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Genèse et implications d’un concept mondial. Qu’est-ce qu’une « ville apprenante » (Learning citie) ? (UNESCO)

Pourquoi la gouvernance mondiale a-t-elle besoin de concepts mondiaux ?

Comment pense-t-on localement la réalité présente de la mondialisation ? Avec quels concepts l’analyse-t-on ? Et comment pense-t-on son avenir ? Pour répondre, il convient de distinguer l’histoire de la mondialisation et l’histoire du concept de mondialisation (« Globalisation » en anglais). Il y a d’une part le phénomène, et d’autre part le mot qui le désigne. La mondialisation a commencé à exister avant que son concept moderne n’apparaisse à la fin du XXe siècle. Le temps des choses, des faits et des idées n’est pas le temps des mots. Deux temporalités sont mêlées. Durant des siècles, les moyens de communications et les échanges entre les pays du monde ont lentement évolués. Ils se sont perfectionnés jusqu’au moment où du fait de leur emprise grandissante, un modèle unique, économique, financier, social et culturel à commencé à s’ imposer.

La ville mondiale, la nuit, une ville semblable à toutes les villes du monde. « Street art » sur un mur de clôture en ciment. Il existe un imaginaire mondial des villes que des artistes anonymes représentent dans l’espace public. Oeuvre peinte Chemin de Grigny à Savigny-sur-Orge (Essonne), 6 novembre 2017. © Photographie BM/CAD pour PEE.

SOMMAIRE

INTRODUCTION. L’imaginaire fort de la ville mondiale
1. La gouvernance mondiale privée
2. La gouvernance mondiale publique
3. Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur
4. La gouvernance mondiale produit des concepts mondiaux
5. La ville globale, reflet de la complexité et de la dynamique du monde
6. Le réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO
7. Villes intelligentes et villes apprenantes
CONCLUSION. Concept mondial. Citoyenneté mondiale. Citoyenneté effective. Éducation mondiale. Compréhension mondiale.


INTRODUCTION

La mondialisation est un phénomène qui n’est ni extérieur, ni lointain : elle est partout présente. Chaque territoire, aussi petit soit-il, aussi modeste soit-il, est une des parties du « monde mondialisé ». Aucune ville n’y échappe, et aucune vie ne peut exister en dehors d’elle. Chacun d’entre nous – que ce soit inconsciemment, en s’en défendant ou en le revendiquant – en est un acteur. Au début des années 2000, le sociologue et anthropologue Alain BERTHO constatait à propos des « affrontement urbains contemporains », que les banlieues étaient des « micros territoires » où se télescopaient des processus transnationaux. (Voir « Autres sources», en fin d’article).

La diffusion généralisée des phénomènes de la mondialisation ignore toute limite. Les interdépendances qui lui est liées n’échappe pas aux plus jeunes. Ils manifestent (au sens fort du terme) qu’il existe, dans chaque territoire, dans chaque banlieue, dans chaque cité, dans chaque fast food ou kebab shop, à chaque coin de rue… un imaginaire fort de la ville mondiale. (Voir « Autres sources», en fin d’article). Les productions de l’art urbain (Street art), dont les peintures à la bombe couvrent les murs des villes en sont la preuve. Il n’est pas anodin que des jeunes de Savigny-sur-Orge, représentent la ville mondiale, version locale du modèle circulant global, sur le mur d’enceinte du cimetière de la Matinière, chemin de Grigny, à Savigny-sur-Orge.

Les murs en ciment, qui entourent sur le côté le cimetière de la Martinière, chemin de Grigny, à Savigny-sur-Orge, offrent leur support à des peintures à la bombe, manifestation de l’Art street. 6 novembre 2017 © Photographie BM/CAD pour PEE.


La mondialisation impose un modèle unique au travers de plusieurs modalités.

1. Gouvernance mondiale publique ou gouvernance mondiale privée ? Aujourd’hui, comme hier, l’humanité est toujours confrontée à des crises et à des problèmes qu’elle n’arrive pas à résoudre comme la pauvreté, la faim, les catastrophes environnementales, l’injustice sociale, la prolifération des armes nucléaires… A partir des années 1990, cédant aux exigences des marchés financiers, une gouvernance mondiale privée s’est mise à concentrer de plus en plus les richesses : marchandisation des savoirs et des connaissances, contrats d’objectifs fondés sur la rentabilité, flexibilisation et la précarisation des personnels, soumission à la compétitivité et à la concurrence.

2. L’alternative à cette domination existe. C’est une gouvernance mondiale publique qui se fonde sur la connaissance, l’intelligence et l’expérience, c’est-à-dire sur des biens communs qui ont pour caractéristique de se multiplier en se partageant, en s’inscrivant dans une logique de mutualisation et de partage collectif et gratuit, et en ayant un seul projet : le progrès pour tous.

3. Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Federico MAYOR, directeur général de l’UNESCO de 1987 à 1999, écrit dans sa préface au rapport d’Edgar MORIN intitulé Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur : « nous devons repenser la façon d’organiser la connaissance (…) abattre les barrières traditionnelles entre les disciplines et concevoir comment relier ce qui a été jusqu’ici séparé. » (1)

Les sept principes proposés par Edgar MORIN sont les suivants :

1. la lutte contre l’erreur et l’illusion qui parasitent le comportement et l’esprit humains,
2. les principes d’une connaissance pertinente, c’est-à-dire d’une pensée qui distingue et qui relie,
3. l’enseignement de la condition humaine,
4. l’enseignement de l’identité terrienne,
5. la conscience des incertitudes humaines et scientifiques et l’apprentissage des stratégies pour les affronter,
6. l’enseignement de la compréhension de soi et de l’autre,
7. l’éthique du genre humain.

4. La gouvernance mondiale produit des concepts mondiaux. Quand et comment les consensus entre les pays du monde se forment-ils ? Sur quels sujets ? Autour de quelles idées ? Avec quels mots ? Autant de questions qui se posent à l’égard de l’actualité des grandes organisations internationales : ONU, UNESCO, CNUCED, PNUD, HCR, PNUE, PAM, UNICEF, Haut-Commissariat aux droits de l’homme… Elles sont confrontées aux rapports entre puissances (bipolarité, multipolarité, pays émergents), aux transformations de la conflictualité (déclin de la guerre « clausewitzienne», à la multiplication des conflits intra-étatiques et des guerres asymétriques), aux nouveaux défis transnationaux (réchauffement climatique, pandémies), aux dynamiques de la globalisation (financiarisation, migrations, Internet), aux nouvelles normes d’action collective (sécurité humaine, développement durable, « responsabilité de protéger »). (2)

Une bibliothèque publique est un exemple d’équipement qui structure à la fois la ville et la société en leur conférant une « fonction apprenante ». Le site de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris, 13e arrondissement, « comme s’il était recouvert de neige et survolé par un drone ». Maquette de la ville de Paris exposée au Pavillon de l’Arsenal, 21 Boulevard Morland, Paris IVe, 22 janvier 1018. © Photographie BM/CAD pour PEE.

5. La ville globale est un reflet de la complexité et des dynamiques mondiales. Une ville « globale » peut-elle échapper aux logiques de la mondialisation ? Elle ne saurait se résumer à la seule projection au sol de sa propre globalisation. Saskia SASSEN et Richard SENNETT remarquent qu’elle est « le lieu où s’incarnent et deviennent visibles les conflits sociaux, les injustices sociales, la marginalisation et la construction de nouvelles identités. Elle est le reflet de la complexité contemporaine des dynamiques et des échanges de ses acteurs ». (3)

Comment « penser la ville globale » ? Dans un premier temps, on peut considérer les formes urbaines successives qu’elle a prises au cours des temps. Mais on ne saurait se limiter à cette étude. On est obligé d’examiner le jeu des pouvoirs politiques et économiques, publics et privés, ainsi que les dynamiques des reconnaissances ou des exclusions auxquels ses acteurs se livrent aujourd’hui. « (La ville globale) est ce que dessine l’urbaniste, mais aussi ce que produisent ses habitants, les intérêts publics et privés, les déplacements de population, les migrations ».

  • Comment penser la ville à l’heure des réseaux et d’Internet, à celle de la mobilité interne et internationale des acteurs ?
  • Comment comprendre l’organisation de l’espace, les transports, l’ouverture à la modernité, à la durabilité, au souci d’environnement, ou de démocratie ?
  • Peut-on éviter de la considérer autrement que sous l’angle de sa complexité, de ses ambivalences ?
  • Comment la penser en des temps de violences et d’inquiétudes sur notre capacité à vivre ensemble ?

