Archives de catégorie : Journées européennes du patrimoine

Journées nationales du Patrimoine 2016. L’approche historique de la conférence-promenade au château de Savigny-sur-Orge (lycée Jean-Baptiste Corot)

Aucun patrimoine n’existe sans la mémoire collective qui le constitue en tant qu’objet historique. Comment vivre, inventorier et transmettre cette mémoire ? Comment enseigner les connaissances qui la composent ? Telles sont les questions posées par les organisateurs de la conférence-promenade organisée dans le château de Savigny-sur-Orge et son parc ce samedi 17 septembre 2016, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. (1)

Le domaine présente aujourd’hui la particularité d’être occupé par le lycée Jean-Baptiste Corot, établissement d’enseignement secondaire de près de 2 600 élèves (classes de seconde à la terminale, classes préparatoires et classes de BTS), 240 enseignants, 80 personnels administratifs et techniques en service. Cette situation particulière incite le lycée à concevoir une approche de son patrimoine originale, à la fois culturelle, éducative et pédagogique, aussi bien pour lui même que pour son environnement. Elle est conduite par son proviseur Éric BISET et le Centre de documentation et d’information (CDI) en partenariat avec deux associations locales.

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Éric BISET, proviseur le lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, accueille les participants à la visite-conférence des Journées européennes du patrimoine du samedi 17 septembre 2016. © Photographie BM/CAD pour PEE.

Les conditions restrictives du Plan Vigipirate applicables en 2016 aux établissements scolaires ont réduit l’accès des personnes extérieures. Le lycée, disposant pour l’organisation de cette manifestation d’un temps de préparation très court, a tenu à être ouvert le samedi 17 septembre, à 11 heures, à une poignée de visiteurs. Comme indiqué dans le tract de présentation disponible 48 heures avant la manifestation, la visite-conférence a été ouverte à un nombre limité de participants inscrits préalablement. Elle a consisté en une visite-conférence d’une heure trente conduite par Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, historienne, ancienne élève de Corot et ancienne surveillante de ses maths-sup et maths-spé dans les années 1980. (2)

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Quelques participants à la visite-conférence du lycée Jean-Baptiste Corot lors des Journées européennes du patrimoine dans la salle des Actes du château. © Photographie BM/CAD pour PEE, 17 septembre 2016.

Après avoir été accueillis par le proviseur Éric BISET, par l’intendant M. LAUNAY, et par le professeur-documentaliste Philippe SCHEINHARDT, le groupe s’est rendu au deuxième étage du château, dans la salle des Actes. Devant le plan établi par un géomètre de Juvisy-sur-Orge en 1882 pour son propriétaire de l’époque, le marquis de ALTA-VILLA, la conférencière a présenté l’histoire du domaine, de ses propriétaires successifs et des aménagements réalisés. La visite-conférence s’est notamment appuyée sur divers documents historiques référencés accessibles en ligne.

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Extrait du « Plan des château et parc de Savigny-sur-Orge appartenant à Monsieur Ramiro de la Puente, marquis de Alta-Villa (…) dressé par C. Noël, géomètre à Juvisy, MDCCCLXXXII (1882) », lycée Jean-Baptiste Corot, salle des Actes (2e étage du château). © Photographie BM/CAD pour PEE, 30 août 2016.


La connaissance des lieux privés et publics, une quête à effectuer en toute modestie

Rappelant que le ministère de l’Éducation nationale avait acquis en 1948 le site du château et les 23 hectares saviniens qui l’entourent, pour Éric BISET, cet « ensemble patrimonial historique constitue un élément fondateur de l’établissement. Par leur présence à la fois studieuse et animée tout au long de l’année scolaire, les élèves, les enseignants et les personnels font vivre au quotidien un lieu emblématique de la commune. Ils lui donnent un sens ».

Journées européennes du patrimoine au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, samedi 17 septembre 2016 © Photographie BM/CAD pour PEE.

Produit de multiples constructions individuelles et collectives, la connaissance historique des lieux publics ou/et privés est une affaire de patience, de bon sens, de doute, d’opiniâtreté, d’observation, d’analyse, de critique, de méthode, de rigueur… (3) Au-delà des règles fondamentales appliquées à l’histoire et suivies par les historiens, Bernard MÉRIGOT ajoute désormais la nécessaire open data des données et des sources historiques. Il souligne que le choix pour 2016 par le ministère de la Culture du thème « Patrimoine et citoyenneté » inscrivait toutes les démarches d’accès au patrimoine public dans une perspective démocratique. « Il faut lutter contre les appropriations parfois abusives : rien ne doit être ni caché ni inaccessible. Tout doit être montré et accessible ». (4) Éric BISET donne ainsi l’exemple de l’inventaire complet des biens mobiliers et immobiliers établi en 1802 lors de l’acquisition par le Maréchal Davout du château et de ses dépendances. « Il y a peu de temps encore, ce document rare, n’était consultable qu’en archives. Numérisé, il est désormais disponible sur Internet ».

Un appel à la recherche des sources originale, à leur identification précise, à leur numérisation et à la mise en ligne des documents est donc lancé pour établir l’histoire de l’établissement scolaire savinien sous la direction des personnes ressources de la fabrique culturelle patrimoniale du lycée en cours de création. (5)

Présentation par Sylvie MONNIOTTE de l’histoire des travaux d’installation puis de rénovation du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge durant la conférence-promenade du 17 septembre 2016. © Photographie BM/CAD pour PEE.


