qui fait 157 € le mètre carré construit.

Enfin autre sujet préoccupant. Une personne qui a visité récemment La Savinière nous a signalé hier qu’elle avait constaté que des individus avaient pénétrés sur le site – inoccupé depuis plusieurs années – et que certaines parties des locaux avaient été vandalisées. Ces faits posent un problème de sécurité des locaux, avec leurs conséquences sur la valeur de cet ensemble immobilier dont la commune de Savigny-sur-Orge est toujours légalement propriétaire.

La Savinière n’est pas encore vendue.

Chambre des notaires, 12 avenue Victoria, Paris 1er, 21 novembre 2017. © Photographie CAD/BM pour PEE.


DOCUMENT

Vente de La Savinière à La Tranche-sur-Mer par la Ville de Savigny-sur-Orge
Extrait de Ventes aux enchères immobilières des Notaires

 

LA TRANCHE-SUR-MER (85)
La Savinière, 9 chemin du Sablon, Route des Sables
 
Ensemble immobilier de 2 589 m2 environ sur un terrain de 2,4 hectares environ.

Dans une commune du Centre-ouest de la France, dans le département de la Vendée, ensemble immobilier anciennement à usage de centre de vacances, situé dans une forêt de pins au coeur d’un parc clos.
  • Bâtiment principal édifié en 1932 comprenant : salles de classe, dortoirs, cuisine professionnelle refaite en 2010, réfectoire, lingerie, bibliothèque et un logement
  • Bâtiment de plain-pied avec préau pour les classes extérieures
  • Bâtiment infirmerie comprenant chambres, local infirmerie, sanitaires, local buanderie
  • Local bar et technique avec piscine
  • Deux blocs sanitaires
  • Chaufferie
  • Terrain de tennis

Consommation énergétique : D

Mise à prix : 408 000 €

« Vente de La Savinière à La Tranche-sur-Mer par la Ville de Savigny-sur-Orge ». Extrait de Ventes aux enchères immobilières des Notaires, n° 406, Séances des 12 novembre et 5 décembre 2017, Chambre des Notaires de Paris, 12 rue Victoria, Paris 1er, p.3.


RÉFÉRENCES

1. La vente à la bougie, également appelée vente à la chandelle, est une forme d’adjudication particulière qui consiste à enchérir tant que deux bougies sont allumées. Les enchères cessent dès que les deux chandelles ont atteint leur terme, ce qui clôt les enchères.
Cette pratique très ancienne se fait au moment de la dernière enchère. On allume alors une petite mèche qui, lorsqu’elle s’éteint, au bout de trente secondes, laisse monter une fumée. Après son extinction, une deuxième chandelle est allumée puis une troisième. Arrivée au terme de la combustion, si aucune autre nouvelle enchère ne survient pendant ce temps, l’adjudication est prononcée au profit du dernier enchérisseur.

ARTICLES EN LIGNE sur http://portes-essonne-environnement.fr

© Bernard MÉRIGOT, 22 novembre 2017 2017, 8 heures.


COMMENTAIRE DU 27 novembre 2017

Qu’est-ce qu’un cahier des charges d’une vente aux enchères publiques d’un bien immobilier ?

Dans le cadre d’une procédure de vente aux enchères « à la bougie», on parle de « Cahier des charges ». Pour les autres ventes, on parle de « Cahier des conditions ».

Les cahiers des charges sont des documents disponibles auprès du notaire vendeur. Ils décrivent les conditions de la vente :

  • la désignation complète du bien,
  • l’origine de propriété,
  • les dispositions d’urbanisme,
  • les servitudes éventuelles,
  • les certificats relatifs à la Loi Carrez, à l’accessibilité ou non-accessibilité au plomb, à l’amiante, à la présence éventuelle de termites, aux diagnostics de performance énergétique, électricité, gaz…,
  • les réponses au questionnaire du syndic s’il s’agit d’une copropriété,
  • la situation hypothécaire,
  • la date de la vente,
  • la mise à prix,
  • les frais d’organisation,
  • la faculté de surenchère,
  • les pièces annexes…

Lorsqu’il s’agit de terrains à bâtir et assimilés, sont mentionnées :

  • les dispositions d’urbanisme et limitations administratives au droit de propriété,
  • la possibilité d’utiliser les terrains ou assimilés pour la réalisation d’une construction avec indication de la destination du bâtiment projeté, de la localisation approximative, de la surface constructible et du nombre de niveaux.

