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Métropole du Grand Paris (MGP). Quelle politique pour la biodiversité ?

Comment les élus de la Métropole du Grand Paris pensent-ils la place de la biodiversité dans leur territoire ?

Depuis la fin des années 1990 les pouvoirs publics des grandes agglomérations affichent l’ambition de développer une gestion écologique du patrimoine naturel de leur territoire (espaces verts, parcs urbains, plantations, arbres, etc.)

  • en promouvant la biodiversité,
  • en renaturant le tissu urbain,
  • en libérant des espaces artificiels (friches urbaines entre autres hospitalières, ferroviaires ou industrielles, etc.) au profit de l’établissement de milieux de nature.

Une étude intitulée « Politiques urbaines et biodiversité en ville : un front écologique ? » a été menée en 2018 par une équipe de six universitaires (géographes, architectes, écologues). Conduite dans le cadre des appels à projets de l’Agence nationale française de la recherche (ANFR), elle s’est appuyée sur des entretiens avec 21 élus de la Métropole du Grand Paris (MGP). (1)

Le monde de la biodiversité. Un tronc ne concerne pas seulement l’arbre dont il porte les branches. Il est un monde pour d’autres végétaux (mousses, lichens…) et pour différents animaux (insectes…). Son écorce remplit de multiples fonctions à l’égard de son environnement et des utilisations qu’en font les hommes. © Photographie CAD/BM pour PEE, 2018.


Le mot « biodiversité » (en anglais « biological diversity ») a été introduit la première fois en 1980 par Thomas LOVEJOY, biologiste américain, puis repris en 1985 par Walter G. ROSEN qui préparait le Forum Biology diversity pour le National Research Council en 1986. Edward O. WILSON, biologiste et entomologiste américain, a consacré le terme de biodiversité.

La biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants, des micro-organismes, des plantes, des champignons, des animaux… C’est un concept plus vaste que la simple collection d’espèces animales et végétales à laquelle on la réduit souvent.

Elle désigne aussi les interactions qui relient chaque être vivant à tous les autres et au milieu dans lequel ils vivent. (2)

  • Diversité génétique. Chaque être vivant possède des caractéristiques génétiques uniques. La diversité génétique recouvre la diversité des gènes de tous les organismes vivants. Les gènes sont supportés par l’ADN. Ils sont transmis lors de la reproduction. La diversité des gènes influence la diversité des caractères d’une individu, d’une population ou d’une espèce (par exemple la couleur des yeux ou la résistance à une maladie).
  • Diversité spécifique. La classification des êtres vivants s’appuie sur le concept d’espèce. Il existe plusieurs définitions de ce concept, mais la plus classique rassemble des individus potentiellement capables de se reproduire entre eux et de donner une descendance viable et elle-même féconde.
    – On a identifié actuellement un peu moins de 2 millions d’espèces.
    On estime que le nombre total d’espèces restant à identifier serait de 10 millions à 100 millions d’espèces. (3)
  • Diversité écosystémique. Les ensembles de populations d’espèces différentes, formant des communautés, interagissent entre elles et avec leur milieu ambiant (air, terre, eau). Elles constituent ainsi des écosystèmes. Une forêt, une mare, la flore intestinale de l’homme sont ainsi des écosystèmes.
    Cette diversité comprend la richesse des relations et des flux de matière et d’énergie entre les populations des différentes espèces, entre elles et avec leur environnement physico-chimique. Les relations entre espèces recouvrent toutes sortes de fonctions et d’adaptations : chaîne alimentaire, parasitisme, symbiose, prédation, compétition, coopération….
    Les paysages qui nous entourent expriment la diversité des écosystèmes. Ils sont le fruit de l’histoire de l’évolution et des influences humaines.

Les politiques territoriales publiques en faveur de la biodiversité poursuivent plusieurs objectifs :

  • porter une attention renouvelée en faveur de la place de la nature en ville,
  • contribuer à l’atténuation du réchauffement climatique et à la diminution des canicules, des ruissellements urbains par temps d’orage à la pollution atmosphérique urbaine
  • s’interroger sur les continuités écologiques et leur fragmentations, sur les impacts réciproques entre le tissu urbain dense et les espaces de nature environnants,
  • assurer les fonctions du métabolisme des villes : évacuation des eaux usagées, évacuation des déchets, fonctions de loisir qui sont représentées par les espaces de nature pour la population urbaine.

 

Figure 2. Schéma représentant les rôles décisionnels des différents acteurs identifiés par les élus de la MGP à propos de la renaturation.

Les acteurs de la biodiversité et de la renaturation en ville. Rôles décisionnels des différents acteurs identifiés par les élus de la Métropole du Grand Paris. Schéma extrait de « Les politiques urbaines et biodiversité en ville : un front écologique ? », VertigO, Revue électronique en sciences de l’environnement, Volume 18, 2018.


Quelles conclusions ?

  • La configuration du système intercommunal des territoires du Grand Paris est complexe. Le système de gouvernance actuel est un compromis entre diverses rivalités territoriales (l’État, la ville de Paris, les départements, le Conseil régional, les intercommunalités, les communes…) et économiques. Certains établissements publics territoriaux (EPT) sont des territoires hybrides où « la mise en place d’une intercommunalité de gestion administrative prend le pas sur la fondation d’un projet territorial ».
  • Le volontarisme politique s’implante au-delà des compétences initiales de la Métropole et entre en conflits d’intérêts et des composantes économiques.
  • Une majorité d’élus interrogés, aux orientations politiques diverses, semblent connaître les principaux enjeux de la préservation de la biodiversité en ville, notamment en l’exprimant sous les termes de services écosystémiques. « On retrouve ici la double logique du front écologique fondée sur le développement de la biodiversité au sein du tissu urbain et sur le verdissement de la politique ».
  • Ces élus s’accordent pour préserver ce qu’ils perçoivent comme une « richesse naturelle ». Seront-ils majoritaires au sein du collectif d’acteurs politiques pour imposer un respect des zones à protéger.
  • Aucune stratégie de valorisation de la biodiversité n’existe en dehors d’opérations de communication.
  • Il n’existe pas de schéma propre à la MGP concernant la biodiversité, le travail effectué à l’échelle régionale servant de référence.
  • Les élus demeurent ancrés géographiquement au territoire d’action qui leur confié par leur mandat. Peu nombreux sont ceux qui parviennent à penser une action politique qui s’appliquerait à l’ensemble des territoires du Grand Paris.
  • La conception d’une nouvelle entité territoriale peut-elle émerger au sein de la question environnementale à partir de la biodiversité ?

