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Genèse et implications d’un concept mondial. Qu’est-ce qu’une « ville apprenante » (Learning citie) ? (UNESCO)

Pourquoi la gouvernance mondiale a-t-elle besoin de concepts mondiaux ?

Comment pense-t-on localement la réalité présente de la mondialisation ? Avec quels concepts l’analyse-t-on ? Et comment pense-t-on son avenir ? Pour répondre, il convient de distinguer l’histoire de la mondialisation et l’histoire du concept de mondialisation (« Globalisation » en anglais). Il y a d’une part le phénomène, et d’autre part le mot qui le désigne. La mondialisation a commencé à exister avant que son concept moderne n’apparaisse à la fin du XXe siècle. Le temps des choses, des faits et des idées n’est pas le temps des mots. Deux temporalités sont mêlées. Durant des siècles, les moyens de communications et les échanges entre les pays du monde ont lentement évolués. Ils se sont perfectionnés jusqu’au moment où du fait de leur emprise grandissante, un modèle unique, économique, financier, social et culturel à commencé à s’ imposer.


La ville mondiale, la nuit, une ville semblable à toutes les villes du monde. « Street art » sur un mur de clôture en ciment. Il existe un imaginaire mondial des villes que des artistes anonymes représentent dans l’espace public. Oeuvre peinte Chemin de Grigny à Savigny-sur-Orge (Essonne), 6 novembre 2017. © Photographie BM/CAD pour PEE.

La mondialisation est un phénomène qui n’est ni extérieur, ni lointain : elle est partout présente. Chaque territoire, aussi petit soit-il, aussi modeste soit-il, est une des parties du « monde mondialisé ». Aucune ville n’y échappe, et aucune vie ne peut exister en dehors d’elle. Chacun d’entre nous – que ce soit inconsciemment, en s’en défendant ou en le revendiquant – en est un acteur. Au début des années 2000, le sociologue et anthropologue Alain BERTHO constatait à propos des « affrontement urbains contemporains », que les banlieues étaient des « micros territoires » où se télescopaient des processus transnationaux.

La diffusion généralisée des phénomènes de la mondialisation ignore toute limite. Les interdépendances qui lui est liées n’échappe pas aux plus jeunes. Ils manifestent (au sens fort du terme) qu’il existe, dans chaque territoire, dans chaque banlieue, dans chaque cité, dans chaque fast food ou kebab shop, à chaque coin de rue… un imaginaire fort de la ville mondiale. Les productions de l’art urbain (Street art), dont les peintures à la bombe couvrent les murs des villes en sont la preuve. Il n’est pas anodin que des jeunes de Savigny-sur-Orge, représentent la ville mondiale, version locale du modèle circulant global, sur le mur d’enceinte du cimetière de la Matinière, chemin de Grigny, à Savigny-sur-Orge.

Les murs en ciment, qui entourent sur le côté le cimetière de la Martinière, chemin de Grigny, à Savigny-sur-Orge, offrent leur support à des peintures à la bombe, manifestation de l’Art street. 6 novembre 2017 © Photographie BM/CAD pour PEE.

SOMMAIRE
1. La gouvernance mondiale privée
2. La gouvernance mondiale publique
3. Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur
4. La gouvernance mondiale produit des concepts mondiaux
5. La ville globale, reflet de la complexité et de la dynamique du monde
6. Le réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO
7. Villes intelligentes et villes apprenantes
CONCLUSION. Concept mondial. Citoyenneté mondiale. Citoyenneté effective. Éducation mondiale. Compréhension mondiale.


La mondialisation impose un modèle unique au travers de plusieurs modalités.

1. Gouvernance mondiale publique ou gouvernance mondiale privée ? Aujourd’hui, comme hier, l’humanité est toujours confrontée à des crises et à des problèmes qu’elle n’arrive pas à résoudre comme la pauvreté, la faim, les catastrophes environnementales, l’injustice sociale, la prolifération des armes nucléaires… A partir des années 1990, cédant aux exigences des marchés financiers, une gouvernance mondiale privée s’est mise à concentrer de plus en plus les richesses : marchandisation des savoirs et des connaissances, contrats d’objectifs fondés sur la rentabilité, flexibilisation et la précarisation des personnels, soumission à la compétitivité et à la concurrence.

2. L’alternative à cette domination existe. C’est une gouvernance mondiale publique qui se fonde sur la connaissance, l’intelligence et l’expérience, c’est-à-dire sur des biens communs qui ont pour caractéristique de se multiplier en se partageant, en s’inscrivant dans une logique de mutualisation et de partage collectif et gratuit, et en ayant un seul projet : le progrès pour tous.

3. Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Federico MAYOR, directeur général de l’UNESCO de 1987 à 1999, écrit dans sa préface au rapport d’Edgar MORIN intitulé Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur : « nous devons repenser la façon d’organiser la connaissance (…) abattre les barrières traditionnelles entre les disciplines et concevoir comment relier ce qui a été jusqu’ici séparé. » (1)

Les sept principes proposés par Edgar MORIN sont les suivants :

1. la lutte contre l’erreur et l’illusion qui parasitent le comportement et l’esprit humains,
2. les principes d’une connaissance pertinente, c’est-à-dire d’une pensée qui distingue et qui relie,
3. l’enseignement de la condition humaine,
4. l’enseignement de l’identité terrienne,
5. la conscience des incertitudes humaines et scientifiques et l’apprentissage des stratégies pour les affronter,
6. l’enseignement de la compréhension de soi et de l’autre,
7. l’éthique du genre humain.