Le lycée Jean-Baptiste Corot, un site parmi 17 000

Le ministère de la Culture publie tous les ans un bilan chiffré des Journées européennes du patrimoine. En 2015, 12 millions de Français et Françaises y auraient participé. Le 18 septembre 2016, il annonçait que 17 000 sites avaient été ouverts. Un sondage d’opinion Odoxa, commandé par Le Parisien, annonce un singulier tripartisme :

  • 34 % des Français ont participé à une visite en 2016,
  • 31 % n’ont pas participé à une visite, mais y ont déjà participé,
  • 35 % n’y ont pas participé et n’y ont jamais participé. (6)

Les médias s’extasient sur le nombre de visiteurs faisant la queue pour visiter le palais de l’Élysée, tel ou tel ministère…, sur le temps passé dans la file d’attente (des heures !), sur sa longueur (des centaines de mètres !).

Les Journées européennes du patrimoine ne sauraient se limiter à la seule consommation passive de lieux par des visiteurs. Elles ont un avant, celui de la lente constitution des savoirs et des récits attachés aux lieux. Elles doivent avoir un après qui se manifeste par un renouveau de la recherche historique sur le passé et par une construction des mémoires plurielles du présent. C’est la mission qui incombe aux « fabriques de patrimoine ». Ce sont elles qui sont en mesure d’apporter un enrichissement critique de connaissance nouvelles.

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Le lycée Jean-Baptiste Corot, alors annexe du lycée Lakanal de Sceaux. Vue aérienne située vers 1953-1954. Collection privée AM.

RÉFÉRENCES
1. MONNIOTTE-MÉRIGOT Sylvie, « Journées européennes du patrimoine 2016. Entrez dans l’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge », www.portes-essonne-environnement.fr, 16 septembre 2016 : http://portes-essonne-environnement.fr/journees-europeennes-du-patrimoine-2016-entrez-dans-lhistoire-du-lycee-jean-baptiste-corot-de-savigny-sur-orge/. SCHEINHARDT Philippe, « La journée du patrimoine au Lycée », 16 septembre 2016, http://blog.ac-versailles.fr/cdicorot/index.php/category/Veille-culturelle.2. BISET Éric, « Journées européennes du Patrimoine 2016, samedi 17 septembre 2016, Lycée Jean-Baptiste Corot, Savigny-sur-Orge », A4, 1 p.
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3. Pour une lecture rapide sur le métier d’historien, la méthode en histoire et l’histoire locale, lire dans la collection « Que sais-je ? » (PUF) les ouvrages de Guy THUILLIER et de Jean TULARD : La méthode en histoire (n° 2323, 1986, 128 p.), Le métier d’historien (n° 2615, 1991, 128 p.), Histoire locale et histoire régionale (n° 2689, 1992, 128 p.).
4. La fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot – Personnes ressources : Éric BISET (proviseur du lycée), Philippe SCHEINHARDT (professeur-documentaliste, responsable des Journées européennes du patrimoine), Martine OHLMANN (conseillère principale d’éducation), Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT (ancienne élève, historienne, auteur de publications locales), Bernard MÉRIGOT (ancien élève, maire adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge chargé du Patrimoine, président de Territoires et démocratie numérique locale).

5. MÉRIGOT Bernard, « Les Journées européennes du Patrimoine 2016 sont une « fabrique de territoire », www.savigny-avenir.info, 16 septembre 2016 : http://www.savigny-avenir.fr/2016/09/16/les-journees-europeennes-du-patrimoine-2016-sont-une-fabrique-de-territoire/.
6. Sondage EDOXA pour Le Parisien : « Les Journées du patrimoine au crible ». Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français et de Françaises interrogés par Internet les 15 et 16 septembre 2016. Panel de 999 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, Le Parisien, 18 septembre 2016, p. 29.

Pour information et suite
1. Une partie des documents présentés lors de la conférence-promenade du 17 septembre 2016 seront mis en ligne prochainement…
2. Pour celles et ceux qui souhaitent contribuer à la construction de l’histoire du lycée (cartes postales, photographies des lieux, photographies de classes, photographies prises lors des activités de club, bulletins scolaires, documents administratifs, publications, objets, etc.), n’hésitez pas à nous contacter (contact@portes-essonne-environnement.fr) ou à vous rapprocher du CDI (01 69 44 55 66, standard, demander M. SCHEINHARDT).
3. La rédaction du présent média numérique vous donne rendez-vous aux Journées européennes du patrimoine 2017 sous la houlette de la fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 23 septembre 2016, 15 h 35.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.

Journées européennes du patrimoine 2016. Entrez dans l’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge

Le thème retenu pour les Journées européennes du patrimoine 2016 par le ministère de la Culture et de la communication est celui du patrimoine et de la citoyenneté. Pour la première fois de son histoire, le lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge ouvre ses portes aux parents d’élèves de seconde et de première conviés à des réunions parents/professeurs/direction et à une visite patrimoniale ce samedi 17 septembre 2016. (1)

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Le château de Savigny-sur-Orge au XVIIe siècle. Illustration extraite de l’article de Louis BRUNEL, « Deux sièges du château de Savigny », SESAM, volume VII, 1950, p. 387. (2)


Le patrimoine fondateur d’identité scolaire

Le 3 juillet 1948, fort endommagé durant la Seconde Guerre, le château « Davout » et les 23 hectares de son domaine sis sur la commune de Savigny-sur-Orge sont acquis par l’Éducation nationale afin d’ouvrir une annexe provisoire du lycée Lakanal de Sceaux. Les travaux de rénovation débutent dix-sept mois plus tard, en décembre 1949 sous la direction de l’architecte Germain GRANGE. Il s’attache à restaurer le château et les pavillons d’entrée afin d’y installer l’administration et les appartements du personnel.

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L’annexe du lycée Lakanal de Sceaux à Savigny-sur-Orge, futur lycée Jean-Baptiste Corot. Carte postale éditée vers 1950-1951, collection privée HB.

