Archives de catégorie : Histoire des lieux

Histoire. Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale (3e. Thème 1. Chapitre 1)

Lorsqu’en août 1914, la Première Guerre mondiale éclate, cela fait 44 ans que les Européens n’ont pas connu de guerre sur leur territoire. Encore appelée « La Grande Guerre », elle se déroule d’août 1914 à novembre 1918. En mobilisant toutes les catégories sociales, la Grande Guerre met à l’épreuve la cohésion des sociétés. Elle fragilise durablement des régimes en place. Combattants et civils subissent des violences extrêmes, dont témoigne particulièrement le génocide des Arméniens en 1915. En Russie, la guerre totale installe les conditions de la révolution bolchevique qui se prolongera par le communisme soviétique stalinien établi au cours des années 1920.

Savigny-sur-Orge au temps de la Grande Guerre. La veuve Duparchy met à la disposition de la Croix-Rouge son château afin d’y établir un hôpital pou les blessés en convalescence qui arrivent du front (carte postale écrite le 5 juin 1917, fonds privé AM).

L’organisation du chapitre s’articule donc autour de trois thèmes de réflexion. Il s’agit surtout de faire comprendre en quoi la Première Guerre mondiale :

  • est une guerre totale qui mobilise l’ensemble des sociétés avec une forte interdépendance entre le front et l’arrière, des économies et des pays concernés, qui marque la brutalisation des rapports humains.
  • marque la fin de la suprématie européenne : patriotisme chancelant (mutineries de 1917), effondrement de régimes politiques, déclin de l’influence internationale.
  • contient les germes des temps nouveaux : guerre industrialisée (armement), montée de l’influence américaine, triomphe du communisme en Russie, bouleversements territoriaux, évolution des mœurs, naissance de nouvelles idéologies politiques (balancements entre démocratie et dictature).

Problématique

Comment les civils et les militaires ont-ils vécu les violences de la Première Guerre mondiale ?
Comment la guerre de 1914-1918 a t-elle bouleversé la vie des populations et les États européens ?
En quoi cette Grande Guerre fut-elle fondatrice d’une violence totale qui marque la première moitié du XXe siècle ?


Sommaire

I. Le premier conflit mondial, plus de 4 années de guerre (1914-1918)

A. Les causes de la Grande Guerre, rappel du contexte
B. Les principales phases de la guerre
C. Sur le front, une expérience combattante inédite

II. Une guerre totale : la mobilisation générale de la société

A. De l’économie de guerre à l’économie en guerre
B. Les souffrances des populations civiles
C. Le génocide arménien de 1915, la violence de masse instaurée

III. Les conséquences de la guerre : des sociétés bouleversées et fragilisées

A. La Révolution russe d’octobre 1917
B. La Grande Guerre : un très lourd bilan humain
C. Une paix imparfaite : une nouvelle carte d’Europe et le « diktat » de Versailles


Conclusion

En 1918, la paix revient dans un continent en ruines. La Première Guerre mondiale a été une guerre d’une intensité inédite qui a pris la forme d’une guerre de position très meurtrière à cause des méthodes utilisées et des nouvelles armes défensives. Les hommes sont revenus traumatisés et transformés par cette expérience à laquelle ils n’étaient pas préparés. Les soldats ont connu une brutalisation sans précédent aussi bien au niveau physique que moral : leurs conditions de vie ont été très difficiles.

La Première Guerre mondiale est une guerre totale aussi bien pour la mobilisation de la société dans son intégralité que pour la mise en place d’une économie de guerre tournée vers la victoire. Les vainqueurs comme les vaincus sont exsangues (ruinés, très affaiblis, à bout de forces). L’Europe a perdu sa domination sur le monde et ce sont les États-Unis qui dominent désormais la planète.


Diaporamas sur lesquels le cours dispensé au collège Saint-Charles d’Athis-Mons s’est appuyé en septembre 2017

Diaporama n° 1 : CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PGM – Partie 1

Diaporama n° 2 : CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PGM – Partie 2

Diaporama n° 3 : CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PGM – Partie 3


Vidéos

Outre de très nombreuses vidéos accessibles sur Internet, il est conseillé de visionner celles se trouvant sur le site du réseau Canopé :  « Sur le champ de bataille de Verdun, un immense cimetière témoigne encore de la violence des combats qui s’y sont déroulés. 700 000 soldats français et allemands sont tombés sur un front de 30 kilomètres. Des millions d’obus ont complètement bouleversé le terrain et détruit des villages entiers. On trouve encore aujourd’hui de nombreuses traces de ces combats.Extraits du DVD La Première Guerre mondiale, @ SCEREN-CNDP, 2008″.

https://www.reseau-canope.fr/tdc/tous-les-numeros/la-vie-dans-les-tranchees/videos/article/les-tranchees-de-verdun.html


Références – Sources

1. Ce chapitre ouvrant le programme d’histoire de la classe de troisième a été élaboré à partir de nombreuses sources bibliographiques publiées et consultables en bibliothèques-médiathèques ou sur Internet. Citons également pour la partie « cours » : 1/ le séminaire de Robert Bonnaud, « Histoire du temps présent : le monde au XXe siècle », université Paris VII-Jussieu ; 2/ les cours de Sylvie Monniotte du collège Jules-Ferry (Sainte-Geneviève-des-Bois) et du lycée Saint-Charles (Athis-Mons) avec nos sincères remerciements à Stéphanie Yart du collège-lycée Ile-de-France (Villebon-sur-Yvette), de Florian Nicolas du lycée Pierre-Bourdieu (Fronton), de M. Sizaret du lycée Léonard-de-Vinci (Saint-Witz), Mmes Dumont et Haumesser du collège Paul-Bert (Savigny-sur-Orge) ; 3/ les manuels scolaires d’histoire, sous la direction de A. Madavalle (Belin), N. Plaza (Hachette),  M. Ivernel (Hatier), P. Wagret (Istra), A. Ployé (Magnard), J. et D. François (Nathan), (Nathan).
2. Archives privées de familles de poilus essonniennes, gersoises et vendéennes.
3. Archives publiques d’Athis-Mons, Auch, Challans, Coëx, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Paray-Vieille-Poste, Saint-Jean-de-Mont, Savigny-sur-Orge, Soullans, Talence, Viry-Châtillon.
4. Bibliographie conseillée aux élèves : Roland DORGELÈS, Les croix de bois, Le livre de poche, 2010, 283 p. ; Maurice GENEVOIX, Ceux de 14, Larrousse, 2012, 123 p. ; Jean-Pierre GUÉNO (sous la direction de), Paroles de poilus : Lettres et carnets du front (1914-1918), Librio, 2013, 189 p. ; Albert LONDRES, La Grande Guerre, Arlea Poche, 2010, 136 p. ; Louis MAUFRAIS, J’étais médecin dans les tranchées, Laffont, 2014, 336 p. ; Pierre MIQUEL, Mourir à Verdun, Tallandier, 2011, 315 p. ;  Erich Maria REMARQUE, A l’Ouest rien de nouveau, Le livre de poche, 1973, 224 p..

© Mise en ligne pour la rédaction de PEE : Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 3 septembre 2017, 18 heures. Mise à jour le 5 octobre 2017, 20 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017.
http://portes-essonne-environnement.fr

 

Journées nationales du Patrimoine 2016. L’approche historique de la conférence-promenade au château de Savigny-sur-Orge (lycée Jean-Baptiste Corot)

Aucun patrimoine n’existe sans la mémoire collective qui le constitue en tant qu’objet historique. Comment vivre, inventorier et transmettre cette mémoire ? Comment enseigner les connaissances qui la composent ? Telles sont les questions posées par les organisateurs de la conférence-promenade organisée dans le château de Savigny-sur-Orge et son parc ce samedi 17 septembre 2016, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. (1)

Le domaine présente aujourd’hui la particularité d’être occupé par le lycée Jean-Baptiste Corot, établissement d’enseignement secondaire de près de 2 600 élèves (classes de seconde à la terminale, classes préparatoires et classes de BTS), 240 enseignants, 80 personnels administratifs et techniques en service. Cette situation particulière incite le lycée à concevoir une approche de son patrimoine originale, à la fois culturelle, éducative et pédagogique, aussi bien pour lui même que pour son environnement. Elle est conduite par son proviseur Éric BISET et le Centre de documentation et d’information (CDI) en partenariat avec deux associations locales.

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Éric BISET, proviseur le lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, accueille les participants à la visite-conférence des Journées européennes du patrimoine du samedi 17 septembre 2016. © Photographie BM/CAD pour PEE.

Les conditions restrictives du Plan Vigipirate applicables en 2016 aux établissements scolaires ont réduit l’accès des personnes extérieures. Le lycée, disposant pour l’organisation de cette manifestation d’un temps de préparation très court, a tenu à être ouvert le samedi 17 septembre, à 11 heures, à une poignée de visiteurs. Comme indiqué dans le tract de présentation disponible 48 heures avant la manifestation, la visite-conférence a été ouverte à un nombre limité de participants inscrits préalablement. Elle a consisté en une visite-conférence d’une heure trente conduite par Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, historienne, ancienne élève de Corot et ancienne surveillante de ses maths-sup et maths-spé dans les années 1980. (2)

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Quelques participants à la visite-conférence du lycée Jean-Baptiste Corot lors des Journées européennes du patrimoine dans la salle des Actes du château. © Photographie BM/CAD pour PEE, 17 septembre 2016.

Après avoir été accueillis par le proviseur Éric BISET, par l’intendant M. LAUNAY, et par le professeur-documentaliste Philippe SCHEINHARDT, le groupe s’est rendu au deuxième étage du château, dans la salle des Actes. Devant le plan établi par un géomètre de Juvisy-sur-Orge en 1882 pour son propriétaire de l’époque, le marquis de ALTA-VILLA, la conférencière a présenté l’histoire du domaine, de ses propriétaires successifs et des aménagements réalisés. La visite-conférence s’est notamment appuyée sur divers documents historiques référencés accessibles en ligne.

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Extrait du « Plan des château et parc de Savigny-sur-Orge appartenant à Monsieur Ramiro de la Puente, marquis de Alta-Villa (…) dressé par C. Noël, géomètre à Juvisy, MDCCCLXXXII (1882) », lycée Jean-Baptiste Corot, salle des Actes (2e étage du château). © Photographie BM/CAD pour PEE, 30 août 2016.