Les Cahiers des charges des ventes aux enchères publiques de biens immobiliers appartenant aux collectivités locales sont des documents publics.

COMMENTAIRE DU 28 novembre 2017

Un exemple de cahier des charges de vente aux enchères publique de biens immobiliers appartenant à une collectivité territoriale.

La Ville de Savigny-sur-Orge, ainsi que Me Alain de PUISSEGUR, le notaire chargé de la vente, refusent présentement de communiquer le Cahier des charges de la vente aux enchères de La Savinière. Pourtant il s’agit d’un document public qui est communicable.

Pour preuve, le cas de la Ville de Toulouse. Celle-ci est propriétaire d’un immeuble, de deux maisons et d’un parking qu’elle a décidé, par délibération de son conseil municipal, de vendre aux enchères le 12 décembre 2017. Le Cabinet de notaires chargé de la vente a publié sur son site le cahier des charges de 62 pages de cette vente. Il est ainsi possible à tout le monde d’en prendre connaissance. On trouvera le pdf de ce document sous le lien suivant :

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COMMENTAIRE DU 28 novembre 2017

Un de nos correspondants nous a communiqué le cahier des charges daté du 14 septembre 2017, concernant la Vente aux enchères organisée par la Chambre des notaires de Paris, 12 avenue Victoria, Paris 1er, Séance du 21 novembre 2017, 14 h.

COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Cahier des charges de la vente aux enchères publiques de l’ensemble immobilier situé à La Tranche-sur-Mer (Vendée) signé le 14 septembre 2017 par Éric MEHLHORN et Me Alain de PUISSEGUR (29 pages) p. 20

COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Cahier des charges de la vente aux enchères publiques de l’ensemble immobilier situé à La Tranche-sur-Mer (Vendée) signé le 14 septembre 2017 par Éric MEHLHORN et Me Alain de PUISSEGUR, 29 pages.

Texte complet en pdf :

Cahier des Charges Saviniere

 

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
http://portes-essonne-environnement.fr

GOSB. Premières assises économiques du territoire Grand-Orly Seine Bièvre

Le 2 février 2017, dernier lors des Premières rencontres économiques à l’aéroport d’Orly, il a été annoncé le lancement d’une concertation avec les acteurs économiques afin de contribuer à la construction d’une feuille de route 2018 de l’EPT en matière de développement économique.

Le résultat de ce travail sera présenté aux premières assises économiques du Territoire Grand-Orly Seine Bièvre le 19 Octobre 2017.

  • Quel développement économique pour le territoire ?
  • Quelle feuille de route 2018 pour l’Établissement public territorial ?
  • Quels partenariats et quelle gouvernance territoriale ?
  • Comment favoriser l’emploi local ?
  • Quand la coopération d’acteurs territoriaux devient un levier de développement durable et d’innovation sociale.
  • Quelle politique foncière et immobilière pour le territoire ?
  • Quel marketing territorial pour le territoire et ses acteurs ?

RÉFÉRENCES

Les Assises du développement économique du Territoire Grand-Orly Seine Bièvre, 19 octobre 2017, Cœur d’Orly.

ARTICLES EN LIGNE sur http://portes-essonne-environnement.fr

© Bernard MÉRIGOT, 11 octobre 2017, 11 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.

 

Histoire. La Guerre du Viêt Nam (1955-1975)

Quelles connaissances avons nous, et quels regards portons-nous sur des évènements historiques quarante ans, cinquante ans après qu’ils se soient déroulés ? L’histoire est une construction/reconstruction permanente. La télévision française diffuse durant trois jours les neuf épisodes du documentaire Vietnam (2017) réalisé par Ken BURNS et Lynn NOVICK.