Le premier bâtiment scolaire sur les sept envisagés sorti de terre en 1950, cent-quatorze élèves font leur rentrée le mardi 2 octobre. L’année suivante, un deuxième pavillon de huit classes s’élève sur le même modèle géométrique à larges baies… Après deux années d’indécision, le lycée se donne enfin un nom le 27 novembre 1956 : Jean-Baptiste Corot. (3)

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Le premier bâtiment scolaire dans l’enceinte de l’annexe du lycée Lakanal de Sceaux à Savigny-sur-Orge, futur lycée Jean-Baptiste Corot : cet édifice sera appelé tout simplement « A ». Illustration extraite de l’article de Louis BRUNEL, « Le nouveau lycée de Savigny-sur-Orge (annexe du lycée Lakanal) », in SESAM, p. 413. (4)

Pour Éric BISET, actuel proviseur du lycée, « l’ensemble patrimonial historique constitue un élément fondateur de l’identité de l’établissement. Par leur présence à la fois studieuse et animée tout au long de l’année scolaire, les élèves, les enseignants et les personnels font vivre un lieu emblématique de la commune. Ils lui donnent un sens. »

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La première équipe pédagogique de l’annexe du lycée Lakanal de Sceaux à Savigny-sur-Orge, futur lycée Jean-Baptiste Corot. Illustration extraite de l’article de Louis BRUNEL, « Le nouveau lycée de Savigny-sur-Orge (annexe du lycée Lakanal) », in SESAM, p. 414, cl. Rativet. (4)


La visite guidée du lycée ce 17 septembre 2016

Les événements nationaux de ces derniers mois et les conditions restrictives du Plan Vigipirate applicables en 2016 aux établissements scolaires réduisent l’accès des personnes extérieures. Le lycée Jean-Baptiste Corot a cependant tenu à être ouvert pour une visite guidée, le samedi 17 septembre 2016, à l’attention des élèves et des parents intéressés.

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Annonce de la visite du 17 septembre 2016 à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, et des prochaines activités liées à l’histoire du lycée… © Photographie BM pour PEE et CAD, 16 septembre 2016.

Les visiteurs d’un jour pourront ainsi :

  • parcourir d’une autre façon les allées de leur établissement, longer les canaux et les douves en devinant « La Douve » ou en imaginant ce que l’on pouvait bien trouver derrière les actuels bâtiments E et F au début du XXe siècle ;
  • évoquer les propriétaires et les aménagements successifs tels ceux d’Étienne de VESC (XVe siècle), des époux DAVOUT (XIXe siècle) ou de l’Éducation nationale (1948 – 2016) ;
  • découvrir le plan du domaine levé en 1882 sous José Ramiro de la PUENTE y  GONZALEZ-NANDIN, marquis de ALTA VILLA, qui reçut la reine Isabelle II d’Espagne en exil (1869)…
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Plan de la visite du 17 septembre 2016 du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge. Montage SMM et PS, Journées européennes du patrimoine 2016.


L’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot en cours d’élaboration

La connaissance des lieux publics et privés est le produit de constructions à la fois individuelles et collectives, à la fois simples et compliquées, à la fois sobres et riches… Rien n’est réalisé de façon spontanée. Les idées innovantes pour faire vivre le patrimoine ne manquent pas. Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale propose aujourd’hui sur son site Internet une visite virtuelle de l’hôtel de Rochechouart sis au 110 rue de Grenelle à Paris. (5)

Le proviseur Éric BISET précise que « le lycée Corot n’en est pas à ce stade numérique. Cette première journée européenne du patrimoine sera prolongée par une publication des sources bibliographiques et iconographiques, des expositions au Centre de documentation et d’information (CDI), une incitation aux recherches dirigées et encadrées sur l’histoire du château, du lycée, de la commune, et, la mise en ligne de divers documents historiques référencés. Comme, par exemple, l’inventaire complet des biens mobiliers et immobiliers établi en 1802, lors de l’acquisition par le Maréchal Davout du château et de ses dépendances. Jusqu’à ce jour, ce document rare n’était consultable qu’en archives. Numérisé, il est désormais disponible sur Internet. » (6) « Telle une fabrique de la culture patrimoniale scolaire, ces ressources permettront de créer une dynamique afin de préparer et d’initier des actions pédagogiques et des manifestations durant les années scolaires 2016-2017 et 2017-2018, en vue du 70e anniversaire de l’acquisition du domaine par le ministère de l’Éducation nationale. »


Visite guidée le samedi 17 septembre 2016, 11 heures (durée : 1 h 30 environ)
Nombre limité de participants : 25 personnes maximum, sur inscription auprès du CDI.
Rendez-vous à l’intérieur du lycée, devant le porche d’entrée du château à 10 h 45.
Il est demandé aux personnes extérieures à l’établissement désireuses de participer à la visite de contacter le CDI et d’être en possession d’une pièce d’identité.

Contact – Responsable des Journées européennes du patrimoine
Philippe SCHEINHARDT, professeur-documentaliste, CDI, lycée Jean-Baptiste Corot
Téléphone : 01 69 44 55 66 (standard, demander le CDI)

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Vue aérienne du bas de Savigny-sur-Orge et de l’annexe du lycée Lakanal de Sceaux, futur lycée Jean-Baptiste Corot : l’édifice en construction sera appelé tout simplement « D », à la suite du « A », « B » et « C »… Carte postale affranchie en 1956, collection privée AM.


La fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot – Personnes ressources
Éric BISET, proviseur du lycée Jean-Baptiste Corot
Philippe SCHEINHARDT, professeur-documentaliste, CDI, lycée Jean-Baptiste Corot
Martine OHLMANN, conseillère principale d’éducation, lycée Jean-Baptiste Corot
Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, ancienne élève du lycée Corot, historienne, auteur de publications locales
Bernard MÉRIGOT, ancien élève du lycée Corot, maire adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge chargé du Patrimoine, président de Territoires et démocratie numérique locale

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Préparation de la journée européenne du patrimoine au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, le 30 août 2016 : de gauche à droite, Éric BISET, proviseur, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, historienne, Philippe SCHEINHARD, professeur – documentaliste devant le plan « ALTA VILLA ». © Photographie BM pour PEE et CAD.


