Archives de catégorie : Patrimoine

La MJC de Savigny-sur-Orge est-elle un équipement de luxe ?

Cette question est d’actualité en ce mois d’avril 2015 où la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Savigny-sur-Orge vit des jours difficiles suite à la décision d’Éric MEHLHORN (UMP), maire, et de sa majorité de supprimer sans préavis sa subvention 2015, la condamnant purement et simplement à disparaître d’une façon immédiate.

1. Un soutien constant de la municipalité à la MJC, même s’il fut parfois « alternatif»

Dans les années 1971-1980, la MJC a déjà vécu des heures sombres. On observera toutefois que la municipalité lui a accordé annuellement une subvention de façon continue jusqu’à ce printemps 2015, un soutien parfois ponctué de remises en cause passagères mais réversibles.

MJC GO NOVEMBRE 1972

Annonce de la fermeture de la MJC de Savigny-sur-Orge, pour raison de sécurité, dans Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 36, novembre 1972, p. 9. Fonds privé AM. (1)

MJC GO FEVRIER 1974

Réouverture de la MJC de Savigny-sur-Orge après 15 mois de travaux de remise aux normes faisant l’objet d’un reportage dans Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 44, février 1974, p. 3. Fonds privé AM. (2)

Bulletin municipal SSO novembre 1975 MC

Pour aider la MJC de Savigny-sur-Orge, le conseil municipal a sollicité l’aide de l’État et notamment l’inscription de l’équipement au VIIe Plan (1976-1980). Sans succès. Savigny, Bulletin municipal officiel, n° 14, novembre 1975, p. 2. Fonds privé AM. (3)

MJC GO MAI 1977

Articles sur les activités de la MJC de Savigny-sur-Orge et les difficultés qu’elle rencontre depuis une décennie, publiés en mai 1977 dans Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 63, p. 12 (fonds privé AM). En juin 1980, le conseil municipal décidera de prendre en charge une animatrice de la MJC. Par ailleurs, la construction d’un pôle culturel municipal dans la Grande-Rue permettra son implantation dans de nouveaux locaux en novembre 1982. (4)

2. La MJC, un équipement de luxe ?

Portes de l’Essonne Environnement (PEE), qui a pour objet de défendre le patrimoine matériel et immatériel, a retrouvé un entretien entre deux membres de la commission municipale d’information de 1977 (MM. MARTIN et PONSERRE, élus sous la mandature de Raymond BROSSEAU, sénateur-maire et conseiller général), le responsable du service municipal d’information (M. PEREZ) et trois membres de la MJC (MM. CADRECHA, vice-président, MORIGNY et PLATZER). Il a été publié dans Savigny. Bulletin municipal officiel, informations locales. (5) Cette question cruciale était déjà posée : la MJC de Savigny-sur-Orge « serait-elle un équipement de luxe ? »

PEE propose de relire l’article complet, riche d’enseignement sur ce que représente une MJC et sur les débats qu’elle suscite. On connaît son point faible : son financement dépend en quasi totalité d’une subvention municipale. Déjà en 1977, cette situation était regrettée par le vice-président de la MJC de l’époque. Doit-on pour autant condamner ce lieu de culture ? Nos anciens élus ont répondu par la négative puisque, 38 ans après la publication de cet article, la MJC François Rabelais incarne toujours un formidable « lieu de rencontre et d’échange ».

Quelques phrases fortes extraites :

  • L’ « apologie des restrictions et du rationnement conduit à rejeter tout équipement (…) » (Marc MARTIN, élu)
  • « Si le bénévolat est indispensable comme école de formation à la responsabilité, il est absolument insuffisant pour assurer l’activité d’une importante association comme la MJC. » (Jean-Pierre MORIGNY, administrateur de la MJC)
  • « Par essence, une MJC ne peut être un équipement de luxe : la culture ne peut être considérée comme un superflu, un luxe réservé à une élite. C’est au contraire un équipement d’une réelle utilité fonctionnant sans but lucratif. » (Jean-Pierre MORIGNY)
  • Une MJC est « un lieu de rencontre et d’échange. Elle contribue également au développement de la vie associative dans un cadre démocratique, en initiant ses adhérents à la pratique des responsabilités, en leur donnant la possibilité de gérer leur équipement et leur animation. » (Jean-Pierre MORIGNY)
  • « (…) le mode même de fonctionnement des MJC (…) amène les usagers à être non plus des consommateurs passifs de culture, mais les utilisateurs actifs de divers moyens d’expression. » (Michel PONSERRE, élu)
  • « La fonction socio-culturelle des MJC est émancipatrice. Elle permet à tous d’exercer des responsabilités de développer sa personnalité. Lieu de débats d’idées où le critère de rentabilité directe ne vient pas de premier chef, la MJC dérange comme toute association qui élargit le champ des connaissances et celui d’intervention des citoyens, par delà les diversités d’idées. » (P. PEREZ, responsable du service municipal d’information – SMI)
  • « Les MJC auraient un rôle de choix dans une France où la culture et la démocratie progresseraient de pair… » (Marc MARTIN) (6)
MJC SSO BM MAI 1977

Article « MJC » dans Savigny. Bulletin municipal officiel, informations locale, n° 2, mai 1977, p. 12. Fonds privé AM.