La connaissance des lieux privés et publics, une quête à effectuer en toute modestie

Rappelant que le ministère de l’Éducation nationale avait acquis en 1948 le site du château et les 23 hectares saviniens qui l’entourent, pour Éric BISET, cet « ensemble patrimonial historique constitue un élément fondateur de l’établissement. Par leur présence à la fois studieuse et animée tout au long de l’année scolaire, les élèves, les enseignants et les personnels font vivre au quotidien un lieu emblématique de la commune. Ils lui donnent un sens ».

Journées européennes du patrimoine au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, samedi 17 septembre 2016 © Photographie BM/CAD pour PEE.

Produit de multiples constructions individuelles et collectives, la connaissance historique des lieux publics ou/et privés est une affaire de patience, de bon sens, de doute, d’opiniâtreté, d’observation, d’analyse, de critique, de méthode, de rigueur… (3) Au-delà des règles fondamentales appliquées à l’histoire et suivies par les historiens, Bernard MÉRIGOT ajoute désormais la nécessaire open data des données et des sources historiques. Il souligne que le choix pour 2016 par le ministère de la Culture du thème « Patrimoine et citoyenneté » inscrivait toutes les démarches d’accès au patrimoine public dans une perspective démocratique. « Il faut lutter contre les appropriations parfois abusives : rien ne doit être ni caché ni inaccessible. Tout doit être montré et accessible ». (4) Éric BISET donne ainsi l’exemple de l’inventaire complet des biens mobiliers et immobiliers établi en 1802 lors de l’acquisition par le Maréchal Davout du château et de ses dépendances. « Il y a peu de temps encore, ce document rare, n’était consultable qu’en archives. Numérisé, il est désormais disponible sur Internet ».

Un appel à la recherche des sources originale, à leur identification précise, à leur numérisation et à la mise en ligne des documents est donc lancé pour établir l’histoire de l’établissement scolaire savinien sous la direction des personnes ressources de la fabrique culturelle patrimoniale du lycée en cours de création. (5)

Présentation par Sylvie MONNIOTTE de l’histoire des travaux d’installation puis de rénovation du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge durant la conférence-promenade du 17 septembre 2016. © Photographie BM/CAD pour PEE.


Le lycée Jean-Baptiste Corot, un site parmi 17 000

Le ministère de la Culture publie tous les ans un bilan chiffré des Journées européennes du patrimoine. En 2015, 12 millions de Français et Françaises y auraient participé. Le 18 septembre 2016, il annonçait que 17 000 sites avaient été ouverts. Un sondage d’opinion Odoxa, commandé par Le Parisien, annonce un singulier tripartisme :

  • 34 % des Français ont participé à une visite en 2016,
  • 31 % n’ont pas participé à une visite, mais y ont déjà participé,
  • 35 % n’y ont pas participé et n’y ont jamais participé. (6)

Les médias s’extasient sur le nombre de visiteurs faisant la queue pour visiter le palais de l’Élysée, tel ou tel ministère…, sur le temps passé dans la file d’attente (des heures !), sur sa longueur (des centaines de mètres !).

Les Journées européennes du patrimoine ne sauraient se limiter à la seule consommation passive de lieux par des visiteurs. Elles ont un avant, celui de la lente constitution des savoirs et des récits attachés aux lieux. Elles doivent avoir un après qui se manifeste par un renouveau de la recherche historique sur le passé et par une construction des mémoires plurielles du présent. C’est la mission qui incombe aux « fabriques de patrimoine ». Ce sont elles qui sont en mesure d’apporter un enrichissement critique de connaissance nouvelles.

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Le lycée Jean-Baptiste Corot, alors annexe du lycée Lakanal de Sceaux. Vue aérienne située vers 1953-1954. Collection privée AM.

RÉFÉRENCES
1. MONNIOTTE-MÉRIGOT Sylvie, « Journées européennes du patrimoine 2016. Entrez dans l’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge », www.portes-essonne-environnement.fr, 16 septembre 2016 : http://portes-essonne-environnement.fr/journees-europeennes-du-patrimoine-2016-entrez-dans-lhistoire-du-lycee-jean-baptiste-corot-de-savigny-sur-orge/. SCHEINHARDT Philippe, « La journée du patrimoine au Lycée », 16 septembre 2016, http://blog.ac-versailles.fr/cdicorot/index.php/category/Veille-culturelle.2. BISET Éric, « Journées européennes du Patrimoine 2016, samedi 17 septembre 2016, Lycée Jean-Baptiste Corot, Savigny-sur-Orge », A4, 1 p.
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3. Pour une lecture rapide sur le métier d’historien, la méthode en histoire et l’histoire locale, lire dans la collection « Que sais-je ? » (PUF) les ouvrages de Guy THUILLIER et de Jean TULARD : La méthode en histoire (n° 2323, 1986, 128 p.), Le métier d’historien (n° 2615, 1991, 128 p.), Histoire locale et histoire régionale (n° 2689, 1992, 128 p.).
4. La fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot – Personnes ressources : Éric BISET (proviseur du lycée), Philippe SCHEINHARDT (professeur-documentaliste, responsable des Journées européennes du patrimoine), Martine OHLMANN (conseillère principale d’éducation), Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT (ancienne élève, historienne, auteur de publications locales), Bernard MÉRIGOT (ancien élève, maire adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge chargé du Patrimoine, président de Territoires et démocratie numérique locale).

5. MÉRIGOT Bernard, « Les Journées européennes du Patrimoine 2016 sont une « fabrique de territoire », www.savigny-avenir.info, 16 septembre 2016 : http://www.savigny-avenir.fr/2016/09/16/les-journees-europeennes-du-patrimoine-2016-sont-une-fabrique-de-territoire/.
6. Sondage EDOXA pour Le Parisien : « Les Journées du patrimoine au crible ». Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français et de Françaises interrogés par Internet les 15 et 16 septembre 2016. Panel de 999 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, Le Parisien, 18 septembre 2016, p. 29.

Pour information et suite
1. Une partie des documents présentés lors de la conférence-promenade du 17 septembre 2016 seront mis en ligne prochainement…
2. Pour celles et ceux qui souhaitent contribuer à la construction de l’histoire du lycée (cartes postales, photographies des lieux, photographies de classes, photographies prises lors des activités de club, bulletins scolaires, documents administratifs, publications, objets, etc.), n’hésitez pas à nous contacter (contact@portes-essonne-environnement.fr) ou à vous rapprocher du CDI (01 69 44 55 66, standard, demander M. SCHEINHARDT).
3. La rédaction du présent média numérique vous donne rendez-vous aux Journées européennes du patrimoine 2017 sous la houlette de la fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 23 septembre 2016, 15 h 35.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.

Journées européennes du patrimoine 2016. Entrez dans l’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge

Le thème retenu pour les Journées européennes du patrimoine 2016 par le ministère de la Culture et de la communication est celui du patrimoine et de la citoyenneté. Pour la première fois de son histoire, le lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge ouvre ses portes aux parents d’élèves de seconde et de première conviés à des réunions parents/professeurs/direction et à une visite patrimoniale ce samedi 17 septembre 2016. (1)

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Le château de Savigny-sur-Orge au XVIIe siècle. Illustration extraite de l’article de Louis BRUNEL, « Deux sièges du château de Savigny », SESAM, volume VII, 1950, p. 387. (2)


Le patrimoine fondateur d’identité scolaire

Le 3 juillet 1948, fort endommagé durant la Seconde Guerre, le château « Davout » et les 23 hectares de son domaine sis sur la commune de Savigny-sur-Orge sont acquis par l’Éducation nationale afin d’ouvrir une annexe provisoire du lycée Lakanal de Sceaux. Les travaux de rénovation débutent dix-sept mois plus tard, en décembre 1949 sous la direction de l’architecte Germain GRANGE. Il s’attache à restaurer le château et les pavillons d’entrée afin d’y installer l’administration et les appartements du personnel.

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L’annexe du lycée Lakanal de Sceaux à Savigny-sur-Orge, futur lycée Jean-Baptiste Corot. Carte postale éditée vers 1950-1951, collection privée HB.

Le premier bâtiment scolaire sur les sept envisagés sorti de terre en 1950, cent-quatorze élèves font leur rentrée le mardi 2 octobre. L’année suivante, un deuxième pavillon de huit classes s’élève sur le même modèle géométrique à larges baies… Après deux années d’indécision, le lycée se donne enfin un nom le 27 novembre 1956 : Jean-Baptiste Corot. (3)

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Le premier bâtiment scolaire dans l’enceinte de l’annexe du lycée Lakanal de Sceaux à Savigny-sur-Orge, futur lycée Jean-Baptiste Corot : cet édifice sera appelé tout simplement « A ». Illustration extraite de l’article de Louis BRUNEL, « Le nouveau lycée de Savigny-sur-Orge (annexe du lycée Lakanal) », in SESAM, p. 413. (4)

Pour Éric BISET, actuel proviseur du lycée, « l’ensemble patrimonial historique constitue un élément fondateur de l’identité de l’établissement. Par leur présence à la fois studieuse et animée tout au long de l’année scolaire, les élèves, les enseignants et les personnels font vivre un lieu emblématique de la commune. Ils lui donnent un sens. »

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La première équipe pédagogique de l’annexe du lycée Lakanal de Sceaux à Savigny-sur-Orge, futur lycée Jean-Baptiste Corot. Illustration extraite de l’article de Louis BRUNEL, « Le nouveau lycée de Savigny-sur-Orge (annexe du lycée Lakanal) », in SESAM, p. 414, cl. Rativet. (4)


La visite guidée du lycée ce 17 septembre 2016

Les événements nationaux de ces derniers mois et les conditions restrictives du Plan Vigipirate applicables en 2016 aux établissements scolaires réduisent l’accès des personnes extérieures. Le lycée Jean-Baptiste Corot a cependant tenu à être ouvert pour une visite guidée, le samedi 17 septembre 2016, à l’attention des élèves et des parents intéressés.

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Annonce de la visite du 17 septembre 2016 à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, et des prochaines activités liées à l’histoire du lycée… © Photographie BM pour PEE et CAD, 16 septembre 2016.

Les visiteurs d’un jour pourront ainsi :

  • parcourir d’une autre façon les allées de leur établissement, longer les canaux et les douves en devinant « La Douve » ou en imaginant ce que l’on pouvait bien trouver derrière les actuels bâtiments E et F au début du XXe siècle ;
  • évoquer les propriétaires et les aménagements successifs tels ceux d’Étienne de VESC (XVe siècle), des époux DAVOUT (XIXe siècle) ou de l’Éducation nationale (1948 – 2016) ;
  • découvrir le plan du domaine levé en 1882 sous José Ramiro de la PUENTE y  GONZALEZ-NANDIN, marquis de ALTA VILLA, qui reçut la reine Isabelle II d’Espagne en exil (1869)…
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Plan de la visite du 17 septembre 2016 du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge. Montage SMM et PS, Journées européennes du patrimoine 2016.