RÉFÉRENCES
1. Éric BISET, proviseur du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, aux élèves et aux parents d’élèves, « Journées européennes du patrimoine 2016 – Samedi 17 septembre 2016 ». Invitation afin de faire découvrir autrement l’établissement.

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Invitation – tract. © Photographie BM pour PEE et CAD, 16 septembre 2016.

2. Louis BRUNEL, « Deux sièges du château de Savigny », SESAM, volume VII, 1950, pp. 387-396.
3. Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge sous la direction de Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Mémoire en Images, Savigny-sur-Orge, Alan Sutton, 2e édition, 2008, 128 p. L’ouvrage est entièrement publié en pdf sur le site Internet www.savigny-avenir.fr.
4. Louis BRUNEL, « Le nouveau lycée de Savigny-sur-Orge (annexe du lycée Lakanal) », SESAM, volume VII, 1950, pp. 412-417.
5. La visite virtuelle du ministère de l’Éducation nationale : http://www.education.gouv.fr/pid72/la-visite-virtuelle-du-ministere.html.
6
. Bernard MÉRIGOT, « Savigny-sur-Orge. 18 août 1802 (30 thermidor an X) : Louis-Nicolas Davout achète le château. Le texte complet de l’inventaire », www.savigny-avenir.fr, 18 août 2016 : http://www.savigny-avenir.fr/2016/08/18/savigny-sur-orge-18-aout-1802-30-thermidor-an-x-louis-nicolas-davout-achete-le-chateau-le-texte-complet-de-linventaire/.

Un peu de lecture (bibliographie non exhaustive…)
– BOURGOIN André, La dynastie Vigier à Savigny-sur-Orge et à Lamorlaye, Maury Imprimeur, 1995, 158 p.
– CHARRIER Pierre, Le maréchal Davout, Nouveau monde éditions – Fondation Napoléon, 2005, 832 p.
– CHAVANON Marie-José, Aimée Davout. Maréchale et princesse, Gérard Louis éditeur, 2013, 144 p.
– CHAZALY Louis, Étienne de Vesc, seigneur de Caromb et Grimaud, sénéchal de Beaucaire, Édition Plein-Cintre, 1988, 316 p.
– JANVIER Jacques-André, « Le maréchal Davout, prince d’Eckmülh, et sa famille à Savigny-sur-Orge », SESAM, volume VI, 1949, pp. 159-199.
–  MONTÉGUT Émile, Le maréchal Davout. Son caractère et son génie, A. Quantin imprimeur, 1882, 244 p.
– Ville de Savigny-sur-Orge, Davout, Maréchal d’Empire. Catalogue de l’exposition 2006, Desbouis Grésil Imprimeur, 2006, 90 p.

Sources numériques à consulter
– Les articles publiés sur le présent site Internet, en catégories « histoire » et « patrimoine ».
– Le site Territoire et démocratie locale, Mieux aborder l’avenir : www.savigny-avenir.info ou www.savigny-avenir.fr (ISSN 2261-1819, dépôt légal du numérique BNF 2016), rechercher « château », « Davout », « histoire », « lycée », « patrimoine »… Sur les manifestations 2016, lire l’article : « Les Journées européennes du patrimoine sont une “fabrique de territoire“ », 16 septembre 2016 (http://www.savigny-avenir.fr/2016/09/16/les-journees-europeennes-du-patrimoine-2016-sont-une-fabrique-de-territoire/).
– Le site de la ville de Savigny-sur-Orge : www.savigny.org. A noter que le musée Davout sera ouvert le samedi 17 septembre 2016, de 8 h 30 à 18 h (48 avenue Charles-de-Gaulle, 91600 Savigny-sur-Orge).
– Le site de l’association Souvenir du Maréchal Davout : www.souvenir-davout.com.

Autres articles prochainement mis en ligne :
compte rendu de la visite avec illustrations présentées,
histoire du lycée Jean-Baptiste Corot…

 © Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 16 septembre 2016, 18 h.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.


Complément en date du 17 septembre 2016

Annonce de la manifestation organisée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine 2016 au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge sur le blog du centre de documentation et d’information (CDI) de l’établissement : http://blog.ac-versailles.fr/cdicorot/index.php/category/Veille-culturelle/Ev%C3%A9nements.

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Capture d’écran du blog du CDI du lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny-sur-Orge, 17 septembre 2016.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 17 septembre 2016, 10 h.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.

Journées européennes du patrimoine 2015 : Savigny-sur-Orge, décor de dessin animé ?

L’édition 2015 des Journées européennes du patrimoine met à l’honneur le patrimoine du XXIe siècle, les créations architecturales et paysagères des quinze dernières années, symbolisant une « histoire d’avenir ». Faire table rase du passé étant une chose délicate, le concept ne peut se réaliser sans une once de référence au passé qu’il soit lointain ou proche.