3. Non à la ville dortoir : la MJC, un investissement pour une commune vivante

Publié en décembre 1971, l’article de René CHÉRON, futur président de la MJC entre 1974 et 1986, intitulé « Brèves réflexions sur les loisirs et la culture » est aussi d’une actualité surprenante. Tout particulièrement les paragraphes conclusifs, panégyriques d’une MJC symbole d’une commune vivante. Extraits :

« J’ai lu avec intérêt, dans le bulletin municipal de juin-juillet que l’action culturelle, c’est aider à se constituer tout un réseau vivant d’associations, de groupements qui permettent à tout citoyen de réaliser ses potentialités dans un domaine qu’il a librement choisi.
Il est en effet nécessaire et grand temps que cette aide arrive. C’est un devoir pour la commune, par l’intermédiaire de ses représentants, de favoriser l’animation culturelle. Les jeunes et les moins jeunes aussi, ont besoin d’autres choses que la rue, les cafés, les flippers et les juke-boxes pour se distraire, se rencontrer et s’épanouir.
Il s’agit en définitive d’un investissement qui ne procurera pas de revenus financiers mais au bout duquel la commune toute entière trouvera son compte et deviendra une réalité vivante. » (6) (7)

MJC GO DECEMBRE 1971

Article de René Chéron sur les loisirs et la culture, publié dans Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 31, décembre 1971, p. 9. Fonds privé AM.

 « Les Saviniens sont la MJC de Savigny-sur-Orge. »
« La MJC est Savigny-sur-Orge »

Sources
1. Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 36, novembre 1972, 12 p. Archives privées AM.
2. Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 44, février 1974, 8 p. Archives privées AM (pdf : MJC GO FEVRIER 1974).
3. Savigny. Bulletin municipal officiel, n° 14, novembre 1975, 12 p. Archives privées AM.
4. Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 63, mai 1977, 12 p. Archives privées AM (pdf : MJC GO MAI 1977).
5. Savigny. Bulletin municipal officiel, informations locales, n° 2, mai 1977, p. 12. Archives privées AM (pdf : MJC SSO BM MAI 1977).
6. Les passages surlignés en caractères gras relèvent de l’appréciation de l’auteur du présent article.
7. Grain d’Orge. Courrier chrétien d’information de Savigny-sur-Orge, n° 31, décembre 1971, 12 p. Archives privées AM (pdf :  MJC GO DECEMBRE 1971).

© Philippe TRENTY, 25 avril 2015.

Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Savigny-sur-Orge, un autre lieu patrimonial liquidé par Eric Mehlhorn

La Maison des jeunes et de la culture (MJC) François Rabelais de Savigny-sur-Orge cessera-t-elle ses activités fin juin  2015 ? Au cours du conseil municipal du 13 avril 2015, le maire Éric MEHLHORN (UMP) et sa majorité ont approuvé un budget primitif supprimant les subventions attribuées à l’association MJC, une institution de la commune. Les Saviniens et les employés ont été avertis par la presse deux jours plutôt, étrange ressemblance avec les agissements des patrons-voyous sans mémoire ! (1)

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L’avenir de la MJC de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. © CAD/BM, 16 avril 2015.

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L’avenir de la MJC de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. © CAD/BM, 16 avril 2015.

Mairie Int

L’avenir de la MJC de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. Manifestation des Saviniens dans le hall de la mairie. © CAD/BM, 16 avril 2015.

En effet, à peine élu maire de la commune le 6 avril 2014, Éric MEHLHORN avait loué les mérites de la MJC lors des festivités du cinquantenaire de l’association (3 mai 2014). Aujourd’hui, pour redresser le budget de la ville, se plaignant de la baisse des dotations de l’État et de la mauvaise gestion de la précédente municipalité, l’édile se transforme en patron d’une entreprise de démolition du patrimoine, du milieu associatif et du monde de la jeunesse saviniens. Selon la presse nationale, il ne serait pas le seul maire à agir ainsi. Rappelons qu’avant de présider aux destinées de la ville suite aux élections de mars 2014, Éric MEHLHORN a été conseiller municipal un temps chargé de l’administration générale (1995-2008), puis adjoint au maire chargé du cadre de vie durant une partie de la précédente municipalité (2008-2012), puis de nouveau conseiller municipal (2012-2014). Il connaissait les capacités financières de la ville, les secrets budgétaires, les forces et les faiblesses de la commune. (2)

INT MAIRIE

L’avenir de la MJC de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. Manifestation des Saviniens dans le hall de la mairie. © CAD/BM, 16 avril 2015.

MANIF MJC

L’avenir de la MJC de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. Manifestation des Saviniens devant la mairie. © CAD/BM, 16 avril 2015.

STATUE

L’avenir de la MJC de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. Manifestation des Saviniens devant la mairie. © CAD/BM, 16 avril 2015.

MANIF 19

L’avenir de la culture et de la jeunesse de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. Manifestation des Saviniens lors de la brocante annuelle. © CAD/BM, 19 avril 2015.

Comme pour La Savinière, PEE propose d’effectuer un très bref historique de la MJC afin de mieux comprendre pourquoi sans subvention municipale et sans convention avec la municipalité de Savigny-sur-Orge pour les locaux, cette association sera très fragilisée et son existence condamnée.

DVT MAIRIE

L’avenir de la MJC de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. Manifestation des Saviniens devant la mairie. © CAD/BM, 16 avril 2015.