RÉFÉRENCES

1. ROCHARD Hugo, ABOUT Cédissia, FRASCARIA-LACOSTE Nathalie, JACOB Philippe, SIMON Laurent et PECH Pierre, « Politiques urbaines et biodiversité en ville : un front écologique? Le cas de la MGP, Métropole du Grand Paris », VertigO. Revue électronique en sciences de l’environnement, Volume 18, numéro 1, mai 2018. http://journals.openedition.org/vertigo/19753 ; DOI : 10.4000/vertigo.19753.

2. http://www.fondationbiodiversite.fr/fr/societe/avec-la-societe/diffusion-de-connaissances/en-savoir-plus/qu-est-ce-que-la-biodiversite.html

3. « Les zoologistes et les botanistes ont décrit 1,9 million d’espèces, mais le nombre réel d’espèces de la biosphère pourrait se situer entre 10 millions et 100 millions ». BOUCHET Philippe, « L’inventaire des espèces, une quête inachevée », Muséum Moodle, 12 février 2018. http://edu.mnhn.fr/mod/page/view.php?id=1630


LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • Le monde de la biodiversité. Un tronc ne concerne pas seulement l’arbre dont il porte les branches. Il est un monde pour d’autres végétaux (mousses, lichens…) et pour différents animaux (insectes…). Son écorce remplit de multiples fonctions à l’égard de son environnement et des utilisations qu’en font les hommes. © Photographie CAD/BM pour PEE, 2018.
  • Les acteurs de la biodiversité et de la renaturation en ville. Rôles décisionnels des différents acteurs identifiés par les élus de la Métropole du Grand Paris. Schéma extrait de « Les politiques urbaines et biodiversité en ville : un front écologique ? »,  VertigO, Revue électronique en sciences de l’environnement, Volume 18, 2018.

PUBLICATIONS SUR LA BIODIVERSITÉ EN ESSONNE

ÉCOLE DU JARDIN PLANETAIRE/UNIVERSITE POPULAIRE DES LACS DE L’ESSONNE, Abécédaire de la Biodiversité des lacs de l’Essonne, Tome 1, Bruno Leprince éditions, 2013, 64 p, Préface de Gabriel AMARD « Sauver la Terre pour sauver l’humanité », p. 5. ISBN 978-2-36488-020-7 Premier tome abécédaire de la biodiversité des Lacs de l’Essonne, l’ouvrage propose 24 fiches explicatives. Loin d’être complète, la collection de l’Abécédaire s’enrichira au cours du temps avec de nouvelles thématiques visant à sensibiliser le citoyen et à consolider ses connaissances sur la biodiversité qui l’entoure, lui permettant de la reconnaître et de l’identifier afin de mieux la protéger.

  • Asteraceae
  • Biodiversité
  • Clé de détermination
  • Dactyle aggloméré
  • Échassier
  • Feuille
  • Gestion différenciée
  • Hérisson
  • Iris
  • Jardin de la biodiversité
  • Knautie des champs
  • Lichen
  • Mammifère
  • Nomenclature binominale
  • Oiseau
  • Phylogénie
  • Quercus (Chêne)
  • Rosaceae
  • Sélection naturelle
  • Tortue de Floride
  • Ulmus (Orme)
  • Virus
  • Xénophyte
  • ZNIEFF

RÉSEAU BIODIVERSITÉ ESSONNIEN, Vademecum de la Biodiversité, 40 questions, 40 réponses, s.d. (2013), Impression Grenier,100 p. Editorial de Gabriel AMARD.

http://www.savigny-avenir.fr/wp-content/uploads/2013/01/IMG2.jpg

La Biodiversité en milieu urbain, Abécédaire des Lacs de l’Essonne, 2013. Fonds CAD.


ARTICLES EN LIGNE SUR LA BIODIVERSITÉ EN ESSONNE


DOCUMENT

QUESTIONS POSÉES
Grille d’entretien auprès des élus de la Métropole du Grand Paris

Introduction, présentation de l’acteur

1. Pouvez-vous brièvement expliquer ce qui vous a conduit à vous engager sur les questions d’environnement dans votre circonscription? (Présentation de la carte du découpage territorial de la Métropole du Grand Paris, support conducteur de l’entretien)


Identification de la situation ou du problème : le territoire du Grand Paris, ses acteurs et l’état de la nature en ville

2. Comment définiriez-vous le projet de la métropole du Grand Paris? Quelles sont ses grandes qualités et qu’attendez-vous de cette nouvelle institution?
– en tant que territoire?
– en tant qu’EPCI?
3. Quels sont les éléments du patrimoine naturel (bois, parcs…) dans ce tissu urbain? Existe-t-il aussi une homogénéité qui structure les espaces naturels de ce territoire ou une fragmentation de ces espaces?
4. Quelle est la fonction des espaces verts pour l’espace urbain parisien et ses usagers? Peuvent-ils abriter une importante biodiversité d’après vous? Quels services écosystémiques peut-on imaginer?
5. Qu’évoque pour vous les termes de « biodiversité ordinaire » en ville?
Quels sont les espaces les plus propices à accueillir des formes de nature en ville selon vous?
6. Percevez-vous une demande d’accès à la nature à l’échelle des territoires de la métropole? Quels acteurs expriment cette demande? Par quels moyens en avez-vous eu connaissance?
7. Aujourd’hui, la biodiversité vous paraît-elle menacée à l’échelle du Grand Paris?