6. Le Réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO (Global network of learning Cities, GNLC) est né en 2013, à Pékin, lors de la tenue de la Première Conférence internationale sur les villes apprenantes, organisée par l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (Unesco Institute for Longlife learning, UIL) dont le siège est à Hambourg. Cette réunion, qui a rassemblé près de 500 maires et responsables locaux, a adopté la Déclaration de Pékin sur la création des villes apprenantes.

Une « Ville apprenante » (Learning Citie) est une ville qui mobilise ses forces pour assurer à ses citoyens un apprentissage de qualité tout au long de la vie, depuis l’éducation de base jusqu’à l’enseignement supérieur, en y intégrant toutes les autres formes d’éducation informelle et de formation de ses habitants.

« Cadre des principales caractéristiques des villes apprenantes », extrait de « Réseau mondial des villes apprenantes. Documents d’orientation », UNESCO, 2015, p. 13.

Les objectifs du réseau des « villes apprenantes » sont de réunir, de par le monde, les collectivités désireuses de :

  • promouvoir un apprentissage intégrateur, pour l’emploi et le travail, dans les systèmes d’enseignement ;
  • favoriser une culture de l’apprentissage tout au long de la vie ;
  • autonomiser les individus et promouvoir la cohésion sociale, en les incitant et en leur donnant les moyens de participer activement à la vie publique ;
  • soutenir le développement économique et la prospérité culturelle en soutenant l’accès, à la culture, aux technologies et aux loisirs ;
  • promouvoir le développement durable, en changeant nos façons de penser et d’agir grâce à l’éducation ;
  • stimuler la mobilisation et l’utilisation des ressources, l’échange des idées et encourager les citoyens à partager leurs talents et savoirs ;
  • renforcer la volonté et l’engagement politique dans les stratégies de construction des villes apprenantes.

7. « Ville intelligente » et « ville apprenante ». La notion de « ville apprenante » peut être considérée comme une évolution de celle de « ville intelligente » : la ville apprenante intégrerait une dimension « plus humaine et sociale que celle de ville intelligente, en introduisant un droit à l’erreur (« On apprend de ses erreurs ») ». (5) Sans entrer dans la définition de ce que l’on doit entendre par « intelligence », soulignons que l’« intelligence » est un processus individuel et collectif complexe. L’intelligence n’est jamais linéaire, elle n’existe qu’au travers de constructions sociales, toujours élaborées à un moment donné, dans un lieu donné, et chaque fois recomposées à un autre moment, dans un autre lieu.

La reconnaissance du droit à l’erreur ne doit pas aboutir à une culture du fatalisme de l’erreur qui aboutirait à une excuse généralisée de toutes les conséquences des politiques publiques en les excusant par avance.  Les politiques publiques font l’objet de « révisions » périodiques. Ce qui apparaissait à un moment historique donné comme une bonne solution, ne présentant que des avantages, se révèle – un autre moment historique – comme ayant négligé des inconvénients majeurs. L’erreur publique ne doit pas devenir un Droit à l’erreur, faite de « on ne savait pas », « on ne pouvait pas savoir », « les choses étaient différentes ».

« Nous nous sommes complétement trompés en construisant les grands ensembles d’habitation » : un tel jugement émis par des urbanistes en 1990 sur ce qu’ils ont réalisé en 1960, trente ans plus tard, résonne comme une remise en cause radicale des certitudes publiques qui ont présidées à la réalisation d’équipements structurants des villes. Il est évident que l’intelligence territoriale de 1990, n’est pas la même que celle de 1960, avec ses contraintes et ses moyens du moment, avec ses rapports entre l’État, les collectivités et les habitants. La seule curiosité qu’il est urgent d’avoir ne concerne pas tellement les erreurs collectives qui sont faites aujourd’hui, mais celle qui seront faites demain, parce qu’elles auront des conséquences après-demain.

La véritable nouveauté de la ville apprenante ne saurait résider de façon limitative dans la reconnaissance tardive des erreurs passées. La Déclaration de Pékin sur les villes apprenantes de l’UNESCO (2015), en reconnaissant la place des apprentissages c’est-à-dire les savoirs, les connaissances… fondées sur un libre accès à toutes les informations publiques, fixe trois objectifs :

  • « améliorer la qualité de la vie,
  • transmettre aux citoyens la capacité d’anticiper et de relever les nouveaux défis,
  • édifier des sociétés meilleures et plus durables ». (p. 5)

Nous retiendrons les idées suivantes extraites du Préambule :

  • La viabilité des sociétés.  « Nous constatons que nous vivons dans un monde complexe en perpétuelle évolution, dans lequel les normes sociales, économiques et politiques sont redéfinies en permanence.
    La croissance économique et l’emploi, l’urbanisation, l’évolution démographique, les avancées scientifiques et technologiques, la diversité culturelle et la nécessité de maintenir la sécurité humaine ainsi que la sécurité publique constituent quelques-uns des défis posés à la gouvernance et à la viabilité de nos sociétés. »
    (Préambule 1)
  • L’autonomisation des citoyens. « Nous affirmons que, si nous voulons autonomiser les citoyens – c’est-à-dire tous les résidents des villes et des communautés – nous devons faire notre possible pour leur donner l’accès à un vaste choix d’opportunités d’apprendre tout au long de leur vie, et pour les encourager à les exploiter. » (Préambule 2)
  • Rôle des apprentissages. « Nous sommes convaincus que l’apprentissage améliore la qualité de la vie, transmet aux citoyens la capacité d’anticiper et de relever les nouveaux défis, et contribue à édifier des sociétés meilleures et plus durables. » (Préambule 3)
  • L’accélération de l’urbanisation. « Nous constatons que la majorité de la population mondiale vit aujourd’hui dans des villes et régions urbaines, et que cette tendance s’accélère. Par conséquent, les villes et les régions urbaines jouent un rôle toujours plus important dans le développement national et mondial. » (Préambule 6)
  • Rôle des communautés apprenantes et des villes apprenantes dans le développement durable. « Nous savons que les villes assument un rôle de premier plan dans la promotion de l’inclusion sociale, de la croissance économique, de la sécurité publique et de la protection de l’environnement.Les villes doivent par conséquent être à la fois les architectes et les exécutants des stratégies qui favorisent l’apprentissage tout au long de la vie et le développement durable. » (Préambule 7)
  • La citoyenneté active. « Nous anticipons que les villes apprenantes faciliteront l’autonomisation des individus, établiront la cohésion sociale, favoriseront la citoyenneté active, développeront la prospérité économique et culturelle et poseront les fondements du développement durable. » (Préambule 11)

Salle de classe d’école primaire, années 1930-1950. Reconstitution. Musée d’Histoire locale, Fréjus (Var), 2 janvier 2018. © Photographie BM/CAD pour PEE.


CONCLUSION

A la date du 31 décembre 2017, 105 villes du monde ont adhéré au réseau des villes apprenantes de l’UNESCO. Le cas du concept de « ville apprenante » (Learning Citie), appartient à deux domaines distincts qui sont évidemment liés :

  • domaine des actions des institutions internationales (UNESCO), des programmes que celles-ci développent, et des accords internationaux qu’elles élaborent,
  • domaine de la recherche académique sur les concepts utilisés dans ces actions, et sur les pratiques des programmes qui les mettent en œuvre, sur leurs effets, sur leurs évaluations.

L’examen du statut de concept mondial (Global concept) amène à conclure qu’il n’est pas possible de penser, d’agir, et de faire des recherches sans prendre en compte la citoyenneté mondiale. Celle-ci se définit comme étant la :

« citoyenneté implicite et légitime des citoyens du monde qui estiment que tous les habitants de la Terre forment un même peuple commun, avec des droits et des devoirs communs qui dépassent les clivages nationaux en plaçant l’intérêt de l’humanité au-dessus des intérêts nationaux ».