L’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot en cours d’élaboration

La connaissance des lieux publics et privés est le produit de constructions à la fois individuelles et collectives, à la fois simples et compliquées, à la fois sobres et riches… Rien n’est réalisé de façon spontanée. Les idées innovantes pour faire vivre le patrimoine ne manquent pas. Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale propose aujourd’hui sur son site Internet une visite virtuelle de l’hôtel de Rochechouart sis au 110 rue de Grenelle à Paris. (5)

Le proviseur Éric BISET précise que « le lycée Corot n’en est pas à ce stade numérique. Cette première journée européenne du patrimoine sera prolongée par une publication des sources bibliographiques et iconographiques, des expositions au Centre de documentation et d’information (CDI), une incitation aux recherches dirigées et encadrées sur l’histoire du château, du lycée, de la commune, et, la mise en ligne de divers documents historiques référencés. Comme, par exemple, l’inventaire complet des biens mobiliers et immobiliers établi en 1802, lors de l’acquisition par le Maréchal Davout du château et de ses dépendances. Jusqu’à ce jour, ce document rare n’était consultable qu’en archives. Numérisé, il est désormais disponible sur Internet. » (6) « Telle une fabrique de la culture patrimoniale scolaire, ces ressources permettront de créer une dynamique afin de préparer et d’initier des actions pédagogiques et des manifestations durant les années scolaires 2016-2017 et 2017-2018, en vue du 70e anniversaire de l’acquisition du domaine par le ministère de l’Éducation nationale. »


Visite guidée le samedi 17 septembre 2016, 11 heures (durée : 1 h 30 environ)
Nombre limité de participants : 25 personnes maximum, sur inscription auprès du CDI.
Rendez-vous à l’intérieur du lycée, devant le porche d’entrée du château à 10 h 45.
Il est demandé aux personnes extérieures à l’établissement désireuses de participer à la visite de contacter le CDI et d’être en possession d’une pièce d’identité.

Contact – Responsable des Journées européennes du patrimoine
Philippe SCHEINHARDT, professeur-documentaliste, CDI, lycée Jean-Baptiste Corot
Téléphone : 01 69 44 55 66 (standard, demander le CDI)

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Vue aérienne du bas de Savigny-sur-Orge et de l’annexe du lycée Lakanal de Sceaux, futur lycée Jean-Baptiste Corot : l’édifice en construction sera appelé tout simplement « D », à la suite du « A », « B » et « C »… Carte postale affranchie en 1956, collection privée AM.


La fabrique culturelle patrimoniale du lycée Jean-Baptiste Corot – Personnes ressources
Éric BISET, proviseur du lycée Jean-Baptiste Corot
Philippe SCHEINHARDT, professeur-documentaliste, CDI, lycée Jean-Baptiste Corot
Martine OHLMANN, conseillère principale d’éducation, lycée Jean-Baptiste Corot
Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, ancienne élève du lycée Corot, historienne, auteur de publications locales
Bernard MÉRIGOT, ancien élève du lycée Corot, maire adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge chargé du Patrimoine, président de Territoires et démocratie numérique locale

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Préparation de la journée européenne du patrimoine au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, le 30 août 2016 : de gauche à droite, Éric BISET, proviseur, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, historienne, Philippe SCHEINHARD, professeur – documentaliste devant le plan « ALTA VILLA ». © Photographie BM pour PEE et CAD.


RÉFÉRENCES
1. Éric BISET, proviseur du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, aux élèves et aux parents d’élèves, « Journées européennes du patrimoine 2016 – Samedi 17 septembre 2016 ». Invitation afin de faire découvrir autrement l’établissement.

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Invitation – tract. © Photographie BM pour PEE et CAD, 16 septembre 2016.

2. Louis BRUNEL, « Deux sièges du château de Savigny », SESAM, volume VII, 1950, pp. 387-396.
3. Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge sous la direction de Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Mémoire en Images, Savigny-sur-Orge, Alan Sutton, 2e édition, 2008, 128 p. L’ouvrage est entièrement publié en pdf sur le site Internet www.savigny-avenir.fr.
4. Louis BRUNEL, « Le nouveau lycée de Savigny-sur-Orge (annexe du lycée Lakanal) », SESAM, volume VII, 1950, pp. 412-417.
5. La visite virtuelle du ministère de l’Éducation nationale : http://www.education.gouv.fr/pid72/la-visite-virtuelle-du-ministere.html.
6
. Bernard MÉRIGOT, « Savigny-sur-Orge. 18 août 1802 (30 thermidor an X) : Louis-Nicolas Davout achète le château. Le texte complet de l’inventaire », www.savigny-avenir.fr, 18 août 2016 : http://www.savigny-avenir.fr/2016/08/18/savigny-sur-orge-18-aout-1802-30-thermidor-an-x-louis-nicolas-davout-achete-le-chateau-le-texte-complet-de-linventaire/.

Un peu de lecture (bibliographie non exhaustive…)
– BOURGOIN André, La dynastie Vigier à Savigny-sur-Orge et à Lamorlaye, Maury Imprimeur, 1995, 158 p.
– CHARRIER Pierre, Le maréchal Davout, Nouveau monde éditions – Fondation Napoléon, 2005, 832 p.
– CHAVANON Marie-José, Aimée Davout. Maréchale et princesse, Gérard Louis éditeur, 2013, 144 p.
– CHAZALY Louis, Étienne de Vesc, seigneur de Caromb et Grimaud, sénéchal de Beaucaire, Édition Plein-Cintre, 1988, 316 p.
– JANVIER Jacques-André, « Le maréchal Davout, prince d’Eckmülh, et sa famille à Savigny-sur-Orge », SESAM, volume VI, 1949, pp. 159-199.
–  MONTÉGUT Émile, Le maréchal Davout. Son caractère et son génie, A. Quantin imprimeur, 1882, 244 p.
– Ville de Savigny-sur-Orge, Davout, Maréchal d’Empire. Catalogue de l’exposition 2006, Desbouis Grésil Imprimeur, 2006, 90 p.

Sources numériques à consulter
– Les articles publiés sur le présent site Internet, en catégories « histoire » et « patrimoine ».
– Le site Territoire et démocratie locale, Mieux aborder l’avenir : www.savigny-avenir.info ou www.savigny-avenir.fr (ISSN 2261-1819, dépôt légal du numérique BNF 2016), rechercher « château », « Davout », « histoire », « lycée », « patrimoine »… Sur les manifestations 2016, lire l’article : « Les Journées européennes du patrimoine sont une “fabrique de territoire“ », 16 septembre 2016 (http://www.savigny-avenir.fr/2016/09/16/les-journees-europeennes-du-patrimoine-2016-sont-une-fabrique-de-territoire/).
– Le site de la ville de Savigny-sur-Orge : www.savigny.org. A noter que le musée Davout sera ouvert le samedi 17 septembre 2016, de 8 h 30 à 18 h (48 avenue Charles-de-Gaulle, 91600 Savigny-sur-Orge).
– Le site de l’association Souvenir du Maréchal Davout : www.souvenir-davout.com.

Autres articles prochainement mis en ligne :
compte rendu de la visite avec illustrations présentées,
histoire du lycée Jean-Baptiste Corot…

 © Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 16 septembre 2016, 18 h.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.


Complément en date du 17 septembre 2016

Annonce de la manifestation organisée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine 2016 au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge sur le blog du centre de documentation et d’information (CDI) de l’établissement : http://blog.ac-versailles.fr/cdicorot/index.php/category/Veille-culturelle/Ev%C3%A9nements.

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Capture d’écran du blog du CDI du lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny-sur-Orge, 17 septembre 2016.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 17 septembre 2016, 10 h.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.

Savigny-sur-Orge. Histoire des inondations dans le secteur Kennedy – Rossays. Des études oubliées ! (Partie III)

Suite de la partie I publiée le 4 juillet 2016
et de la partie II publiée le 7 juillet 2016.


VI. Juin 2016, une nouvelle inondation cinquantennale

Le 23 juin 2016, à 17 h 30, le Syndicat de l’Orge a tenu un comité syndical à Brétigny-sur-Orge. Les assemblées générales d’un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) sont publiques. Portes de l’Essonne Environnement, membre de la commission « Écologie et paysages » du syndicat, a donc assisté à cette réunion afin de connaître plus en détails les récents événements liés à la crue de l’Orge et de son affluent, l’Yvette, la confluence étant sise sur le territoire de Savigny-sur-Orge, à l’extrémité du quartier des Rossays. Des documents publics ont été remis aux délégués, communiqués ensuite à l’association.

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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. © Photographie BM/CAD.

Chronique de la crue de l’Orge du 30 mai au 6 juin 2016, réalisée à partir du rapport du Syndicat de l’Orge présenté aux délégués des communes adhérentes (1, extraits revus et corrigés), du rapport accompagnant la lettre du maire LR Éric MEHLHORN demandant la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour Savigny-sur-Orge (2), et de récits de Saviniens.

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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. Point 1, retour d’expérience sur la crue de juin 2016. © Photographie BM/CAD.

1. Contexte pluviométrique, un mois de mai très pluvieux et un lundi noir

Le mois de mai a été très arrosé avec plus de 130 mm de pluie (avant l’évènement du lundi 30 mai) sur le bassin de l’Orge-Yvette en un mois contre une normale de 50 mm. Les sols étaient saturés. Les cours d’eau et fossés présentaient déjà des niveaux hauts.

Les pluies du lundi 30 mai ont été déterminantes dans l’apparition des crues. Elles n’étaient pas violentes, mais soutenues et continues toute la journée :  50 à 60 mm d’eau supplémentaires sont tombés sur le bassin aval de l’Orge, 80 à 90 mm dans le secteur amont du bassin sis dans les Yvelines.

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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. Point 1, retour d’expérience sur la crue de juin 2016 : la pluviométrie. © Photographie BM/CAD.

Pour comparaison, les seuils de vigilance du Syndicat se situent à partir de 30 mm de pluie en une demi-journée qui génèrent généralement une montée « plein bord » de l’Orge. Les équipes d’astreinte sont alors mobilisées.

2. Le développement de la crue en deux temps

Le lundi 30 mai en fin d’après-midi, les débits de l’Orge à Morsang-sur-Orge ont dépassé les 20m3/s, débits qui constituent le seuil de vigilance du Syndicat sachant que, jusqu’à 30 m3/s, les débordements restent peu nombreux.