Diagnostic des actions engagées : les formes de nature à l’échelle du Grand Paris dans les plans d’aménagement 

8. Quels seraient les compétences environnementales de la MGP?
Dans le but de gérer ou de développer la biodiversité, la structure même du Grand Paris ne permettrait-elle pas de dépasser les limites administratives et les stratégies de chaque groupe d’acteurs (municipalités, intercommunalités, Mairie de Paris, Région Ile-de-France)?
9. À votre avis, quels peuvent être les outils institutionnels permettant des opérations de renaturation des territoires du Grand Paris?
10. En milieu métropolitain, la conservation de la biodiversité s’apparente-t-elle, selon vous, à un laissez-faire ou à un interventionnisme plus important ou plus efficace?
11. À votre avis les infrastructures de transport jouent-elles un rôle positif ou négatif sur la biodiversité?
12. La métropole sera-t-elle dotée de compétences qui permettraient de concilier les différents plans en faveur des continuités écologiques comme celles inscrites dans le Schéma Régional de Cohérence Ecologique de l’Île-de-France?
13. La structure institutionnelle du Grand Paris pourrait-elle uniformiser des règles d’urbanisme déjà existantes qui intègrent des normes en termes de biodiversité (ex : coefficient de biotope)?
14. Concernant les plans de protection de la biodiversité comme le Plan Biodiversité de Paris : les moyens institutionnels sont-ils en adéquation avec leurs objectifs?
15. Pour vous, quel(s) interlocuteur(s) représente(nt) un élément de blocage :
Au sein de votre institution ? A l’extérieur ?
À l’inverse, quels sont, à votre avis les interlocuteurs partenaires de votre démarche : Au sein de votre institution ? A l’extérieur ?


Prospectives d’action et propositions stratégiques

16. À quelles échelles spatiales et temporelles prévoir la renaturation des territoires du Grand Paris? Peut-on imaginer un plan Biodiversité à l’échelle de la métropole?
Et un observatoire de la biodiversité?
17. Les acteurs privés sont cités dans le SRCE ou dans le plan biodiversité de Paris? Comment coordonner leurs actions avec celles des acteurs publics?
18. D’après la mission de Préfiguration, l’EPCI doit établir un plan métropolitain de l’environnement, de l’énergie, du climat (ou plan climat-énergie territorial (PCET) à compter de janvier 2016), quelle place pourrait y occuper la biodiversité? La renaturation du tissu urbain parisien peut-elle être valorisée seulement par le truchement d’une politique de lutte contre le réchauffement climatique?
19. Quelles actions favorables à la biodiversité pourrait-on envisager autour des infrastructures du Grand Paris Express et du prolongement des lignes de métro/RER?
20. À votre niveau, pensez-vous pouvoir influencer des orientations stratégiques sur cette question?
21. Avez-vous connaissance de ce qui est fait ailleurs en France et à l’étranger en matière de renaturation en milieu urbain?
22. Pouvez-vous donner des « futurs plausibles » contrastés pour l’avenir de la biodiversité du Grand Paris? Un futur tendanciel, réalisable et un futur qui vous semble idéal.

Source : ROCHARD Hugo, ABOUT Cédissia, FRASCARIA-LACOSTE Nathalie, JACOB Philippe, SIMON Laurent et PECH Pierre, « Politiques urbaines et biodiversité en ville : un front écologique? Le cas de la MGP, Métropole du Grand Paris », VertigO. Revue électronique en sciences de l’environnement, Volume 18, numéro 1, mai 2018. http://journals.openedition.org/vertigo/19753 ; DOI : 10.4000/vertigo.19753

COMMENTAIRE du 2 octobre 2018

DOCUMENT

Athis-Mons. Libellules, papillons et crapauds de retour au Coteau des Vignes. Après ses travaux de renaturation du site, le Syndicat de l’Orge a révélé un enrichissement et un renouvellement de la biodiversité », Le Parisien Essonne, 2 octobre 2018.

L’ENRICHISSEMENT ET RENOUVELLEMENT DE LA BIODIVERSITÉ
ET LA
RENATURATION DES SITES A ATHIS-MONS (Essonne)

Après des travaux de renaturation sur la rivière au Coteau des vignes, le syndicat de l’Orge a mené des suivis qui ont révélé un enrichissement et un renouvellement de la biodiversité.

La vie reprend et s’enrichit même sur le Coteau des Vignes. C’est le constat qu’ont pu établir les agents du syndicat de l’Orge ces dernières semaines. Après les travaux de renaturation menés sur cette portion de la rivière à hauteur d’Athis-Mons, les suivis de la faune et de la flore ont débouché sur des résultats très positifs.

Les chantiers menés jusqu’à l’an dernier ont entraîné une diversification des espèces d’insectes et de plantes notamment, mais aussi l’arrivée inattendue de nouveaux pensionnaires.

Le Gomphe à pinces a ainsi pris ses aises depuis quelques mois en bord de rivière. Cette espèce de la famille des libellules est répertoriée comme menacée et son retour fait partie des bonnes surprises. Deux autres invertébrés rares en Ile-de-France y ont aussi été observés. Il s’agit du l’Oedipode émeraudine, un criquet; et de la Mélitée du Plantain, un papillon protégé dans la région. L’Alyte accoucheur, un crapaud rare et protégé, est venu repeupler lui aussi cette zone humide. Enfin, de nouvelles espèces végétales sont apparues comme le Faux-riz, très rare dans le département.