Se pose alors la question de la citoyenneté effective (Effective citizenship), c’est-à-dire de la citoyenneté vécue localement et quotidiennement. Aux États-Unis, pour le Conseil national des sciences sociales (National Council for Social Studies, NCSS), le but des sciences humaines et sociales (Humanities and social Sciences) consiste à :

« enseigner aux élèves la connaissance du contenu, des compétences intellectuelles, et les valeurs civiques nécessaires pour remplir les devoirs de la citoyenneté dans une démocratie participative. ». (6)

Le but de la recherche en sciences humaines et sociales est de contribuer à la réalisation d’une démocratie participative par une « éducation globale ».

Cette éducation globale doit inculquer une « compréhension globale ». (7) Elle consiste à faire comprendre, et faire reconnaître par tous – et notamment aux élèves – que leur point de vue personnel sur les problèmes du monde ne sont pas nécessairement partagés par les autres.


RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE

1. MORIN Edgar, Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Rapport à l’UNESCO, 1999.
2. NAY Olivier, PETITEVILLE Franck, « Éléments pour une sociologie du changement dans les organisations internationales », Critique internationale, 2011/4 (n° 53), p. 9-20. DOI : 10.3917/crii.053.0009. URL : https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2011-4-page-9.htm
3. SASSEN Saskia et SENNETT Richard,
« Villes globales », Chaire Ville globale, Collège d’études mondiales Fondation Maison Sciences de l’Homme, 2017-2018. URL : http://www.fmsh.fr/fr/college-etudesmondiales/24280
4. « La Déclaration de Pékin sur la création des villes apprenantes »,
UNESCO, 21-23 octobre 2013 », p. 5 et 6, in Apprentissage tout au long de la vie pour tous : inclusion, prospérité et pérennité dans les villes, Institut pour l’apprentissage tout au long de la vie /UIL, Hambourg (Allemagne), 2015, 23 p. UIL/2015/ME/H/SRev.
5. « La ville apprenante », Géoconfluence, 12 mai 2017. URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/ville-apprenante
6. « About National Council for the Social Studies ». The National Council for Social Studies (NCSS), URL : http://www.socialstudies.org/about [archive], 2009.
7. HANVEY Robert, « An Attainable Global Perspective, Theory into Practice », Vol. 21, No. 3, Global Education, 1982, pp. 162-167.
ANDERSON Charlotte, «Global Education in the Classroom, Theory into Practice, Vol. 21, No. 3, Global Education, 1982, pp 168-176.

Autres sources

  • BERTHO Alain, « Penser la « ville monde » », Socio-anthropologie, 2005. URL : http://journals.openedition.org/socio-anthropologie/430
  • « A kebab shop is a quick service food establishment quick service specialising in various fast food and street foods dishes, primarily Döner kebb Döner and related sandwiches. Kebab shops are commonplace throughout most of the European continent with recent growth in countries like the United States, Canada, and Australia. »
  • GUIGNARD Virginie, « La gouvernance urbaine des villes apprenantes », 7 mai 2017.
    L’article interroge la manière dont les administrations urbaines peuvent jouer un rôle moteur dans l’émergence d’une ville apprenante, quitte à résister aux échelons supérieurs en jouant le rôle de « refuges sociétaux » (par exemple pour régulariser des sans-papiers).
  • DURIEZ Frédéric, « Quand ce sont les villes qui apprennent de leurs habitants », 6 mai 2017.
    L’expérience citadine implique une somme importante d’apprentissages en termes de comportements, de motilité, de maîtrise du temps. L’article se demande comment le big data peut tirer parti de ces savoirs, en soulignant les limites possibles de ces outils.
  • LE LUHERNE Nicolas, « Enclavée ou connectée quels enjeux pour la commune rurale de demain ? », 11 mai 2017.
    Et si les bourgs ruraux pouvaient devenir des « smart villages » ? Le territoire apprenant doit s’accorder le droit à l’erreur pour acquérir les compétences indispensables du monde numérique.
  • ROBERGE Alexandre, « Les bibliothèques, centres urbains de création », 7 mai 2017.
    Autrefois « gardiennes urbaines des livres », les bibliothèques ont été des lieux d’accès à la culture numérique avant la démocratisation de l’accès à internet. Et maintenant ? En Amérique du Nord, des bibliothèques deviennent des lieux de création et d’expression.

RÉFÉRENCES DES ILLUSTRATIONS

  • La ville mondiale, la nuit est semblable à toutes les villes du monde. Street Art sur mur en ciment. Sentier de Grigny à Savigny-sur-Orge, le 6 novembre 2017. © Photographie Bernard MÉRIGOT/CAD pour PEE.
  • Une bibliothèque publique est un exemple d’équipement qui structure à la fois la ville et la société en leur conférant une « fonction apprenante ». Le site de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris, 13e arrondissement, « comme s’il était recouvert de neige et survolé par un drone ». Maquette de la ville de Paris exposée au Pavillon de l’Arsenal, 21 Boulevard Morland, Paris IVe, 22 janvier 1018. © Photographie Bernard MÉRIGOT/CAD pour PEE.
  • « Cadre des principales caractéristiques des villes apprenantes », extrait de « Réseau mondial des villes apprenantes. Documents d’orientation », UNESCO, 2015, p. 13.
  • Salle de classe d’école primaire, années 1930-1950. Reconstitution. Musée d’Histoire locale, Fréjus (Var)., 2 janvier 2018. © Photographie Bernard MÉRIGOT/CAD pour PEE.

DOCUMENT

DÉCLARATION DE PÉKIN DE L’UNESCO
SUR LA CRÉATION DE VILLES APPRENANTES
Apprentissage tout au long de la vie pour tous, inclusion, prospérité et pérennité dans les villes
23 octobre 2015

Extraits du préambule

Préambule 1. La viabilité de nos sociétés
« Nous constatons que nous vivons dans un monde complexe en perpétuelle évolution, dans lequel les normes sociales, économiques et politiques sont redéfinies en permanence.

La croissance économique et l’emploi, l’urbanisation, l’évolution démographique, les avancées scientifiques et technologiques, la diversité culturelle et la nécessité de maintenir la sécurité humaine ainsi que la sécurité publique constituent quelques-uns des défis posés à la gouvernance et à la viabilité de nos sociétés. »

Préambule 2. L’autonomisation des citoyens
« Nous affirmons que, si nous voulons autonomiser les citoyens – c’est-à-dire tous les résidents des villes et des communautés – nous devons faire notre possible pour leur donner l’accès à un vaste choix d’opportunités d’apprendre tout au long de leur vie, et pour les encourager à les exploiter. »

Préambule 3. Rôle des apprentissages
« Nous sommes convaincus que l’apprentissage améliore la qualité de la vie, transmet aux citoyens la capacité d’anticiper et de relever les nouveaux défis, et contribue à édifier des sociétés meilleures et plus durables. »

(…)

Préambule 6. L’accélération de l’urbanisation
« 
Nous constatons que la majorité de la population mondiale vit aujourd’hui dans des villes et régions urbaines, et que cette tendance s’accélère. Par conséquent, les villes et les régions urbaines jouent un rôle toujours plus important dans le développement national et mondial. »

Préambule 7. Rôle des communautés apprenantes et des villes apprenantes dans le développement durable
« Nous savons que les villes assument un rôle de premier plan dans la promotion de l’inclusion sociale, de la croissance économique, de la sécurité publique et de la protection de l’environnement.Les villes doivent par conséquent être à la fois les architectes et les exécutants des stratégies qui favorisent l’apprentissage tout au long de la vie et le développement durable. »

(…)

Préambule 11. Favoriser la citoyenneté active
« Nous anticipons que les villes apprenantes faciliteront l’autonomisation des individus, établiront la cohésion sociale, favoriseront la citoyenneté active, développeront la prospérité économique et culturelle et poseront les fondements du développement durable. »

RÉFÉRENCES DU DOCUMENT
UNESCO,
« Déclaration de Pékin sur la création des villes apprenantes. Pékin 21-23 octobre 2013 », p. 5 et 6, in Apprentissage tout au long de la vie pour tous : inclusion, prospérité et pérennité dans les villes, Institut pour l’apprentissage tout au long de la vie /UIL, Hambourg (Allemagne), 2015, 23 p. UIL/2015/ME/H/SRev. URL :
https://uil.unesco.org/fr/apprendre-au-long-vie/villes-apprenantes


© Sylvie MÉRIGOT-MONNIOTTE, 22 juin 2018, 23 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2018
http://portes-essonne-environnement.fr

Essonne. Qu’est-ce que l’identité territoriale ? Le cas de la commune de Savigny-sur-Orge

Un département comme celui de l’Essonne a-t-il une identité ? Les 196 communes qui le composent ont-elles chacune une identité propre ? Se poser la question revient à s’interroger sur la pertinence de l’application à l’échelle d’un vaste territoire (1 804 kilomètres carrés), peuplé de 1,3 millions d’habitants, du concept d’identité.