4. La gouvernance mondiale produit des concepts mondiaux. Quand et comment les consensus entre les pays du monde se forment-ils ? Sur quels sujets ? Autour de quelles idées ? Avec quels mots ? Autant de questions qui se posent à l’égard de l’actualité des grandes organisations internationales : ONU, UNESCO, CNUCED, PNUD, HCR, PNUE, PAM, UNICEF, Haut-Commissariat aux droits de l’homme… Elles sont confrontées aux rapports entre puissances (bipolarité, multipolarité, pays émergents), aux transformations de la conflictualité (déclin de la guerre « clausewitzienne», à la multiplication des conflits intra-étatiques et des guerres asymétriques), aux nouveaux défis transnationaux (réchauffement climatique, pandémies), aux dynamiques de la globalisation (financiarisation, migrations, Internet), aux nouvelles normes d’action collective (sécurité humaine, développement durable, « responsabilité de protéger »). (2)

Une bibliothèque publique est un exemple d’équipement qui structure à la fois la ville et la société en leur conférant une « fonction apprenante ». Le site de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris, 13e arrondissement, « comme s’il était recouvert de neige et survolé par un drone ». Maquette de la ville de Paris exposée au Pavillon de l’Arsenal, 21 Boulevard Morland, Paris IVe, 22 janvier 1018. © Photographie BM/CAD pour PEE.

5. La ville globale est un reflet de la complexité et des dynamiques mondiales. Une ville « globale » peut-elle échapper aux logiques de la mondialisation ? Elle ne saurait se résumer à la seule projection au sol de sa propre globalisation. Saskia SASSEN et Richard SENNETT remarquent qu’elle est « le lieu où s’incarnent et deviennent visibles les conflits sociaux, les injustices sociales, la marginalisation et la construction de nouvelles identités. Elle est le reflet de la complexité contemporaine des dynamiques et des échanges de ses acteurs ». (3)

Comment « penser la ville globale » ? Dans un premier temps, on peut considérer les formes urbaines successives qu’elle a prises au cours des temps. Mais on ne saurait se limiter à cette étude. On est obligé d’examiner le jeu des pouvoirs politiques et économiques, publics et privés, ainsi que les dynamiques des reconnaissances ou des exclusions auxquels ses acteurs se livrent aujourd’hui. « (La ville globale) est ce que dessine l’urbaniste, mais aussi ce que produisent ses habitants, les intérêts publics et privés, les déplacements de population, les migrations ».

  • Comment penser la ville à l’heure des réseaux et d’Internet, à celle de la mobilité interne et internationale des acteurs ?
  • Comment comprendre l’organisation de l’espace, les transports, l’ouverture à la modernité, à la durabilité, au souci d’environnement, ou de démocratie ?
  • Peut-on éviter de la considérer autrement que sous l’angle de sa complexité, de ses ambivalences ?
  • Comment la penser en des temps de violences et d’inquiétudes sur notre capacité à vivre ensemble ?

6. Le Réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO (Global network of learning Cities, GNLC) est né en 2013, à Pékin, lors de la tenue de la Première Conférence internationale sur les villes apprenantes, organisée par l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (Unesco Institute for Longlife learning, UIL) dont le siège est à Hambourg. Cette réunion, qui a rassemblé près de 500 maires et responsables locaux, a adopté la Déclaration de Pékin sur la création des villes apprenantes.

Une « Ville apprenante » (Learning Citie) est une ville qui mobilise ses forces pour assurer à ses citoyens un apprentissage de qualité tout au long de la vie, depuis l’éducation de base jusqu’à l’enseignement supérieur, en y intégrant toutes les autres formes d’éducation informelle et de formation de ses habitants.

« Cadre des principales caractéristiques des villes apprenantes », extrait de « Réseau mondial des villes apprenantes. Documents d’orientation », UNESCO, 2015, p. 13.

Les objectifs du réseau des « villes apprenantes » sont de réunir, de par le monde, les collectivités désireuses de :

  • promouvoir un apprentissage intégrateur, pour l’emploi et le travail, dans les systèmes d’enseignement ;
  • favoriser une culture de l’apprentissage tout au long de la vie ;
  • autonomiser les individus et promouvoir la cohésion sociale, en les incitant et en leur donnant les moyens de participer activement à la vie publique ;
  • soutenir le développement économique et la prospérité culturelle en soutenant l’accès, à la culture, aux technologies et aux loisirs ;
  • promouvoir le développement durable, en changeant nos façons de penser et d’agir grâce à l’éducation ;
  • stimuler la mobilisation et l’utilisation des ressources, l’échange des idées et encourager les citoyens à partager leurs talents et savoirs ;
  • renforcer la volonté et l’engagement politique dans les stratégies de construction des villes apprenantes.

7. « Ville intelligente » et « ville apprenante ». La notion de « ville apprenante » peut être considérée comme une évolution de celle de « ville intelligente » : la ville apprenante intégrerait une dimension « plus humaine et sociale que celle de ville intelligente, en introduisant un droit à l’erreur (« On apprend de ses erreurs ») ». (5) Sans entrer dans la définition de ce que l’on doit entendre par « intelligence », soulignons que l’« intelligence » est un processus individuel et collectif complexe. L’intelligence n’est jamais linéaire, elle n’existe qu’au travers de constructions sociales, toujours élaborées à un moment donné, dans un lieu donné, et chaque fois recomposées à un autre moment, dans un autre lieu.

La reconnaissance du droit à l’erreur ne doit pas aboutir à une culture du fatalisme de l’erreur qui aboutirait à une excuse généralisée de toutes les conséquences des politiques publiques en les excusant par avance.  Les politiques publiques font l’objet de « révisions » périodiques. Ce qui apparaissait à un moment historique donné comme une bonne solution, ne présentant que des avantages, se révèle – un autre moment historique – comme ayant négligé des inconvénients majeurs. L’erreur publique ne doit pas devenir un Droit à l’erreur, faite de « on ne savait pas », « on ne pouvait pas savoir », « les choses étaient différentes ».

« Nous nous sommes complétement trompés en construisant les grands ensembles d’habitation » : un tel jugement émis par des urbanistes en 1990 sur ce qu’ils ont réalisé en 1960, trente ans plus tard, résonne comme une remise en cause radicale des certitudes publiques qui ont présidées à la réalisation d’équipements structurants des villes. Il est évident que l’intelligence territoriale de 1990, n’est pas la même que celle de 1960, avec ses contraintes et ses moyens du moment, avec ses rapports entre l’État, les collectivités et les habitants. La seule curiosité qu’il est urgent d’avoir ne concerne pas tellement les erreurs collectives qui sont faites aujourd’hui, mais celle qui seront faites demain, parce qu’elles auront des conséquences après-demain.