Logements av. Jean Marsaudon - de Longjumeau

Savigny-sur-Orge, quartier de la Ferme de Champagne. Photographie extraite du site Internet : www.archi-guide.com. Architectes : Céleste et Blanc. © Archi-guide / Guide architecture, cliché pris le 24 décembre 2011. (3 bis)

Il est un secteur où le renouvellement « philosophique » des projets se rapproche aisément de l’ancien ou se met carrément en opposition avec l’ancien, c’est celui de l’urbanisme. De nombreux édiles révisent actuellement le plan local d’urbanisme (PLU) de leur commune pour la deuxième ou troisième fois (tel Juvisy-sur-Orge). Certains, à la traîne, ne sont encore que dans la phase d’élaboration (tel Savigny-sur-Orge). D’autres sont parfois plus hardis lorsqu’ils ont accepté de créer un schéma de cohérence territoriale (SCOT), document d’urbanisme déterminant un projet de territoire visant à mettre en cohérence l’ensemble des politiques d’habitat, d’aménagement commercial, de mobilité, d’environnement. Des élus, plus téméraires ou en avance sur leur temps, ont quant à eux franchi le pas du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) afin d’harmoniser au mieux leurs aménagements urbains ou ruraux. Ainsi, une centaine d’intercommunalités s’est lancée dans un PLUI en 2015 – aucune en Essonne. (1)

VILLES ET COMMUNAUTÉS D’AGGLOMÉRATION AUJOURD’HUI, MGP DEMAIN : UNE SEULE ET MÊME POLITIQUE EN MATIÈRE D’URBANISME

Au 1er janvier 2016, la métropole du Grand Paris (MGP) absorbera les communes de la CALPE. Quatre compétences obligatoires seront transférées à la MGP : 1/ l’aménagement de l’espace métropolitain, 2/ la politique locale de l’habitat, 3/ le développement et l’aménagement économique, social et culturel, 4/ la protection et la mise en valeur de l’environnement et la politique du cadre de vie. Un seul PLU pour tout le territoire de la MGP (intégralité de la compétence transférée dès 2016, mais avec une gestion communale des PLU tant que le PLUI n’est pas élaboré). Un seul SCOT pour tout le territoire de la MGP (en réflexion dès 2016, élaboré à compter du 1er janvier 2017). (2)

Extrait synthese MGP loi NOTre

Métropole du Grand Paris. Mission de préfiguration, « Synthèse des dispositions relatives à la Métropole du Grand Paris. Article 59 de la loi NOTRe du 7 août 2015 », page 4.

Dès lors, on peut s’inquiéter de la gestion des patrimoines architecturaux et culturels anciens de la CALPE et, notamment de celui de Savigny-sur-Orge peu mis à l’honneur depuis 2010. Idem pour les programmes de constructions nouvelles dont le style architectural de ce XIXe siècle n’est souvent guère inspiré. Quel sera celui de la MGP ? Mystère… Celui des cabinets d’architecte à la mode, très certainement ! A Savigny-sur-Orge, il est un quartier où les aménagements contemporains se multiplient : celui de la Ferme de Champagne. En janvier 2015, un terrain de 8 817 m2 a été cédé à la ville par le ministère de la Justice afin de bâtir une soixantaine de logements dans la lignée de ceux construits en 2009 et 2010, avenue de Longjumeau et avenue Jean-Marsaudon, très cubiques. (3)

Logements avenue Jean Marsaudon

Savigny-sur-Orge, quartier de la Ferme de Champagne. Photographie extraite du site Internet : www.archi-guide.com. Architecte : TGT. © Archi-guide / Guide architecture, cliché pris le 24 décembre 2011. (3 ter)

Ces édifices ne vous rappellent-ils pas les maisons du quartier où vit la jeune Petite Fille à qui un vieil aviateur raconte l’histoire du Petit Prince dans le dessin animé réalisé par Mark OSBORNE, sorti au cinéma en juillet 2015 ? (4) Est-ce cette architecture très carrée, sans âme, terne, atone, uniformisée, que l’on souhaite laisser aux générations futures de Grands-Parisiens saviniens ?

Le Petit Prince Paramout Pictures 2015 Youtube

Le Petit Prince de Mark OSBORNE, © Paramount Pictures France. Sortie du film en salles de cinéma le 29 juillet 2015. Capture d’écran à partir d’un extrait vidéo publié sur Youtube, « En voiture », consulté le 19 septembre 2015. (4)

Au fait, la ferme de Champagne, qu’est-ce que c’était ? Retour vers le passé…

LA FERME DE CHAMPAGNE

Sis à Savigny-sur-Orge, le domaine de Champagne apparaît au XIIe siècle dans une charte du prieuré bénédictin de Marmoutiers comme lieu d’exploitation agricole. Le plateau calcaire, recouvert de limon très fertile, a donné le nom à la propriété. Elle appartient à Gace de Champagne, évêque de Laon, dont la demeure principale était située à l’endroit où le quartier de Clair-Village est construit.

En 1744, la ferme est la propriété de la famille Petit dont trois membres seront maires de Savigny : Charles Pierre (1800-1811), Jules Henri (1840-1843), enfin Charles Antoine (1869-1872). Sous la direction de ce dernier, le vaste domaine prospère et la polyculture intensive y règne. La célèbre maison Vilmorin s’y fournit en graines de betteraves et de blé dont la production pouvait atteindre jusqu’à trois tonnes de semences par jour. L’élevage est diversifié : 15 paires de bœufs, 250 moutons, dix chevaux, une basse-cour…

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Savigny-sur-Orge. Vue aérienne de l’exploitation agricole de Champagne prise dans les années 1950. Carte postale du fonds privé CAD/BM.

En 1854, avec l’aide d’Hugues Champonnois, Charles Petit crée une usine où sont réalisés les premiers essais de distillerie de betterave à sucre. Un imposant portail d’entrée donne accès à une immense cour, où se trouvent les bâtiments agricoles. La maison de maître fait face à la distillerie reconnaissable à sa grande colonne de distillation et à sa haute cheminée. Au-dessus, se trouvent les dortoirs des ouvriers agricoles saisonniers venus essentiellement du Morvan et de Belgique. Chaque jour, 24 tonnes de betteraves (cultivées sur près de 70 hectares) peuvent être distillées dans le laboratoire donnant près de 2 800 litres d’alcool. Sur les cartes postales anciennes se trouve une mare alimentée par un puits de 18 m de profondeur. Elle était destinée au lavage des betteraves.