La notion d’identité est polysémique. La philosophie, comme les sciences sociales, ont des difficultés à la définir. Cette situation est d’autant plus paradoxale que, simultanément à l’embarras méthodologique que nous indiquons,  nous sommes tous confrontés à une opinion publique et à une opinion médiatique qui trouvent dans la notion d’identité l’expression d’une aspiration naturelle et vitale, celle de la croyance, sans cesse réaffirmée, en l’existence d’un espace de reconnaissance à des valeurs communes qui, par-delà les différences individuelles, rassemblent les hommes et les femmes appartenant à un même territoire.

  • Il est possible que l’identité territoriale n’existe pas.
  • Il est possible qu’elle soit un mirage.
  • Il est possible qu’il existe une identité qui soit implicite, ou indicible, ou encore cachée.
  • Il est possible qu’il existe non pas une identité, mais des identités, à la fois multiples, fragmentées, voire contradictoires.

L’identité souffrante. Pour notre part, nous reprendrons ce qu’écrivait Claude LEVI-STRAUSS il y a maintenant plus d’un demi-siècle.

« A en croire certains, la crise d’identité serait le nouveau mal du siècle. Quand des habitudes séculaires s’effondrent, quand des genres de vie disparaissent, quand de vieilles solidarités s’effritent, il est certes fréquent qu’une crise d’identité se produise. Malheureusement, les personnages qu’inventent les médias pour convaincre du phénomène et souligner son aspect dramatique ont plutôt, de façon congénitale, la cervelle vide : leur identité souffrante apparaît comme un alibi commode pour nous masquer, et masquer à leurs créateurs, une nullité pure et simple. La vérité est que, réduite à ses aspects subjectifs, une crise d’identité n’offre pas d’intérêt intrinsèque. Mieux vaudrait regarder en face les conditions objectives dont elle est le symptôme et qu’elle reflète. (pp. 9-10). (1)


L’identité est-elle toujours d’actualité ? Nous posons cette question à l’occasion de la publication de l’ouvrage collectif L’Identité de l’Essonne. Ses villes et villages (2) par Essonne Nature Environnement (ENE), fédération départementale des associations de protection de la nature de l’Essonne. Le livre, auquel ont contribué 35 associations, comprend 45 articles. Pour sa part Portes de l’Essonne Environnement (PEE), en collaboration avec Culture, Arts Découverte (CAD), y a apporté sa contribution.

L’Identité de l’Essonne. Ses villes et villages. Regard des associations environnementales, GDS Éditions, 2018, 180 p.


Les « réseaux de réputation territoriale » forment l’identité du XXIe siècle. L’identité territoriale d’une commune ne peut aujourd’hui s’abstraire des réseaux de réputation qui résultent des jugements, des notations des évaluations… qui circulent sur Internet. Ils portent sur la qualité de vie qui existe dans une commune et qui est tout sauf un « sentiment », une notion abstraite. Ces nouveaux réseaux se fondent sur des critères variés : l’environnement, les transports, la sécurité, la santé, les sports et loisirs, la culture, l’enseignement, les commerces, la fiscalité, la valeur du foncier, les nuisances…  La note de « qualité de vie » qui en résulte synthétise globalement les avantages et le bien-être ressenti à vivre dans une ville. Aujourd’hui, c’est elle qui attire les nouveaux habitants qui font le choix d’y résider, d’y travailler, d’y étudier. C’est aussi elle qui repousse de nouveaux habitants dans leur volonté d’y venir, ou qui amènent d’anciens habitants à quitter un territoire pour un autre.


RÉFÉRENCES
1. LEVI-STRAUSS Claude,
Tristes tropiques (1955), Paris, Plon, 1971, 512 p.

2. ESSONNE NATURE ENVIRONNEMENT, L’Identité de l’Essonne. Ses villes et villages. Regard des associations environnementales, GDS Éditions, 2018, 10 p. ISBN 978-2-9546872-8-5

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS
L’Identité de l’Essonne. Ses villes et villages. Regard des associations environnementales, GDS Éditions, 2018, 180 p.

Pavillon construit en 1931, avenue Charles de Gaulle, Savigny-sur-Orge © Photo CAD/BM 2016.

« Savigny-sur-Orge » extrait de « L’Identité de l’Essonne. Ses villes et villages. Regard des associations environnementales », GDS Éditions, 2018, page 127.


DOCUMENT : Article publié dans l’ouvrage

Savigny-sur-Orge
700 hectares

37 045 habitants en 2017

PATRIMOINE, ENVIRONNEMENT, QUALITÉS DE LA VIE, IDENTITÉ

S’interroger sur l’identité d’un territoire, en l’occurrence celui de la commune de Savigny-sur-Orge, revient à questionner les correspondances qui existent entre une réalité et les modes de reconnaissance et d’appropriation individuels et collectifs de ceux qui y habitent et y travaillent.

Comment expliquer les inégalités présentes qui existent entre des communes limitrophes, qu’elles soient patrimoniales, urbanistiques, paysagères, écologiques, sinon en prenant en compte les dynamiques urbaines qu’elles ont connues ?

Château de Savigny-sur-Orge. Lycée Jean-Baptiste Davout. © Photo CAD/BM 2016.

Ces particularités marquent les conditions de vie actuelles de ses habitants. C’est à partir d’elles que se construit son devenir. L’histoire de la commune de Savigny-sur-Orge a fait l’objet de plusieurs publications dont Savigny-sur-Orge Mémoires en images dont peut trouver le texte en ligne (1). Elle est celle d’une commune rurale d’Ile-de-France située à 20 kilomètres au sud de Paris dont le territoire, voué jusqu’au début du XXe siècle aux activités agricoles, a été presque entièrement urbanisé (quartiers pavillonnaires et grands ensembles). Sa population, par vagues successives, a connu plusieurs périodes de doublement : 1 995 habitants (1921), 5 593 (1926), 11 582 (1931), 24 219 (1962), 32 502 (1982), 37 000 (2006). Elle est aujourd’hui la quatrième ville du département de l’Essonne.

Les étapes principales de cette évolution sont connues : construction de la gare du Chemin de fer (1904 telle que nous la connaissons), lotissements et constructions de zones pavillonnaires (à partir des années 1920), construction de l’autoroute du Sud (1953-1960), construction du grand ensemble de Grand-Vaux (1960-1966) et des Prés-Saint-Martin (1970-1972), réalisation de la ZAC des Gâtines (1992).

Façade d’un bâtiment du grand ensemble, rue Gauguin, quartier de Grand Vaux, à Savigny-sur-Orge. © Photo CAD/BM 2016.

Situé en aval de la confluence de deux rivières, l’Orge et l’Yvette, le centre ancien de la commune s’est développé autour de son château datant du XIIe siècle et de son parc, dont un des propriétaires fut le Maréchal Davout. Il est aujourd’hui occupé par le Lycée Jean-Baptiste Corot.

La qualité de vie qui existe dans une commune n’est pas une notion abstraite. Elle fait l’objet d’études, d’évaluations et de notations comparatives aujourd’hui accessibles par Internet sur les réseaux sociaux qui prennent en compte des critères variés : l’environnement, les transports, la sécurité, la santé, les sports et loisirs, la culture, l’enseignement, les commerces, la fiscalité, la valeur du foncier, les nuisances… (2). La note de « qualité de vie » qui en résulte synthétise globalement les avantages et le bien-être ressenti à vivre dans la ville. Aujourd’hui, c’est elle qui attire les nouveaux habitants qui font le choix d’y résider, d’y travailler, d’y étudier.

Nous sommes à l’heure de compétition des territoires qui développent des stratégies fondées sur une analyse de ses forces (proximité de Paris, autoroute A6, gare RER, jardins, 2 lycées et 3 collèges…), de ses faiblesses (services publics menacés, pénurie de logements sociaux, absence de centre ville, difficultés de stationnement, manque de commerces), de ses opportunités (réhabilitation des quartiers de Grand-Vaux et des Prés-Saint-Martin), de ses menaces (Tram Train sans arrêt dans la commune, défaillances du RER C, nuisances aériennes, zones inondables… ). (3)

Pavillon construit en 1931, avenue Charles de Gaulle, Savigny-sur-Orge © Photo CAD/BM 2016.