La véritable nouveauté de la ville apprenante ne saurait résider de façon limitative dans la reconnaissance tardive des erreurs passées. La Déclaration de Pékin sur les villes apprenantes de l’UNESCO (2015), en reconnaissant la place des apprentissages c’est-à-dire les savoirs, les connaissances… fondées sur un libre accès à toutes les informations publiques, fixe trois objectifs :

  • « améliorer la qualité de la vie,
  • transmettre aux citoyens la capacité d’anticiper et de relever les nouveaux défis,
  • édifier des sociétés meilleures et plus durables ». (p. 5)

Nous retiendrons les idées suivantes extraites du Préambule :

  • La viabilité des sociétés.  « Nous constatons que nous vivons dans un monde complexe en perpétuelle évolution, dans lequel les normes sociales, économiques et politiques sont redéfinies en permanence.
    La croissance économique et l’emploi, l’urbanisation, l’évolution démographique, les avancées scientifiques et technologiques, la diversité culturelle et la nécessité de maintenir la sécurité humaine ainsi que la sécurité publique constituent quelques-uns des défis posés à la gouvernance et à la viabilité de nos sociétés. »
    (Préambule 1)
  • L’autonomisation des citoyens. « Nous affirmons que, si nous voulons autonomiser les citoyens – c’est-à-dire tous les résidents des villes et des communautés – nous devons faire notre possible pour leur donner l’accès à un vaste choix d’opportunités d’apprendre tout au long de leur vie, et pour les encourager à les exploiter. » (Préambule 2)
  • Rôle des apprentissages. « Nous sommes convaincus que l’apprentissage améliore la qualité de la vie, transmet aux citoyens la capacité d’anticiper et de relever les nouveaux défis, et contribue à édifier des sociétés meilleures et plus durables. » (Préambule 3)
  • L’accélération de l’urbanisation. « Nous constatons que la majorité de la population mondiale vit aujourd’hui dans des villes et régions urbaines, et que cette tendance s’accélère. Par conséquent, les villes et les régions urbaines jouent un rôle toujours plus important dans le développement national et mondial. » (Préambule 6)
  • Rôle des communautés apprenantes et des villes apprenantes dans le développement durable. « Nous savons que les villes assument un rôle de premier plan dans la promotion de l’inclusion sociale, de la croissance économique, de la sécurité publique et de la protection de l’environnement.Les villes doivent par conséquent être à la fois les architectes et les exécutants des stratégies qui favorisent l’apprentissage tout au long de la vie et le développement durable. » (Préambule 7)
  • La citoyenneté active. « Nous anticipons que les villes apprenantes faciliteront l’autonomisation des individus, établiront la cohésion sociale, favoriseront la citoyenneté active, développeront la prospérité économique et culturelle et poseront les fondements du développement durable. » (Préambule 11)

Salle de classe d’école primaire, années 1930-1950. Reconstitution. Musée d’Histoire locale, Fréjus (Var), 2 janvier 2018. © Photographie BM/CAD pour PEE.


CONCLUSION

A la date du 31 décembre 2017, 105 villes du monde ont adhéré au réseau des villes apprenantes de l’UNESCO. Le cas du concept de « ville apprenante » (Learning Citie), appartient à deux domaines distincts qui sont évidemment liés :

  • domaine des actions des institutions internationales (UNESCO), des programmes que celles-ci développent, et des accords internationaux qu’elles élaborent,
  • domaine de la recherche académique sur les concepts utilisés dans ces actions, et sur les pratiques des programmes qui les mettent en œuvre, sur leurs effets, sur leurs évaluations.

L’examen du statut de concept mondial (Global concept) amène à conclure qu’il n’est pas possible de penser, d’agir, et de faire des recherches sans prendre en compte la citoyenneté mondiale. Celle-ci se définit comme étant la :

« citoyenneté implicite et légitime des citoyens du monde qui estiment que tous les habitants de la Terre forment un même peuple commun, avec des droits et des devoirs communs qui dépassent les clivages nationaux en plaçant l’intérêt de l’humanité au-dessus des intérêts nationaux ».

Se pose alors la question de la citoyenneté effective (Effective citizenship), c’est-à-dire de la citoyenneté vécue localement et quotidiennement. Aux États-Unis, pour le Conseil national des sciences sociales (National Council for Social Studies, NCSS), le but des sciences humaines et sociales (Humanities and social Sciences) consiste à :

« enseigner aux élèves la connaissance du contenu, des compétences intellectuelles, et les valeurs civiques nécessaires pour remplir les devoirs de la citoyenneté dans une démocratie participative. ». (6)

Le but de la recherche en sciences humaines et sociales est de contribuer à la réalisation d’une démocratie participative par une « éducation globale ».

Cette éducation globale doit inculquer une « compréhension globale ». (7) Elle consiste à faire comprendre, et faire reconnaître par tous – et notamment aux élèves – que leur point de vue personnel sur les problèmes du monde ne sont pas nécessairement partagés par les autres.


RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE

1. MORIN Edgar, Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Rapport à l’UNESCO, 1999.
2. NAY Olivier, PETITEVILLE Franck, « Éléments pour une sociologie du changement dans les organisations internationales », Critique internationale, 2011/4 (n° 53), p. 9-20. DOI : 10.3917/crii.053.0009. URL : https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2011-4-page-9.htm
3. SASSEN Saskia et SENNETT Richard,
« Villes globales », Chaire Ville globale, Collège d’études mondiales Fondation Maison Sciences de l’Homme, 2017-2018. URL : http://www.fmsh.fr/fr/college-etudesmondiales/24280
4. « La Déclaration de Pékin sur la création des villes apprenantes »,
UNESCO, 21-23 octobre 2013 », p. 5 et 6, in Apprentissage tout au long de la vie pour tous : inclusion, prospérité et pérennité dans les villes, Institut pour l’apprentissage tout au long de la vie /UIL, Hambourg (Allemagne), 2015, 23 p. UIL/2015/ME/H/SRev.
5. « La ville apprenante », Géoconfluence, 12 mai 2017. URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/ville-apprenante
6. « About National Council for the Social Studies ». The National Council for Social Studies (NCSS), URL : http://www.socialstudies.org/about [archive], 2009.
7. HANVEY Robert, « An Attainable Global Perspective, Theory into Practice », Vol. 21, No. 3, Global Education, 1982, pp. 162-167.
ANDERSON Charlotte, «Global Education in the Classroom, Theory into Practice, Vol. 21, No. 3, Global Education, 1982, pp 168-176.