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Vietnam, documentaire en trois parties de Ken Burns et Lynn Novick (2016). Première diffusion en France sur la chaîne de télévision Arte les 19, 20 et 21 septembre 2017.


La Guerre du Viêt Nam est une guerre qui a opposé de 1955 à 1975 :

  • la République démocratique du Viêt Nam (ou Nord-Viêt Nam) et son armée populaire vietnamienne soutenue par les pays du bloc de l’Est et la Chine et le Front national de libération du Sud Viêt Nam (dit Viet Cong),
  • et d’autre part la République du Viêt Nam (ou Sud-Viet Nam) soutenu militairement par l’armée des États-Unis appuyée par plusieurs alliés (Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines).

Bombardements. Les États-Unis ont largué 7,08 millions de tonnes de bombes durant le conflit. En comparaison, 3,4 millions de tonnes ont été larguées par l’ensemble des alliés sur tous les fronts de la Seconde guerre mondiale de 1939-1945.

Morts et blessés vietnamiens. Il est difficile de s’accorder exactement sur le nombre de victimes. Le Viêt Nam a annoncé en 1995 qu’un total d’un million de combattants et deux millions de civils avaient été tués durant la guerre.

  • Plus de quarante ans après la fin de la guerre des civils continuent d’être tués ou blessés par des bombes à sous-munitions non explosées.
  • Des agents chimiques, comme l’agent orange, un défoliant utilisé par les Américains ont contaminé une partie des sols ce qui entraîne de graves problèmes de santé (malformations à la naissance, hypertrophie, rachitisme, cancer des poumons et de la prostate, maladies de la peau, du cerveau et des systèmes nerveux, respiratoire et circulatoire, cécité, diverses anomalies à la naissance).

Morts et blessés américains. 8 744 000 militaires américains ont participé entre 1955 et 1975, à un moment ou à un autre du conflit. Le bilan pour les forces armées américaines est estimé à 58 177 soldats tués et 153 303 blessés.


DOCUMENT

Arte diffuse sur trois jours, les 19, 20 et 21 septembre 2017), et en neuf épisodes, une fresque spectaculaire sur la guerre du Vietnam, œuvre de Ken Burns et Lynn Novick, grandes figures du documentaire historique américain.

La guerre du Vietnam n’en finit pas de hanter l’Amérique. Encore aujourd’hui, elle est une référence récurrente dans le débat politique outre-Atlantique. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump, avec ses accents nixoniens et ses promesses de grandeur retrouvée, a suscité de nombreux parallèles avec les années 1970. L’échec au Vietnam reste durablement associé à une certaine idée de l’Amérique, celle du déclin.

Beaucoup a été écrit, et montré, sur ce conflit qui a coûté la vie à plus de 58 000 Américains. Dès la fin des années 1970, Hollywood a braqué ses caméras sur des destins brisés, les a évoqués dans des films qui ont fait l’histoire du cinéma mondial. Et façonné, par la même occasion, la mémoire internationale du conflit, mais vu à travers les yeux de l’Oncle Sam.

Pour Ken Burns et Lynn Novick, deux réalisateurs reconnus pour leurs documentaires historiques – en particulier sur la guerre de Sécession et la Seconde Guerre mondiale –, il est temps de donner la parole aux anciens acteurs des deux camps. Dans une fresque passionnante de neuf heures, diffusée mardi, mercredi et jeudi soir sur Arte, ils retracent toute l’histoire du conflit colonial qui aura duré, partie française comprise, près de trois décennies.

Devant leurs objectifs, Américains, Vietnamiens du Nord et du Sud racontent leurs souvenirs, en alternance avec des images d’archives soigneusement choisies. Il ne s’agit pas de faire parler des historiens, mais bien des anciens combattants, sur le front ou dans les bureaux de la CIA.

Leurs témoignages sont le plus souvent poignants, même si, par définition, ils ne représentent qu’un point de vue. Et tout commence par le commencement, la Seconde Guerre mondiale. Une époque pendant laquelle Washington n’hésitait pas à aider un guerrier en lutte contre les Japonais. Son nom ? Ho Chi Minh.