Comment conclure un questionnement citoyen portant sur l’identité d’une commune, sinon par une série d’interrogations ? Le cas de la commune de Savigny-sur-Orge est révélateur d’attirances et de répulsions qu’un territoire entretient avec les territoires l’entourant, comme le feraient les pièces aimantées d’un puzzle, certaines s’attirant ou se repoussant, d’autres changeant de polarité, voire se désaimantant en perdant tout pouvoir d’attraction.

Le rattachement en 2016 de la commune de Savigny-sur-Orge à l’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre (24 communes) au sein de la Métropole du Grand Paris (131 communes) modifie son cadre administratif, ses compétences exécutives ainsi que ses modes d’administration pour l’avenir des grands dossiers. Les lieux de décision se sont déplacés. Quels en seront les effets sur les modes d’identification des habitants à l’égard de leur territoire de proximité ?

NOTES

1. GROUPE D’ÉTUDE SUR L’HISTOIRE DE SAVIGNY-SUR-ORGE (sous la direction de Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT), Christian AUCLAIR, Henri BONNIN, Annie DEPRINCE, Simone DUSSART, Françoise JOSSEAUME, Bernard MÉRIGOT, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Muriel VAILLANT, Préface de Jean MARSAUDON), Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2008, (Seconde édition), 128 p. ISBN 2-84910-340-3
Texte complet en pdf : http://www.savigny-avenir.fr/2015/01/18/histoire-de-savigny-sur-orge-memoire-en-images-2005/
2. REYNARD Robert, VIALETTE Pascal, 
« Une approche de la qualité de vie dans les territoires », Insee Première, n°1519, 8 octobre 2014. https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281328
3. MÉRIGOT Bernard,
« Plan local d’urbanisme (PLU) communal : la méthodologie SWOT / MOFF (Commune de Savigny-sur-Orge) », Territoires et démocratie numérique locale, 1er février 2012. http://www.savigny-avenir.fr/2012/02/01/plan-local-d’urbanisme-communal-la-methodologie-swot/

Association Culture Arts Découverte
http://www.savigny-avenir.fr
Portes de l’Essonne Environnement

http://www.portes-essonne-environnement.fr


« Savigny-sur-Orge » extrait de « L’Identité de l’Essonne. Ses villes et villages. Regard des associations environnementales », GDS Éditions, 2018, page 127.


© Bernard MÉRIGOT et Sylvie MÉRIGOT-MONNIOTTE, 7 mars 2018, 23 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2018.
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Mondialisation. La ville dense et connectée ne fait pas rêver les Français

Près d’un Français sur deux – et 62 % des Franciliens – aspirent à vivre ailleurs que là où ils habitent actuellement. Idéalement, dans un village ou une petite ville aux portes d’une grande ville. C’est ce que révèle une étude l’Observatoire Société et Consommation (Obsoco). Autrement dit, le bonheur n’existe que loin du tumulte et des désagréments des grandes villes.

Des voyageurs et pas de trains. Gare de Lyon, Paris, 8 juillet 2017. © Photographie CAD/ Bernard MÉRIGOT pour PEE.

La proportion considérable de candidats potentiels à une migration vers un ailleurs est à mettre en face de la métropole du Grand Paris avec comme tableau caricatural ses quais de Seine piétonniers et festifs où des promeneurs issus de catégories professionnelles cosmopolites et aisées se délassent d’une journée active, en bonne santé car nourris essentiellement de produits bios. Un Boboland idéal à l’égard duquel la maire de Paris Anne HIDALGO, sa prêtresse, est intarissable d’éloges !

La réalité est vécue différemment par le métropolitain ou le Grand Parisien, anciennement appelé vulgus banlieusaris. Il circule (terme galvaudé pour différentes raisons) par les transports en commun, chronophages, toujours dans l’attente d’une régularité sans cesse promise et jamais atteinte. L’usagé passe le plus clair de son temps rivé à son smartphone, à échanger on ne sait quels SMS, espérant s’échapper de l’entourage, peu intéressant, qui s’adonne à la même « activité » que lui.

Les téléphones potables ont une fonction éminente : informer ses collègues de travail (le matin) et les membres de sa famille (le soir) qu’on va être en retard en raison de trains supprimés ou de bouchons inattendus.

Le RER-C patine invariablement tous les automnes sur les feuilles mortes tombées sur les voies. A moins qu’il ne soit coincé dans les bouchons, à l’abri de son automobile, bien évidemment dotée de son précieux autocollant Crit’Air, et de son fidèle compagnon de 4 à 6 pouces de diagonale (vous remarquerez que le système métrique a abdiqué), pour faire partager ses vicissitudes routières à un proche bloqué ailleurs. Il y a mieux pour faire rêver, vous ne trouvez pas !


La ville dense et connectée ne fait pas rêver les Français et les Françaises. Alors que plus des trois quarts de la population française habite en ville, et qu’un Français sur cinq réside dans une des 100 communes les plus peuplées, la vie en ville, notamment dans les villes denses et « connectées », ne fait pas rêver, voire rebute plus d’un. C’est le constat dressé par l’Observatoire Société et Consommation (Obsoco) et le cabinet d’études et de prospectives Chronos dans une enquête, dévoilée mi-novembre, sur les «usages émergents de la ville».


Une forte envie d’«ailleurs». Premier constat, plus la ville est densément peuplée, plus l’aspiration au partir est forte. Sur 4 000 personnes interrogées, près de la moitié (48 %) voudrait « aller vivre ailleurs ». Ils sont 62 % en Ile-de-France et 59 % dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants.

  • Idéalement, 30 % des personnes interrogées souhaiteraient aller vivre dans « une petite ville ou un village à la périphérie d’une grande ville ». Et 19 % dans une ville de taille moyenne. « Il y a une attirance à l ‘égard des zones faiblement urbanisées, majoritairement chez les citadins », constate Philippe MOATI.
  • Les grands centres-villes attirent moins. Ils ne sont que 11 % à déclarer souhaiter y vivre et 10 % à vouloir vivre dans la périphérie d’une grande ville. En outre, 14 % déclarent vouloir vivre dans une petite ville ou un village loin des grands pôles urbains. Et 15 % isolés, à la campagne.

« Vers Paris. Appareil momentanément hors service. Veuillez nous en excuser », Écran d’information du RER C, Gare de Juvisy-sur-Orge, 12 octobre 2016. © Photographie CAD / BM pour PEE.


Un rejet de la ville dense et connectée. Cette envie d’ailleurs, très forte chez les citadins des grandes métropoles, est portée par une vision négative de leur lieu de vie. « Si la ville est propice aux études, pour se cultiver, faire des achats ou encore travailler, ce n’est pas l’endroit idéal pour grandir, habiter, élever des enfants ou vieillir », note Philippe MOATI, professeur d’économie à l’Université Paris-Diderot et coprésident de l’Obsoco.

Pour les habitants des grandes villes, et plus encore pour ceux de Paris intra-muros, les personnes interrogées relèvent de nombreuses nuisances, telles que le coût de la vie, la pollution, le bruit, la mauvaise qualité de l’air ou encore l’absence de contact avec la nature.

Autre tendance, depuis quelques années, cette envie d’ailleurs se matérialise par une migration du Nord et de l’Est vers l’ouest et le Sud-ouest de l’Hexagone, note l’Obsoco. Ainsi, depuis quelques années le solde migratoire de ville comme Paris, Lille, Dijon, Nancy, Strasbourg, Grenoble ou Nice est négatif alors que celui de villes comme Nantes, Toulouse, Bordeaux, Montpellier affichent des soldes migratoires positifs, selon l’Insee. « On va chercher ailleurs un cadre de vie meilleur, et non un emploi. C’est une révolution » souligne Philippe MOATI.

En outre, alors que depuis quelques années, collectivités locales, services publics et grands groupes privés investissent massivement pour créer des cités « intelligentes » et interactives, « la ville connectée est rejetée», constatent les auteurs de l’enquête.

  • Plus de deux Français sur trois refusent d’ailleurs de partager leurs données personnelles, qui pourtant contribueraient au développement de ces «smart cities» (villes intelligentes). « À la fois, on rejette la ville connectée, en même temps 90 % des Parisiens utilisent un mobile dans la ville » tempère le sociologue et fondateur de Chronos, Bruno MARZLOFF.