Autres sources

  • BERTHO Alain, « Penser la « ville monde » », Socio-anthropologie, 2005. URL : http://journals.openedition.org/socio-anthropologie/430 « A kebab shop is a quick service food establishment quick service specialising in various fast food and street foods dishes, primarily Döner kebb Döner and related sandwiches. Kebab shops are commonplace throughout most of the European continent with recent growth in countries like the United States, Canada, and Australia. »
  • GUIGNARD Virginie, « La gouvernance urbaine des villes apprenantes », 7 mai 2017.
    L’article interroge la manière dont les administrations urbaines peuvent jouer un rôle moteur dans l’émergence d’une ville apprenante, quitte à résister aux échelons supérieurs en jouant le rôle de « refuges sociétaux » (par exemple pour régulariser des sans-papiers).
  • DURIEZ Frédéric, « Quand ce sont les villes qui apprennent de leurs habitants », 6 mai 2017.
    L’expérience citadine implique une somme importante d’apprentissages en termes de comportements, de motilité, de maîtrise du temps. L’article se demande comment le big data peut tirer parti de ces savoirs, en soulignant les limites possibles de ces outils.
  • LE LUHERNE Nicolas, « Enclavée ou connectée quels enjeux pour la commune rurale de demain ? », 11 mai 2017.
    Et si les bourgs ruraux pouvaient devenir des « smart villages » ? Le territoire apprenant doit s’accorder le droit à l’erreur pour acquérir les compétences indispensables du monde numérique.
  • ROBERGE Alexandre, « Les bibliothèques, centres urbains de création », 7 mai 2017.
    Autrefois « gardiennes urbaines des livres », les bibliothèques ont été des lieux d’accès à la culture numérique avant la démocratisation de l’accès à internet. Et maintenant ? En Amérique du Nord, des bibliothèques deviennent des lieux de création et d’expression.

RÉFÉRENCES DES ILLUSTRATIONS

  • La ville mondiale, la nuit est semblable à toutes les villes du monde. Street Art sur mur en ciment. Sentier de Grigny à Savigny-sur-Orge, le 6 novembre 2017. © Photographie Bernard MÉRIGOT/CAD pour PEE.
  • Une bibliothèque publique est un exemple d’équipement qui structure à la fois la ville et la société en leur conférant une « fonction apprenante ». Le site de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris, 13e arrondissement, « comme s’il était recouvert de neige et survolé par un drone ». Maquette de la ville de Paris exposée au Pavillon de l’Arsenal, 21 Boulevard Morland, Paris IVe, 22 janvier 1018. © Photographie Bernard MÉRIGOT/CAD pour PEE.
  • « Cadre des principales caractéristiques des villes apprenantes », extrait de « Réseau mondial des villes apprenantes. Documents d’orientation », UNESCO, 2015, p. 13.
  • Salle de classe d’école primaire, années 1930-1950. Reconstitution. Musée d’Histoire locale, Fréjus (Var)., 2 janvier 2018. © Photographie Bernard MÉRIGOT/CAD pour PEE.

DOCUMENT

DÉCLARATION DE PÉKIN DE L’UNESCO
SUR LA CRÉATION DE VILLES APPRENANTES
Apprentissage tout au long de la vie pour tous, inclusion, prospérité et pérennité dans les villes
23 octobre 2015

Extraits du préambule

Préambule 1. La viabilité de nos sociétés
« Nous constatons que nous vivons dans un monde complexe en perpétuelle évolution, dans lequel les normes sociales, économiques et politiques sont redéfinies en permanence.

La croissance économique et l’emploi, l’urbanisation, l’évolution démographique, les avancées scientifiques et technologiques, la diversité culturelle et la nécessité de maintenir la sécurité humaine ainsi que la sécurité publique constituent quelques-uns des défis posés à la gouvernance et à la viabilité de nos sociétés. »

Préambule 2. L’autonomisation des citoyens
« Nous affirmons que, si nous voulons autonomiser les citoyens – c’est-à-dire tous les résidents des villes et des communautés – nous devons faire notre possible pour leur donner l’accès à un vaste choix d’opportunités d’apprendre tout au long de leur vie, et pour les encourager à les exploiter. »

Préambule 3. Rôle des apprentissages
« Nous sommes convaincus que l’apprentissage améliore la qualité de la vie, transmet aux citoyens la capacité d’anticiper et de relever les nouveaux défis, et contribue à édifier des sociétés meilleures et plus durables. »

(…)

Préambule 6. L’accélération de l’urbanisation
« 
Nous constatons que la majorité de la population mondiale vit aujourd’hui dans des villes et régions urbaines, et que cette tendance s’accélère. Par conséquent, les villes et les régions urbaines jouent un rôle toujours plus important dans le développement national et mondial. »

Préambule 7. Rôle des communautés apprenantes et des villes apprenantes dans le développement durable
« Nous savons que les villes assument un rôle de premier plan dans la promotion de l’inclusion sociale, de la croissance économique, de la sécurité publique et de la protection de l’environnement.Les villes doivent par conséquent être à la fois les architectes et les exécutants des stratégies qui favorisent l’apprentissage tout au long de la vie et le développement durable. »

(…)

Préambule 11. Favoriser la citoyenneté active
« Nous anticipons que les villes apprenantes faciliteront l’autonomisation des individus, établiront la cohésion sociale, favoriseront la citoyenneté active, développeront la prospérité économique et culturelle et poseront les fondements du développement durable. »

RÉFÉRENCES DU DOCUMENT
UNESCO,
« Déclaration de Pékin sur la création des villes apprenantes. Pékin 21-23 octobre 2013 », p. 5 et 6, in Apprentissage tout au long de la vie pour tous : inclusion, prospérité et pérennité dans les villes, Institut pour l’apprentissage tout au long de la vie /UIL, Hambourg (Allemagne), 2015, 23 p. UIL/2015/ME/H/SRev. URL :
https://uil.unesco.org/fr/apprendre-au-long-vie/villes-apprenantes


© Sylvie MÉRIGOT-MONNIOTTE, 22 juin 2018, 23 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2018
http://portes-essonne-environnement.fr

Savigny-sur-Orge. Le rapport de l’ANRU sur le renouvellement urbain du quartier de Grand-Vaux

Le quartier de Grand-Vaux / Grand-Val comprend près de 4 500 habitants au sein de la commune de Savigny-sur-Orge (37 000 habitants). La rénovation urbaine est certainement l’un des problèmes parmi les plus complexes qui se présente à l’État (gouvernement, ministères, organismes publics…), aux collectivités territoriales, que ce soit au niveau des élus, des fonctionnaires des administrations locales, des organismes publics ou privés chargés d’un service public, des associations, et enfin des habitants.