FERMES ET CHATEAUX FdeC BS

Baronne STAFFE, « La ferme de Champagne », Fermes et Châteaux, p. 283 (Savigny-sur-Orge). Fonds privé CAD/BM. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

FERMES ET CHATEAUX FdeC BS 2

Baronne STAFFE, « La ferme de Champagne », Fermes et Châteaux, p. 284 (Savigny-sur-Orge). Fonds privé CAD/BM. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

FdeC Mare

Savigny-sur-Orge. Une partie de l’étang de la distillerie de Champagne qui servait de bassin de lavage des betteraves en 1915. Carte postale du fonds privé CAD/BM affranchie en 1928.

C’est à la ferme de Champagne que les premiers tests de labourage avec une machine à vapeur tirant une charrue sont réalisés. En 1910, les hangars abritent le monoplan d’Émile Dubonnet. La Grande guerre achève le règne de la famille Petit. En 1916, Louis meurt au combat à Verdun laissant derrière lui de jeunes enfants. La ferme est vendue puis louée à une association ayant pour objectif la réinsertion des mutilés de guerre. La « Ferme des mutilés » est inaugurée par le Président Poincaré en octobre 1917.

ILLUSTRATION

Lucien FOURNIER, « La ferme des mutilés », L’Illustration, 20 octobre 1917, n° 3894, p. 404 (Savigny-sur-Orge). Fonds privé CAD/BM.

ILLUSTRATION 2

Lucien FOURNIER, « La ferme des mutilés », L’Illustration, 20 octobre 1917, n° 3894, p. 405 (Savigny-sur-Orge). Fonds privé CAD/BM.

FdeC BET

Savigny-sur-Orge. Entrée de la ferme de Champagne, champs de betteraves au premier plan. Carte postale du fonds privé CAD/BM affranchie en décembre 1915.

Le domaine est ensuite acquis par le ministère de la Justice qui envisage d’y installer un centre pour les mineurs délinquants. Au lendemain de la Libération, le Centre d’Observation Public de l’Éducation Surveillée (COPES) ouvre ses portes… Il prend le nom de Centre d’Action Éducative (CAE) de la ferme de Champagne cinquante ans plus tard. (5)

RÉFÉRENCES
1. Voir le dossier sur les plans locaux d’urbanisme du site Internet de la revue Le Courrier des maires et des élus locaux :  http://www.courrierdesmaires.fr/50175/104-plans-locaux-durbanisme-intercommunaux-plui-soutenus-financierement-par-letat/.
2. Nous aurons l’occasion de revenir sur le document suivant : Métropole du Grand Paris. Mission de préfiguration, « Synthèse des dispositions relatives à la Métropole du Grand Paris. Article 59 de la loi NOTRe du 7 août 2015 », 26 pages (pdf extrait du site Internet http://www.prefig-metropolegrandparis.fr/A-noter/Dernieres-publications) : Presentation MGP loi NOTRe.
3. Jérôme LEMONNIER, « L’État cède ses terrains pour la création de logement », www.essonneinfo.fr, 13 janvier 2015 (pdf) : Essonne : L’Etat cède ses terrains pour la création de logements.
3 bis. http://www.archi-guide.com/PH/FRA/IDF/SaviOrgLogCompagnonTGT.jpg.
3 ter. http://www.archi-guide.com/PH/FRA/IDF/SaviOrgLogCompagnonCeBlc.jpg.

4. Le Petit Prince de Mark OSBORNE, © Paramount Pictures France, 29 juillet 2015. Capture d’écran à partir d’un extrait vidéo publié sur Youtube, « En voiture », consulté le 19 septembre 2015.
5. Article revu et corrigé extrait de Mémoire en Images, Savigny-sur-Orge, Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge sous la direction de Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Alan Sutton, 2e édition, 2008, pp. 121-123.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 19 septembre 2015.

 

L’origine de la traversée du Transilien RER-C à Savigny-sur-Orge

PEE ET LES JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 2014

Étrangement, on oublie souvent que les dossiers locaux, gérés dans le temps présent, puisent leur origine dans l’histoire locale. Le 5 juin 2014, le conseil d’administration du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) a approuvé la convention de financement pour la réalisation de la phase de projet du Tram-train Massy-Évry, la consultation des entreprises et la libération des emprises pour un montant de 39 millions d’euros. (A) Trois mois plus tard, le conseil général de l’Essonne adopte la convention de financement relative aux études « projet et assistance » pour un montant de 4,3 millions d’euros. Les travaux débuteront en 2015 pour une mise en service fin 2019. (B) Autre actualité locale, l’enquête publique relative à l’acquisition des terrains nécessaires à la réalisation du prolongement du T7 entre Athis-Mons et Juvisy-sur-Orge, créant ainsi une correspondance entre le tramway et les lignes du RER-C et du RER-D en 2018. (C) Deux dossiers, deux devoirs de mémoire des lieux : le premier rappelant que la création d’une ligne de transport n’est pas sans contrainte pour une cité et ses acteurs, le second rappelant que cette naissance se traduit par un accouchement parfois douloureux d’un nouveau paysage urbain local.

Les Journées du Patrimoine 1997 de la ville de Savigny-sur-Orge étaient consacrées au chemin de fer de Paris à Orléans traversant la commune depuis 1843. Ce fut l’occasion pour Sylvie MONNIOTTE de présenter une communication intitulée « L’histoire du chemin de fer à Savigny-sur-Orge à partir des sources originales conservées aux archives ». Elle a été reproduite en 2005, avec autorisation de l’auteur, dans la publication La Mémoire de Savigny-sur-Orge, coordonnée par Bernard MÉRIGOT, alors maire adjoint chargé du Patrimoine et des Syndicats intercommunaux. L’origine de la traversée du Transilien RER-C à Savigny-sur-Orge se trouve dans la construction de la ligne du chemin de fer de Paris à Orléans. (D)

Memoire SSO 2005 Chemin de fer 8 p

La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, septembre 2005, p. 1.