L’archétype de la ville idéale est au contraire une « ville nature », autosuffisante, avec de courtes distances, et une gouvernance collaborative. « Les Français veulent tout et leur contraire. Ils souhaitent bénéficier des usages de la ville et vivre dans un environnement de village » résume Philippe MOATI. « Une ville ni trop grande, ni trop petite, ni trop proche de la grande ville, ni trop loin…»

Trop de villes ne sont pas encore connectées au Très haut débit. Câble enroulé, au pied d’un poteau d’éclairage public, le long d’une clôture. « En attente ». novembre 2017. ©Photographie CAD /BM pour PEE.


Télétravail et collaboratif. Mais les villes ne se vident pas pour autant. « Si les gens déclarent globalement vouloir vivre ailleurs, ils assument leurs contradictions et développent des stratégies de résilience » explique Bruno MARZLOFF. Comme par exemple, le télétravail qui se développe: « 44  % des actifs travaillent, plusieurs fois par mois, à distance des locaux de leur entreprise ».

  • Par ailleurs, de plus en plus de citadins sont adeptes de jardins partagées: «73 % des urbains se disent attirés par l’autoproduction alimentaire» selon l’étude. Dans les faits, 23 % des citadins et 16 % des Parisiens sont engagés dans des pratiques d’autoproduction alimentaire.
  • En outre, 64% des personnes interrogées aimeraient qu’on leur propose un budget participatif. «Tout cela traduit le désir d’une ville à portée de main, de proximité », souligne Bruno MARZLOFF. « On n’est plus dans le train de la croissance qu’on connaissait hier. Plus qu’une aspiration, l’économie collaborative est devenue une tendance de fond. »

L’avenir d’aucune métropole n’est garanti. La moitié des Français et des deux tiers des Franciliens – et donc les 686 407 habitants du Val-de-Marne et de l’Essonne, appartenant aux 24 communes de l’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre sont concernés.

RÉFÉRENCES

MALIGORNE Clémentine, « La ville dense et connectée est loin de faire rêver les Français », Le Figaro, 25 novembre 2017.  http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/11/25/20002-20171125ARTFIG00006-la-ville-dense-et-connectee-est-loin-de-faire-rever-les-francais.php

Cette enquête a été réalisée en ligne auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 à 70 ans de plus de 4000 personnes, interrogées du 3 au 31 juillet 2017. Elle a parallèlement été conduite en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni, avec à chaque fois un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population nationale.

© Jean-Marie CORBIN pour PEE le 5 décembre 2017

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
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Mondialisation. La logistique métropolitaine de la ville de New York. Le documentaire de Toby Beach

New York : 8 500 00 habitants sur 1 214 kilomètres carrés. Quelle est la logistique métropolitaine qui est déployée chaque jour pour permettre à la ville de vivre ? C’est à cette question que répond le documentaire  « Décollage pour l’Amérique : New York » (« Aerial America. Shows A Day in The Life of New York City »). (1)

Smithsonian Channel to Premiere All-New Installments of Iconic Series AERIAL AMERICA Beg. 6/4

« Aerial America. Shows A Day in The Life of New York City ». Extrait de l’article « Smithsonian Channel to Premiere All-New Installments of Iconic Series Aerial America », https://www.broadwayworld.com/bwwtv/article/Smithsonian-Channel-to-Premiere-All-New-Installments-of-Iconic-Series-AERIAL-AMERICA-Beg-64-20170516

Quelle est la logistique métropolitaine de la ville de New York ?  La logistique désigne l’ensemble des activités qui ont pour objet la gestion des flux matériels et immatériels qui répondent aux besoins de ceux qui habitent, qui travaillent, qui étudient, ou qui séjournent temporairement dans une ville. Il peut s’agir de matières premières, de marchandises, de fourniture d’énergie, de services, de moyens de transports, de données, d’accès à des réseaux…

Par  logistique métropolitaine, on doit entendre la forme particulière de logistique territoriale qui est mise en oeuvre dans le cas particulier d’une grande ville.


La construction du documentaire

Les auteurs de l’épisode de Aerial America consacré à New York ont construit leur documentaire à partir de deux composants : une enquête filmée et un récit.

  • l’enquête « filmée » doit être considérée comme une véritable enquête de terrain portant un regard « venant du ciel ». Les auteurs ont fait le choix de n’utiliser qu’un seul type de prises de vues réalisées toutes  depuis un hélicoptère.
    Ils portent non pas un regard vertical, mais un regard latéral. Non pas un regard statique, mais un regard « qui fait le tour  » d’objets signifiants (sites, bâtiments, infrastructures routières ou ferroviaires, bateaux, activités humaines…) occupant le sol et qui appartiennent – de façon pérenne ou temporaire – aux espaces survolés.
    Parce qu’un espace survolé est un espace distinct de celui qui est perçu depuis le sol.
    Ce n’est plus un territoire plat, cartographique, mais un territoire qui possède une épaisseur, une pluralité de niveaux qui inscrivent une histoire.
    Ce n’est pas l’histoire qui s’inscrit dans le sol, c’est le sol qui enregistre tous les événements qui s’y sont produits. Le survol des emplacements des deux tours du World Trade Center – les Twin Towers – détruites le 11 septembre 2001, est à ce titre, saisissant.
  • le récit qui accompagne les images donne un sens à la vision proposée. Le texte du commentaire ne double pas l’image. Il la suscite.  Son propos, énoncé dans l’introduction se donne pour objet de « montrer une journée ordinaire d’une ville extraordinaire ».

Texte de l’introduction du documentaire Aerial America

« New York vue du ciel est une ville renversante. Ses tours immenses semblent flirter avec les étoiles. Ses habitants ont une façon bien à eux de vivre, de travailler et de se divertir.

Pour alimenter cette ville qui ne dort jamais, il faut une logistique hors du commun.

Partout à New York, des hommes et des femmes accomplissent l’impensable tous les jours. Ils creusent à des dizaines de mètres sous terre dans le substrat rocheux. Ils travaillent à des altitudes vertigineuses. Ils risquent leur vie suspendus aux tours les plus hautes des États-Unis.

De cette ville déchirée par la tragédie, les plus courageux doivent s’entraider d’arrache-pied, tandis que d’autres patrouillent jour et nuit au-dessus de Manhattan.

Il semble ne pas y avoir de limite à l’ingéniosité et aux efforts humains qui permettent à New York de prospérer.

Les infrastructures qui rendent cette ville habitable fonctionnent 24 heures sur 24. Les rues animées jusqu’au bout de la nuit brillent de mille feux pour les visiteurs venus du monde entier.

Et les tours gigantesques se font concurrence pour être la plus belle dans le ciel nocturne.

Voici une journée ordinaire dans une ville extraordinaire, la plus grande ville des États-Unis, New York.».


Principales séquences

  • la construction des gratte-ciel
  • les accès routiers pour atteindre Manhattan
  • la prise de service ces ouvriers qui creusent les tunnels surnommés les « Sandhogs »
  • les travaux d’entretien d’un pont suspendu
  • le centre de formation des pompiers de la ville de New York
  • les plages de Long Island,
  • le dépôt de trains desservant les différents quartiers
  • l’usine de traitement des eaux usées
  • l’imprimerie du journal The New York Times
  • l’évacuation des ordures ménagères.

La ville et ceux qui la construisent

Aerial America insiste sur les ouvriers qui bâtissent la ville (le grutier en haut des gratte-ciels, les ouvriers qui creusent les tunnels qui sont surnommés les sandhogs.

Sandhogs est le surnom qui a été donné aux ouvriers qui  ont travaillé et qui travaillent sur les chantiers des nombreux tunnels routiers ou ferroviaires existants à New York. Il est composé de deux mots : Sand (sable) et Hog (Porc, cochon, pourceau, babiroussa, pecari, tatou, goret…). Ces hommes travaillent dans des conditions difficiles, généralement dans la boue. Plusieurs études (articles, livres, émissions de radio, documentaires…) leur sont consacrées.

Eighty years ago, New York City needed another tunnel under the Hudson River. The Holland Tunnel and the George Washington Bridge could no longer handle the mounting traffic between New Jersey and Manhattan. Thus began construction of the Lincoln Tunnel. But this is not a story about the Lincoln Tunnel. This is about the men who made it : the Sandhogs.