« Nous nous attendions à y découvrir une flore et une faune plus banales »

« L’action principale conduite lors de ces chantiers de renaturation a été d’éloigner la promenade piétonne de la rivière, précise Sébastien Nys, chef du service Prospective et études des milieux naturels au syndicat de l’Orge. Cela donne davantage de mobilité au cours d’eau. Les sédiments circulent plus librement. Les poissons aussi. Du coup, l’écosystème s’en trouve modifié. Jusqu’à présent, on trouvait dans l’Orge à cet endroit des espèces d’eau stagnante comme la tanche ou la brême. Là aussi, les résultats évoluent de façon assez rapide et d’autres espèces reviennent. Les résultats de ces suivis nous ont agréablement surpris. Le coteau des vignes se situe en territoire plutôt urbanisé et nous nous attendions à y découvrir une flore et une faune plus banales. »

Cette démarche de suivi est assez récente puisque les relevés concernant la faune date depuis 2016, il y a deux ans à peine. Pour la mener à bien, le syndicat de l’Orge a développé des compétences en interne. Deux chargés d’étude pour la flore et la faune ont ainsi été engagés pour mener ces études d’impact des différents chantiers menés le long de la rivière.

DEGRADI Laurent, « Athis-Mons. Libellules, papillons et crapauds de retour au Coteau des Vignes. Après ses travaux de renaturation du site, le Syndicat de l’Orge a révélé un enrichissement et un renouvellement de la biodiversité », Le Parisien Essonne, 2 octobre 2018.


© Sylvie MÉRIGOT-MONNIOTTE, Bernard MÉRIGOT, Marie LAPEIGNE, article mis en ligne le 28 septembre 2018, 18 heures

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2018
http://portes-essonne-environnement.fr

 

MGP. Réunion du conseil de la Métropole du Grand Paris le 2 février 2018

La Métropole du Grand Paris (MGP), présidée par Patrick OLLIER, réunit son assemblée délibérante (conseil de la métropole) le :

vendredi 2 février 2018, à 9 heures

dans l’hémicycle du conseil régional d’Ile-de-France, 57 rue de Babylone, à Paris (7e).

Ses 209 membres, qui représentent 131 communes, y sont convoqués.

Patrick OLLIER, président de la Métropole du Grand Paris (MGP) répond aux questions de la presse lors de la cérémonie des voeux, le lundi 22 janvier 2018 au Pavillon de l'Arsenal, à Paris. © Photograhie BM pour PEE 2018.

Patrick OLLIER, président de la Métropole du Grand Paris (MGP) répond aux questions de la presse lors de la cérémonie des voeux, le lundi 22 janvier 2018 au Pavillon de l’Arsenal, à Paris. © Photograhie BM pour PEE 2018.


SÉANCE DU CONSEIL MÉTROPOLITAIN DU 2 FÉVRIER 2018
ORDRE DU JOUR

Approbation du procès-verbal de la séance du 8 décembre 2017.

Administration

1. Élection de membres du Bureau de la Métropole afin de pourvoir aux vacances de sièges.
2. Désignation de représentants de la Métropole au sein des conseils de surveillance des établissements publics de santé.
3. Désignation des représentants de la Métropole du Grand Paris au sein de l’établissement public d’aménagement Orly Rungis-Seine Amont (EPA-ORSA).
4. Désignation du représentant de la Métropole du Grand Paris au sein du conseil d’administration de l’établissement public Campus Condorcet.
5. Remplacement de représentants de la métropole du Grand Paris à l’établissement public foncier de la région Ile-de-France (EPFIF).
6. Remplacement du représentant de la métropole du Grand Paris au sein du conseil d’administration de l’établissement public d’aménagement Paris-Saclay (EPAPS).
7. Remplacement d’un délégué suppléant de la métropole du Grand Paris au sein du syndicat mixte Autolib’ et Velib’ Métropole.
8. Désignation d’un représentant suppléant au sein du GIP Maximilien.
9. Remplacement du représentant de la métropole du Grand Paris au sein du comité stratégique de la Société du Grand Paris.
10. Remplacement du représentant de la métropole du Grand Paris au sein des instances de l’association Bruitparif.
11. Avis de de la Métropole du Grand Paris sur la délimitation de la Plaine de l’Ourcq en tant que zone touristique.

Finances

12. Débat d’orientations budgétaires 2018.
13. Attribution de compensation. Fixation des montants provisoires 2018.

Environnement

14. Avis de la Métropole sur le Plan Climat Air Energie de Paris.

Ressources humaines

15. Marché international des professionnels de l’immobilier. Mandats spéciaux.
16. Rencontre des partenaires du Réseau international des plateformes de l’économie circulaire. Mandat spécial.
17. GUAPO. Mandat spécial.
18. France Urbaine. Commission culture : mandat spécial.
19. Modification de la délibération relative aux indemnités des élus de la métropole du Grand Paris.

Vœu relatif au développement de l’urbanisme transitoire.
Communications.
Questions diverses.

Patrick OLLIER, président de la Métropole du Grand Paris (MGP) lors de son allocution à la cérémonie des voeux, le lundi 22 janvier 2018 au Pavillon de l'Arsenal, à Paris. © Photograhie BM pour PEE 2018.

Patrick OLLIER, président de la Métropole du Grand Paris (MGP) lors de son allocution à la cérémonie des voeux, le lundi 22 janvier 2018 au Pavillon de l’Arsenal, à Paris. © Photograhie BM pour PEE 2018.

© Marie LAPEIGNE, 29 janvier 2018, 18 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2018
http://portes-essonne-environnement.fr

MGP. Le métro du Grand Paris Express (GPE) fera-t-il partie des « grands travaux inutiles imposés » ?

