Archives de catégorie : Histoire globale

Histoire. Les mutations des sociétés : l’exemple de la France depuis 1850 (1re ES. Thème 1. Chapitre 2)

De la moitié du XIXe siècle à nos jours, les pays industrialisés connaissent d’importantes mutations sociales. L’étude de la population active permet de les mettre en évidence. En effet, l’étude de l’ensemble des personnes en âge de travailler, disponibles sur le marché du travail, permet de repérer les secteurs économiques dynamiques ou moins, l’évolution des conditions de travail, etc. La France a accompli sa révolution industrielle au XIXe siècle en passant d’une société agricole à une société industrielle. Elle est donc un bon exemple pour illustrer cette étude.

Ainsi, entre 1850 et 1945, la population active se transforme en raison de l’industrialisation. Les paysans deviennent des ouvriers. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, les évolutions sont davantage marquées par la conjoncture économique. De 1945 aux années 1960, la société vit l’apogée du secteur secondaire. A partir de la décennie 1970, la majorité de la population active travaille dans le secteur tertiaire. On assiste à des modifications du concept « travail », le temps que l’on y consacre se réduit notamment. Enfin, la France est devenue une terre d’immigration.

La ferme Champagne sise sur les communes de Savigny-sur-Orge et de Juvisy-sur-Orge, l’une des dernières en activité au début du XXe siècle. (carte postale affranchie en 1923, fond privé AM)


Problématique

Comment évolue la population active française depuis 1850 ?
Comment évolue l’immigration en France au cours du XXe siècle ?
Quel est son impact sur la société française ?
Quels sont les bouleversements vécus par société française depuis 1850 ?

Comment les évolutions du monde du travail transforment-elles la société française ?


Sommaire

I. La population active, le reflet des bouleversements économiques et sociaux : l’exemple de la France depuis 1850

A. De la société agricole à la société industrielle

1/ Une fin progressive du monde paysan.
2/ Les mutations de la classe ouvrière.
3/ La montée du secteur tertiaire.

B. Les mutations du travail depuis la Seconde Guerre mondiale

1/ La société des « Trente Glorieuses » : industrielle et tertiaire.
2/ La crise des années 1970 et ses conséquences, vers une société post-industrielle.
3/ Le chômage de masse.

II. La société française et l’immigration

A. La France, une terre d’accueil (1845-1850)

1/ L’appel à l’immigration.
2/ Un accueil particulier des étrangers.

B. « Trente Glorieuses » : une immigration de masse, voulue et internationale

1/ Une immigration avant tout économique.
2/ Des origines renouvelées.

C. Depuis 1975, les immigrés victimes de la « croissance molle »

1/ Une immigration freinée.
2/ La question de l’intégration.


Conclusion

Depuis la moitié du XIXe siècle, la population active française connaît d’importants bouleversements afin de répondre à l’ouverture à la mondialisation. Premièrement, l’emploi agricole disparaît progressivement. Deuxièmement, l’emploi industriel croît jusqu’à la crise des années 1970 puis décline. Troisièmement, le secteur tertiaire offre de plus en plus d’emplois et se diversifie. L’évolution de la structure de la population active s’accompagne d’un changement dans les conditions de travail : développement du salariat jusque dans les années 1970, puis précarisation de l’emploi en raison d’un fort chômage structurel. Ces évolutions sont les mêmes dans les autres pays industrialisés, seul leur rythme diffère. Pour faire face aux demandes des différents secteurs économiques, la France recourt à l’immigration.

Entre 1900 et 1945, la France a recours à l’immigration frontalière pour pallier une démographie déclinante. Durant les Trente Glorieuses, le recours à l’immigration est encore plus important afin de répondre à la demande de main-d’œuvre nécessaire pour reconstruire la France d’après guerre et pour alimenter la croissance économique. La situation change totalement au cours de la décennie 1970, les frontières se ferment. La place des immigrés dans la société française occupe bon nombre de débats de la classe politique française. La question de l’intégration des étrangers installés en France est devenue cruciale pour une société multiculturelle et métissée depuis plus de cent cinquante ans. On peut se demander alors quelle est la position des autres pays européens sur le sujet.