DOCUMENT : COMMUNICATION

Sommaire

I. Balafres ferroviaires indélébiles et lieux de mémoire
II. La mémoire manuscrite
III. Une physionomie communale qui change (NDLR : le texte est consultable en pdf)
1. 1841 : la ligne Paris-Orléans

2. 1881 : la Grande ceinture de Paris
3. 1888 : la Gare de marchandises
4. 1903-1904 : le doublement des voies et la Gare actuelle de Savigny
Notes (NDLR : le texte est consultable en pdf)

Communication
(extraits reproduits ci-dessous avec l’autorisation de l’auteur – texte entier en pdf)

Le patrimoine ferroviaire et ses implications cadastrales sont souvent considérés comme mineurs dans une ville. Lignes de chemin de fer, ponts, passages à niveau, réseaux routiers adjacents font tellement parties de notre paysage quotidien que l’on n’y fait plus guère attention. Pourtant une lecture historique des documents qui concernent ce patrimoine, montre combien ces lieux de mémoire sont primordiaux dans l’Histoire d’une cité.

I. BALAFRES FERROVIAIRES INDÉLÉBILES ET LIEUX DE MÉMOIRE

Au moment où la Tangentielle ferrée sud dans les vallées de l’Orge et de l’Yvette suscite bien des interrogations de la part des administrations, des collectivités, de ses futurs riverains, quant aux aménagements liés directement à la mise en œuvre du projet et aux conséquences d’une telle ligne ferroviaire sur la ville, ses habitants et l’écosystème local, les Saviniens d’aujourd’hui ont-ils une pensée pour ceux d’hier ?

Les études du Comité de pilotage 1996-97 portent essentiellement sur le déplacement de la gare d’Épinay-sur-Orge vers le nord (à l’intersection de la future ligne Massy – Évry et la ligne RER-C), sur la dérivation du cours de l’Yvette, sur l’adaptation de la RD 257, sur l’insertion dans l’environnement local (en ce qui nous concerne celui de Grand-Vaux) : bref, sur des lieux qui ont une mémoire, un passé, une histoire à nous transmettre avant de disparaître ou d’être irrémédiablement modifiés (1).

SNCF, ligne C du RER, Lara, Bali, ticket, coupon, contrôleur, retards, grèves, ce sont autant de mots si souvent utilisés de nos jours par des milliers de banlieusards empruntant le train pour aller et venir de Savigny-sur-Orge à un point X, et inversement.
Mais ces voyageurs savent-ils qu’une ligne ferroviaire est un formidable lieu de mémoire pour quiconque s’intéresse à l’Histoire d’une localité ? Ont-ils conscience de la valeur historique d’une balafre ferroviaire sur un plan cadastral ? Soupçonnent-ils que, de la construction de leur ligne, est née une frontière indélébile entre le haut de Savigny, le Plateau, et le bas de Savigny, l’ancien village ? Qu’au cours des XIXe et XXe siècles, sous l’impulsion d’une société remodelant selon ses besoins les tracés ferroviaires et leurs abords, le chemin de fer a bouleversé au moins quatre fois la configuration des rues et des quartiers qu’il traverse, pour leur donner leurs allures actuelles ?

Avec le projet de rocade ferroviaire, nous sommes sur le point de tourner une page de l’histoire des lieux. Nous assistons aux premières douleurs de l’accouchement d’un nouveau paysage urbain local. Dans des circonstances différentes, nous vivons ce que les Saviniens ont vécu lors :

1/ de l’arrivée du chemin de fer à Savigny en 1841 : entrant par le nord-est sur un pont surplombant l’Orge construit par la Compagnie de chemin de fer, longeant l’actuelle avenue de l’Orge (supprimant ainsi les anciens sentiers de Savigny à Fromenteau, de la Péteuse, et de Saint-Martin, élargissant le chemin d’exploitation des Marais pour Dieu), passant sous le pont de la Montagne pavée (ancienne Montagne du Christ), suivant le trajet d’une partie de la rue de la Fontaine Blanche (ancien sentier du même nom), arrivant à la hauteur de l’actuelle gare (ancien sentier latéral, suppression de la Vieille rue, passage à niveau devant le château), traversant sur un pont la rue Joliot-Curie (ancien chemin de la Cave), longeant la rue des Tourelles (ancien sentier latéral), enjambant la rue de la Martinière par un pont (voie très fréquentée à l’époque), passant entre la rue de l’Égalité et la rue des Rossays (remplacement du chemin de Savigny à Épinay, du vieux chemin de Rossay, suppression du sentier du haut de Rossay, pont sur le chemin de la Croix de Rossay -seule voie de communication avec Grand-Vaux), sortant de Savigny en direction d’Épinay par le viaduc sur l’Yvette ; corollaire de cette arrivée, une station provisoire est construite sur un petit terrain cédé par la maréchale DAVOUT en 1844, près du pont Joliot-Curie ;

La première gare de Savigny-sur-Orge, avant 1904. Carte postale A. Thévenet, Savigny. Collection HB.

La première gare de Savigny-sur-Orge, avant 1904. Carte postale A. Thévenet, Savigny. Collection SMM.