Considérant que les pluies devaient se poursuivre et considérant l’importante vitesse d’augmentation des débits, le Syndicat a déclenché sa première alerte Vigi’Orge auprès des riverains et des communes en fin de journée. Au cours de la nuit du 30 au 31 mai, le Syndicat a commencé à remplir ses bassins de retenue, les débits se sont stabilisés. L’eau a commencé à redescendre en milieu de journée. La situation était celle d’une crue d’occurrence 10 à 20 ans maîtrisée.

A Savigny-sur-Orge, le 31 mai à 10 heures, les services municipaux sont mobilisés depuis que la préfecture a communiqué le placement du département en vigilance orange pour les inondations. L’Yvette commence à déborder au niveau du centre aéré de Grand-Vaux. Les eaux de l’Orge recouvrent les abords du côté de Juvisy. L’alerte Vigi’Orge est déclenchée.

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Impasse Kennedy, à Savigny-sur-Orge, l’eau monte… © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

A 11 heures, les résidences habituellement touchées par la crue de l’Orge commence à être inondées. Ainsi, l’eau déborde des tampons sur le parking du 21 rue des Rossays. Des véhicules sont noyés sous 50 cm d’eau. La pluie provoque l’inondation de l’entrée du groupe scolaire Kennedy et du gymnase. Boulevard de l’Orge, la promenade est sous les eaux qui montent de deux centimètres en une heure de temps. Côté Yvette, la promenade Charles-Perrault et le pont sont fermés à la circulation. Entre le skate-parc et la crèche des Moussaillons, l’eau est montée de quatre centimètres.

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Les Rossays, à Savigny-sur-Orge, l’eau monte… © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

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Les Rossays, à Savigny-sur-Orge, l’eau monte… © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

15 heures, les autorités observent une amélioration. Les eaux baissent de 5 cm environ. Toutefois, la passerelle d’accès au parc du Séminaire est condamnée. Le parking du gymnase Kennedy est fermé au public. A Grand-Vaux, la passerelle piéton d’accès au gymnase David-Douillet est aussi condamnée. A 17 heures, la baisse est confirmée. Il est décidé que les sécurisations apportées par les services techniques seraient conservées jusqu’au lendemain.

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Impasse Kennedy, à Savigny-sur-Orge, « parking fermé ». Pour cause, l’eau est montée… © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

La pluie a cessé durant 12 heures. Or, le Syndicat constate que des arrivées massives d’eau ont été enregistrées au niveau de l’Yvette au cours de la nuit du 31 mai au 1er juin 2016, et ce jusque dans la matinée du 2 juin…

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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. Point 1, retour d’expérience sur la crue de juin 2016 : la débitmétrie à Morsang-sur-Orge. © Photographie BM/CAD.

A Savigny-sur-Orge, ce 1er juin, en accord avec l’Éducation nationale, les écoles et le gymnase Kennedy sont fermés pendant au moins deux jours. Un service minimum d’accueil est organisé.

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Des enfants dans la cour de l’école primaire Kennedy à Savigny-sur-Orge. Quelques heures plus tard, le maire prend la décision de fermer le groupe scolaire en raison de la crue de l’Orge. © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

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Groupe scolaire et gymnase Kennedy fermés. © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

Le centre de loisirs Charles-Perrault est également fermé, les enfants sont conduits au gymnase Coubertin. Un système de navettes est mis en place pour le déplacement des jeunes saviniens vers les autres lieux d’accueil. Toute la journée, une quinzaine d’agents municipaux sécurisent le bas de Savigny touché par les inondations. Des parpaings sont acheminés aux endroits stratégiques. Des passerelles de fortune sont installées aux Rossays, et notamment à la tour du 25.

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Parpaings acheminés par les employés du service technique de la ville de Savigny-sur-Orge à l’école maternelle Kennedy en raison de la crue de l’Orge. © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

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« Distribution » de parpaings et autres matériaux par les employés du service technique de la ville de Savigny-sur-Orge en raison de la crue de l’Orge. © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

En fin de journée, le mobilier des écoles a été surélevé, le niveau de l’eau ayant atteint le rez-de-chaussée. La barque est de sortie, elle permet aux habitants qui le souhaitent de quitter la tour des Rossays. Certains ont déjà trouvé refuge dans de la famille ou chez des amis. Le Cosom est mis également à leur disposition, il accueillera une vingtaine de naufragés. L’électricité a été coupée. Les ascenseurs sont hors service. Les eaux montent de 60 cm en trois heures… Les accès sont devenus dangereux en raison des forts courants d’eau. La tour doit être entièrement évacuée ! Certains habitués refusent. Les pompiers et les agents municipaux les visiteront le lendemain matin… Parallèlement, la Lyonnaise des eaux (groupe Suez), concessionnaire du service public d’assainissement de la ville de Savigny-sur-Orge, annonce que des ouvrages d’assainissement du quartier ne pourront plus assurer leur office.

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Une passerelle de fortune pour la tour des Rossays, montée par les employés du service technique de la ville de Savigny-sur-Orge en raison de la crue de l’Orge. © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

Au Syndicat, les débits de l’Orge mesurés sont passés de 30 m3/s le 1 juin à 45 m3/s le 2 juin matin. Les bassins saturés, l’Orge est alors complètement sortie de son lit.

8 heures, ce jeudi 2 juin, le secteur Kennedy est inondé. Les résidences du haut de la rue de Morsang ont leurs jardins et leurs parkings sous l’eau. Les véhicules sont évacués avec précaution par les plus aguerris.

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Véhicule « non sauvé » de eaux, à Savigny-sur-Orge, rue de Morsang. © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

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Véhicules « non sauvés » de eaux, à Savigny-sur-Orge, aux Rossays. © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

Les pompiers passent de logement en logement afin de conseiller aux résidents de prendre leurs dispositions pour quitter les lieux durant quelques jours. Plus d’ascenseur, plus de téléphone, plus de télévision…, les agents d’ERDF ont coupé l’électricité vers 13 h 30. L’eau est montée par les réseaux d’assainissement de 80 cm dans les caves, voire un mètre par endroits. Là aussi, la barque est devenue le seul moyen de transport pour celles et ceux non équipés de cuissardes. Un regard mi-amusé mi-inquiet, un sourire, un mot rassurant, des échanges entre « secouristes » et « secourus », une boutade pour détendre l’atmosphère, un journaliste du Parisien qui s’embarque sous les plaisanteries des agents municipaux, des paroles sérieuses pour les uns, des souvenirs de 1978 pour les autres, des images photographiques pour les uns, des vidéos pour les autres, d’autres souvenirs… Des curieux s’arrêtent, intrigués. Un car municipal est en faction dans la rue.

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La barque, seul moyen de transport à Savigny-sur-Orge lors des crues de l’Orge. © Photographie SMM/CAD, 2 juin 2016.

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La barque, seul moyen de transport à Savigny-sur-Orge lors des crues de l’Orge. Ici, à la sortie de l’impasse Kennedy. © Photographie SMM/CAD, 2 juin 2016.

Non loin de là, au 8 de la rue de Morsang, quelques familles viennent chercher leurs parents au foyer-logement Lucien-Midol. L’eau est pompée sans discontinuité dans les caves, sans grand effet… Par sécurité, les personnes âgées les plus fragiles sont conduites au foyer César-Franck. Au 4 de ladite rue, la situation est moins dramatique, mais des habitants décident de prendre les devants et préparent quelques sacs de « naufragés ».

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A chaque crue de l’Orge ou remontée des réseaux d’assainissement par forte pluie, il est nécessaire de pomper les sous-sols du foyer-logement Lucien-Midol, à Savigny-sur-Orge. Et ce depuis sa construction au milieu des années 1980. © Photographie SMM/CAD, 2 juin 2016.

A Grand-Vaux, secteur placé sous surveillance, dès 8 heures, il est constaté que le pont de la RD25 est sous l’eau. La crèche des Moussaillons est évacuée par mesure de précaution vers le relais d’assistantes maternelles, dans l’ancienne crèche familiale de la Grande-Rue. L’eau monte à la maison de quartier et centre de loisirs Charles-Perrault dans lequel le mobilier a été rehaussé. Aux Prés-Saint-Martin, seule la voirie à quelques endroits est touchée à 11 h 45. Une heure plus tard, la rue est fermée à la circulation. Des caves commencent à être inondées.

Puis, l’Orge est redescendue très progressivement à partir du milieu de la journée du 2 juin, pour atteindre dans la nuit du 3 au 4 juin 35m3/s, soit un débit encore très fort.

En effet, à Savigny-sur-Orge, le 2 juin à minuit, la baisse du niveau de l’eau est constatée à Grand-Vaux, le pont de la RD25 est rouvert aux véhicules légers au petit matin. Aux Prés-Saint-Martin, la rue est aussi rouverte à la circulation. Seul le secteur Kennedy – Rossays reste sous surveillance, les eaux de l’Orge étant stables.

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Eau stagnante passage des Jardins, à Savigny-sur-Orge, entre l’école primaire Kennedy (en arrière-plan), les résidences Davout (à gauche) et des Rossays (à droite). © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

La matinée du 3 juin est celle des premiers constats : l’eau stagne dans l’impasse Kennedy, elle commence à se retirer dans les résidences de la rue de Morsang. L’électricité ne sera pas rétablie ce jour, les services d’ERDF attendent la vraie décrue par sécurité… On annonce la journée de dimanche rue de Morsang, au-delà pour les résidences du 21 et du 21 bis de la rue des Rossays. Au lycée, le théâtre et les réfectoires ont fait face à une montée des eaux via les réseaux d’assainissement, plus de 60 cm à certains endroits. Les techniciens et des enseignants nettoient… Les écoles restent fermées jusqu’à nouvel ordre, les enfants sont dirigés vers un poste d’accueil au gymnase Champagne. A Grand-Vaux, la crèche restera fermée jusqu’au lundi matin. Au centre Charles-Perrault, les agents ont entrepris le nettoyage.

Parallèlement, la Seine a vu croître ses niveaux pour atteindre un maximum (+ 4m80) à la fin de la journée du 3 juin. Il semble que la Seine n’ait pas provoqué de frein hydraulique majeur pour l’Orge qui a pu ainsi s’écouler de manière satisfaisante dans le fleuve.