Cours dispensé au lycée Saint-Charles d’Athis-Mons en septembre-octobre 2017

Pdf de 8 pages : H1ES T1 CH2 MUTATIONS SOCIETES SYNTHESE


Références – sources

  1. Ce chapitre a été élaboré à partir de nombreuses sources bibliographiques publiées et consultables en bibliothèques-médiathèques ou sur Internet. Citons également pour la partie « cours » : 1/ les séminaires de John Day, « Histoire économique de l’Europe du XIIIe au XVIIIe siècle », de Fabienne Bock, « État, pouvoir, exercice du pouvoir au XIXe siècle », de Robert Bonnaud, « Histoire du temps présent : le monde au XXe siècle », université Paris VII-Jussieu ; 2/ les cours de Sylvie Monniotte du lycée Saint-Jean (Lectoure) et du lycée Saint-Charles (Athis-Mons), de Stéphanie Yart du lycée Ile-de-France (Villebon-sur-Yvette), de Florian Nicolas du lycée Pierre-Bourdieu (Fronton), de Jacques El Alami du lycée d’Adultes (Paris), de M. Sizaret du lycée Léonard-de-Vinci (Saint-Witz), M. Buchoux, Mmes Trédez et Vitte du lycée Jean-Baptiste-Corot (Savigny-sur-Orge) ; 3/ les manuels scolaires d’histoire, niveau première, sous la direction de F. Lebrun et V. Zanghelli (Belin), R Benichi et J. Mathiex (Hachette), F. Besset, M. Navarro et R. Spina (Hachette), M. Chevallier et X. Lapray (Hatier), P. Wagret (Istra), A. Ployé (Magnard), S. Cote (Nathan).
  2. SAUVY Alfred, Histoire économique de la France entre les deux guerres, Librairie Arthème Fayard, 1967, 626 p. ; « Immigration et politique migratoire en France », dossier de La Documentation française, 2016 : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000073-immigration-et-politique-migratoire-en-France.

© Mise en ligne pour la rédaction de PEE : Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 3 septembre 2017, 19 heures. Mise à jour le 10 octobre 2017, 18 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.
http://portes-essonne-environnement.fr

Histoire. Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale (3e. Thème 1. Chapitre 1)

Lorsqu’en août 1914, la Première Guerre mondiale éclate, cela fait 44 ans que les Européens n’ont pas connu de guerre sur leur territoire. Encore appelée « La Grande Guerre », elle se déroule d’août 1914 à novembre 1918. En mobilisant toutes les catégories sociales, la Grande Guerre met à l’épreuve la cohésion des sociétés. Elle fragilise durablement des régimes en place. Combattants et civils subissent des violences extrêmes, dont témoigne particulièrement le génocide des Arméniens en 1915. En Russie, la guerre totale installe les conditions de la révolution bolchevique qui se prolongera par le communisme soviétique stalinien établi au cours des années 1920.

Savigny-sur-Orge au temps de la Grande Guerre. La veuve Duparchy met à la disposition de la Croix-Rouge son château afin d’y établir un hôpital pou les blessés en convalescence qui arrivent du front (carte postale écrite le 5 juin 1917, fonds privé AM).

L’organisation du chapitre s’articule donc autour de trois thèmes de réflexion. Il s’agit surtout de faire comprendre en quoi la Première Guerre mondiale :

  • est une guerre totale qui mobilise l’ensemble des sociétés avec une forte interdépendance entre le front et l’arrière, des économies et des pays concernés, qui marque la brutalisation des rapports humains.
  • marque la fin de la suprématie européenne : patriotisme chancelant (mutineries de 1917), effondrement de régimes politiques, déclin de l’influence internationale.
  • contient les germes des temps nouveaux : guerre industrialisée (armement), montée de l’influence américaine, triomphe du communisme en Russie, bouleversements territoriaux, évolution des mœurs, naissance de nouvelles idéologies politiques (balancements entre démocratie et dictature).

Problématique

Comment les civils et les militaires ont-ils vécu les violences de la Première Guerre mondiale ?
Comment la guerre de 1914-1918 a t-elle bouleversé la vie des populations et les États européens ?
En quoi cette Grande Guerre fut-elle fondatrice d’une violence totale qui marque la première moitié du XXe siècle ?


Sommaire

I. Le premier conflit mondial, plus de 4 années de guerre (1914-1918)

A. Les causes de la Grande Guerre, rappel du contexte
B. Les principales phases de la guerre
C. Sur le front, une expérience combattante inédite

II. Une guerre totale : la mobilisation générale de la société

A. De l’économie de guerre à l’économie en guerre
B. Les souffrances des populations civiles
C. Le génocide arménien de 1915, la violence de masse instaurée

III. Les conséquences de la guerre : des sociétés bouleversées et fragilisées

A. La Révolution russe d’octobre 1917
B. La Grande Guerre : un très lourd bilan humain
C. Une paix imparfaite : une nouvelle carte d’Europe et le « diktat » de Versailles


Conclusion

En 1918, la paix revient dans un continent en ruines. La Première Guerre mondiale a été une guerre d’une intensité inédite qui a pris la forme d’une guerre de position très meurtrière à cause des méthodes utilisées et des nouvelles armes défensives. Les hommes sont revenus traumatisés et transformés par cette expérience à laquelle ils n’étaient pas préparés. Les soldats ont connu une brutalisation sans précédent aussi bien au niveau physique que moral : leurs conditions de vie ont été très difficiles.

La Première Guerre mondiale est une guerre totale aussi bien pour la mobilisation de la société dans son intégralité que pour la mise en place d’une économie de guerre tournée vers la victoire. Les vainqueurs comme les vaincus sont exsangues (ruinés, très affaiblis, à bout de forces). L’Europe a perdu sa domination sur le monde et ce sont les États-Unis qui dominent désormais la planète.