En ce mois de janvier 2018, de nombreuses questions sont posées sur le programme de construction du métro souterrain « Grand Paris Express » que conduit la Société du Grand Paris. Quel sera son véritable coût ? Sera-t-il réalisé comme il a été annoncé ? Ou bien sera-t-il réduit ? Quelles seront les dates de ses différents achèvements ? Autant d’incertitudes à l’heure actuelle.

Le lancement du premier tunnelier du métro souterrain du «Grand Paris Express» devait être fait devant la presse le lundi 22 janvier 2018 à Champigny-sur-Marne par Philippe YVIN. La visite du chantier a été annulée en catastrophe par la Société du Grand Paris suite aux réserves formulées par la Cours des Comptes sur le surcoût de de plus de 13 milliards d’euros du programme. (Document SGP / PEE)


Le plus grand projet d’Europe. Le projet de métro Grand Paris Express comprend 200 km de lignes automatiques, soit autant que le métro actuel, et 68 gares. Ses promoteurs le qualifient de « plus grand projet urbain en Europe » . Pour eux, « il est bien plus qu’un réseau de transport, il ouvre de nouveaux horizons et offre de nombreuses opportunités. Avec lui, la métropole devient plus grande et plus unie ». (1) Les quatre nouvelles lignes du Grand Paris Express (15, 16, 17 et 18) et les lignes 11 et 14 prolongées, doivent être connectées au réseau de transport existant. Essentiellement souterrain, le nouveau métro traversera les territoires du Grand Paris pour les relier entre eux et à la capitale.

Projet du réseau du métro Grand Paris Express, Société du Grand Paris. 2017


Qui pilote le projet ? Le lancement du premier tunnelier du métro souterrain du « Grand Paris Express» devait être fait devant la presse le lundi 22 janvier 2018 à Champigny-sur-Marne par Philippe YVIN. La visite du chantier a été annulée en catastrophe par la Société du Grand Paris suite aux réserves formulées par la Cours des Comptes concernant les dérives financières du programme de plus de 13 milliards d’euros. Ce qui n’empêche pas que soit maintenu « un rassemblement festif et populaire (performances, innovations, spectacle vivant, ateliers pour les familles et les enfants, son et lumière, repas de chantier, bal populaire…». Autant de manifestations qui demeurent programmés pour le 3 février 2018 ! (2)

Le Premier ministre Édouard PHILIPPE a retiré à la Société du Grand Paris l’initiative de la communication à la presse de l’inauguration du tunnelier. C’est lui qui, en fin de compte, a visité le chantier le mardi 23 février 2018 et qui a pris en main la communication sur le sujet. Il a déclaré, sur le modèle du discours universel – c’est-à-dire d’un discours obscur, qui ne tranche rien et dans lequel toutes les opinions peuvent se retrouver – « Je suis venu voir l’ambition, l’ampleur et la complexité de cet immense projet ». Comme dit le poète comprenne qui pourra.


Une certitude. Le Grand Paris Express comprend quatre nouvelles lignes de métro automatique (lignes 15, 16, 17 18), les prolongements de la ligne 14, les branches qui doivent relier les deux aéroports d’Orly et de Roissy, le pôle scientifique de Saclay, et désenclaver des villes de Seine-Saint-Denis, de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil. Les mises en service avaient été échelonnée initialement entre 2019 et 2030. Tout ne peut pas être fini à temps. C’est désormais une certitude.

Les travaux de cet ensemble gigantesque de chantiers simultanés ont démarré, mais ils ont déjà pris du retard. Au nord-ouest de Paris, une inondation a ralenti les travaux, alors que la ligne 15, au sud, pourrait n’être achevée qu’en 2024 au lieu de 2022. Sans compter les autres tronçons où les travaux n’ont toujours pas commencé…


Des coûts pharaoniques. La Cour des Comptes a demandé une « révision du périmètre du projet et de son phasage ». Car la facture s’envole : initialement prévu à 19 milliards d’euros en 2010, le projet est maintenant chiffré à 35,08 milliards.

  • Première estimation :
    25,5 milliards
  • Deuxième estimation :
    35 milliards
  • Estimation de la Cour des Comptes :
    38,5 milliards

Des élus et citoyens des départements franciliens s’inquiètent. Le Grand Paris Express n’est-il pas entrain de s’inscrire au tableau des Grand travaux inutiles ? Comme l’ont été avant lui le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

Que signifie l’expression de Grands travaux inutiles (GTI) ? Elle a été popularisée à partir de 1986 par le journaliste belge Jean-Claude DEFOSSÉ lors ses interventions à la télévision belge. Elle a été reprise dans un livre intitulé Le Petit Guide des grands travaux inutiles publié en 1990. La formule a été complétée dans les années 2000 par celle de Grand travaux inutiles imposés (GTII).

Appartiennent à la catégorie des Grands travaux inutiles imposés, les équipements publics importants (ligne de chemin de fer, pont, barrage…) qui ont pour caractéristique :

  • soit de n’avoir jamais été terminé,
  • soit de ne pas avoir atteint les objectifs annoncés,
  • soit d’avoir un coût final, qui en augmentant sans cesse, finit par atteindre un montant prohibitif, sans rapport ni avec les besoins initiaux, ni avec les besoins présents, ni avec les besoins futurs.

Marc FRESSOZ, dans un article intitulé « Grand Paris Express : un scénario à la Eurotunnel ? », écrit : « Alors que le gouvernement va tenter de rectifier le tir face aux énormes dépenses, l’analyse de la Cour des comptes sur la folie des grandeurs du Grand Paris Express rappelle le projet de construction du tunnel sous la Manche dans les années 1980-1990 ».