1. Naissance de la MJC en juin 1964

La MJC prend sa source d’une initiative de jeunes issus du scoutisme et de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) en juin 1964. Association loi de 1901 déclarée en sous-préfecture de Palaiseau le mois suivant, elle est alors dénommée Maison des jeunes du Plateau de Savigny. Le 6 avril 1965, elle s’affirme comme Maison des jeunes et de la culture (MJC), entité autonome dirigée par un conseil d’administration, affiliée à la fédération régionale des MJC d’Ile-de-France. Comme tout organisme de ce type, elle a une vocation d’éducation populaire d’accueil des jeunes, de promotion « des activités culturelles, de loisirs et de plein air ». Les statuts sont modifiés en 1981 : l’association « Maison des jeunes et de la culture François Rabelais offre à la population, aux jeunes comme aux adultes, la possibilité de prendre conscience de leurs aptitudes, de développer leur personnalité et de préparer à devenir les citoyens actifs et responsables d’une communauté vivante. » L’association crée, gère et contrôle la « Maison pour tous ». (3)

Dès 1965, bien que disposant d’un budget limité, la nouvelle structure savinienne anime des activités pour plus de 130 usagers qui ne sont pas toujours à jour de cotisation. Grâce à une subvention municipale de 30 000 francs, elle acquiert du matériel photographique et musical. En 1967, elle obtient l’agrément du Ministère de la Jeunesse et des Sports. (4)

Bulletin municipal SSO octobre 1965 MJC

Bulletin municipal officiel de Savigny-sur-Orge, octobre 1965. Article sur la MJC, p. 13. Fond privé AM.

Bulletin municipal SSO Decembre 1967 MJC

Bulletin municipal officiel de Savigny-sur-Orge, décembre 1967. Article sur la MJC, p. 18. Fond privé AM.

Au cours des années 1970, les activités sont organisées au sein des ateliers de sérigraphie, de photographie, de varappe, de théâtre, de poésie. Le groupe folk « La Cagouille » monte une dizaine de concerts suivis de bals et d’échanges avec ses homologues essonniens. L’atelier de cinéma amateur réalise un film super 8 intitulé « Savigny climat » traitant des problèmes de la vie locale. (5)

Bulletin municipal SSO mai 1977-2 MC

Savigny. Bulletin municipal officiel, informations locales, n°2, mai 1977. Article sur la MJC et le groupe « La Cagouille », p. 12. Fond privé AM.

La MJC a eu deux implantation successives : d’abord au 108 de la rue de Paris avec une baraque prêtée – en 1965 – par la municipalité sur le stade des Tilleuls (de sa création à 1966), puis dans un préfabriqué sis au 13 rue des Genêts (de 1966 à 1982). Dès l’ouverture des lieux en novembre 1966, les activités provoquent les récriminations du voisinage qui se plaint régulièrement des nuisances sonores. En 1972, la MJC est fermée pour raison de sécurité. Les permanences sont notamment assurées dans le gymnase de Grand-Vaux ou à l’aumônerie et au séminaire de Morsang-sur-Orge.

Bulletin municipal SSO janvier 1973 MJC

Savigny. Bulletin municipal officiel, janvier 1973. Article sur la MJC, p. 9. Fond privé AM.

Dans la convention de septembre 1975 qui lie l’association à la ville pour la mise à disposition gratuite des locaux, la municipalité reconnaît la vétusté et l’inadaptabilité du préfabriqué peu propice à la mission de la MJC. Raymond BROSSEAU s’engage alors à étudier une meilleure implantation par le biais d’un nouvel équipement… (6)


2. La MJC, une structure associative assurant un service public depuis 1982

En novembre 1982, la MJC déménage enfin dans des locaux neufs et spacieux (inaugurés en février 1983) ! Elle dispose d’une cafétéria, de bureaux, de différentes salles destinées aux ateliers et aux spectacles. Comme précédemment pour la rue des Genêts, l’ensemble des bâtiments équipés par la municipalité fait l’objet d’une convention entre la commune et la MJC. En 1983, en échange d’une location au franc symbolique, l’association est assurée d’avoir des locaux maintenus en bon état, entretenus, gardés, avec des matériels et du mobilier renouvelés. (7)

MJC TRAVAUX GR BM 4 1981 1

Infos Savigny. Bulletin municipal, n°4, juin-juillet 1981. Les travaux « MJC », p. 6. Fond privé AM.

MJC TRAVAUX GR BM 4 1981 2

Infos Savigny. Bulletin municipal, n°4, juin-juillet 1981. Les travaux « MJC », p. 6. Fond privé AM.

MJC TRAVAUX BM 3 AVR 1982

Infos Savigny. Bulletin municipal mensuel, n°3, mars-avril 1982. Les travaux « MJC », p. 11. Fond privé AM.

CAD-BM DOC MJC 1980S-10

Dépliant de la MJC de Savigny-sur-Orge, années 1980. Fond privé BM/CAD.

En février 1984, l’audit de la SIRTEP commandé par le maire Jean MARSAUDON met en évidence la substantielle participation financière à la gestion de la MJC par la municipalité. L’association bénéficie de moyens municipaux sans cesse croissants tant en fonctionnement qu’en investissement : 93,5 % du budget de l’association est ainsi couvert par la subvention municipale en 1983, le reste étant assuré par le département et par l’État. La ville lui délègue du personnel pour l’entretien – au début, puis pour l’administration – mais elle prend également en charge le contrat du poste de directeur via une subvention à la fédération régionale des MJC. (8)

Avec son implantation dans la Grande-rue, l’association bénéficie d’une ouverture aux Saviniens plus importante. Elle s’installe dans un secteur densément peuplé, à proximité de grands ensembles d’habitations collectives, de la gare, des deux lycées de la commune. Dans les années 1980, 100 à 150 personnes participent régulièrement aux ateliers tels que boxe libre, guitare, danse jazz, initiation aux échecs, micro-informatique…

CAD-BM DOC MJC 1980S-8

Affichette de la MJC de Savigny-sur-Orge, janvier 1986. Fond privé BM/CAD.

CAD-BM DOC MJC 1980S-6

Programme de la MJC de Savigny-sur-Orge, décembre 1983 – mars 1984. Fond privé BM/CAD.

CAD-BM DOC MJC 1980S-5

Carte postale de la MJC de Savigny-sur-Orge, années 1980. Fond privé BM/CAD.