Samedi 4 juin, la décrue est véritablement amorcée : retour progressif à la « maison » pour la plupart des habitants du quartier Kennedy – Rossays. L’heure est au nettoyage pour tout le monde. La ville met à disposition des bacs supplémentaires afin de jeter les déchets. L’EPT 12 doit assurer la collecte en dehors des passages habituels pour toute la ville qui n’a pas été collectée depuis cinq jours. L’évacuation des encombrants est à l’étude…

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Au bout de la rue Charles-Grangier, à Savigny-sur-Orge, la rivière a retrouvé son lit majeur, le parking des Rossays… © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

ERDF rétablit l’électricité, parfois avec difficulté comme au 4 rue de Morsang où le local technique est encore inondé. L’accès à Kennedy est hors d’eau mais il semblerait que les bâtiments soient touchés en « plein cœur » : leurs fondations n’auraient pas résisté à cette énième inondation depuis 1966, pour ne pas dire la trentième !

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L’école primaire et le gymnase Kennedy, à Savigny-sur-Orge, inondés pour la énième fois. © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

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L’école primaire et le gymnase Kennedy, à Savigny-sur-Orge, inondés pour la énième fois. Quid de l’avenir de ces équipements communaux ? © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

Le lendemain, aux Près-Saint-Martin, une opération de pompage est menée par les sapeurs-pompiers suite à une nouvelle montée des eaux survenue la veille. Elle sera achevée dans la soirée… Le lundi 6 juin, la catastrophe naturelle est derrière les Saviniens. Place aux ballets des assureurs, des sociétés de nettoyage, des vidages de caves et de sous-sols, d’entrepreneurs en rénovation, d’autres curieux attirés par les encombrants. On essayera d’oublier un peu les beaux jours venus, pour l’heure, le temps est toujours maussade. Cela n’est pas prêt de sécher ! L’eau s’est retirée et les moisissures apparaissent… Quant aux parents des élèves de Kennedy, pour eux et leurs enfants, une autre (més)aventure commence…

3. Les dégradations de biens par les inondations de cours d’eau

Pour le Syndicat, au regard des évènements, et des bassins versants voisins, les dégâts sont globalement faibles.

  • Les pavillons et résidences en bord de rivière et dans le lit majeur ont subi des inondations de sous-sols et de parking : les secteurs Kennedy et Rossays à Savigny-sur-Orge, les impasses Égalité, Fraternité, Prairie et Morlet de Morsang-sur-Orge, la voie des Prés à Epinay-sur-Orge, le Vieux-Perray et la route de Longpont à Sainte-Geneviève-des-Bois, le bas de Leuville, ainsi que le secteur de la Morte Rivière amont à Viry-Châtillon.

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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. Point 1, retour d’expérience sur la crue de juin 2016 : illustrations à Savigny-sur-Orge. © Photographies d’illustration de diaporama, Syndicat d l’Orge – Photographies de la présentation du diaporama BM/CAD.

  • Les deux campings ont été évacués mais non inondés à Villiers-sur-Orge et à Ollainville.
  • Des quartiers de Viry-Châtillon ont été évacués à partir de la matinée du 2 juin, soit à cause de présence d’eau dans les rues et les sous-sols, soit à titre préventif.
  • Concernant les biens du Syndicat, une station de mesure de la qualité a été noyée à Viry-Châtillon et une armoire électrique a été brulée par vandalisme à Leuville après la crue, le 7 juin. Il n’y a pas eu de dégradation de vannages ou des armoires de commande correspondantes.

4. Le cas particulier de la Morte Rivière

Le canal de la Morte Rivière est un canal en béton d’avant les années 1940. Il traverse Viry-Châtillon pour évacuer la quasi-totalité des débits de l’Orge vers la Seine. Un autre bras de l’Orge s’oriente vers Juvisy-sur-Orge et Athis-Mons, mais la pente de ce bras ne permet d’évacuer qu’un débit marginal (quelques m3/s).

Le canal de la Morte Rivière a été classé en digue de catégorie B par arrêté préfectoral. A ce titre une surveillance accrue est imposée en période de mise en charge. Des surveillances et des entretiens périodiques sont obligatoires. Ce canal présente un parapet vertical d’environ un mètre situé au-dessus du niveau du terrain et des habitations de Viry-Châtillon. Si l’eau le dépasse ou s’il y a rupture, une grande partie de Viry-Châtillon peut être sous l’eau.

Au cours de la crue, ce canal a pu évacuer les 45 m3/s avec un niveau d’eau qui affleurait le parapet dans le secteur amont. Des inondations ont eu lieu dans des rues à proximité, par débordements de l’Orge en amont et en aval immédiat du répartiteur – lieu où débute le canal de la Morte Rivière – et non de la Morte Rivière elle-même. La préfecture et la commune ont choisi de faire évacuer le quartier, soit environ 1 000 personnes.

Les équipes du syndicat ont parcouru jour et nuit le linéaire de la digue par équipe de deux jusqu’au dimanche 5 juin afin de détecter toute anomalie. Le parapet présentait une zone de fragilité d’environ 50 m linéaire révélée par le diagnostic préalable de la digue dans le cadre de son classement. Ainsi, le Syndicat a renforcé d’urgence ce linéaire le jeudi 2 juin par la pose d’environ 100 sacs de un mètre cube de sable à l’arrière du parapet. Celui-ci n’a pas présenté de mouvement au cours de la crue.

5. Le système d’assainissement dans le secteur situé autour de l’ex-nationale 7 et de la Seine à Viry-Châtillon

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Regard sur le réseau d’assainissement du quartier Kennedy – Rossays, à Savigny-sur-Orge, au début des inondations. Les eaux usées sont en passe de déborder… © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

Le système d’assainissement dans le secteur situé autour de l’ex-nationale 7 et de la Seine à Viry-Châtillon / Juvisy / Athis-Mons a été la source des principaux problèmes de cet évènement qui sont apparus avec la montée des niveaux de la Seine.

Dans ce secteur, plusieurs antennes syndicales traversent et sont connectées avec les réseaux des villes gérés par l’établissement public territorial n° 12 (EPT 12) pour rejoindre un émissaire unique vers la Seine à Athis-Mons, franchir la Seine par un siphon, rejoindre un poste de relèvement majeur à Crosne géré par le SIAAP et alimenter la station d’épuration de Valenton. Plusieurs postes de relèvement sont également présents à Athis-Mons et Viry-Châtillon gérés par le Syndicat dans ce secteur qui ne présente pas de pente.

Lors de pluies importantes ou de niveaux de Seine élevés, le SIAAP arrête son poste de Crosne pour délester toutes les eaux usées en provenance du bassin de l’Orge et de l’Yvette en Seine à Athis-Mons (1,5 à 2,5 m3/s d’eaux usées). Cette opération a eut lieu le mercredi 1er juin à 8 h 30.

Le Syndicat possède en cas d’élévation de la Seine une station « anti-crue » à Athis-Mons, le complexe dit « P7/Valenton/Achères », afin de forcer l’évacuation des eaux usées en Seine et éviter l’envahissement par les eaux de Seine et les eaux usées des réseaux publics d’Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge et Viry-Châtillon.

Le Syndicat a fait démarrer son poste anti crue le jeudi 2 juin en lien avec l’élévation des niveaux de la Seine. Ce poste a fonctionné de manière continue jusqu’au mardi 7 juin en présentant un débit d’évacuation satisfaisant (> à 2m3/s) malgré des pompes alternativement bouchées et des faiblesses électriques. Ces dernières étaient constitutives de l’échauffement des armoires électriques, les pompes tournant en continu, et forçant par la présence de déchets… Le Syndicat a ainsi mis en place une équipe permanente jour et nuit afin de réenclencher les disjoncteurs coupaient l’alimentation électrique.

Or, les eaux de Seine, sans doute mélangées à des eaux de nappes et des eaux de pluie ont saturé l’ensemble du système d’assainissement d’Athis/Juvisy/Viry provoquant de nombreux débordements dans les rues et les caves.

Cette situation de saturation et d’élévation des niveaux dans les réseaux s’est amplifiée en fin de semaine en décalage avec la crue de l’Orge et en lien avec la crue de Seine. Des débordements étaient encore enregistrés le 8 juin, en lien avec l’ensemble du réseau d’eaux usées toujours en charge. Cette situation rendait la gestion des postes de relèvement du Syndicat très délicate et paradoxale. Autant pour les inondations par les cours d’eau, les riverains acceptent, dans une certaine mesure, la situation comprise comme naturelle, autant lors d’inondation par les eaux usées, l’acceptation par les riverains est difficile.

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Les deux tourbillons sont des bouches d’égout en train de déborder… Danger ! © Photographie BM/CAD, Savigny-sur-Orge, 2 juin 2016.

6. Vigi’Orge, le site web, Facebook et Tweeter

Le système d’alerte téléphonique automatisé Vigi’Orge a parfaitement fonctionné tout au long de l’évènement. Il a été déclenché le lundi 30 mai au soir, stoppé le lundi 6 juin, et activé tous les jours une à deux fois.

Ce système alerte environ 600 foyers, soit environ 1 500 personnes sur sept communes par deux canaux, l’appel téléphonique et le SMS. Si l’appel n’aboutit pas, un message sur répondeur est enregistré. Pendant l’événement, des communes et des riverains ont demandé leur inscription. Il est regrettable que ce système gratuit pour les habitants ne soit pas plus largement utilisé alors que le Syndicat en fait la promotion depuis 2009 dans tous ses supports et à chaque réunion.

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Panneau d’affichage à l’entrée d’une résidence de la rue de Morsang, à Savigny-sur-Orge : « L’eau dans les caves monte ». © Photographie BM/CAD, 1er juin 2016.

Le site web du Syndicat a été alimenté de nombreuses fois au cours de la crue avec des photos et des messages similaires aux messages d’alerte Vigi’Orge. De même, les réseaux Facebook et Tweeter ont été alimentés tous les jours. En journée, le Syndicat répondait en direct aux messages.

7. La coordination des acteurs

Le Syndicat a été en relation permanente avec la cellule de crise de la préfecture et de la Direction départementale du territoire ainsi qu’avec les cellules de crise de Savigny-sur-Orge et de Viry-Châtillon. Pour les autres communes, les relations étaient moins systématiques et déclenchées au besoin.

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Photographie aérienne du quartier Kennedy – Rossays prise par le SDIS91 (©) lors de la crue de l’Orge en juin 2016. (3)

Concernant les syndicats amont, les contacts téléphoniques ont eu lieu avec le SIAHVY les 30 mai et 1er juin lors de la montée des eaux de l’Yvette. En dehors de ces dates, le Syndicat n’a pas eu de contact organisé et n’a pas eu de vision continue des débits et des remplissages des bassins, le système de télégestion du SIAHVY n’étant plus connecté au Syndicat de l’Orge depuis leur changement de siège.