2/ de la réalisation de la Grande ceinture de Paris en 1881 : touchant le site de Grand-Vaux en se déviant de la ligne Paris – Orléans à la hauteur de l’actuelle autoroute A6, passant sur l’Yvette en direction de la gare de Petit-Vaux ;

3/ de l’établissement d’une gare de marchandises à Savigny, avec son chemin latéral d’accés, en 1888-89 : entre la ligne Paris – Orléans et l’actuelle rue de la Fontaine Blanche (non loin de la gare) ;

4/ du doublement des voies de la ligne Paris – Orléans en 1903 ; corollaire de ces travaux, en 1904-05, la construction de la gare actuelle de Savigny et du pont de Saint-Michel (2).

Gare 1904

La gare de Savigny-sur-Orge, construite en 1904. Carte postale A. Thévenet, Savigny. Collection HB.

II. LA MÉMOIRE MANUSCRITE

Grâce aux documents conservés dans les dépôts d’archives municipales, départementales et particulières, les historiens peuvent saisir les changements vécus par les Saviniens et leur patrimoine foncier tant privé que communal.

Les Archives municipales de Savigny détiennent les registres de délibérations municipales (3), les matrices cadastrales et un fonds de photographies – cartes postales anciennes sur lesquelles la gare de Savigny figure sous différents angles et à différentes époques. Nous avons ainsi une illustration de la première gare de Savigny, datant de la deuxième moitié du XIXe siècle, succédant à la simple station – abri de 1844, construite en pierre, sise tout près du pont Joliot-Curie (en arrière de l’actuelle maison dite « École Joséphine »). La seconde gare de Savigny, édifiée en 1904 légèrement en amont de la ligne par rapport à son aînée, est celle que nous connaissons avec sa célèbre frise « Chemin de fer d’Orléans » (4).

À Chamarande, aux Archives départementales de l’Essonne, deux séries sont immédiatement consultables pour le réseau ferré parisien : les séries Sp et Up. Malgré des intitulés de cotes alléchants, les dossiers Sp « Chemin de fer » spécifiques à Savigny se sont avérés lacunaires. Une succession de rapports d’ingénieurs, d’arrêtés, de correspondances (1930-1940), des tables de surfaces de déblai – remblai (1836), une carte du réseau des lignes de base (1868) n’offrent à cette commune qu’une infime place et la relègue au rang de citation parmi d’autres villes. Seule une mise en demeure pour la Compagnie de chemin de fer d’enlever un atterrissement sous le viaduc du chemin de fer portant directement la commune (5).

La deuxième série, Up « Tribunal de première instance de Corbeil », est beaucoup plus instructive sur les balafres ferroviaires saviniennes. Trois importantes liasses de documents concernent : les procédures administratives et judiciaires entamées par la Compagnie de chemin de fer d’Orléans afin d’obtenir les terrains saviniens nécessaires à la construction de la voie ferrée de 1841, les premières préoccupations des Saviniens (élus et administrés dont la maréchale DAVOUT), les dossiers d’expropriation de 1841-43, de 1879-81 pour le chemin de fer de la Grande ceinture de Paris, de 1888 pour la réalisation d’une gare de marchandises, enfin de 1903 pour le doublement des voies de la ligne Paris – Orléans (6).

Gare vers la province

Vue de la gare de Savigny-sur-Orge, en direction de la province. Carte postale Olivier, épicerie. Collection HB.

Enfin, une bibliographie ancienne est disponible dans le fichier « Chemin de fer » du dépôt départemental. La presse locale du XIXe siècle y est peu abondante, mais elle fournit un état précis du processus d’expropriation. La presse du début du XXe siècle et les périodiques généraux ou spécifiques au chemin de fer mentionnent certains détails intéressants sur la future ligne du RER C : agitation anti-ferroviaire, urgence du doublement des voies entre autres (7). Un livre, édité à Orléans et à Paris en 1845, doit retenir l’attention – en sus des ouvrages spécialisés et des manuels de vulgarisation, précurseurs des « Que-sais-je ? » : Paris – Orléans ou parcours pittoresque du chemin de fer de Paris à Orléans de Salvador TUFFLET. Il s’agit d’un superbe guide touristique de luxe présentant les diverses curiosités naturelles et historiques des citées, dont Savigny, traversées par le Paris – Orléans du début des années 1840. On peut y admirer des dessins de la station-abri provisoire de Savigny, du château de Savigny vu du railway, du viaduc de Villemoisson-sur-Orge et du viaduc sur l’Yvette (8).

III. UNE PHYSIONOMIE COMMUNALE QUI CHANGE

(…)

Sylvie MONNIOTTE, septembre 1997

La suite du texte de la communication (partie III et notes) est consultable à l’intérieur du fichier  pdf de La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, septembre 2005, pp. 5-8 : MEMOIRE SSO 2005.


SOURCES
A. STIF, « Convention de financement de 39 millions d’euros pour le tram-train Massy-Évry », communiqué de presse du 2 juillet 2014 (pdf) : STIF_-_CA_02072014_CP-_Financement_Tram-Train_Massy-Evry-2.
B. Le Parisien Essonne-matin, « Un pas de plus pour le projet tram-train », 16 septembre 2014, p. II (pdf) : 2014-09-16 LP TTME ; Le Républicain, F.H., « Le projet de tram-train Massy-Évry devient irréversible selon Jérôme Guedj », 18 septembre 2014, p. 08 (pdf) : 2014-09-18 LR TTME.
C. Préfecture de l’Essonne, Arrêté n°2014/SP2/BAIE/022 du 5 août 2014 portant ouverture de l’enquête parcellaire relative au projet de prolongation de la ligne du tramway 7 d’Athis-Mons à Juvisy-sur-Orge (du 22 septembre au 7 octobre 2014) (pdf) : arrêté parcellaire T7.
D. Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, « L’histoire du chemin de fer à Savigny-sur-Orge à partir des sources originales conservées aux archives », La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, septembre 2005, pp. 5-8 (communictaion présentée en septembre 1997).

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 20 septembre 2014.