Une Cafét’club ouvre ses portes en avril 1983. Le faible coût des consommations, les expositions, les jeux éducatifs, l’ambiance, les animateurs sont autant d’atours pour les 400 adolescents qui fréquentent les lieux. A cela, s’ajoutent les activités de plein air, de randonnées, de camps de vacances, de week-end au ski… Les tarifs dégressifs en fonction des revenus des familles ouvrent aux moins défavorisées le moyen d’avoir des loisirs, des activités sportives et des vacances. La grande salle François Rabelais permet de diversifier les spectacles proposés par la MJC : bals folk, concert de rock, danses folkloriques, café-théâtre, pièces de théâtre montées par la Compagnie Les Trois clous, fêtes de la MJC, les vendredis du cinéma…

CAD-BM DOC MJC 1980S-2

Dépliant de la MJC de Savigny-sur-Orge, décembre 1985. Fond privé BM/CAD.

CAD-BM DOC MJC 1980S-3

Annonce de la MJC de Savigny-sur-Orge, années 1980. Fond privé BM/CAD.

La phrase conclusive de l’audit SIRTEP est intéressante à plus d’un titre : « Avec les récents atouts dont elle dispose, après avoir réorganisé sa gestion, planifié un programme culturel, conforté les ateliers performants, corrigé les erreurs dues à un développement inattendu et rapide, la MJC de Savigny-sur-Orge devrait, à court terme, augmenter son audience dans la ville et multiplier les actions d’animation et de promotion, au bénéfice principal des habitants de la commune. » Ce fut le cas jusqu’à nos jours ! (9)

MJC FACADE BM17 JANV 1984

Façade de la MJC de Savigny-sur-Orge, années 1980. Fond privé BM/CAD.


3. Les services de la MJC font-ils double emploi avec les services municipaux ou les associations de Savigny-sur-Orge ?

Entre 1983 et 2014, un partenariat s’est instauré entre la municipalité et la MJC. Les collaborations se sont multipliées. Les locaux se sont agrandis, prenant sur les anciennes salles du conservatoire déplacé en face (1993). Les comptes ne sont pas toujours en équilibre, mais les animations se renouvellent. Pêle-mêle : la radio éphémère locale « Radio Loco » (1996), le centre de formation Union départementale des MJC (UDMJC) et son projet Essonne Wide Web (1999), les Journées du rock (à partir de 2001), les réunions du Bar des sciences (à partir de 2002), le Festival des danses urbaines (à partir de 2007), l’accueil de compagnies théâtrales en résidence (2007), la création du Pôle images (2011), les Rencontres de cornemuses d’Ile-de-France (2012)… (10)

MJC J 47

Dernier programme de la MJC de Savigny-sur-Orge, avril-juin 2015.

Contrairement à ce que le maire de Savigny-sur-Orge et sa majorité pensent et déclarent en ce mois d’avril 2015, une MJC ne fait pas double – voire triple – emploi avec les services municipaux ou les associations. (11) Toutes leurs animations attirent un public et des acteurs, professionnels ou bénévoles, très différents de ceux qui gravitent dans les conservatoires municipaux, dans les associations culturelles ou sportives pour lesquels des critères d’admission restrictifs empêchent la participation de ceux qui fréquentent une MJC. Les activités sont complémentaires. La richesse d’une collectivité locale se jauge à la diversité de l’offre culturelle : chacun doit pouvoir trouver sa place là où il se sent le plus à même de s’épanouir, quelles que soient ses conditions socio-économiques. Une MJC est le symbole même du savoir démocratiquement dispensé, sans consumérisme. C’est un éveil permanent et incontournable à la citoyenneté.

MJC Q BM FEV 1981Annonce du financement du poste de directeur permanent de la MJC
assuré par une subvention de la municipalité…
« Demain que sera la MJC ?
Une association ayant le souci d’être complémentaire aux associations existantes sur Savigny
et d’aider celles-ci, si elles le désirent à réaliser leurs objectifs. »
Infos Savigny. Bulletin d’informations de Savigny, février 1981, p. 6. Fond privé CAD/BM.

 


Au cours des campagnes électorales, des Saviniens ont entendu que le maire, vice-président de la CALPE, conseiller départemental envisageait la construction d’une résidence pour étudiants dans la Grande-rue. On peut désormais se demander si l’édifice n’était pas déjà prévu en lieu et place des locaux de la MJC dans la tête du candidat. (12) Quand le bail arrive-t-il à échéance ?

Lors du débat d’orientation budgétaire de mars 2015 puis de l’adoption du budget primitif le 13 avril 2015, Eric MEHLHORN a oublié les belles paroles qu’il a prononcées lors du cinquantenaire de la MJC, le 3 mai 2014, notamment : « Animé par cette même et belle ambition pour notre jeunesse, je sais que les liens ténus unissant la MJC et la Ville ont encore de beaux jours devant eux. Agir pour la jeunesse, c’est investir pour l’avenir de la Ville. » Le lecteur de cet article jugera… MJC pour Maison de la jeunesse et de la culture, ou MJC pour Mehlhorn jamais cohérent (dans ses actes et ses paroles) comme le scandaient certains manifestants le 19 avril 2015 ? (13)

MJC LIVRET 50A 2014

Maison des jeunes et de la culture. Maison pour tous François Rabelais. Savigny-sur-Orge. 1964-2014, 50 ans. 42 pages.

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Discours d’Eric MEHLHORN, maire de Savigny-sur-Orge, à l’occasion du cinquantenaire de la MJC (3 mai 2014), publié dans la plaquette de 42 pages, surligné par les employés de la MJC menacés de perdre leur emploi. Photographie © CAD/BM, 16 avril 2015.