« On n’a qu’une envie, c’est d’aller se pendre » : c’est le cri du cœur de la députée (PS) Christine PIRES-BEAUNE après l’exposé de Didier MIGAUD, le premier président de la Cour des Comptes venu présenter à la commission des Finances le rapport sur la Société du Grand Paris (SGP), le 17 janvier 2018. Tous les ingrédients d’un scandale sont réunis. « Une bombe à retardement financière pour le siècle », a renchéri un autre député ». (3)

S’il continue à être réalisé dans un contexte d’effets d’annonces, successives et contradictoires, le nouveau réseau du Grand Paris Express fera partie des grands travaux imposés inutiles.

Des liaisons Banlieue/Banlieue – et non plus des liaisons Paris/Banlieue – sont attendues depuis trop longtemps. Il ne faut pas que la réalisation des unes soient réalisées au détriment du fonctionnement des autres. La cohérence des différents projets manque. A ce sujet, des transports de surface comme le T7 et le futur T12 apparaissent peu performants. Il ne faudrait pas que pour des raisons économiques, les métros soient transformés en tramways.

Les 200 kilomètres de métro du Grand Paris Express ne correspondent pas en l’état, ni aux attentes, ni aux besoins des usagers et des usagères qui utilisent au quotidien les lignes du RER, notamment celles du réseau SNCF. Avant de créer de nouvelles lignes il faudrait assurer le fonctionnement normal des lignes existantes.


DOCUMENT

« La réalisation des tunnels », 19 septembre 2017, You Tube, Durée : 3:13. Vidéo sur le site : https://www.societedugrandparis.fr/gpe/actualite/les-premiers-tunneliers-bientot-sur-le-chantier-1501

RÉFÉRENCE DE LA VIDÉO
SOCIÉTÉ DU GRAND PARIS /GRAND PARIS EXPRESS, « La réalisation des tunnels », 19 septembre 2017, You Tube, Durée : 3:13. https://www.societedugrandparis.fr/gpe/actualite/les-premiers-tunneliers-bientot-sur-le-chantier-1501


LES 12 ARGUMENTS ET PROCÉDÉS
POUR FAIRE ACCEPTER À L’OPINION UN
GRAND PROJET INUTILE IMPOSÉ (GPII)

  • 1. L’INTÉRÊT GÉNÉRAL. Un GPII est toujours présenté comme porteur de l’intérêt général. Quant est-il défini ? Par qui ? Quelle analyse partagée est-elle faite d’un projet (par exemple, en termes de forces/faiblesses/opportunités/menaces) ?
  • 2. LA LÉGITIMITÉ. Un GPII est toujours légitime, « puisqu’il émane de pouvoirs en place légitimes ». Cet argument est construit sur le plan rhétorique sur le modèle de l’« enthymème ». C’est-à-dire un syllogisme incomplet, dont le second terme est absent, et qui considère implicitement comme établi. La légitimité se transmet par contamination. Elle opère une confusion entre « être » et « faire » : il n’est nullement établi que toutes les actions d’un pouvoir légitime sont elles mêmes automatiquement légitimes ?
  • 3. LA LÉGALITÉ. Un GPII est toujours justifié par l’argument : le projet respecte la loi. Mais il précise rarement à quelle(s) loi(s) il se réfère, en omettant de citer de façon complète les jurisprudences encadrant son application.
  • 4. LA DIVISIONS. Un GPII opère toujours une division entre plusieurs catégories de destinataires, entre élus et citoyens, entre usagers, riverains, habitants, travailleurs…
  • 5. LE TEMPS. Un GPII utilise le temps : l’âge des GPII, ente le projet initial, sa divulgation publique, les multiples divulgations partielles de son contenu, est très souvent extrêmement élevé, (plusieurs années, plusieurs décennies…). Le temps confère une légitimité naturelle à n’importe quel projet.
  • 6. LES FINANCES PUBLIQUES. Un GPII devient toujours, in fine, un équipement privé financé à l’origine par de l’argent public.
  • 7. L’EMPLOI. Un GPII annonce qu’il participe au maintien de l’emploi et à la création d’emplois nouveaux. Il s’agit encore d’un enthymème qui dit sans le dire : ceux qui s’opposent au projet, s’opposent a l’emploi.
  • 8. LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE. Un GPII prétend toujours qu’il participe à une politique de relance de la croissance par les grands travaux.
  • 9. LE RESPECT DES FORMES. Un GPII tente toujours de passer en force. Il pratique l’impasse sur le respect des formes. Il ignore ce qu’est un vice de forme, qu’il considère toujours comme quelque chose de mineur qui ne saurait remettre en cause le projet lui-même.
  • 10. LA SURDITÉ. Un GPII ignore les avis négatifs aussi bien des entités consultatives que du public qui sont ignorés lors des procédures d’information et de consultation…
  • 11. LE SECRET. Les pouvoirs en place, porteurs d’un GPII, utilisent le silence à l’égard des collectifs, des associations et des citoyens : aucune réponse n’est faite à leurs courriers et à leurs demandes de rendez-vous sont soir absentes, soit imprécises.
  • 12. LE FAIT ACCOMPLI. Le lancement d’un projet de GPII est ponctué « faits accomplis » discutables, qui permettent d’assoir l’étape suivante. Une situation d’irréversibilité du projet est ainsi créée, rendant difficile tout retour en arrière.