Long et difficile est le chemin de la démocratie locale qui a pour point de départ les besoins manifestés par les habitants, et qui rencontre successivement sur son trajet, les indifférences administratives, les bonnes raisons qu’elles ont pour ne pas faire, les effets d’annonce des responsables politiques, les retards pris dans les recherches de partenariats, les études, les concertations annoncées, les décisions prises dans le secret, les documents publics non diffusés ou volontairement cachés, l’obtention des financements  sans cesse repoussées, pour arriver enfin aux réalisations concrètes qui, pour le coup, font l’objet d’une cérémonie d’inauguration.

« Mon quartier, mes idées, son avenir. Présentation des scénarios du projet de renouvellement urbain ». Réunion publique sur l’avenir du quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge organisée par l’ANRU le mercredi 29 novembre 2017. Extrait du site de la mairie de Savigny-sur-Orge.


Le désenchantement citoyen est un sentiment perçu par les chercheurs en sciences sociales qui observent les pratiques participatives. Il est également noté par les médias.

C’est ainsi que journal Le Parisien rappelle que le projet de renouvellement urbain de Grand-Vaux a été lancé en août 2016 « en grande pompe », indiquant par là, à la fois comme un excès dans la fabrication publique d’un évènement (présence au coude-à-coude du maire, du député, de la préfète, du président du conseil départemental…), et d’un déséquilibre (quasi-absence des habitants).


Le citoyen est soit indifférent, soit perdu. Pour ne pas l’être, il a besoin d’avoir accès à la totalité des documents publics qui le concernent, qui concernent son cadre de vie, et qui concernent son environnement.  Un accès qui est loin d’être la règle.

Parce qu’une opération qui associe huit partenaires publics ou privés, tous chargés d’une mission de service public, crée une émulation. Elle crée aussi des rivalités. Qui va prendre le pas sur l’autre ?

Toute décision devient stratégique, et tout document public se porte mieux en demeurant confidentiel. On notera que les 4 annexes du rapport ne sont pas reproduites dans le pdf que nous a communiqué l’ANRU. On peut s’interroger.

C’est dans cet état d’esprit que l’on doit lire le rapport publié par l’ANRU sur la rénovation du quartier de Grand-Vaux établi en septembre 2016. Le pdf est accessible avec le lien suivant :  ANRU Savigny Grand Vaux 01 08 2016

« Nouveau programme national de renouvellement urbain. Protocole de préfiguration du quartier de Grand-Vaux / Grand Val à Savigny-sur-Orge », 2016, ANRU, 2016, 110 p. 1

On trouvera le pdf de ce document sous le lien suivant : ANRU Savigny Grand Vaux 01 08 2016


DOCUMENT n° 1

RÉUNION PUBLIQUE SUR L’AVENIR DU QUARTIER DE GRAND-VAUX

Lancé en grande pompe en septembre 2016, le projet de renouvellement urbain du quartier de Grand-Vaux, à Savigny-sur-Orge, a pris un certain retard sur le calendrier initial. Ce mercredi 29 novembre 2017, les quelque 4 500 habitants de cette cité populaire devraient en savoir davantage sur l’avenir de ce projet ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Une réunion publique se tient à partir de 19 heures au gymnase David Douillet à Savigny-sur-Orge.

A cette occasion, trois scénarios de configuration retenus pour la rénovation de ce quartier seront présentés à la population. L’un de ces trois projets sera retenu pour bâtir le futur quartier de Grand-Vaux.

Gymnase David Douillet, 1, allée Georges-Clémenceau à Savigny-sur-Orge. A partir de 19 heures. Entrée libre.

RÉFÉRENCE
« Savigny-sur-Orge. Réunion publique sur l’avenir du quartier de Grand-Vaux », Le Parisien Essonne, 29 novembre 2017.
http://www.leparisien.fr/savigny-sur-orge-91600/savigny-sur-orge-reunion-publique-sur-l-avenir-du-quartier-de-grand-vaux-28-11-2017-7420716.php


DOCUMENT n° 2

LE PROJET DE RÉNOVATION DE GRAND VAUX EST (ENFIN) LANCÉ

Hier, lors d’une visite sur place, élus et représentants de l’Etat ont signé un protocole. Les travaux devraient débuter en 2018. Le quartier de Grand Vaux à Savigny-sur-Orge va changer. C’est du moins ce qu’ont promis élus et représentants de l’État lors d’une visite hier. Ils ont signé un protocole de préfiguration, qui lance un projet de réhabilitation piloté par l’Agence régionale pour la rénovation urbaine (ANRU).

Un secteur délaissé. Entre Savigny et Grand Vaux, le désamour est total. « Quand on habite ici, on est de Grand Vaux, pas de Savigny », glisse un jeune du quartier. Coupée de la ville par l’autoroute A6 et la voie ferrée, cette cité de 4 470 habitants conçue dans les années 1960 avait été « oubliée » lors du premier plan de l’ANRU, a rappelé François Durovray, président (LR) du conseil départemental lors de la signature. Typique des « grands ensembles », avec ses barres et ses tours, Grand Vaux affiche une vétusté extrême symbolisée par son centre commercial à l’abandon.