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L’avenir de la culture et de la jeunesse de Savigny-sur-Orge menacé par le maire UMP Éric MEHLHORN. Manifestation des Saviniens lors de la brocante annuelle. © CAD/BM, 19 avril 2015.

En janvier 2015, des millions de Français ont manifesté autour du slogan « Nous sommes Charlie ». Ce 23 avril 2015, 3 222 personnes (soit 14 % des électeurs inscrits de la ville de Savigny-sur-Orge) ont signé la pétition dénonçant les coupes budgétaires condamnant notamment la MJC à disparaître, lancée par le collectif Sauvons l’enfance de Savigny. A 21 heures, à la MJC, se tient l’assemblée générale de ces citoyens « Charlie de la jeunesse savinienne ». (14) Des acteurs de cette fronde citoyenne spontanée ont suggéré une adhésion massive des Saviniens à la MJC afin qu’elle survive à cette turbulence. Excellente idée, non ?

Sources
1. Voir les articles sur le sujet sur le site www.savigny-avenir.info et les sources de l’article publié sur le présent site Internet le 17 avril 2015 (http://portes-essonne-environnement.fr/la-saviniere-et-savigny-sur-orge-apres-83-ans-dhistoire-damour-eric-mehlhorn-decide-une-separation-fatale/).
Sur la notion de patron-voyou apparue en 2003, lire : MAZADE Olivier, « « Patron voyou » : de la désignation publique à la sanction juridique », Champ pénal/Penal field, Vol. X – 2013, mis en ligne le 06 mars 2013. DOI : 10.4000/champpenal.8431. URL  http://champpenal.revues.org/8431 (article en pdf : « Patron voyou » : de la désignation publique à la sanction juridique).
2. COSNARD Denis, « Le monde associatif français victime des coupes budgétaires», Le Monde économie, 17 avril 2015 (pdf) : Le monde associatif français victime des coupes budgétaires.
3. Statuts de la MJC, archives privées AM.
4. Archives privées Culture Arts Découverte / BM.
5. Savigny. Bulletin municipal officiel, informations locales, n°2, mai 1977. Article sur la MJC et le groupe « La Cagouille », p. 12. Archives privées AM.
6. Bulletins municipaux, 1965 – 1989. Archives privés AM.
7. Archives privées Culture Arts Découverte / BM.
8. Sur l’audit de la SIRTEP, lire : http://www.savigny-avenir.fr/2015/04/19/savigny-sur-orge-de-lutilite-dun-audit-dune-maison-des-jeunes-et-de-la-culture/.
9. Archives privées Culture Arts Découverte / BM.
10. Bulletins municipaux, 1990 – 2013. Archives privées AM ; MJC/MPT François Rabelais, Maison des jeunes et de la culture. Maison pour tous François Rabelais. Savigny-sur-Orge. 1964-2014, 50 ans. 42 pages.
11. PLOUVIEZ Grégory, « Les défenseurs de la MJC de Savigny dénoncent « la grande braderie de la jeunesse », Le Parisien Essonne matin, 20 avril 2015. Extrait : « Pour justifier cette coupe budgétaire spectaculaire, le maire (UMP) confronté à une situation financière compliquée met en avant le fait que « beaucoup d’offres proposées dans ce lieu font doublon voire triplon avec celles d’associations ou des maisons de quartier. C’est le cas pour les cours de musique, par exemple : le conservatoire en fait aussi. Comme on finance aussi les associations, il fallait rationaliser les coûts », s’expliquait avant le vote du budget le maire (UMP) Eric Mehlhorn. » (article en pdf : 2015-04-20 Le Parisien Essonne – MJC).
12. Rencontre avec des Saviniens lors des tractages UMP sur le marché de la place Davout, février – mars 2015.
13. DELAPORTE Ixchel, « A Savigny, le maire brade la jeunesse», L’Humanité, 20 avril 2015 (pdf) : l’humanite – A Savigny, le maire brade la jeunesse 2015-04.
14. Annonce de l’assemblée générale du collectif Sauvons l’enfance de Savigny : https://www.facebook.com/events/1608687746015533/. ; voir également le site Internet du collectif Sauvons l’enfance de Savigny : https://sites.google.com/site/sauvonslenfancesavigny/news.

AG Sauvons les enfants de Savigny

© Philippe TRENTY, 23 avril 2015.


Note du 20 juin 2015.
La radio France Culture a demandé à PEE l’autorisation d’utiliser une photographie de cet article afin d’illustrer la page web du Magazine de la rédaction de Tara SCHLEGEL consacré à la culture mise en danger par la baisse des dotations attribuées par les collectivités territoriales en 2015. L’auteur de la photographie et l’auteur de cet article ont accepté.

2015-06-20 FRANCE CULTURE - MJC

Page Accueil du site www.franceculture.fr. Annonce du Magazine de la rédaction consacré au « Coup de rabot sur la culture : le modèle français en danger », diffusé le 19 juin 2015. Illustration : photographie CAD/BM pour PEE, article sur la fermeture de la MJC de Savigny-sur-Orge. Capture d’écran effectuée le 20 juin 2015.

Pour écouter l’émission du vendredi 19 juin 2015 (43 minutes), intitulé « Coup de rabot sur la culture : le modèle français en danger » : http://www.franceculture.fr/emission-le-magazine-de-la-redaction-coup-de-rabot-sur-la-culture-le-modele-francais-en-danger-2015-.

MAGAZINE FRANCE CULTURE

Page du site www.franceculture.fr. Magazine de la rédaction consacré au « Coup de rabot sur la culture : le modèle français en danger », diffusé le 19 juin 2015. Illustration : photographie CAD/BM pour PEE, article sur la fermeture de la MJC de Savigny-sur-Orge. Capture d’écran effectuée le 20 juin 2015.