Sandhogs were the urban miners who worked on a variety of underground excavation projects in New York City. They worked in tight, small chambers that held back water and silt, and they breathed condensed air.

Digging a tunnel was not only uncomfortable, it was dangerous, and there was a high likelihood that workers could get decompression sickness also known as the bends. In fact, during the construction of the Pennsylvania Railroad tunnels, the bends claimed the lives of fifty Sandhogs.

RÉFERENCE
« Sandhogs », 31 mars 2015, https://99percentinvisible.org/episode/sandhogs/

  • DERRICK Peter, Tunneling to the Future: The Story of the Great Subway Expansion That Saved New York.. Documents the importance of underground expansion due to the vast population of New York City
  • MACKAY Donald A., The Building of Manhattan: How Manhattan Was Built Overground and Underground, from the Dutch Settlers to the Skyscrapers.

Le point de vue adopté par la série Aerial America

La série télévisée américaine est diffusée sur Smithonian Chanel. Chaque épisode est une visite aérienne d’un état américain. Ils sont composés de scènes filmées en utilisant un système de caméra gyro-stabilisée Cineflex V14HD monté sous un hélicoptère qui survole aussi bien les zones naturelles (comme les parcs nationaux) ou les maisons des zones urbaines. Elle a débuté en 2010 et comprend en 2017 un total de 68 épisodes.
En 2015, le programme Aerial America a été nominé pour un Webby Award dans la catégorie «meilleur site de télévision».

La chaine de télévision « Smithsonian Channel » fait partie de la Smithsonian Institution qui est un organisme public de recherche scientifique dont la vocation est à la fois muséographique, pédagogique et éducative. Elle gère un complexe de dix-neuf musées et de neuf centres de recherche principalement situés à Washington (D.C.).
Son nom vient de James SMITHSON (1765-1829), chimiste anglais, qui a légué à sa mort sa fortune, estimée à l’époque à 100 000 Livres Sterling, au gouvernement des États-Unis d’Amérique pour créer une institution qui se consacrerait à promouvoir la science. Son vœu se réalisa en 1846.

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« Aerial America. Shows A Day in The Life of New York City »

Le miroir aérien de la condition urbaine

On ne peut s’empêcher de s’interroger sur ce qui constitue la particularité du regard aérien. Il existe un « miroir aérien de la condition urbaine ». Quelle place les vues aériennes occupent-elles dans notre culture visuelle ? Dans son étude portant sur les relations entre les villes et leurs aéroports, Nathalie ROSEAU relève l’inscription dans une histoire culturelle des conditions même de l’ « aérianisation » de l’espace. (1)

Le fantasme icarien n’est pas seulement le rêve d’un simple vol, mais l’entrée de l’humanité dans l’époque de l’apesanteur et de l’élévation. L’approche culturaliste aborde la verticalité comme une aspiration avant d’être une construction, rejoignant ainsi les études de Denis Cosgrove (2001), Albrecht Koschorke (1990) Patrice Flichy (2009). Il existe une histoire des vues aériennes. (2)

Avec la cartographie, les navigateurs, les chefs militaires, les aviateurs, des urbanistes… ont approché et se son sont appropriés une perception du monde vu d’en haut. Une nouvelle culture visuelle s’est mise en place à partir du XIXe siècle, faisant apparaître simultanément deux choses : la terre comme un tout, et les villes comme étant des systèmes complexes susceptibles d’une lecture aérienne. Des études ont montré l’impact de la photographie et la cinématographie aérienne sur l’édition et sur la géographie. Pour Guillaume MONSEAINGEON cela souligne la fécondité du regard oblique « qui échappe aux simplifications du regard horizontal comme du regard vertical ». (3)

RÉFÉRENCES

1. ROSEAU Nathalie, Aerocity : quand l’avion fait la ville, Marseille, Parenthèses, 2012, p. 286.
2. DORRIAN Mark Dorrian et POUSIN Frédéric
(dir.), Vues aériennes : seize études pour une histoire culturelle, Genève, MétisPresses, 2012.
3. MONSEAINGEON Guillaume, « En apesanteur : la ville au prisme de l’aéroport », Métropolitique, 1er février 2013. http://www.metropolitiques.eu/En-apesanteur-la-ville-au-prisme.html


DOCUMENT

AERIAL AMERICA TURNS ITS BIRD’S EYE ON NEW YORK

« One of the most visually adventurous shows on television is the Smithsonian Channel series “Aerial America,” (1) and it returns on Sunday, June 4, with an expanded mission that begins in New York. The series builds its episodes entirely with aerial photography, a technique that it has been using to tour the United States one state at a time. But its new episodes go both local and international: Future subjects include Ireland and New Zealand.

The episode is structured as a 24-hour cycle, starting with predawn commuters, winding through the workday and finishing with striking imagery of the city after dark. The camera is nothing if not eclectic, showing bird’s-eye views of group yoga in Bryant Park; Fire Department training exercises on Randalls Island; the eerily beautiful Newtown Creek Wastewater Treatment Plant (2) in Greenpoint, Brooklyn, at night; and workers on the 1 World Trade Center spire. As the narrator says, “There’s always someone doing a fascinating job somewhere in New York City.”»

RÉFÉRENCES DU DOCUMENT
GENZLINGER Neil,
“Aerial America’ Turns Its Bird’s Eye on New York”, The New York Times, June 1, 2017. https://www.nytimes.com/2017/06/01/arts/television/aerial-america-smithsonian-new-york-city.html

1. SMITHONIAN CHANNEL, « Aerial America, See the USA in a new way ». https://www.smithsonianchannel.com/shows/aerial-america/701

2. NUWER Rachel, « Wastewater Is for Lovers », The New York Times, February 12, 2017. https://green.blogs.nytimes.com/2013/02/12/wastewater-is-for-lovers/


RÉFÉRENCES GÉNÉRALES DE L’ARTICLE

1. « Décollage pour l’Amérique : New York », Documentaire de Toby BEACH, Production : Off The Fence / Tusker Television / Smithonian Channel, 2014, 50 minutes. Diffusion sur TV5 le 1er décembre 2017. Version française de : « Aerial America. Shows A Day in The Life of New York City ».

Avec près de 9 millions d’habitants, New York est la plus grande ville des Etats-Unis et une des métropoles les plus dynamiques et cosmopolites du monde. Survol durant 24 heures de ce colossal organisme urbain, à la découverte de ses lieux les plus emblématiques mais aussi des rouages qui assurent son fonctionnement quotidien.

Photographie illustrant l’article
« Aerial America. Shows A Day in The Life of New York City ». Extrait de l’article « Smithsonian Channel to Premiere All-New Installments of Iconic Series Aerial America », https://www.broadwayworld.com/bwwtv/article/Smithsonian-Channel-to-Premiere-All-New-Installments-of-Iconic-Series-AERIAL-AMERICA-Beg-64-20170516

© Sylvie MÉRIGOT-MONNIOTTE, 5 décembre 2017, 11 heures.

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
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Savigny-sur-Orge. Le rapport de l’ANRU sur le renouvellement urbain du quartier de Grand-Vaux

Le quartier de Grand-Vaux / Grand-Val comprend près de 4 500 habitants au sein de la commune de Savigny-sur-Orge (37 000 habitants). La rénovation urbaine est certainement l’un des problèmes parmi les plus complexes qui se présente à l’État (gouvernement, ministères, organismes publics…), aux collectivités territoriales, que ce soit au niveau des élus, des fonctionnaires des administrations locales, des organismes publics ou privés chargés d’un service public, des associations, et enfin des habitants.


Long et difficile est le chemin de la démocratie locale qui a pour point de départ les besoins manifestés par les habitants, et qui rencontre successivement sur son trajet, les indifférences administratives, les bonnes raisons qu’elles ont pour ne pas faire, les effets d’annonce des responsables politiques, les retards pris dans les recherches de partenariats, les études, les concertations annoncées, les décisions prises dans le secret, les documents publics non diffusés ou volontairement cachés, l’obtention des financements  sans cesse repoussées, pour arriver enfin aux réalisations concrètes qui, pour le coup, font l’objet d’une cérémonie d’inauguration.

« Mon quartier, mes idées, son avenir. Présentation des scénarios du projet de renouvellement urbain ». Réunion publique sur l’avenir du quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge organisée par l’ANRU le mercredi 29 novembre 2017. Extrait du site de la mairie de Savigny-sur-Orge.