Le calendrier. En 2014, le quartier a été retenu parmi les 200 sites dits « d’intérêt national ». Son renouvellement, et celui de la copropriété Grand Val située en périphérie, démarrera par des études qui débuteront avant la fin de l’année. Il s’agit d’identifier les besoins en matière de logements, services, mobilités et lieux de vie. Une phase qui doit s’effectuer en concertation avec les habitants. Un conseil citoyen, incluant des riverains et des représentants associatifs, a été créé dans ce but. Par ailleurs, une Maison du projet, vitrine de cette rénovation, doit voir le jour dans le quartier. Plus tard, le dépôt de la convention ANRU doit intervenir lors de l’été 2017 afin de lancer des travaux qui ne commenceront pas avant 2018.

Le retour de la prévention. « La sécurité est un élément d’attractivité d’un territoire », a rappelé, hier, Josiane Chevalier, la préfète de l’Essonne. Au-delà des mesures de répression, c’est bien sur la prévention que misent les autorités pour reprendre la main sur ce quartier dit « difficile ». Des associations spécialisées dans l’encadrement des jeunes fragilisés feront leur retour à Grand Vaux. « Cela fera l’objet d’une délibération au département en fin d’année », assure François Durovray, président du Conseil départemental.

RÉFÉRENCE
« Le projet de rénovation de Grand Vaux est (enfin) lancé », Le Parisien Essonne, 24 septembre 2016. Article de Laurent DEGRADI. http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/le-projet-de-renovation-de-grand-vaux-est-enfin-lance-24-09-2016-6146105.php


RÉFÉRENCES

Commune de Savigny-sur-Orge, « Mon quartier, mes idées, son avenir. Présentation des scénarios du projet de renouvellement urbain ». Réunion publique sur l’avenir du quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge organisée par l’ANRU le mercredi 29 novembre 2017. Extrait du site de la mairie de Savigny-sur-Orge.

AGENCE NATIONALE POUR LA RÉNOVATION URBAINE (ANRU), COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, LES PORTES DE L’ESSONNE, AGENCE NATIONALE DE L’HABITAT (ANAH), Préfecture de l’éSSONNE, CAISSE DES DÉPÔTS, COOPÉRATION ET FAMILLES, CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE l’ESSONNE, Nouveau programme national de renouvellement urbain Protocole de préfiguration du quartier de Grand-Vaux / Grand Val, 2016, 110 p. + 4 annexes.
On trouvera le pdf de ce document sous le lien suivant : ANRU Savigny Grand Vaux 01 08 2016

NB. Les 4 annexes ne sont pas reproduites dans le pdf que nous a communiqué l’ANRU.

Ce document a été signé le 1er août 2016 par huit institutions :

  • Agence Nationale pour la Rénovation urbaine (ANRU)
    Nicolas GRIVEL, Directeur général
  • Préfecture de l’Essonne
    Josiane CHEVALLIER, Préfète de l’Essonne
  • Établissement public territorial Grand Orly Seine amont Val de Bièvre
    Michel LEPRÊTRE, Président
  • Mairie de Savigny-sur-Orge
    Éric MEHLHORN, maire
  • Coopération et famille
    Éric MADELRIEUX, Président du Directoire
  • Caisse des Dépôts
    Régis PELISSIER, Directeur régional
  • Département de l’Essonne
    François DUROVRAY, Président du Conseil départemental
  • Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat (ANAH)
    Blanche GUILLEMOT, Directrice générale

© Paul-André BEAUJEAN, 29 novembre 2017, 14 heures.

COMMENTAIRE DU 29 novembre 2017

Un « atelier participatif » est organisé le mercredi 6 décembre 2017 à 19 heures à la Maison de quartier de Grand Vaux. Des tracts ont été distribués. Il en existe deux versions :

  • sans mention du jour de l’heure et du lieu.
  • avec mention du jour, de l’heure et du lieu, imprimés sur une étiquette autocollante format 10 x 3,4 cm collée sur le tract.

 

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
http://portes-essonne-environnement.fr

MGP. Une visite instructive des communes de l’EPT 12 candidates au concours « Inventons la Métropole du Grand Paris » : Orly et Thiais

Quelles sont les communes appartenant à l’établissement public territorial n° 12 (EPT 12) qui sont candidates au concours « Inventons la Métropole du Grand Paris » ? (1) Plusieurs réponses ont été apportées lors de la première visite qui était organisée par Valérie MAYER-BILMONT à l’intention de la presse le lundi 5 septembre 2016. (2) Elle a permis de se rendre successivement à Cachan, Gentilly, Le Kremlin-Bicêtre, Villejuif, Thiais et Orly.

Une journée studieuse au cours de laquelle les dossiers étaient confrontés sur le terrain par les élus, par les responsables des collectivités, par les représentants des administrations devant les journalistes présents.

Les deux sites les plus proches des communes de l’ancienne communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne (CALPE) sont ceux de Thiais et d’Orly. (3) Arrêtons-nous sur le projet commun.

Gare Pont de Rungis MGP

Présentation du projet d’aménagement de la Gare du Pont-de-Rungis à Thiais, ville candidate au concours « Inventons la Métropole du Grand Paris » organisé par la Métropole du Grand Paris (MGP), par Thierry FEBVAY, lors de la visite du lundi 5 septembre 2016. © Photographie BM pour PEE et CAD, 5 septembre 2016.


L’imbrication des territoires

Les deux communes d’Orly et de Thiais sont limitrophes. Les équipements d’infrastructures actuels sont situés au carrefour de grands espaces économiques, à proximité du Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis, de l’aéroport Paris-Orly, des centres commerciaux de Belle-Épine et de Thiais village. Un  secteur est touché par les projets publics et privés de l’opération d’intérêt national (OIN) ORSA.

EPT Projets Orly Thiais 2016

Le quartier Gare « Pont-de-Rungis » s’étend sur les communes de Thiais et d’Orly. Zone du projet candidat au concours « Inventons la Métropole du Grand Paris » organisé par la Métropole du Grand Paris. En haut à gauche, Belle-Épine. En bas, l’aérogare d’Orly. Dossier de presse fournis aux journalistes le 5 septembre 2016 lors de la visite des sites de l’EPT 12 concourants.