La Savinière et Savigny-sur-Orge : après 83 ans d’histoire d’amour, Eric Mehlhorn décide une séparation fatale !

Le 13 avril 2015, la municipalité de Savigny-sur-Orge dirigée par Éric MEHLHORN a adopté un budget primitif programmant la fermeture du centre d’accueil de la Savinière en Vendée, de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) et de la crèche familiale sises dans la Grande-Rue de la ville. (1) Les 28 élus de la majorité ont été aveugles au déplacement massif de Saviniens désireux d’assister au conseil municipal, manifestant leur volonté de maintenir des structures œuvrant pour les jeunes. (2) Ils ont été sourds aux appels à la concertation lancés par cette opposition citoyenne au maire UMP, une opposition physique et verbale jamais vue dans l’enceinte de la salle du conseil municipal de Savigny-sur-Orge ! (3) Ils ont été muets face à la pétition lancée par les parents d’élèves sur le site www.change.org rassemblant plus de 2 000 signatures en deux jours contre un budget fermé à la jeunesse. Cette pétition a été signée par PEE dès sa mise en ligne. (4 et 4 bis) Cette séance du conseil municipal de Savigny-sur-Orge est un déni de démocratie participative.

Je suis la Saviniere - V3

Conseil municipal de Savigny-sur-Orge, dirigé par Eric MEHLHORN, séance du 13 avril 2015. © BM/CAD/PEE.

Dans le cadre de ses réflexions sur les trois intelligences appliquées au développement durable (informationnelle, opérationnelle et territoriale), PEE reprend ci-dessous le bref historique du patrimoine savinien en terre vendéenne publié dans La Mémoire de Savigny-sur-Orge de novembre 2007. La communication est reproduite avec l’autorisation de l’auteur. (5) Elle est suivie d’un diaporama en deux parties et d’une conclusion sur la situation actuelle.


DOCUMENT 1 : COMMUNICATION

LA COLONIE SCOLAIRE DE SAVIGNY-SUR-ORGE

Quelles sont les grandes lignes de l’histoire de ce lieu de sociabilité pas comme les autres ? Pour répondre, cette communication s’inspire de l’ouvrage de Jean-Michel GAUTHEY, directeur du centre, rédigé à l’occasion du soixantième anniversaire de « La Savinière », complété par des archives privées.

1931 – 1938 : Naissance de la colonie scolaire de Savigny-sur-Orge

Au début des années trente, de jeunes Saviniens passent leurs vacances à la ferme de Champagne ou à Boyardville (sur l’île d’Oléron). René LEGROS, maire de Savigny-sur-Orge, pense alors doter sa commune de sa propre colonie de vacances. Par hasard, en 1931, il trouve un terrain d’un prix abordable à La-Tranche-sur-Mer, en Vendée, au lieu-dit Les Conches-Mouillées, à quelques centaines de mètres de la mer et au milieu des pins. Le 21 décembre 1931, le conseil municipal décide d’acquérir les 3 200 m2 de pinède – qui sera plus tard classée. Les travaux commencent très vite. Un vaste bâtiment moderne abrite des dortoirs, une infirmerie, des douches, des cuisines. Une vaste cour sablée est aménagée afin que les enfants s’amusent.

5. LS CP ENTREE

Entrée de la colonie scolaire de Savigny-sur-Orge en Vendée, années 1940. Collection privée CAD/BM.

Dès juillet 1932, la colonie fonctionne avec 120 places puis 200, ce qui permettra d’envoyer près de 600 jeunes au bord de mer, chaque été, pendant trois séjours d’une durée de trois semaines. Les enfants de Savigny-sur-Orge (mais aussi de Choisy-le-Roi et de Villeneuve-Saint-Georges) effectuent les voyages en train de Paris-Montparnasse jusqu’à La-Roche-sur-Yon, puis en car. Ils sont encadrés par des instituteurs, des membres de la Caisse des écoles, des conseillers municipaux et des mères de familles bénévoles.

3. LS PHOTO 1e Colonie 1932

Premiers colons en Vendée, année 1932. Photographie numérisée, collection privée CAD/BM.

La Caisse des écoles gère le fonctionnement de la colonie jusqu’en 1938. La mairie prend alors la gestion directe, ce qui permet aux gardiens du centre, les époux GIRAUDEAU, de devenir des employés communaux (jusqu’en 1970).

1939 – 1945 : La colonie occupée

Lors des journées tragiques de juin 1940, la commune obtient l’autorisation d’y mettre à l’abri 150 enfants. La municipalité pense les envoyer par le train. Ils seront finalement conduits grâce à des véhicules communaux.

En 1942, un régiment de la Schutzstaffel (SS) s’installe dans les locaux. Les officiers sont logés à l’étage, le théâtre des armées et les écuries prennent place au rez-de-chaussée. A la Libération, les Forces française de l’intérieur (FFI) remplacent les Allemands avant de rendre les lieux à leur propriétaire, la ville de Savigny-sur-Orge. 

7. LS CP ARRIERE

Façade arrière de la colonie scolaire de Savigny-sur-Orge en Vendée, années 1940. Collection privée CAD/BM.

1946 – 1971 : Le centre de vacances

A partir de l’été 1946, les jeunes Saviniens reprennent possession de la colonnie vendéenne afin d’y trouver « nourriture, bon lait et soleil ». Les structures ont tellement souffert pendant la guerre qu’en 1959, les services chargés du contrôle avertissent la municipalité que l’autorisation d’ouverture ne sera pas donnée si d’importants travaux ne sont pas rapidement effectués.

9. CP LS ENFANTS

Les jeunes Saviniens dans la cour de la colonie, années 1950. Collection privée CAD/BM.