Dans le secteur aval, concernant les débordements d’eaux usées, la coordination a été compliquée au vu du nombre d’acteurs (les communes, l’EPT 12 – ex CALPE – qui gère l’assainissement, le SIAAP et le SIVOA), du nombre d’interlocuteurs différents (personnes des services techniques, cabinets, maires, …) et d’une certaine incompréhension de l’origine de la mise en charge généralisée des réseaux.

8. Les principaux enseignements

De nombreux axes d’amélioration sont en cours d’identification grâce à une relecture de l’événement par les agents du Syndicat de l’Orge. Dans l’immédiat, certaines actions ont été repérées :

  • Accentuer la communication car les riverains en zone inondable acceptent la situation d’inondation mais souhaitent être informés en temps réel de toute évolution (hausse, baisse, stabilisation). Il en est de même pour les communes. Le Syndicat pourrait mettre en place une cellule de veille permanente, et nocturne, pour la mise à jour du site web, de Facebook et de Tweeter.
  • Développer les inscriptions au dispositif Vigi’Orge pour toucher les vingt communes bordant les cours d’eau alors que seules sept ont actuellement adopté Vigi’Orge. Cela permettrait de contacter les 6 000 foyers potentiellement inondables au lieu des 600 inscrits actuellement.
  • Réfléchir au développement d’une application pour smartphone permettant de prévenir d’une crue sans avoir à s’inscrire sur un fichier de type Vigi’Orge et donc, en s’affranchissant de la problématique de mise à jour.
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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. Point 1, retour d’expérience sur la crue de juin 2016 : les enseignements. © Photographie BM/CAD.

  • Renforcer la coordination avec les acteurs de l’assainissement du secteur EPT 12 et étudier le comportement des réseaux lors des crues de Seine.
  • Disposer d’un système de télégestion-télésurveillance connecté avec l’ensemble des acteurs dont le SIAHVY, le SIBSO et le SIAAP.
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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. Point 1, retour d’expérience sur la crue de juin 2016 : les enseignements. © Photographie BM/CAD.

Techniquement, le Syndicat de l’Orge se fixe les objectifs suivants :

  • Améliorer le fonctionnement des armoires électriques du complexe P7/Valenton/Achères, opération qui était déjà prévu en 2017.
  • Renforcer la digue de la Morte Rivière, à Viry-Châtillon, au niveau du secteur de fragilité, opération déjà prévue en 2017 dans le cadre du PAPI Seine.
  • Engager une réflexion sur la possibilité de mailler entre elles les antennes eaux usées dans le secteur Viry-Châtillon, Juvisy-sur-Orge, Athis-Mons et de mettre en place des postes de relevage supplémentaires pour forcer les écoulements d’eaux usées vers l’aval. L’origine des eaux excédentaires dans ce secteur doit également être identifiée avec l’EPT 12 pour expliquer et éviter les apports d’eau de Seine, d’eau de nappe et d’eau de pluie dans les réseaux d’eaux usées de l’EPT 12. Ces réseaux sont restés saturés bien après la crue de l’Orge, mais en lien avec la crue de Seine, soit jusqu’au 12 juin.
  • Réadapter certains sites de mesures de hauteur/débit telles les armoires inondées, les sondes inadaptées à de telles hauteurs, etc.
  • Mener une réflexion plus approfondie sur le complexe P7/Achères/Valenton afin qu’il puisse rester hors d’eau. Il n’a pas été inondé lors de cet évènement mais n’aurait sans doute pas résisté à des niveaux de Seine supérieurs.

Avec les autres acteurs et notamment les syndicats amont, il sera opportun au Syndicat de l’Orge de :

  • Lancer une étude sur les cinétiques de déplacement des ondes de crues de l’amont vers l’aval afin de mieux connaître les temps de déplacement coté Orge (Yvelines vers Orge aval) et coté Yvette (Yvelines vers Yvette aval) et de mieux appréhender les effets cumulatifs synchrones et asynchrones des débits en provenance des divers territoires amont, compte tenu de la nature des sols.
  • Réfléchir aux actions préventives pour limiter les apports d’eaux usées en période de crise. Exemple : les stations de lavage de voiture ont continué à fonctionner.
  • Réfléchir avec les autres syndicats à des bassins supplémentaires de retenue, notamment sur la Rémarde.
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Assemblée générale du Syndicat de l’Orge (ex-SIVOA), 23 juin 2016. Point 1, retour d’expérience sur la crue de juin 2016 : les enseignements. © Photographie BM/CAD.

  • Enfin, étudier afin de se préparer à des scénarios encore plus graves afin d’être le mieux préparé possible (coupures électriques, crue de longue durée, etc.).
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Au bout du chemin des Franchises, à Savigny-sur-Orge, le parc du Séminaire. Enfin, en principe ! Ici l’entrée a été murée de parpaings mais cela n’a pas suffit : l’Orge a repris son lit majeur. Le parc s’est transformé en bassin de retenue. © Photographie BM/CAD, 2 juin 2016.

A suivre.


RÉFÉRENCES DE LA PARTIE III
1. Syndicat de l’Orge, Assemblée générale du 23 juin 2016, « Point 1 : retour d’expérience sur la crue du 6 juin 2016 », 23 juin 2016, 5 p. (pdf de la version complète et originale, document public) : Deroule crue 14 juin 2016.
2. Ville de Savigny-sur-Orge, lettre du maire au préfet de l’Essonne demandant la reconnaissance d’état de catastrophe naturelle pour la commune de Savigny-sur-Orge, 4 juin 2016, 7 p. (pdf) : SSO L EM PREF RECN 4 juin 2016.
3. Site Internet du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de l’Essonne : http://sdis-91.fr/.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Marie LAPEIGNE, Bernard MÉRIGOT, 16 juillet 2016, 17 h 30.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2016.

Savigny-sur-Orge. Histoire des inondations dans le secteur Kennedy – Rossays. Des études oubliées ! (Partie II)

Suite de la partie I publiée le 4 juillet 2016.


III. Des tentatives pour réduire les aléas des inondations, de 1999 à 2008

Le Syndicat, la ville de Savigny-sur-Orge et les 32 autres communes touchées relancent les réunions sur les mesures à prendre. Des réflexions sont menées sur les rehaussements possibles, sur les bassins de rétention en amont, sur le débétonnage des berges de la rivière (bétonnées dans les années 1940-1950), notamment au parc du Séminaire en 1999, sur une cartographie plus détaillée grâce au système d’information géographique (SIG), sur la multiplication des postes de télégestion et de surveillance numérique des ouvrages hydrauliques, sur la réalisation de bassins de régulation des eaux de pluie, sur l’intensification des réseaux d’alerte… (1)

SIVOA COLL CRUES 2009 H

« Outils de mise en œuvre : chronologie de la politique syndicale » du SIVOA en matière de gestion des crues sur la rivière Orge en zone urbaine, colloque de juin 2009. Fonds privé BM/CAD. (2)

26 décembre 1999, la tempête Lothar traverse la France. A Orly, la vitesse des rafales atteint 173 km/h. A Savigny-sur-Orge, les dégâts sont considérables tant sur les propriétés communales que privées. Quasiment tous les peupliers le long de l’Orge se couchent… Deux jours plus tard, 28 décembre 1999, l’Orge déborde. C’est la deuxième fois cette année-là ! (3)

1. SIVOA Au fil de l Orge N45 Mai 1999 PERI

3. SIVOA Au fil de l Orge N45 Mai 1999 PERI

SIVOA, Au fil de l’Orge, n° spécial crue du 14 avril 1999, n° 45, mai 1999, p. 1 et p. 3.

Bernard MÉRIGOT, adjoint au maire, rapporte qu’il a accompagné Jean MARSAUDON, député-maire de l’époque, à la nuit tombée, dans un parcourt en barque sur le secteur de Kennedy – Rossays. Des résidences du quartier des Rossays à celles de la rue de Morsang, l’Orge a repris son bassin d’expansion naturel. Au centre, la cour de la maternelle Kennedy est sous l’eau, l’accès est rendu inaccessible en raison du débordement du collecteur intercommunal géré par le SIVOA, passant sous la chaussée de l’impasse Kennedy, traversant la rue de Morsang pour rejoindre le poste de relèvement du lycée Corot le long de l’Orge. (4)

Depuis 1989, la ville a été l’une des premières du SIVOA à engager un programme de vérification des branchements individuels et communaux. Or, régulièrement, elle subit le fait que les communes en amont ne sont toujours pas en réseau séparatif, eaux pluviales / eaux usées. Les événements pluvieux provoquent alors un refoulement des eaux usées du collecteur et leur débordement dans l’impasse Kennedy et le quartier. Le Syndicat est interpelé en octobre 2000 afin qu’il remédie à la situation, parallèlement à un débétonnage des 500 mètres du lit mineur et des berges de l’Orge entre l’autoroute A6 et le pont de Savigny-Morsang. (5)

6 juillet 2001, un orage centennal éclate. Des pluies intenses s’abattent sur la vallée de l’Orge, et la région parisienne, à partir de 22 heures. Les ouvrages de rétention sont rapidement pleins, au maximum de leur capacité. Avec les prairies et les bois dans les zones d’expansion des crues, les dix bassins de retenue gérés par le SIVOA font leur office. Côté Yvette, la situation est identique. Des quartiers, toujours les mêmes, sont malheureusement inondés. Le système D est ressorti par les habitants. Les pompiers, les agents communaux et intercommunaux sont sur le pont, mobilisés… Les services de l’État s’appuient sur le SIVOA. Les rivières n’amorcent une décrue que le 8 juillet. Alors que la moyenne des précipitations annuelles est de 55,6 mm, celles de juillet 2001 est de 145,2 mm. (6)

SIVOA AU FIL ORGE 2001

SIVOA, Au fil de l’Orge, n° spécial crue du 7 juillet 1999, septembre 1999, p. 1 : les Rossays à Savigny-sur-Orge.