Diaporamas sur lesquels le cours dispensé au collège Saint-Charles d’Athis-Mons s’est appuyé en septembre 2017

Diaporama n° 1 : CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PGM – Partie 1

Diaporama n° 2 : CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PGM – Partie 2

Diaporama n° 3 : CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PGM – Partie 3


Vidéos

Outre de très nombreuses vidéos accessibles sur Internet, il est conseillé de visionner celles se trouvant sur le site du réseau Canopé :  « Sur le champ de bataille de Verdun, un immense cimetière témoigne encore de la violence des combats qui s’y sont déroulés. 700 000 soldats français et allemands sont tombés sur un front de 30 kilomètres. Des millions d’obus ont complètement bouleversé le terrain et détruit des villages entiers. On trouve encore aujourd’hui de nombreuses traces de ces combats.Extraits du DVD La Première Guerre mondiale, @ SCEREN-CNDP, 2008″.

https://www.reseau-canope.fr/tdc/tous-les-numeros/la-vie-dans-les-tranchees/videos/article/les-tranchees-de-verdun.html


Références – Sources

1. Ce chapitre ouvrant le programme d’histoire de la classe de troisième a été élaboré à partir de nombreuses sources bibliographiques publiées et consultables en bibliothèques-médiathèques ou sur Internet. Citons également pour la partie « cours » : 1/ le séminaire de Robert Bonnaud, « Histoire du temps présent : le monde au XXe siècle », université Paris VII-Jussieu ; 2/ les cours de Sylvie Monniotte du collège Jules-Ferry (Sainte-Geneviève-des-Bois) et du lycée Saint-Charles (Athis-Mons) avec nos sincères remerciements à Stéphanie Yart du collège-lycée Ile-de-France (Villebon-sur-Yvette), de Florian Nicolas du lycée Pierre-Bourdieu (Fronton), de M. Sizaret du lycée Léonard-de-Vinci (Saint-Witz), Mmes Dumont et Haumesser du collège Paul-Bert (Savigny-sur-Orge) ; 3/ les manuels scolaires d’histoire, sous la direction de A. Madavalle (Belin), N. Plaza (Hachette),  M. Ivernel (Hatier), P. Wagret (Istra), A. Ployé (Magnard), J. et D. François (Nathan), (Nathan).
2. Archives privées de familles de poilus essonniennes, gersoises et vendéennes.
3. Archives publiques d’Athis-Mons, Auch, Challans, Coëx, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Paray-Vieille-Poste, Saint-Jean-de-Mont, Savigny-sur-Orge, Soullans, Talence, Viry-Châtillon.
4. Bibliographie conseillée aux élèves : Roland DORGELÈS, Les croix de bois, Le livre de poche, 2010, 283 p. ; Maurice GENEVOIX, Ceux de 14, Larrousse, 2012, 123 p. ; Jean-Pierre GUÉNO (sous la direction de), Paroles de poilus : Lettres et carnets du front (1914-1918), Librio, 2013, 189 p. ; Albert LONDRES, La Grande Guerre, Arlea Poche, 2010, 136 p. ; Louis MAUFRAIS, J’étais médecin dans les tranchées, Laffont, 2014, 336 p. ; Pierre MIQUEL, Mourir à Verdun, Tallandier, 2011, 315 p. ;  Erich Maria REMARQUE, A l’Ouest rien de nouveau, Le livre de poche, 1973, 224 p..

© Mise en ligne pour la rédaction de PEE : Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 3 septembre 2017, 18 heures. Mise à jour le 5 octobre 2017, 20 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.
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Histoire. L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale (Terminale. Thème 1. Chapitre 1)

En 1945, la France sort meurtrie de cinq années de guerre. La défaite de juin 1940, l’occupation allemande, la collaboration du régime de Vichy ont traumatisé les Français qui, avec la Libération, aspirent à se reconstruire dans l’unité nationale. Pour ce faire, les autorités, sous la direction du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), referment la « parenthèse vichyste » : elles imposent l’image officielle d’une France unanimement résistante. Le mythe résistancialiste est né, plongeant ainsi dans l’oubli de multiples mémoires individuelles, plurielles, collectives qui resurgiront au cours de la Guerre froide pour éclater au grand jour ensuite. Le résistancialisme est alors critiqué. Différents groupes mémoriels s’attachent à défendre leur vision de la période. Quant aux historiens, relégués un temps au service de la mémoire officielle, ils se réapproprient leur rôle, leur fonction, celui d’être au service de la vérité historique en mettant en lumière « les processus de construction » de toutes les mémoires.

BLOCH Marc, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, Armand Colin, Prisme, 7e édition, 1982, 168 p. (couverture). L’historien Marc BLOCH est le cofondateur avec Lucien FEBVRE de la revue les Annales d’histoire économique et sociale en 1929. Il rédige le brouillon de son Apologie au début des années 1940. Membre de la Résistance, il est arrêté par la Gestapo et exécuté le 16 juin 1944. Son ouvrage sera publié en 1949.


Problématique

Comment l’historien parvient-il à apprivoiser les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France afin d’en écrire une Histoire apaisée ?