Le désenchantement citoyen est un sentiment perçu par les chercheurs en sciences sociales qui observent les pratiques participatives. Il est également noté par les médias.

C’est ainsi que journal Le Parisien rappelle que le projet de renouvellement urbain de Grand-Vaux a été lancé en août 2016 « en grande pompe », indiquant par là, à la fois comme un excès dans la fabrication publique d’un évènement (présence au coude-à-coude du maire, du député, de la préfète, du président du conseil départemental…), et d’un déséquilibre (quasi-absence des habitants).


Le citoyen est soit indifférent, soit perdu. Pour ne pas l’être, il a besoin d’avoir accès à la totalité des documents publics qui le concernent, qui concernent son cadre de vie, et qui concernent son environnement.  Un accès qui est loin d’être la règle.

Parce qu’une opération qui associe huit partenaires publics ou privés, tous chargés d’une mission de service public, crée une émulation. Elle crée aussi des rivalités. Qui va prendre le pas sur l’autre ?

Toute décision devient stratégique, et tout document public se porte mieux en demeurant confidentiel. On notera que les 4 annexes du rapport ne sont pas reproduites dans le pdf que nous a communiqué l’ANRU. On peut s’interroger.

C’est dans cet état d’esprit que l’on doit lire le rapport publié par l’ANRU sur la rénovation du quartier de Grand-Vaux établi en septembre 2016. Le pdf est accessible avec le lien suivant :  ANRU Savigny Grand Vaux 01 08 2016

« Nouveau programme national de renouvellement urbain. Protocole de préfiguration du quartier de Grand-Vaux / Grand Val à Savigny-sur-Orge », 2016, ANRU, 2016, 110 p. 1

On trouvera le pdf de ce document sous le lien suivant : ANRU Savigny Grand Vaux 01 08 2016


DOCUMENT n° 1

RÉUNION PUBLIQUE SUR L’AVENIR DU QUARTIER DE GRAND-VAUX

Lancé en grande pompe en septembre 2016, le projet de renouvellement urbain du quartier de Grand-Vaux, à Savigny-sur-Orge, a pris un certain retard sur le calendrier initial. Ce mercredi 29 novembre 2017, les quelque 4 500 habitants de cette cité populaire devraient en savoir davantage sur l’avenir de ce projet ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Une réunion publique se tient à partir de 19 heures au gymnase David Douillet à Savigny-sur-Orge.

A cette occasion, trois scénarios de configuration retenus pour la rénovation de ce quartier seront présentés à la population. L’un de ces trois projets sera retenu pour bâtir le futur quartier de Grand-Vaux.

Gymnase David Douillet, 1, allée Georges-Clémenceau à Savigny-sur-Orge. A partir de 19 heures. Entrée libre.

RÉFÉRENCE
« Savigny-sur-Orge. Réunion publique sur l’avenir du quartier de Grand-Vaux », Le Parisien Essonne, 29 novembre 2017.
http://www.leparisien.fr/savigny-sur-orge-91600/savigny-sur-orge-reunion-publique-sur-l-avenir-du-quartier-de-grand-vaux-28-11-2017-7420716.php


DOCUMENT n° 2

LE PROJET DE RÉNOVATION DE GRAND VAUX EST (ENFIN) LANCÉ

Hier, lors d’une visite sur place, élus et représentants de l’Etat ont signé un protocole. Les travaux devraient débuter en 2018. Le quartier de Grand Vaux à Savigny-sur-Orge va changer. C’est du moins ce qu’ont promis élus et représentants de l’État lors d’une visite hier. Ils ont signé un protocole de préfiguration, qui lance un projet de réhabilitation piloté par l’Agence régionale pour la rénovation urbaine (ANRU).

Un secteur délaissé. Entre Savigny et Grand Vaux, le désamour est total. « Quand on habite ici, on est de Grand Vaux, pas de Savigny », glisse un jeune du quartier. Coupée de la ville par l’autoroute A6 et la voie ferrée, cette cité de 4 470 habitants conçue dans les années 1960 avait été « oubliée » lors du premier plan de l’ANRU, a rappelé François Durovray, président (LR) du conseil départemental lors de la signature. Typique des « grands ensembles », avec ses barres et ses tours, Grand Vaux affiche une vétusté extrême symbolisée par son centre commercial à l’abandon.

Le calendrier. En 2014, le quartier a été retenu parmi les 200 sites dits « d’intérêt national ». Son renouvellement, et celui de la copropriété Grand Val située en périphérie, démarrera par des études qui débuteront avant la fin de l’année. Il s’agit d’identifier les besoins en matière de logements, services, mobilités et lieux de vie. Une phase qui doit s’effectuer en concertation avec les habitants. Un conseil citoyen, incluant des riverains et des représentants associatifs, a été créé dans ce but. Par ailleurs, une Maison du projet, vitrine de cette rénovation, doit voir le jour dans le quartier. Plus tard, le dépôt de la convention ANRU doit intervenir lors de l’été 2017 afin de lancer des travaux qui ne commenceront pas avant 2018.

Le retour de la prévention. « La sécurité est un élément d’attractivité d’un territoire », a rappelé, hier, Josiane Chevalier, la préfète de l’Essonne. Au-delà des mesures de répression, c’est bien sur la prévention que misent les autorités pour reprendre la main sur ce quartier dit « difficile ». Des associations spécialisées dans l’encadrement des jeunes fragilisés feront leur retour à Grand Vaux. « Cela fera l’objet d’une délibération au département en fin d’année », assure François Durovray, président du Conseil départemental.

RÉFÉRENCE
« Le projet de rénovation de Grand Vaux est (enfin) lancé », Le Parisien Essonne, 24 septembre 2016. Article de Laurent DEGRADI. http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/le-projet-de-renovation-de-grand-vaux-est-enfin-lance-24-09-2016-6146105.php


RÉFÉRENCES

Commune de Savigny-sur-Orge, « Mon quartier, mes idées, son avenir. Présentation des scénarios du projet de renouvellement urbain ». Réunion publique sur l’avenir du quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge organisée par l’ANRU le mercredi 29 novembre 2017. Extrait du site de la mairie de Savigny-sur-Orge.

AGENCE NATIONALE POUR LA RÉNOVATION URBAINE (ANRU), COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, LES PORTES DE L’ESSONNE, AGENCE NATIONALE DE L’HABITAT (ANAH), Préfecture de l’éSSONNE, CAISSE DES DÉPÔTS, COOPÉRATION ET FAMILLES, CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE l’ESSONNE, Nouveau programme national de renouvellement urbain Protocole de préfiguration du quartier de Grand-Vaux / Grand Val, 2016, 110 p. + 4 annexes.
On trouvera le pdf de ce document sous le lien suivant : ANRU Savigny Grand Vaux 01 08 2016

NB. Les 4 annexes ne sont pas reproduites dans le pdf que nous a communiqué l’ANRU.

Ce document a été signé le 1er août 2016 par huit institutions :

  • Agence Nationale pour la Rénovation urbaine (ANRU)
    Nicolas GRIVEL, Directeur général
  • Préfecture de l’Essonne
    Josiane CHEVALLIER, Préfète de l’Essonne
  • Établissement public territorial Grand Orly Seine amont Val de Bièvre
    Michel LEPRÊTRE, Président
  • Mairie de Savigny-sur-Orge
    Éric MEHLHORN, maire
  • Coopération et famille
    Éric MADELRIEUX, Président du Directoire
  • Caisse des Dépôts
    Régis PELISSIER, Directeur régional
  • Département de l’Essonne
    François DUROVRAY, Président du Conseil départemental
  • Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat (ANAH)
    Blanche GUILLEMOT, Directrice générale

© Paul-André BEAUJEAN, 29 novembre 2017, 14 heures.

COMMENTAIRE DU 29 novembre 2017

Un « atelier participatif » est organisé le mercredi 6 décembre 2017 à 19 heures à la Maison de quartier de Grand Vaux. Des tracts ont été distribués. Il en existe deux versions :

  • sans mention du jour de l’heure et du lieu.
  • avec mention du jour, de l’heure et du lieu, imprimés sur une étiquette autocollante format 10 x 3,4 cm collée sur le tract.

 

ISSN 2495-1161. Dépôt légal du numérique, BNF 2017
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