Dans les années soixante, grâce aux maires de Savigny-sur-Orge (le Docteur OUZILLEAU et Paul BONICI), la colonie scolaire s’offre donc une nouvelle jeunesse : dortoirs et salles à manger cloisonnés en petites unités, rénovation des douches, installation du gaz dans les cuisines, carrelage au sol, baies vitrées multipliées par trois, ravalement des façades, construction de l’infirmerie, des salles de jeux, une bibliothèque…

En 1962, la colonie est dirigée par Jean-Michel GAUTHEY. Cet instituteur de l’école Ferdinand-Buisson y a été moniteur, puis directeur adjoint. Chaque été, il se consacre aux deux sessions organisées à la colonie qui s’est transformée en centre de vacances.

Pendant près de 25 ans, les effectifs accueillis sont sans cesse grandissants. Des kermesses, des dîners masqués, des veillées à thème, des concours de châteaux de sable, des spectacles variés, des jeux divers, des courses de trésor, et bien d’autres activités sont organisés. Très vite, dès 1964, Jean-Michel GAUTHEY entrevoit de nouvelles perspectives : l’accueil de classes de mer…

4 juillet 1972 : Le centre permanent de classes de mer et de colonie de vacances «  La Savinière »

Le centre ouvre de manière permanente en mars 1972 par une colonie de vacances de Pâques avec une dominante sportive. Elle est suivie par quatre classes de mer, les premières organisées au centre, mais aussi dans le département. Le « tiers-temps » y est appliqué. Chaque jour, sauf le dimanche, on consacre deux heures et demie aux disciplines d’éveil, deux heures et demie aux activités physiques, artistiques et manuelles qui partent de l’observation du milieu : la mer, la pêche, l’environnement naturel. Les enseignants sont secondés par des moniteurs ou normaliens en stages pédagogiques.

Le 4 juillet 1972, l’inauguration officielle du centre permanent de classes de mer et de colonie de vacances est réalisée sous la présidence du maire de Savigny-sur-Orge, Raymond BROSSEAU. Pour plus de commodités, Jean-Michel GAUTHEY a proposé de dénommer le centre « La Savinière », nom acté par le conseil municipal le 26 avril 1972.

Bulletin municipal SSO novembre 1972 LA SAVINIERE

Bulletin municipal de Savigny-sur-Orge, novembre 1972. Les premières classes découvertes en terre vendéenne, p. 8. Fond privé CAD/BM.

Bulletin municipal SSO novembre 1972 LA SAVINIERE-1

Bulletin municipal de Savigny-sur-Orge, novembre 1972. Les premières classes découvertes en terre vendéenne, p. 9. Fond privé CAD/BM.

Depuis lors les classes de mer se sont transformées en classe de découverte. Elles sont de plus en plus nombreuses à fréquenter « La Savinière » : 8 en 1972, plus de 60 dans les années quatre-vingt-dix venant de Savigny-sur-Orge ou d’autres communes. Puis, le centre propose des activités sportives (initiation à la navigation, char à voile, poney…) et des activités liées à la découverte du patrimoine local (l’histoire de la Vendée, la géographie physique, la géologie, la faune et la flore, les problématiques humaines).

12. D LS CV et CM 1983

Dépliant publicitaire sur le Centre permanent La Savinière, 1983 (verso). Fond privé CAD/BM.

18. CP LS OPTIMISTE

Ecole de voile La Savinière, années 1980. Collection privée CAD/BM.

En 1982, le directeur présente à la municipalité savinienne un projet d’hôtellerie de plein air dans la pinède. La proposition est retenue… En juillet 1983, les premières caravanes arrivent sur une partie du terrain. Le camping-caravaning « La Savinière », 4 étoiles, est inauguré le 4 juillet 1984. Il n’existe plus mais, à la place, le centre disposera d’un agrément pour accueillir des mini camps de jeunes, des groupes sous tente.

21. CP LS VUES

Camping La Savinière, années 1980. Collection privée CAD/BM.

Sources de la communication
– Jean-Michel GAUTHEY, La Savinière. 1932-1992, Ville de Savigny-sur-Orge, Centre permanent de La-Tranche-sur-Mer, Imprimerie Graphique de l’Ouest, 1992, 48 p.

– Fonds privés « La Savinière » de Bernard MÉRIGOT, maire adjoint de la ville de Savigny-sur-Orge.
Bulletin municipal de Savigny-sur-Orge, novembre 1972, 6 pages consacrées à La Savinière (pdf) : Bulletin municipal SSO novembre 1972 LA SAVINIERE.
– Notice rédigée par Sylvie MONNIOTTE pour l’exposition « L’histoire des écoles de Savigny-sur-Orge (1847-1998) », lors des Journées européennes du patrimoine 1998, à la bibliothèque – médiathèque André Malraux, du 18 au 30 septembre 1998.
– Notice rédigée par Sylvie MONNIOTTE pour l’exposition « Savigny au siècle dernier. Les commerces, les écoles, « La Savinière » », organisée par le Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge,  à la salle des fêtes de Savigny-sur-Orge, du 21 au 25 novembre 2007.

Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, novembre 2007


DOCUMENT 2 : LES SAVINIENS SONT LA SAVINIÈRE !
– diaporama en deux parties à télécharger en pdf –

Première partie (1932 – 1972) : LES SAVINIENS SONT LA SAVINIERE – PEE Avril 2015 – Partie 1 def
Deuxième partie (1972 – 2015) : LES SAVINIENS SONT LA SAVINIERE – PEE Avril 2015 – Partie 2 def


En quatre-vingt-trois ans d’existence, le centre d’accueil « La Savinière » est devenu une institution pour l’épanouissement des enfants grâce aux classes découvertes pendant l’année scolaire ou aux séjours vacances, encadrés par une équipe de 22 employés. Plus d’une centaine de milliers de jeunes se sont forgés des souvenirs inoubliables. Rires, joies mais aussi parfois appréhension, pleurs… émotions et sentiments en tout genre éprouvés par des générations de Saviniens imprègnent les murs de la bâtisse vendéenne.