BIASSETTE Gilles, « Arte diffuse sur trois jours, et en neuf épisodes, une fresque spectaculaire sur la guerre du Vietnam, œuvre de Ken Burns et Lynn Novick, grandes figures du documentaire historique américain », La Croix, 16 septembre 2017, http://www.la-croix.com/Journal/guerre-Vietnam-ceux-lont-faite-2017-09-16-1100877210


RÉFÉRENCES

Vietnam (2017), documentaire de Ken Burns et Lynn Novick. Durée totale de 8 heures (9 épisodes de 55 minutes environ).

1. Le documentaire est édité sous la forme d’un coffret de trois DVD vendu par Arte Boutique
http://boutique.arte.tv/f12010-vietnam_neuf_episodes.

2. Les neuf épisodes sont les suivants :

NB. Les liens figurants ci-dessous sont actifs à la date du 19 septembre 2017. Il peuvent évoluer en fonction des offres de VOD (Video On Demand).

© Bernard MÉRIGOT, 24 septembre 2017, 21 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.
http://portes-essonne-environnement.fr

 

 

Environnement. Les maires d’Île-de-France s’engagent pour une charte

L’Association des maires d’île-de-France (AMIF) a présenté le jeudi 14 septembre 2017 sa Charte environnement. Pour son président Stéphane BEAUDET, maire de Courcouronnes (Essonne), et vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, « les élus locaux sont des acteurs majeurs de la mise en œuvre des politiques publiques en matière de protection de l’environnement et de lutte contre le changement climatique ». Le document de 24 pages a été élaboré sous la direction de Christian LECLERC, maire de Champlan (Essonne) et de Catherine CASSEL, adjointe au maire de Villejuif (94). (1)

Présentation de la « Charte Environnement. Les maires, cheville ouvrière de l’acte II de la COP 21 » au siège de l’association des maires d’Île-de-France, le 14 septembre 2017. De gauche à droite, Catherine CASSEL, Bruno MILLIENNE, député des Yvelines, Christian LECLERC, maire de Champlan (Essonne). © Photographie BM/CAD pour PEE, 14 septembre 2017.


« Charte Environnement. Les maires, cheville ouvrière de l’acte II de la COP 21 », de l’Association des maires d’Ile-de-France (AMIF), 2017, p.1. Centre de documentation de Portes de l’Essonne Environnement. (2)

CHARTE ENVIRONNEMENT
Les maires, chevilles ouvrières de l’acte II de la COP 21

  1. Préambule
    1.1. Les enjeux environnementaux en Île-de-France

    1.2. Les chevilles ouvrières de la COP 21 : les maires
    1.3. Des acteurs déjà investis sur le terrain environnemental : les maires Franciliens
  2. Réalisation de la Charte
    2.1. Les élus référents de la Commission environnement
    2.2. Les travaux de la Commission environnement
    2.3. Bilan de l’enquête COP 21 de la Commission environnement de l’AMIF

CHARTE

  1. Vers une mairie durable et exemplaire
    1.1. Les affaires générales. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
    1.2. Services à la population. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
    1.3. Les marchés publics. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
    1.4. Aménagement du territoire
  2. Vers un triptyque emploi/transports/logement
    2.1. L’emploi. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
    2.2. Les transports. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
    2.3. Le logement. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
  1. Cadre de vie
    3.1. Agriculture. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
    3.2. Développement durable/biodiversité. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
    3.3. Déchets. C’est pourquoi les maires s’engagent à…
  1. Évaluer la Charte

RÉFÉRENCES
1.
LECLERC Christian et CASSEL Catherine (Sous la direction de), « Charte Environnement. Les maires, cheville ouvrière de l’acte II de la COP 21 », Paris, Association des maires de France (AMIF), 2017, 24 p.
2.
« La Charte de l’environnement de l’AMIF », Maires en Île-de-France, Le magazine de l’association des maires d’Ile-de-France, n°89, février 2017, p. 14.

© Bernard MÉRIGOT, 15 septembre 2017, 9 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.
http://portes-essonne-environnement.fr