Sommaire

I. La mémoire résistancialiste au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1944-1970)

A. Une France traumatisée et divisée en 1945

B. La mémoire résistancialiste (1944-1947)

1/ La France unanimement résistante : une lecture officielle
2/ La réconciliation entre les Français
3/ La « mémoire repliée » d’une partie des Français, les soldats

C. La mémoire gaullienne, une mémoire d’État officielle (1948-1969)

1/ Une « mémoire désunie »
2/ Le « grand silence » sur le génocide, les « mémoires oubliées »
3/ Les lieux de mémoire officiels

II. L’évolution des mémoires de la Seconde Guerre mondiale (1970 à nos jours)

A. Le tournant des années 1970 et la « révolution paxtonienne »

1/ Maintien de la lecture gaulliste du conflit, mais…
2/ … les mentalités changent, le mythe résistancialiste chancèle
3/ Une nouvelle lecture de la collaboration vichyssoise

B. La mémoire juive sort de l’oubli

1/ Constituer une « mémoire communautaire » pour ne pas oublier
2/ Le procès de la « banalité du mal » fait se libérer les paroles
3/ Le négationnisme et le révisionnisme
4/ Le devoir de mémoire. 5/ Justice et mémoire

C. A partir de 1995, les Français font enfin face à leur passé

1/ Vers la reconnaissance de la responsabilité de la France
2/ Les lieux de « mémoire de la Shoah »
3/ La mémoire instrumentalisé par les politiques ou l’hypermnésie

III. Entre Histoire et mémoires, l’historien

A. La tâche de l’historien

1/ La mémoire, les mémoires, le devoir de mémoire
2/ L’Histoire, une science humaine

B. De l’utilité de l’intervention des historiens dans les débats publics ?

C. Les historiens contestent les lois mémorielles


Conclusion

Pour conclure ce chapitre sur l’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiales, il est intéressant de citer ici le philosophe Paul RICŒUR : « Sous l’histoire, ma mémoire et l’oubli. Sous la mémoire et l’oubli, la vie. Mais écrire la vie est une autre histoire. Inachèvement » (La mémoire, l’histoire, l’oubli).

Le sujet des mémoires de la Seconde Guerre mondiale est encore sensible, probablement du fait que bien des acteurs de cette époque sont encore vivants. C’est une mémoire douloureuse pour bon nombre de Français qui est passé d’un stade hégémonique (résistancialiste) au lendemain de la guerre à une dimension plurielle (toutes les mémoires reconnues) au cours des années 1970-1980 pour se donner un seul sens dans les années 1990 (le devoir de mémoire).
Subsistent cependant encore des mémoires à questionner, à travailler, des histoires à dévoiler (celle des « enfants nés de l’ennemi » par exemple) afin de terminer l’écriture apaisée de l’histoire de tous les acteurs de la Seconde Guerre mondiale, pour un temps, jusqu’à la découverte de nouvelles archives…

La nécessité du devoir de mémoire tant dans sa globalité que dans ses particularités ne fait plus aucun doute. Il n’est pas achevé. Les dirigeants politiques ne cessent de se réclamer des résistants et de leur combat. N’a-t-on pas vu dernièrement le candidat aux présidentielles Emmanuel MACRON visiter le site d’Oradour-sur-Glane (avril 2017) ? Plus largement, en lien avec la les mémoires de la guerre d’Algérie, n’a-t-il pas offusqué les pieds-noirs en comparant les conditions de la colonisation française à « un crime contre l’humanité » lors de son déplacement à Alger en novembre 2016 ? N’a-t-il pas alors évoqué son souhait de « réconcilier les mémoires » et « non les opposer » dans une interview au webmedia Huffingtonpost.fr le 23 mars 2017 ?
On peut ainsi légitimement se poser la question de la relation des mémoires des conflits plus récents comme ceux de la guerre d’Indochine, de la guerre d’Algérie ou de tout autre conflit ayant eu lieu ces 50 dernières années. Pour ce faire, il serait judicieux de préférer le devoir d’histoire plutôt que le devoir de mémoire, le devoir d’histoire étant le fait d’étudier le passé sous l’angle de la raison et non de l’émotion. Cette tâche incombe aux historiens.


Cours dispensé au lycée Saint-Charles d’Athis-Mons en septembre 2017

Pdf de 14 pages : HTS T1 CH1 HISTORIEN MEMOIRES SGM SYNTHESE


Références – sources

1. Ce chapitre ouvrant le programme d’histoire de la classe de terminale a été élaboré à partir de nombreuses sources bibliographiques publiées et consultables en bibliothèques-médiathèques ou sur Internet. Citons également pour la partie « cours » : 1/ le séminaire de Robert Bonnaud, « Histoire du temps présent : le monde au XXe siècle », université Paris VII-Jussieu ; 2/ les cours de Sylvie Monniotte du lycée Saint-Jean (Lectoure) et du lycée Saint-Charles (Athis-Mons), de Florian Nicolas du lycée Pierre-Bourdieu (Fronton), de Jacques El Alami du lycée d’Adultes (Paris), de M. Sizaret du lycée Léonard-de-Vinci (Saint-Witz), M. Buchoux, Mmes Trédez et Vitte du lycée Jean-Baptiste-Corot (Savigny-sur-Orge) ; 3/ les manuels scolaires d’histoire, niveau terminale, sous la direction de Adoumié V. et P. Zachary (Hachette), Bourel G. et Chevallier M. (Hatier), Le Quintrec G. (Nathan).
2. En plus de ouvrages cités dans le corps de texte : BÉDARIDA François (sous la direction de), L’Histoire et le métier d’historien en France, 1945-1995, Édition de la Maison des sciences de l’homme, 1995 ; BLOCH Marc, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, Armand Colin, 7e édition, 1982 ; NORA Pierre (sous la direction de), Les lieux de mémoire, Gallimard, 7 volumes, 1984, 1986, 1992 ; ROUSSO Henry, La hantise du passé, Les éditions Textuel, 1998 ; RICŒUR Paul, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Le Seuil, 2000 ; WIEVORKA Olivier, « Sous l’Occupation, tous résistants ? », Sciences humaines, n° 295, août-septembre 2017, pp. 56-57.