Complexité et confusion

En raison du nombre d’instances et d’organismes gestionnaires actuels, on mesure, à la fois la complexité des procédures de décision ainsi que la difficulté pour les habitants, les acteurs économiques et les usagers d’avoir une vision claire répondant au « Qui fait quoi ? ». D’autant plus que, depuis de 1er janvier 2016, s’ajoutent deux nouveaux EPCI, l’un plus vaste que le précédent, l’EPT 12, et l’autre venant par superposition, la Métropole du Grand Paris (MGP). Les nouveaux projets auront-il un effet de clarification permettant aux citoyens de participer à la conception de leurs espaces de vie et de travail ? On est en droit de s’interroger à ce ce sujet.

MGP MAYER-BILMONT FEBVAY

Thiais. Projet d’aménagement du quartier « Pont-de-Rungis » Valérie MAYER-BILMON, Richard DELL’AGNOLA, Michel CAZAUBON, Thierry FEBVAY présenté dans le cadre du concours « Inventons la Métropole du Grand Paris » organisé par la Métropole du Grand Paris (MGP). © Photographie BM pour PEE et CAD, 5 septembre 2016.


Qu’est-ce que la « déqualification » urbaine ?

Le zone SÉNIA est une zone d’activités de 120 hectares situé sur les communes de Thiais et d’Orly, bordée au nord par l’autoroute A 86, au sud par par la plateforme aéroportuaire d’Orly, et à l’ouest par la route départementale 7 (ex-RN 7) et la SOGARIS. Un rapport (Étude de conception urbaine de la zone SENIA à Orly et Thiais ») note que le SÉNIA est « une zone d’activités dynamique mais qui se déqualifie sur le plan urbain ». 

MGP Visite Orly 05 09 2016

Thierry FEBVAY, directeur général de l’EPA Orly-Rungis-Seine-Amont, Michel CAZAUBON, adjoint au maire de Thiais, Richard DELL’AGNOLA, maire de Thiais, Valérie MAYER-BILMONT, conseillère métropolitaine présentent les disponibilités foncières des terrains du SÉNIA devant les bâtiments de la SAMADA.© Photographie BM pour PEE et CAD, 5 septembre 2016.

La « requalification »du SÉNIA  est une bonne idée. Elle est fondée sur quatre principes :

  • 1. Préserver le « côté cœur » des activités.
  • 2. Créer une « intensité urbaine » le long du « côté rue » de la ville.
  • 3. Créer un « côté résidentiel ».
  • 4. « Favoriser le bon voisinage pour créer des quartiers harmonieux ».

La réalisation effective de ce projet implique que les citoyens soient réellement engagés dans sa coélaboration et qu’une pluralité de scénarios d’aménagement soit envisagée.

X MGP Orly

Christine JANODET, maire d’Orly, présente le projet de d’aménagement dans le cadre du concours organisé par la Métropole du Grand Paris « Inventons la Métropole du Grand Paris », lors de la visite des sites de l’EPT le 5 septembre 2016. © Photographie BM pour PEE et CAD, 5 septembre 2016.


RÉFÉRENCES
1. L’établissement territorial comprend 24 communes regroupant 677 462 habitants : Ablon, Arcueil, Athis-Mons, Cachan, Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi, Fresnes, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Juvisy-sur-Orge, Le Kremlin-Bicêtre, L’Haÿ-les-Roses, Morangis, Orly, Paray-Vieille-Poste, Rungis, Savigny-sur-Orge, Thiais, Valenton, Villejuif, Villeneuve-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges, Viry-Châtillon, Vitry-sur-Seine.
2. Valérie MAYER-BILMONT est conseillère métropolitaine déléguée auprès de Patrick OLLIER, président de la Métropole du Grand Paris (MGP).
3. Les six communes membres de la CALPE, dissoute le 1er janvier 2016, sont Athis-Mons (30 094 habitants), Juvisy-sur-Orge (15 545 habitants), Morangis (12 456 habitants), Paray-Vieille-Poste (7 290 habitants), Savigny-sur-Orge (37 206 habitants), Viry-Châtillon (31 132 habitants).
4. Établissement public Orly-Rungis-Seine-Amont, « Étude de conception urbaine de la zone SÉNIA à Orly et Thiais. Cahier des clauses techniques particulières », 2016, 23 p.

© Bernard MÉRIGOT, 10 septembre 2016, 12 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.

Note
Sujet de l’article copublié en partenariat sur les sites Internet www.portes-essonne-environnement.fr et www.savigny-avenir.fr avec une approche et des illustrations différentes.

Savigny-sur-Orge – PEE. Avis défavorable au plan local d’urbanisme (PLU)

Avis des associations Portes de l’Essonne Environnement (PEE) et Culture Arts Découverte (CAD) sur le projet de plan local d’urbanisme de Savigny-sur-Orge, 18 février 2016.

La mise à l’enquête publique du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune de Savigny-sur-Orge, du 18 janvier au 19 février 2016, constitue un moment à la fois rare et paradoxal. Rare, parce que les occasions où les citoyens sont consultés sur un dossier concernant une politique publique locale sont peu nombreuses. On peut compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où une enquête a eu lieu en trente ans, de 1985 à 2016, à Savigny-sur-Orge. Paradoxal, parce que le dossier présenté aux habitants et aux usagers du territoire communal n’a été élaboré ni par eux, ni avec leur concours. Ils découvrent donc un ensemble de près de 900 pages conçu par un bureau d’études, payé par la commune, quelques fonctionnaires territoriaux de la mairie, et approuvé par le maire.

Comment analyser ce dossier de PLU ? En s’intéressant aux généralités ou aux détails ? Au fond ou à la forme ? L’association PEE a pour objet social l’intelligence territoriale. Parmi les méthodes servant de cadre à son travail citoyen, elle a retenu la méthode SWOT pour ses analyses, évaluations, réflexions, contre-propositions… L’analyse SWOT (Strengths / Weaknesses / Opportunities / Threats), ou MOFF (Menaces / Opportunités / Forces / Faiblesses), est un outil d’analyse stratégique. Afin d’aider à la définition d’une stratégie de développement, il combine :

  • l’étude des forces et des faiblesses d’une organisation, d’un territoire, d’un secteur…
  • les opportunités, considérées mais qui peuvent être manquées, et les menaces de son environnement.
Positif Négatif
Interne Forces Faiblesses
Externe Opportunités Menaces

Le but de l’analyse est :

  • de prendre en compte dans la stratégie à la fois les facteurs internes et externes,
  • de maximiser les potentiels des forces et des opportunités,
  • de minimiser les effets des faiblesses et des menaces.