RÉFÉRENCES DU DOCUMENT

LAVOCAT Lorène, « Projets inutiles, la victoire est possible. Le récit de la rencontre de Reporterre », 5 décembre 2014, http://reporterre.net/Projets-inutiles-la-victoire-est-possible
HELUIN Gilles,
« La Rencontre de Reporterre du décembre 2014. Les projets inutiles : la victoire est possible », 12 décembre 2014. http://www.centpourcentnaturel.fr/post/2014/12/02/rencontre-de-reporterre-projets-inutiles-la-victoire-est-possible
REPORTERRE, LE QUOTIDIEN DE L’ÉCOLOGIE,
« Projets inutiles : la victoire est possible. (Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Triangle de Gonesse, Décathlon à Saint-Jean-de-Braye, Center Parcs à Roybon) », Réunion organisée le lundi 1er décembre 2014, Salle Jean Dane, Paris 12e, http://reporterre.net./


RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE
1.
Société du Grand Paris,
https://www.societedugrandparis.fr/
2. PIERRE LAPORTE COMMUNICATION (pour le compte de la Société du Grand Paris), « Invitation Preview Presse KM3. Lancement du Grand Paris Express. Visite de chantier », 22 janvier 2018.
DELAHAUTEMAISON Virginie, « Le calendrier des travaux du Grand Paris Express sera revu cette semaine », France 3 Régions / France TV Info Paris Ile-de-France, 21 janvier 2018.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/grand-paris/calendrier-travaux-du-grand-paris-express-sera-revu-cette-semaine-1405561.html
3. FRESSOZ Marc, « Grand Paris Express : un scénario à la Eurotunnel ? », Contexte transports, 24 janvier 2018. https://www.contexte.com/article/transports/grand-paris-express-un-scenario-a-la-eurotunnel_81629.html?utm_medium=email&utm_source=transactional&utm_campaign=newsletter_pouvoirs


Commentaire du 1er février 2018

La ministre des transports Élisabeth Borne confirme la révision à la baisse du projet de Grand Métro Express. Elle a adressé en date du 30 janvier 2018 une lettre aux élus d’Ile-de-France dans laquelle est indique que « Le futur métro sera réalisé… avec « un calendrier réaliste de livraison et de coût  » ».

Voir l’article :
« Le futur métro sera réalisé… avec « un calendrier réaliste de livraison et de coût » », Le Parisien, 1er février 2018. Article de Jean-Gabriel Bontinck.

© Bernard MÉRIGOT, 26 janvier 2018, 17 heures. Mise à jour le 1er février 2018, 19 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
http://portes-essonne-environnement.fr

 

MGP. Réunion du conseil de la Métropole du Grand Paris le 8 décembre 2017

La Métropole du Grand Paris (MGP) réunit son assemblée délibérante (conseil de la métropole) le

vendredi 8 décembre 2017, à 9 heures

dans l’hémicycle du conseil régional d’Ile-de-France, 57 rue de Babylone, à Paris (7e).

Ses 209 membres, qui représentent 131 communes, débâteront et voteront un ordre du jour comportant 19 points que l’on pourra lire ci-dessous.

Métropole du Grand Paris (MGP). Ordre du jour du conseil de la métropole du vendredi 8 décembre 2017.

© Marie LAPEIGNE, 4 décembre 2017, 18 heures.

 

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
http://portes-essonne-environnement.fr

MGP. Le projet d’agriculture urbaine et maraîchère de la ville de Morangis (Essonne) lauréat du concours Inventons la Métropole du Grand Paris

Les lauréats du concours  « Inventons la Métropole du Grand Paris ont été annoncés publiquement le 18 octobre 2017 au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne par Patrick OLLIER, président de la MGP, Anne HIDALGO, maire de Paris et Philippe YVIN, président du directoire de la Société du Grand Paris. Ce concours était ouvert aux 131 communes composant la MGP.

Parmi les 51 lauréats, figurent trois projets présentés par des villes du département de l’Essonne :

  • Réanimer l’hôpital Louis Michel à Courcouronnes,
  • Le Génopole d’Évry,
  • Agriculture à Morangis.

Projet d’agriculture urbaine et maraîchère et de construction de logements de la Ville de Morangis (Essonne). Projet lauréat du Concours Inventons la Métropole du Grand Paris de 2017.


PEE a déjà rendu compte par un article en ligne sur ce site du dossier déposé par la ville de Morangis (1). Rappelons qu’il a pour projet de réimplanter au sein de la métropole une agriculture urbaine et maraîchère, ce qui constitue à la fois une opportunité nourricière pour le territoire et une contribution à la réduction de son empreinte écologique.

Le développement de types d’activités agri-urbaine et péri-urbaine son associées à la programmation de logements et d’activités sur un terrain de 1,37 hectares, dont 0,8 hectares sont actuellement en friche.

« Agricole, associatif et résidentiel », tels sont les termes par lesquels le projet « Ressources Toit » concernant le site de l’Armée Leclerc à Morangis se qualifie lui-même. Il est proposé par l’Atelier Po et Po (architecte) et Toits Vivants (urbaniste et paysagiste spécialisé en agriculture urbaine). Ses concepteurs déclarent que leur approche a pour but de « (ré)concilier l’espace urbain et l’activité agricole, en créant des synergies d’usages (circuits courts, jardins participatifs, composteurs mutualisés) ». Pour eux, « l’agriculture peut enrichir la construction de la ville, l’écosystème agri-urbain en permettant l’installation d’une exploitation agricole sur un terrain en friche et la construction de nouveaux logements en lieu et place des anciens bâtiments industriels du site ». (2)

Les habitations et locaux associatifs, implantés le long de l’avenue résidentielle de l’Armée Leclerc, s’organiseront en cœur d’îlot, autour d’un espace central partagé, planté d’arbres fruitiers. Il se prolongeront ensuite en fond de parcelle par une exploitation agricole diversifiée.

La programmation agricole se composera d’une zone principale de maraîchage bio-intensif, de serres, d’une haie fruitière encerclant la parcelle, d’un poulailler, d’un rucher et, à terme, d’un espace de pâturage. Cette programmation agricole diversifiée fonctionnera dans une logique d’écosystème et d’apports réciproques. Les interactions contribueront alors à la résilience du système.

Pascal Noury, maire de Morangis, conseiller métropolitain du Grand Paris, présente le projet d’agriculture urbaine et maraîchère de la commune au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne le 10 octobre 2016. © Photographie BM/CAD pour PEE, 2016.