© Mise en ligne pour la rédaction de PEE : Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 2 septembre 2017, 18 heures. Mise à jour le 30 septembre 2017, 17 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.
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Journées nationales du Patrimoine 2016. L’approche historique de la conférence-promenade au château de Savigny-sur-Orge (lycée Jean-Baptiste Corot)

Aucun patrimoine n’existe sans la mémoire collective qui le constitue en tant qu’objet historique. Comment vivre, inventorier et transmettre cette mémoire ? Comment enseigner les connaissances qui la composent ? Telles sont les questions posées par les organisateurs de la conférence-promenade organisée dans le château de Savigny-sur-Orge et son parc ce samedi 17 septembre 2016, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. (1)

Le domaine présente aujourd’hui la particularité d’être occupé par le lycée Jean-Baptiste Corot, établissement d’enseignement secondaire de près de 2 600 élèves (classes de seconde à la terminale, classes préparatoires et classes de BTS), 240 enseignants, 80 personnels administratifs et techniques en service. Cette situation particulière incite le lycée à concevoir une approche de son patrimoine originale, à la fois culturelle, éducative et pédagogique, aussi bien pour lui même que pour son environnement. Elle est conduite par son proviseur Éric BISET et le Centre de documentation et d’information (CDI) en partenariat avec deux associations locales.

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Éric BISET, proviseur le lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, accueille les participants à la visite-conférence des Journées européennes du patrimoine du samedi 17 septembre 2016. © Photographie BM/CAD pour PEE.

Les conditions restrictives du Plan Vigipirate applicables en 2016 aux établissements scolaires ont réduit l’accès des personnes extérieures. Le lycée, disposant pour l’organisation de cette manifestation d’un temps de préparation très court, a tenu à être ouvert le samedi 17 septembre, à 11 heures, à une poignée de visiteurs. Comme indiqué dans le tract de présentation disponible 48 heures avant la manifestation, la visite-conférence a été ouverte à un nombre limité de participants inscrits préalablement. Elle a consisté en une visite-conférence d’une heure trente conduite par Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, historienne, ancienne élève de Corot et ancienne surveillante de ses maths-sup et maths-spé dans les années 1980. (2)

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Quelques participants à la visite-conférence du lycée Jean-Baptiste Corot lors des Journées européennes du patrimoine dans la salle des Actes du château. © Photographie BM/CAD pour PEE, 17 septembre 2016.

Après avoir été accueillis par le proviseur Éric BISET, par l’intendant M. LAUNAY, et par le professeur-documentaliste Philippe SCHEINHARDT, le groupe s’est rendu au deuxième étage du château, dans la salle des Actes. Devant le plan établi par un géomètre de Juvisy-sur-Orge en 1882 pour son propriétaire de l’époque, le marquis de ALTA-VILLA, la conférencière a présenté l’histoire du domaine, de ses propriétaires successifs et des aménagements réalisés. La visite-conférence s’est notamment appuyée sur divers documents historiques référencés accessibles en ligne.

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Extrait du « Plan des château et parc de Savigny-sur-Orge appartenant à Monsieur Ramiro de la Puente, marquis de Alta-Villa (…) dressé par C. Noël, géomètre à Juvisy, MDCCCLXXXII (1882) », lycée Jean-Baptiste Corot, salle des Actes (2e étage du château). © Photographie BM/CAD pour PEE, 30 août 2016.


La connaissance des lieux privés et publics, une quête à effectuer en toute modestie

Rappelant que le ministère de l’Éducation nationale avait acquis en 1948 le site du château et les 23 hectares saviniens qui l’entourent, pour Éric BISET, cet « ensemble patrimonial historique constitue un élément fondateur de l’établissement. Par leur présence à la fois studieuse et animée tout au long de l’année scolaire, les élèves, les enseignants et les personnels font vivre au quotidien un lieu emblématique de la commune. Ils lui donnent un sens ».

Journées européennes du patrimoine au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, samedi 17 septembre 2016 © Photographie BM/CAD pour PEE.