La méthodologie MOFF est utilisée par de nombreux analystes (consultants, aménageurs, urbanistes, économistes, financiers, etc.). Elle sert à analyser, à diagnostiquer, à décrire :

  • un état de l’existant : une situation, un environnement…
  • une dynamique opérationnelle : un processus, un projet…
  • l’évaluation d’une volonté et de ses effets : une politique, une stratégie…

Elle résume les éléments à prendre en compte pour prendre une « bonne décision ».

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Quatre aspects du projet de plan local d’urbanisme savinien soumis à la présente enquête publique sont examinés dans cet avis :

  1. Les forces. Emploi. Enseignement. Espaces verts. Foncier disponible. Tissu pavillonnaire. Transports.
  2. Les faiblesses. Aire d’accueil des gens du voyage. Architecture. Bruit et pollutions. Commerces. Densification. Diagnostic Foncier. Économie. Énergie. Entrées de ville. Équipements. Espaces verts. Foncier. Indicateurs inexacts / Erreurs historiques. Inondations. Inondations / Digues. Logements sociaux. OAP. Patrimoine. Personnes à mobilité réduite. Plan de circulation. Population. Produits phytosanitaires. Programmes immobiliers / Environnement. Programmes immobiliers / Logements sociaux. Projection. Règlement / Stationnement. Règlement local de la publicité. Réseaux. Secteur gare. Secteur gare / OAP. Secteurs inondables. Statistiques. Urbanisme commercial. ZAC des Gâtines. Zones humides.
  3. Les opportunités. Économie. Espaces verts. Rivières. ZAC des Gâtines.
  4. Les menaces. Densification. Équipements. Inondations. Logements sociaux. MGP – EPT 12. Nuisances / Orly. PLU voisins. Rénovation urbaine. Transports. Usage du RER-C. Zone industrielle.

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1/ FORCES

SSO PLU ACP 02-2016 1

Avis des associations Culture Arts Découverte (CAD) et Portes de l’Essonne Environnement (PEE) sur le projet de plan local d’urbanisme (PLU) de Savigny-sur-Orge, 18 février 2016, p. 2/8.

2/ FAIBLESSES

SSO PLU ACP 02-2016 2a

SSO PLU ACP 02-2016 2b

SSO PLU ACP 02-2016 2c

SSO PLU ACP 02-2016 2d

Avis des associations Culture Arts Découverte (CAD) et Portes de l’Essonne Environnement (PEE) sur le projet de plan local d’urbanisme (PLU) de Savigny-sur-Orge, 18 février 2016, pp. 3-6/8.

3/ OPPORTUNITÉS

SSO PLU ACP 02-2016 3

Avis des associations Culture Arts Découverte (CAD) et Portes de l’Essonne Environnement (PEE) sur le projet de plan local d’urbanisme (PLU) de Savigny-sur-Orge, 18 février 2016, pp. 6-7/8.

4/ MENACES

SSO PLU ACP 02-2016 4

Avis des associations Culture Arts Découverte (CAD) et Portes de l’Essonne Environnement (PEE) sur le projet de plan local d’urbanisme (PLU) de Savigny-sur-Orge, 18 février 2016, pp. 7-8/8.

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Alors que la perte de confiance vis-à-vis des formes d’autorité est croissante, et que les formes actuelles de concertation sont jugées encore trop verticales (« top-down »), il est essentiel de créer le plus en amont possible, puis tout au long de la phase d’exécution, les conditions d’une adhésion renouvelée et d’une appropriation des projets urbains. L’objectif est de co-construire une « ville partagée » par tous, répondant aux usages et aux aspirations de tous les habitants.

Le projet de PLU de Savigny-sur-Orge ne présente pas de « vision habitante », pour rependre la formule du géographe et urbaniste Guillaume FABUREL. Les habitants ressentent la mutation rapide des territoires et des lieux de vie. L’Ile-de-France leur apparaît discontinue et inégalitaire. Ils ressentent les fractures sociales qui sont croissantes ainsi que les ruptures spatiales multiples.

Nous demandons que l’Établissement public territorial n° 12 qui exerce depuis le 26 janvier 2016 la compétence en matière de plan local d’urbanisme de la commune de Savigny-sur-Orge reprenne ce dossier et mette en place un processus d’urbanisme participatif avec les habitants et usagers du territoire qui ont la capacité de penser, de proposer et de débattre de leur avenir.

Le dossier soumis à l’enquête publique comporte des absences de réponses inquiétantes sur tous les problèmes vécus depuis trop longtemps par les Saviniens. Les faiblesses du projet sont si nombreuses qu’elles altèrent sa validité. Nous émettons un avis défavorable.

Pour Portes de l’Essonne Environnement
Jean-Marie CORBIN
Président

Pour Culture Arts Découverte
Bernard MÉRIGOT
Président

RÉFÉRENCE
Avis des associations Culture Arts Découverte (CAD) et Portes de l’Essonne Environnement (PEE) sur le projet de plan local d’urbanisme (PLU) de Savigny-sur-Orge, 18 février 2016, 8 pages (pdf) : SSO PLU ACP 18-02-2016s.

SSO Courterente - Chateaubriand

La maison de Courterente où séjournèrent François-René de Chateaubriand et Pauline de Beaumont en 1801. Le corps de logis principal a été démoli lors du doublement des voies du chemin de fer au début du XXe siècle. (Carte postale datée du 5 mai 1901, collection privée SMM/CAD)

© Jean-Marie CORBIN, Bernard MÉRIGOT, 19 janvier 2016, 16 h 00.


Le présent « article-avis » est publié conjointement sur les sites www.portes-essonne-environnement.fr et www.savigny-avenir.fr le 19 février 2016.