Les mouvements qui visent à implanter des activités agricoles et maraîchères en zone urbanisée. poursuivent trois objectifs principaux :

  • promouvoir une agriculture saine et durable en ville (nouveaux lieux et nouvelles pratiques de culture),
  • rendre l’agriculture accessible aux citadins (nouveaux consommateurs),
  • créer des rapports économiques différents des circuits existants (nouveaux producteurs).

Ils visent à :

  • associer les besoins créés par le mode d’existence urbain et la situation économique actuelle,
  • manger sain (culture bio),
  • permettre des modes d’achat locaux avec le moins de transports possibles,

Leur intention est de faciliter la cohésion entre les citadins et les agriculteurs périurbains mais aussi la création de liens entre les citadins eux même. (3)

De plus, ils cherchent à générer une culture fondée sur un développement sociétal caractérisé par la coopération. La mise en place de nouvelles pratiques agricoles en harmonie avec l’environnement et respectueuses des hommes, comme la permaculture et l’agro-écologie sont appelées à remplacer la concurrence et de la compétition.

Anne-Cécile DANIEL a résumé les différentes formes de l’agriculture urbaine. (4)

Les formes d’agricultures urbaines définies par Anne-Cécile DANIEL en 2013.

Du PIB au PNB. Ce projet n’est ni anecdotique ni marginal. Il participe à des mouvements, qui en développant une multifonctionnalité (fonction sociale, fonction alimentaire, fonction environnementale, fonction économique), vise à remplacer les valeurs du Produit Intérieur Brut (PIB) en lui substituant les valeurs d’un autre indicateur, celle du Bonheur National Brut (PNB), inventé par le Royaume du Bhoutan dans les années 1970, Ces valeurs nouvelles comprennent la conservation et la protection de la nature, la promotion de la culture, le développement d’une économie durable et la bonne gouvernance sociale, solidaire et collaborative.


DOCUMENT

A MORANGIS ON MARIE AGRICULTURE ET IMMOBILIER

Une large palette d’activités agricoles et un programme immobilier vont voir le jour sur un terrain d’un hectare aujourd’hui partiellement inutilisé.

Des légumes, des fruits, du miel et bien d’autres délices produits à Morangis, dans un espace totalement repensé bordé de nouveaux logements. La perspective semble se préciser depuis ce jeudi et l’annonce des projets innovants retenus par la Métropole du Grand Paris. Porté par Paris Sud Aménagement, ce programme urbain conçu par des architectes et des urbanistes paysagers combine une exploitation agricole de 7 780 m² et un programme immobilier de 3 670 m².

Un terrain d’1 ha, pour le moment en friche et situé le long de l’avenue de l’Armée Leclerc, sera transformé en partie en site consacré à l’agriculture urbaine et maraîchère. Les productions issues d’un verger, d’un poulailler et d’un rucher seront proposées en circuit court. S’ils en profiteront en premier lieu, les habitants seront aussi associés à ce projet avec la création de jardins participatifs et de serres sur les toits.

Vers une mise en valeur des terres agricoles

Pour Pascal Noury, le maire (DVG) de Morangis, la sélection de ce projet par l’établissement public constitue une bonne nouvelle, à plusieurs titres. « Cela va donner un avenir à ce terrain qui n’est que partiellement utilisé, explique-t-il. C’est surtout un premier pas qui va nous permettre d’amorcer la dynamique de mise en valeur de nos terres agricoles sur laquelle nous travaillons. »

Et l’édile de noter que ce choix « intègre pleinement Morangis à la Métropole du Grand Paris ». « Les communes de l’Essonne se sentent souvent un peu mises à l’écart », glisse-t-il, heureux de ce coup d’accélérateur en grande couronne.

« A Morangis on marie agriculture et immobilier », Le Parisien, 19 octobre 2017, Essonne. Article de Gérald Moruzzi. http://www.leparisien.fr/morangis-91420/a-morangis-l-agriculture-urbaine-et-l-immobilier-vont-faire-bon-menage-18-10-2017-7340835.php


RÉFÉRENCES

1. Article en ligne sur http://www.portes-essonne-environnement.fr : MGP. Inventons la Métropole du Grand Paris : Morangis, commune candidate pour l’agriculture urbaine et maraîchère L’appel à projets « Inventons la Métropole » a été lancé le 23 mai 2016 par la Métropole du Grand Paris (MGP) auprès des 131 communes (696 051 habitants) qui la composent. Le 10 octobre 2016, les candidatures de 112 sites ont été dévoilées. L’un d’eux retient l’attention. La commune de Morangis (Essonne) projette de réimplanter une […] Cette entrée a été publiée dans Agriculture urbaine et maraîchère, Cadre de vie, CALPE, GOSB – EPT 12 de la MGP, Inventons la Métropole, Métropole du Grand Paris (MGP), Morangis le par .
2. MARION Fabienne, « Biomimétisme, économie circulaire, végétalisation urbaine donnent le ton de la future Métropole du Grand Paris », UP Magazine, le magazine de l’innovation et des temps qui changent, 19 octobre 2017.
http://www.up-magazine.info/index.php/urbanisme-architecture-3/7019-la-future-metropole-du-grand-paris
3 . Voir à titre d’exemple la Maison d’agriculture urbaine, https://maisonagricultureurbaine.com/presentation/qui-sommes-nous/. Il existe de nombreux acteurs : Urbainculteurs, Les Incroyables Comestibles (mouvement mondial sur la nourriture à partager), les Colibris, Terre des Sciences, des Maison de quartier de nombreuses villes (comme Angers), le réseau Agrirubain Francophone…
4. DANIEL Anne-Cécile, AUBRY Chistine, THOURET Amélie, DEVINS Antoine, « Naissances et développement des formes commerciales d’agriculture urbaine en région parisienne », VertigO, 2013.

© Marie LAPEIGNE, 23 octobre 2017, 19 heures.

http://portes-essonne-environnement.fr
ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.