Produit de multiples constructions individuelles et collectives, la connaissance historique des lieux publics ou/et privés est une affaire de patience, de bon sens, de doute, d’opiniâtreté, d’observation, d’analyse, de critique, de méthode, de rigueur… (3) Au-delà des règles fondamentales appliquées à l’histoire et suivies par les historiens, Bernard MÉRIGOT ajoute désormais la nécessaire open data des données et des sources historiques. Il souligne que le choix pour 2016 par le ministère de la Culture du thème « Patrimoine et citoyenneté » inscrivait toutes les démarches d’accès au patrimoine public dans une perspective démocratique. « Il faut lutter contre les appropriations parfois abusives : rien ne doit être ni caché ni inaccessible. Tout doit être montré et accessible ». (4) Éric BISET donne ainsi l’exemple de l’inventaire complet des biens mobiliers et immobiliers établi en 1802 lors de l’acquisition par le Maréchal Davout du château et de ses dépendances. « Il y a peu de temps encore, ce document rare, n’était consultable qu’en archives. Numérisé, il est désormais disponible sur Internet ».

Un appel à la recherche des sources originale, à leur identification précise, à leur numérisation et à la mise en ligne des documents est donc lancé pour établir l’histoire de l’établissement scolaire savinien sous la direction des personnes ressources de la fabrique culturelle patrimoniale du lycée en cours de création. (5)

Présentation par Sylvie MONNIOTTE de l’histoire des travaux d’installation puis de rénovation du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge durant la conférence-promenade du 17 septembre 2016. © Photographie BM/CAD pour PEE.


Le lycée Jean-Baptiste Corot, un site parmi 17 000

Le ministère de la Culture publie tous les ans un bilan chiffré des Journées européennes du patrimoine. En 2015, 12 millions de Français et Françaises y auraient participé. Le 18 septembre 2016, il annonçait que 17 000 sites avaient été ouverts. Un sondage d’opinion Odoxa, commandé par Le Parisien, annonce un singulier tripartisme :

  • 34 % des Français ont participé à une visite en 2016,
  • 31 % n’ont pas participé à une visite, mais y ont déjà participé,
  • 35 % n’y ont pas participé et n’y ont jamais participé. (6)

Les médias s’extasient sur le nombre de visiteurs faisant la queue pour visiter le palais de l’Élysée, tel ou tel ministère…, sur le temps passé dans la file d’attente (des heures !), sur sa longueur (des centaines de mètres !).

Les Journées européennes du patrimoine ne sauraient se limiter à la seule consommation passive de lieux par des visiteurs. Elles ont un avant, celui de la lente constitution des savoirs et des récits attachés aux lieux. Elles doivent avoir un après qui se manifeste par un renouveau de la recherche historique sur le passé et par une construction des mémoires plurielles du présent. C’est la mission qui incombe aux « fabriques de patrimoine ». Ce sont elles qui sont en mesure d’apporter un enrichissement critique de connaissance nouvelles.

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Le lycée Jean-Baptiste Corot, alors annexe du lycée Lakanal de Sceaux. Vue aérienne située vers 1953-1954. Collection privée AM.

RÉFÉRENCES
1. MONNIOTTE-MÉRIGOT Sylvie, « Journées européennes du patrimoine 2016. Entrez dans l’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge », www.portes-essonne-environnement.fr, 16 septembre 2016 : http://portes-essonne-environnement.fr/journees-europeennes-du-patrimoine-2016-entrez-dans-lhistoire-du-lycee-jean-baptiste-corot-de-savigny-sur-orge/. SCHEINHARDT Philippe, « La journée du patrimoine au Lycée », 16 septembre 2016, http://blog.ac-versailles.fr/cdicorot/index.php/category/Veille-culturelle.2. BISET Éric, « Journées européennes du Patrimoine 2016, samedi 17 septembre 2016, Lycée Jean-Baptiste Corot, Savigny-sur-Orge », A4, 1 p.
biset-jep-2016-corot-tract

3. Pour une lecture rapide sur le métier d’historien, la méthode en histoire et l’histoire locale, lire dans la collection « Que sais-je ? » (PUF) les ouvrages de Guy THUILLIER et de Jean TULARD : La méthode en histoire (n° 2323, 1986, 128 p.), Le métier d’historien (n° 2615, 1991, 128 p.), Histoire locale et histoire régionale (n° 2689, 1992, 128 p.).
4. La fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot – Personnes ressources : Éric BISET (proviseur du lycée), Philippe SCHEINHARDT (professeur-documentaliste, responsable des Journées européennes du patrimoine), Martine OHLMANN (conseillère principale d’éducation), Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT (ancienne élève, historienne, auteur de publications locales), Bernard MÉRIGOT (ancien élève, maire adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge chargé du Patrimoine, président de Territoires et démocratie numérique locale).

5. MÉRIGOT Bernard, « Les Journées européennes du Patrimoine 2016 sont une « fabrique de territoire », www.savigny-avenir.info, 16 septembre 2016 : http://www.savigny-avenir.fr/2016/09/16/les-journees-europeennes-du-patrimoine-2016-sont-une-fabrique-de-territoire/.
6. Sondage EDOXA pour Le Parisien : « Les Journées du patrimoine au crible ». Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français et de Françaises interrogés par Internet les 15 et 16 septembre 2016. Panel de 999 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, Le Parisien, 18 septembre 2016, p. 29.