LP INONDATIONS 2001-07-09

Document : Ramnoux Sébastien, « Une résidence encore victime des inondations à Savigny-sur-Orge », Le Parisien Essonne-matin, 9 juillet 2001, p. II. (6b)

Depuis 1995, c’est la dixième vague d’inondations pour Savigny-sur-Orge ! A chaque fois, le scénario est le même. De nombreux équipements publics et des immeubles d’habitation sont touchés ou mis hors service. Le groupe scolaire Kennedy, les logements des instituteurs, le gymnase, le foyer-logement sont évacués. Les immeubles collectifs sont soit évacués, soit reliés au monde via une sacro-sainte barque. Des garages, des parkings sont inondés avec perte des véhicules stationnés. L’état de catastrophe naturelle est de nouveau arrêté. (7)

LP INONDATIONS 2001-07-08 BARQUE

Document : Ramnoux Sébastien, « Intempéries. De gros dégâts en Ile-de-France », Le Parisien Essonne-matin, 8 juillet 2001, p. I. © Photographie Le Parisien. (6b)

LR INONDATIONS 2001-07-12

Document : BM, « Orages : le département sous les eaux après des pluies records », Le Républicain, 12 juillet 2001. © Photographie Le Républicain. (6b)

En 2001, les dépenses pour les seuls biens publics se montent à plus de 1 100 000 francs, soit 167 694 euros. Savigny n’est toujours pas pourvue de digue anti-crue alors que le secteur touché est l’un des plus urbanisés. Le député-maire et son adjoint sont obligés d’intervenir régulièrement pour activer les études sur le sujet… Auprès du SIVOA et de la DDE, le 11 juillet 2001, Bernard MÉRIGOT demande que soit établi un programme de sécurisation du quartier Kennedy – Rossays comprenant notamment le rehaussement permanent des dessertes des équipements collectifs et privés sis en zone rouge du PERI. En juillet 2016, rien n’a été mis en place… (8)

SSO CNI 2001 PHOTOS ROSSAYS1

Dossier de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle suite aux orages des 6 et 7 juillet 2001, ville de Savigny-sur-Orge. Copie, fonds privé BM/CAD. Les Rossays.

SSO CNI 2001 PHOTOS ROSSAYS2

Dossier de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle suite aux orages des 6 et 7 juillet 2001, ville de Savigny-sur-Orge. Copie, fonds privé BM/CAD. Les Rossays.

En octobre 2001, l’inspection académique s’inquiète aussi de la répétition du phénomène, des conséquences morales sur le personnel enseignant, les enfants, les parents, des problèmes d’hygiène liés à l’extension des moisissures, de la sécurité des lieux et des occupants… Le directeur des services départementaux de l’Éducation nationale se préoccupe ainsi de la viabilité du groupe scolaire. « Quel avenir pour Kennedy ? », telle est sa question. (9) En juillet 2016, elle est toujours d’actualité. Rien n’a été prévu au plan local d’urbanisme (PLU) pour déplacer le groupe scolaire ! (10)

SSO CNI 2001 PHOTOS ROSSAYS3

Dossier de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle suite aux orages des 6 et 7 juillet 2001, ville de Savigny-sur-Orge. Copie, fonds privé BM/CAD. Les Rossays.


IV. Pourtant, la forte vulnérabilité des lieux est connue et reconnue !

La première étude hydraulique sérieuse est pilotée par la société Silène, mandatée par le SIVOA. Son rapport d’expertise est remis en mai 2002. Entre l’A6 et le pont de Savigny, l’Orge est canalisée dans une structure en dalles de béton. La zone aval est très urbanisée avec une forte proportion d’habitats collectifs, des maisons dont les fondations sont à moins d’un mètre du canal, des murets, des haies. La zone amont est davantage constituée d’espaces verts et arborés. L’artificialisation de l’Orge a supprimé les échanges entre le lit et les berges, entre l’eau et le sol. Les lignes de montée d’eau sont étudiées pour :

  • une crue quinquennale (30 m3/s) : un parking de la tour des Rossays inondé, terrains en bordure du groupe scolaire sous quelques centimètres d’eau, caves, sous-sols et vides sanitaires inondés possiblement par retour des réseaux ;
  • une crue décennale (35 m3/s, soit la crue de 1999, sachant que celle de 2001 concerne un débit moyen de 39 m3/s) : inondation de tous les terrains sous 20 à 30 cm d’eau ;
  • et une crue centennale (56 m3/s) : inondation des terrains sous 1 mètre d’eau.

La stratégie d’aménagement suggérée par Silène au SIVOA est de répondre aux vulnérabilités de la rive gauche en période de retour 20 – 25 ans, type juillet 2001, avec une digue de 60 – 70 cm de haut, et 100 ans, avec une digue de 1,40 – 1,50 m. En rive gauche, si l’implantation de la première est envisageable, celle de la seconde s’avère irréalisable faute de place pour l’emprise au sol et l’incompatibilité avec la loi sur l’eau. Par ailleurs, l’endiguement du secteur suppose une forte incidence sur les zones non protégées en aval. Il nécessite également une gestion différente des eaux pluviales. (11)

SILENE RAPPORT SSO 2002

Silène, L’Orge entre le pont de l’autoroute A6 et le pont de Savigny-sur-Orge. Étude hydraulique et de restauration des berges. Rapport, mai 2002, une de couverture.

Publiée en 2005 par trois universitaires, la seconde étude porte sur l’évaluation de la vulnérabilité aux inondations du bassin de l’Orge aval. Il est ainsi créé un outil d’évaluation qui « permet d’analyser et d’évaluer la vulnérabilité locale aux inondations urbaines selon plusieurs facteurs. Il s’agit de la vulnérabilité liée à l’aléa, la vulnérabilité de la population, la vulnérabilité du bâti, la vulnérabilité liée aux usages et la vulnérabilité liée à la gestion de crise. Chacun de ces cinq facteurs fait l’objet d’une grille d’analyse et d’évaluation qui permet d’élaborer des indicateurs de vulnérabilité à partir de listes détaillées de critères. Ces grilles, élaborées en concertation avec des praticiens, gestionnaires du risque, constituent un outil d’aide à la décision dans le cadre d’une gestion intégrée des zones urbaines soumises à inondation. » Trois sites tests ont été étudiés : le groupe scolaire Kennedy à Savigny-sur-Orge, le camping de Villiers-sur-Orge et le centre-ville piétonnier de Juvisy-sur-Orge. Que ressort-il de l’étude ?

  • Pour le site Kennedy, « le graphique synthétique des vulnérabilités montre qu’il faut agir sur la population (conscience et information), le bâti (mal adapté) et la gestion du risque (mesures préventives et mesures d’urgence). »
  • « La population concernée par le risque sur le groupe scolaire de Savigny-sur-Orge est évaluée plus vulnérable » que celles du camping villiérain et du centre-ville piétonnier juvisien. (12)
SSO CNI 2001 PHOTOS KENNEDY

Dossier de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle suite aux orages des 6 et 7 juillet 2001, ville de Savigny-sur-Orge. Copie, fonds privé BM/CAD. Kennedy, lycée Corot.

Enfin, la troisième étude est inscrite dans le cadre du programme PIREN Seine : « L’Orge, vers l’âge de la maîtrise écologique ? » (2010). Un collectif de chercheurs universitaires de Paris-Panthéon-Sorbonne et de Paris-Est s’est intéressé au rôle joué par l’urbanisation dans l’évolution de la rivière. L’imperméabilisation des sols des fonds de la vallée est remise en cause, de même le regard des élus. Ainsi, les événements catastrophiques mobilisent leur attention quelques temps, puis l’intérêt s’estompe : « L’année qui suit une crue, les élus sont en général bien motivés pour acheter des terrains ou changer leur POS, voter des budgets, etc. La dernière crue de l’Orge remonte à juillet 2001, la lutte contre les crues n’est pas une priorité » (Michel VALOIS, SIVOA, mai 2009). (13)

Le Syndicat a insisté auprès des élus pour que les PLU intègrent la zone de crue centennale. Un système d’alerte aux riverains a été créé avec des réunions publiques locales… Il y en eut deux à Savigny-sur-Orge, en mai 2011. (14) Ce n’est pas suffisant, elles devraient être renouvelées de façon systématique, chaque année. Le site Internet de la ville ne contient même pas les informations sur le sujet, ni en rubrique « Nos rivières », ni en rubrique « Sécurité » ! (15) Dans sa lettre à la préfète afin de demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle suite aux inondations de juin 2016, le maire LR Eric MEHLHORN termine son rapport par « L’Alerte VIGI’ORGE auprès des riverains afin de leur demander de rester vigilants reste néanmoins toujours d’actualité. » (16) Peu de Saviniens connaissent ce plan Vigi’Orge, un système d’appel automatisé aux riverains qui alerte en cas de crue avérée. (17) Quel est l’impact en terme de communication ?

VIGI ORGE 1

SIVOA, « Prévention des inondations. Guide pratique en cas de crue. Vigi’Orge », plaquette, une de couverture.


V. Quels travaux ont-ils été entrepris après les inondations de 2001 ?

Que s’est-il passé à Savigny-sur-Orge ? D’autres micro-phénomènes de crue ou de débordement des réseaux, mais pas d’élévation de véritable digue dans le secteur de Kennedy. Suite à la tempête de 1999, les peupliers ont été remplacés, soit par d’autres peupliers (dont le bois est « cassant » et résiste mal aux tempêtes), soit par d’autres essences d’arbres, plus résistantes. De nouvelles grilles ont entouré le groupe scolaire et le gymnase, légèrement sur-élevées avec une butte de terre de faible hauteur le long de l’Orge. (18)

Des discussions ont eu lieu entre les élus saviniens, les services techniques et le SIVOA. Ainsi, le 24 mars 2003, l’étude Silène est présentée au député-maire Jean MARSAUDON qui opte pour une digue de 70 cm de haut afin de protéger le secteur des crues dites vingtennales majoritaires. Il suggère la pose d’une alarme sur les parkings et l’équipement d’une passerelle d’accès à demeure pour la tour des Rossays. (19)

SILENE RAPPORT SSO 2002 FIG4C

Silène, L’Orge entre le pont de l’autoroute A6 et le pont de Savigny-sur-Orge. Étude hydraulique et de restauration des berges. Rapport », mai 2002, plan des projets de digues proposés dans l’étude. La solution A4 (tracé jaune) sera retenu par le SIVOA, mais remis en question par le maire de Savigny-sur-Orge.

Le 20 novembre 2003, la commission « Eaux pluviales » du SIVOA se réunit avec pour premier point la lutte contre les inondations dans le secteur Kennedy : la protection pour des crues d’un retour de 20 – 25 ans est actée avec la construction d’une digue uniquement sise sur le groupe scolaire et le gymnase afin de ne pas modifier la ligne d’eau. Les membres de la commission considèrent la population comme étant apte à accepter l’inondation centennale comme un fait naturel (« habiter sur les bords d’une rivière constitue une chance, mais on subit aussi parfois les désagréments »). Et de poursuivre : si les habitants sont suffisamment informés, ils doivent accepter qu’un parking ou qu’une cour d’école soient inondés afin de mieux protéger les bâtiments publics ou d’habitation. Il est ensuite décidé que le coût de la « diguette » entourant le site scolaire Kennedy et les stations de relevage seraient à la charge de la commune… (20) Il faut attendre le 18 mars 2004 pour que ce dossier passe en bureau de l’exécutif du syndicat ! (21) Un an plus tard, la digue n’est toujours pas construite. Le député-maire ne peut se résoudre à ne protéger que les équipements communaux et offrir aux terrains des particuliers le sort de bassin inondable. Il suscite une nouvelle réunion le 31 mars 2005 entre les services de la ville et le SIVOA : la loi sur l’eau rend caduque le choix de Jean MARSAUDON, des variantes sont étudiées… (22) Nous en sommes là à ce jour.