Pour information et suite
1. Une partie des documents présentés lors de la conférence-promenade du 17 septembre 2016 seront mis en ligne prochainement…
2. Pour celles et ceux qui souhaitent contribuer à la construction de l’histoire du lycée (cartes postales, photographies des lieux, photographies de classes, photographies prises lors des activités de club, bulletins scolaires, documents administratifs, publications, objets, etc.), n’hésitez pas à nous contacter (contact@portes-essonne-environnement.fr) ou à vous rapprocher du CDI (01 69 44 55 66, standard, demander M. SCHEINHARDT).
3. La rédaction du présent média numérique vous donne rendez-vous aux Journées européennes du patrimoine 2017 sous la houlette de la fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 23 septembre 2016, 15 h 35.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.

Les privilèges et les risques de l’histoire locale (Guy THUILLIER et Jean TULARD). Interview

« L’historien local a des privilèges. Il a un terrain de chasse privilégié, un temps libre assuré, il peut mener son effort », écrivent Guy THUILLIER et Jean TULARD dans leur livre Histoire locale et régionale. Ils poursuivent. « Mais on voit bien les risques : un sentiment de la propriété exagéré, la fermeture sur soi, la surestimation des travaux, une dispersion fâcheuse, l’incapacité de transmettre son savoir ». (1) Ils appellent l’historien local à réagir contre ce que les deux auteurs désignent sous le terme de « dérives ».

Nous avons interrogé Bernard MÉRIGOT autour de l’expérience de la publication en 2005 du livre Mémoire en images : Savigny-sur-Orge. (2) (3)

Histoire locale TULARD

Guy THUILLIER et Jean TULARD, Histoire locale et régionale, PUF, 1992.

L’HISTOIRE LOCALE EN LIGNE

Question. Qu’est-ce qui fait exister l’histoire locale ?
Bernard MÉRIGOT.
Il est essentiel de considérer qu’aucune « histoire » n’existe « en soi ». Il y a deux conditions pour qu’elle existe.

  • Premièrement, elle doit être constituée. Ce qui « existe », ce sont des documents. Le travail de la recherche historique consiste à les trouver, les identifier, les dater, les analyser… pour en faire un récit. Ces documents ne sont pas tous préexistants : pour une part, ils doivent être « inventés », c’est-à-dire produits (photographies, entretiens…). Un document isolé ne signifie rien tant qu’il n’est pas mis en perspective par une problématique et mis en rapport avec d’autres documents.
    http://www.savigny-avenir.fr/2007/11/20/patrimoine-et-recherches-en-histoire-locale/
  • Deuxièmement, elle doit être publiée, c’est-à-dire, mise à la disposition de tous. Pendant des siècles, cela s’est fait par le livre. Cela se fait encore par le livre, mais de moins en moins. Aujourd’hui, depuis le tournant des années 2000, le mode de recherche, d’identification, d’accès… des documents se fait, depuis le monde entier, par Internet. Cela entraine des conséquences : ce n’est plus le document matériel qui est important, mais l’identification du document (textes, images, enregistrements, vidéos…), et son accès, sous une forme numérique (scan, jpeg…). La « richesse » d’une documentation pour un travail de recherche n’est plus matérielle (des livres), mais est constituée par des données (un accès Internet, leur téléchargement). L’enjeu est désormais de trouver ces données, et d’en garder durablement la trace.
    http://www.savigny-avenir.fr/bernard-merigot/histoire-de-savigny-sur-orge/

MISE EN LIGNE DE TOUS DOCUMENTS PUBLICS

Question. Qu’en est-il de l’édition par Internet de documents historiques et de documents publics ?
Bernard MÉRIGOT.
Comment apprécier à un moment donné l’état (la richesse ou la pauvreté…) d’un fonds de documents historiques ou de documents  publics ? Tout simplement par l’existence des documents qui sont en ligne sur Internet et accessibles, par tous et à tout moment, dans le cadre de l’Open Data. Il s’agit à la fois des documents originaux bruts (scan de document public, de document d’archive…) et, bien évidemment, de leur références administratives, archivistiques, bibliographiques, muséales… On observe aujourd’hui la pauvreté de beaucoup de sites « officiels » de
mairies et de collectivités locales. Elles sont dans la «communication», c’est-à-dire dans le secret et la rétention d’informations, mais pas dans l’Open Data. En revanche, de très nombreux documents publics sont rendus publics par des associations ou par des initiatives individuelles.

DOCUMENTS HISTORIQUES ET DOCUMENTS PUBLICS

Question. Donc, tous les documents publics sont des documents historiques ?
Bernard MÉRIGOT.
L’histoire ne s’arrête pas. Il n’y a pas d’une part les documents concernant le Maréchal DAVOUT (1770-1823) qui relèveraient de l’histoire et, d’autre part, les comptes rendus du conseil municipal de 2015 qui ne possèderaient pas de qualité historique. Cette conception est erronée : tout ce qui se passe dans un territoire concerne l’histoire de ce territoire. Le plan local d’urbanisme de la commune de Savigny-sur-Orge (37 000 habitants) vient en enquête publique le 18 janvier 2016. Où trouve t-on le pdf du dossier complet ? Si on effectue une interrogation (le 12 janvier 2016) sur le site officiel de la mairie de
Savigny-sur-Orge (www.savigny.org), ce document est inexistant. Le dernier document en ligne date de 2012, soit il y a quatre ans ! En revanche, on le trouve le pdf complet sur des sites d’associations. Depuis le 28 octobre 2015, sur http://portes-essonne-environnement.fr/les-documents-du-projet-de-plan-local-durbanisme-plu-de-savigny-sur-orge-rendus-publics-par-pee/ ; depuis le 5 janvier 2016, sur https://oliviervagneux.wordpress.com/2016/01/05/savigny-sur-orge-lance-lenquete-publique-pour-son-plan-local-durbanisme-plu/

POLITIQUES PUBLIQUES LOCALES

Question. Qu’est-ce qu’une politique publique locale à l’égard de l’histoire ?
Bernard MÉRIGOT.
Qu’est-ce qu’une politique publique locale ? C’est le fait de mettre en œuvre des moyens publics pour des actions et des réalisations d’intérêt général. Chaque commune, et chaque communauté, pour les compétences qu’elle exerce, conduit de facto – même de façon inconsciente – une politique publique locale culturelle, sportive, sociale, scolaire… Chacune se traduit par des décisions et par l’inscription au budget de la collectivité des dépenses d’investissement et de fonctionnement correspondantes.

Dans le domaine de la politique municipale à l’égard de l’histoire, cela s’est traduit, dans le cas présent, par un soutien apporté par Jean MARSAUDON, le député maire, et par l’incorporation du projet au récit de la politique publique locale.

On peut dire qu’il y a, mutatis mutandis,  un « fait du maire », comme on dit dans le langage courant, un « fait du prince », c’est-à-dire un acte arbitraire émanant du responsable d’un exécutif : un maire, ou une municipalité, peut décider une chose. Rien ne les y oblige. Ils peuvent aussi ne pas décider cette chose. Ou encore, un maire peut décider une chose, et son successeur décider le contraire. Dans tous les cas, il convient de porter un regard critique sur le système  aux motifs de la décision qui crée, comme à celle qui annule, et au récit qui est fait de cette politique publique.

L’histoire locale ne saurait être monophonique. Il ne faut pas confondre une histoire locale officielle, faite par le maire et par l’administration, et l’histoire locale critique, qui est nécessairement polyphonique.

Il est évident que les politiques publiques locales, pour un secteur donné, ne suivent jamais une évolution linéaire, mais plutôt sinusoïdale, avec des hauts et des bas. Il y a des avancées et des reculs, des actions qui sont engagées. En 1991, Jean MARSAUDON (maire de 1983 à 2008) crée le service du Patrimoine (un bureau, un fonctionnaire à temps plein, un budget). En 2009, Laurence SPICHER-BERNIER (maire de 2008 à 2014) supprime le service du Patrimoine (plus de bureau, plus de fonctionnaire, cessation des actions en cours, dispersion et destruction des archives du service).
http://www.savigny-avenir.fr/2010/09/09/la-fin-du-service-du-patrimoine-1991-2009/

HISTOIRE GLOBALE, HISTOIRE LOCALE

Question. En quels termes l’histoire globale et l’histoire locale ont-elles été décrites par le feu le député-maire lors de la publication de l’ouvrage Mémoire en images : Savigny-sur-Orge ?
Bernard MÉRIGOT.
Dans sa préface, Jean MARSAUDON cite l’historien Raoul GIRARDET : « Il existe une mémoire officialisée, codifiée, pérennisée : celle d’une démarche historique reconnue dans sa spécificité méthodologique qui étend sa curiosité jusqu’aux premiers pas de l’aventure humaine. Mais il existe aussi une mémoire d’une plus courte durée, parcellisée, individualisée : celle du souvenir personnel, d’une réalité momentanément vécue et dont l’image et le récit se trouvent retransmis de génération en génération. »

Il concluait : « Par cette publication, ces deux mémoires se trouvent réunies. Celle de l’histoire globale, reconstituée, intellectualisée, interprétée. Et celle de l’histoire locale, partielle, héritée, riche d’un passé vécu, personnel, familial. Leur rencontre constitue des repères précieux pour mieux aborder l’avenir. » (4)

RÉFÉRENCES
1. THUILLIER Guy et TULARD Jean, Histoire locale et régionale, PUF, 1992, p.
2. Bernard MÉRIGOT, adjoint au maire de Savigny-sur-Orge (1983-2009), conseiller municipal (2009-2014).
3. Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge (Christian AUCLAIR, Henri BONNIN, Annie DEPRINCE, Simone DUSSART, Françoise JOSSEAUME, Bernard MÉRIGOT, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Muriel VAILLANT, préface de Jean MARSAUDON), Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2005 (première édition),  128 p., ISBN 2-84910-340-3.

Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge (Christian AUCLAIR, Henri BONNIN, Annie DEPRINCE, Simone DUSSART, Françoise JOSSEAUME, Bernard MÉRIGOT, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Muriel VAILLANT, préface de Jean MARSAUDON), Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2008, (seconde édition), 128 p., ISBN 2-84910-340-3.
4. MARSAUDON Jean, « Préface », Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2005, p. 7, ISBN 2-84910-340-3.

NOTE
Co-publication de cet article sur le site www.savigny-avenir.fr et le présent site Internet.

© Marie LAPEIGNE, Bernard MÉRIGOT, 14 janvier 2016.