SILENE RAPPORT SSO 2002 FIG 3C

Silène, L’Orge entre le pont de l’autoroute A6 et le pont de Savigny-sur-Orge. Étude hydraulique et de restauration des berges. Rapport », mai 2002, plan des zones inondables.

Pour le secteur des Rossays – chemin des Franchises, le projet de PLU soumis à enquête publique en janvier 2016 mentionne l’existence d’une digue, celle dite « Joie de Créer ». Sous la responsabilité du Syndicat de l’Orge, elle serait d’une « hauteur maximale de 2,5 m environ. Elle protège une zone boisée, une douzaine d’habitations ainsi que le foyer pour personnes handicapées « Atelier Club Joie de Créer ». La population protégée est estimée entre 40 et 55 habitants sur une zone protégée de 6 ha environ. La digue est estimée de classe C. » (23) Cela n’a pas empêché le secteur d’être considérablement inondé six mois après l’enquête publique !

SSO CNI 2001 PHOTOS 12RM et JDC

Dossier de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle suite aux orages des 6 et 7 juillet 2001, ville de Savigny-sur-Orge. Copie, fonds privé BM/CAD. Rue de Morsang, rue des Franchises (Intérieur de Joie de créer).

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Savigny-sur-Orge, le chantier de l’extension du foyer pour handicapés « Joie de créer » après les inondations. © Photographie BM/CAD, 19 juin 2016.

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Savigny-sur-Orge, panneau du chantier de l’extension du foyer pour handicapés « Joie de créer ». La commune et l’État auraient-ils dû autoriser la construction de l’extension en zone inondable ? © Photographie BM/CAD, 19 juin 2016.

Pour le secteur du lycée Corot, même mention dans le projet de PLU : la « digue de la station de Savigny-sur-Orge, sous la responsabilité du Conseil Régional, présente une hauteur maximale de 1,45 m. Elle protège le lycée Corot et une population estimée entre 1 000 et 3 000 personnes. La digue est de classe B. Une étude est nécessaire pour mieux identifier la zone protégée. Le lycée a été récemment réhabilité en prenant en compte le risque inondation identifié dans le PPRI de la Seine. Ainsi, certains bâtiments ont été aménagés sur pilotis et d’autres aménagements ont été réalisés pour se protéger des inondations. Il n’existe pas aujourd’hui toutefois suffisamment d’informations pour juger de l’impact de ces aménagements sur la protection contre les crues de l’Orge. » (24) La dernière précaution d’écriture est intéressante car, effectivement, les travaux réalisés par le Syndicat lors de la renaturation des berges de l’Orge dans le parc Duparchy et le long de la promenade de l’Orge, à l’arrière du lycée, n’ont pas empêché qu’une partie de la cour de Corot et des rez-de-chaussées de bâtiments soient inondés. (25)

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Promenade de l’Orge et berges renaturées du parc Duparchy, inaugurées le 31 mai 2016 par le SIVOA… quelques heures avant les inondations ! En arrière-plan, les bâtiments scolaires du lycée Corot dont les extensions ont été construites sur pilotis… Où est la digue protectrice ? © Photographie SMM/CAD, 7 avril 2016.

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Promenade de l’Orge et berges renaturées du parc Duparchy, inaugurées le 31 mai 2016 par le SIVOA… quelques heures avant les inondations ! En arrière-plan, une entrée à l’arrière du lycée Corot. © Photographie SMM/CAD, 7 avril 2016.

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Savigny-sur-Orge, les bâtiments scolaires du lycée Corot inondés. © Photographie SMM/CAD, 2 juin 2016.

Les digues (en l’occurrence, on pourrait parler de « diguettes »), quelle que soit leur hauteur, ne répondront pas aux attentes protectrices des habitants puisque l’eau des rivières les contourne aisément et, surtout, elle est secondée par des remontées dangereuses des réseaux d’assainissement.

A suivre.


RÉFÉRENCES DE LA PARTIE II
1. L’ensemble de cet article a été réalisé à partir de documents publics ainsi que de fonds privés, notamment ceux de Bernard MÉRIGOT et des membres de l’association CAD. Les données historiques sont issues des recherches faites sous les directions de Bernard MÉRIGOT et de Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT entre 1983 et 2009. Pour en savoir plus, se référer à l’ouvrage : Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge, Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Alan Sutton, 2008, 128 p.
2. SIVOA, L’Orge vive, Imprimerie Henry, 1995, 96 p. ; SIVOA, Carnet de route. 1977-2007, Imprimerie Cloître, 2008, 40 p. ; SIVOA, Colloque CNFSH « Gestion des crues sur la rivière Orge en zone urbaine, diaporama, juin 2009, 21 diapositives. Fonds privé BM/CAD.
3. SIVOA, Au fil de l’Orge, n° spécial « crue du 14 avril 1999 », n° 45, mai 1999, 5 p. (pdf) : 0. SIVOA Au fil de l Orge N45 Mai 1999 PERI. Fonds privé BM/CAD.
4. MÉRIGOT Bernard, « Les inondations à Savigny-sur-Orge », communication lors de l’assemblée générale 2001 de l’association Agir pour Savigny. Fonds privé BM/CAD.
5. MÉRIGOT Bernard, vice-président du SIVOA, intervention lors de l’assemblée générale du SIVOA du 25 octobre 2000. Fonds privé BM/CAD.
6. SIVOA, Rapport de crue et compte-rendu de l’astreinte présentés aux délégués du syndicat (pdf) : SIVOA Rapport de crue Orge 06-07 07 2001, SIVOA RAPPORT ASTREINTE 2001. SIVOA, Au fil de l’Orge, septembre 2001, 8 p. (pdf) : SIVOA AU FIL ORGE 2001. Fonds privé BM/CAD.
6b. Revue de presse 2001 : CRISTOFOLI Roberto, RAMNOUX Sébastien, « De gros dégâts en Ile-de-France », Le Parisien, 8 juillet 2001, p. 4 ; RAMNOUX Sébastien, « L’orage fait de gros dégâts dans toute l’Essonne », Le Parisien Essonne-matin, 9 juillet 2001, p. II ; B.M., « Orages : le département sous les eaux après des pluies records », Le Républicain, 12 juillet 2001, 3 p. (pdf) : LP LR INONDATIONS 2001-07.
7. Dossier de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle suite aux orages des 6 et 7 juillet 2001, ville de Savigny-sur-Orge. Copie, fonds privé BM/CAD.
8. MÉRIGOT Bernard, Intervention lors de la réunion de la commission eaux pluviales du SIVOA, 11 juillet 2001. Fonds privé BM/CAD.

9. CHUDEAU Roger, Lettre au député-maire de Savigny-sur-Orge au sujet des inondations répétées dans la commune, 10 octobre 2001. Fonds privé BM/CAD.
10. Lire sur le présent site Internet les articles sur le plan local d’urbanisme de la ville de Savigny-sur-Orge parmi les articles figurant dans la catégorie suivante : http://portes-essonne-environnement.fr/category/urbanisme/plan-local-durbanisme-plu/.
11. Silène, L’Orge entre le pont de l’autoroute A6 et le pont de Savigny-sur-Orge. Étude hydraulique et de restauration des berges. Rapport, mai 2002, 31 p et annexes. Fonds privé BM/CAD.
12. BARROCA Bruno, LEFORT Émilie, POTTIER Nathalie, Analyse et évaluation de la vulnérabilité aux inondations du bassin de l’Orge aval, Septième rencontre de Théo Quant, janvier 2005, 12 p. (pdf) : TQ2005 ARTICLE 10.
13. Collectif C. CARRÉ, J.F. DEROUBAIX, J.C. DEUTSCH, J.P. HAGHE, B. DE GOUVELLO, N. BELAÏDI, A. CHARRIER, Une monographie de l’Orge. Vers l’âge de la maîtrise écologique ?, Programme PIREN Seine, 2010, 74 p. (pdf) : PIREN SEINE ORGE.
14. MÉRIGOT Bernard, « La prévention des inondations de l’Orge à Savigny-sur-Orge (I) », www.savigny-avenir.fr, 1er juin 2011 : http://www.savigny-avenir.fr/2011/06/01/la-prevention-des-inondations-de-l%E2%80%99orge-a-savigny-sur-orge-2011/.
15. Site Internet de la ville de Savigny-sur-Orge consulté le 26 juin 2016 et le 6 juillet 2016 (www.savigny.org).
16. Ville de Savigny-sur-Orge, Lettre du maire au préfet de l’Essonne, Demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, 4 juin 2016, 7 p. (pdf) : SSO L EM PREF RECN 4 juin 2016.
17. SIVOA, Prévention des inondations. Guide pratique en cas de crue. Vigi’Orge, 2014, 8 p. (pdf) : VIGI ORGE.
18. Dossier technique sur le groupe scolaire Kennedy / inondations. Fonds privé BM/CAD.
19. Compte rendu de la réunion entre la mairie de Savigny-sur-Orge et le SIVOA, 24 mars 2003. Fonds privé BM/CAD.
20. SIVOA, « Compte rendu de la réunion de la commission eaux pluviales du SIVOA », 20 novembre 2003. Fonds privé BM/CAD.
21. SIVOA, Point 3.4 « Prévention contre les inondations de l’Orge à Savigny-sur-Orge sur le secteur Kennedy », Bureau du 18 mars 2004. Fonds privé BM/CAD.
22. Compte rendu de la réunion entre la mairie de Savigny-sur-Orge et le SIVOA, 31 mars 2005. Fonds privé BM/CAD.
23. et 24. Ville de Savigny-sur-Orge, Plan local d’urbanisme de Savigny-sur-Orge. Rapport de présentation, p. 98 (pdf) : SSO PROJET PLU 2016 RP.
25. Lire sur le présent site Internet les articles sur les travaux réalisés par le SIVOA : http://portes-essonne-environnement.fr/?s=parc+duparchy.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Marie LAPEIGNE, Bernard MÉRIGOT, 7 juillet 2016, 9 h.