Rénovés régulièrement entre 1983 et 2008, les locaux ont été dotés d’un équipement de restauration moderne pour un coût de près de 500.000 euros en 2010. (6) Aujourd’hui, sous le prétexte d’une économie budgétaire, Éric MEHLHORN et sa majorité ferment la boîte à souvenirs. Le sourire des enfants, de leurs parents, de leurs grands-parents ne sera plus vendéen.

Certains ont dit que « La Savinière » était la danseuse de Savigny, un gouffre financier permanent. Cette seule raison ne pourrait justifier la fermeture et la cession de ce patrimoine de Savigny-sur-Orge sans aucune concertation avec les administrés. Brader le patrimoine de la commune, c’est brader l’intérêt général des Saviniens. D’autres solutions sont possibles. Les Saviniens ne manquent pas d’idées mais, pour que la municipalité de Savigny-sur-Orge les entende, encore faudrait-il que le maire et sa majorité sortent de leur tour d’ivoire dorée ! Un patrimoine local est, par définition, inestimable. Il n’a pas vocation à devenir une source de revenus. Préserver, entretenir, restaurer, gérer, valoriser pour les générations présentes et futures, voilà les maîtres-mots de son propriétaire.


SOURCES
1. Pour consulter les notes de synthèse et le budget primitif 2015 de la ville de Savigny-sur-Orge :

2. Lire les articles du site www.savigny-avenir.info, et les articles d’Essonneinfo.fr et du Parisien Essonne-matin (pdf) :

3. Pour voir une vidéo du conseil municipal, mise en ligne par Olivier VAGNEUX : https://oliviervagneux.wordpress.com/2015/04/14/la-video-du-conseil-municipal-du-13-avril-2015-a-savigny-sur-orge/.

4. Pétition sur le site www.change.org : https://www.change.org/p/conseil-municipal-de-savigny-sur-orge-rejet-du-budget-pour-la-partie-li%C3%A9e-aux-d%C3%A9penses-pour-la-jeunesse

PEE signe la pétition contre le budget primitif 2015 de la ville de Savigny-sur-Orge proposé par Eric MEHLHORN, maire UMP (www.change.org). 12 avril 2015.

PEE signe la pétition contre le budget primitif 2015 de la ville de Savigny-sur-Orge proposé par Eric MEHLHORN, maire UMP (www.change.org). 12 avril 2015.

4 bis. L’opposition citoyenne à la municipalité d’Eric MEHLHORN s’est constituée en collectif : Sauvons l’enfance de Savigny. Il possède son propre site Internet d’information et sa page Facebook : https://sites.google.com/site/sauvonslenfancesavigny/homehttps://www.facebook.com/sauvonslenfancesavigny.

LA SAVINIERE 1932-1992 - jaquette VHS

Jacquette de la VHS : La Savinière, 1932-1992. Fond privé CAD/BM.

5. Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, « La colonie scolaire de Savigny-sur-Orge », La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n° 16, sous la direction de Bernard MÉRIGOT, novembre 2007, pp. 6-7.
Voir aussi la VHS : Ville de Savignsy-sur-Orge – Centre permanent de La Tranche-sur-Mer, « La Savinière, 1932-1992 ».

6. Budget primitif 2010 de la ville de Savigny-sur-Orge : SSO CM BUDGET PRIMITIF 2010.

11b. D LS CV et CM 1983 une

Une du dépliant publicitaire sur La Savinière, année 1983. Fond privé CAD/BM.

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 16 avril 2015.

Parc Duparchy, les travaux en cours du Syndicat de l’Orge

Des travaux de réaménagement des berges, de renaturation du lit de l’Orge et de restauration de la promenade de l’espace naturel dans le secteur sis entre la rue de Morsang à Savigny-sur-Orge et l’avenue du Bellay à Viry-Châtillon, plus communément connu sous les noms de square de la Brasserie et parc Duparchy, avaient été soumis à une enquête publique entre le 17 février et le 22 mars 2014. L’association Portes de l’Essonne Environnement avait alors émis un avis favorable avec des réserves sur 1/ la nécessité réelle de démolir le plus ancien pont du secteur franchissant la rivière, 2/ l’absence de piste cyclable indépendante de la promenade piétonne. (1)

Les travaux sont en cours de réalisation. Le pont a été démoli, sans aucune conservation de matériaux le constituant à titre de sauvegarde de la mémoire patrimoniale : quelques pierres, quelques rambardes, des relevés de situation, des photographies… afin de créer un musée lapidaire. Les maires de Savigny-sur-Orge et de Viry-Châtillon n’ont probablement pas fait de démarche auprès du Syndicat en ce sens, loin d’eux ce genre de pensée pour les générations futures.

Pont dit Corot, un des accès au lycée Corot.

Pont dit Corot, un des accès au lycée Corot. Le plus vieux pont du secteur démoli lors des travaux sur la renaturation de la rivière par le Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2014.

PEE avait été la seule association à se préoccuper de ce patrimoine vernaculaire. Cette volonté de protection patrimoniale avait été clairement écrite dans l’avis remis lors de l’enquête publique. Le Syndicat de l’Orge n’a pas contacté le conseil d’orientation pour étudier ce dossier. Lors de la prochaine réunion de la commission des services publics, le jeudi 9 avril 2015, le représentant de PEE ne manquera pas d’en faire la remarque.

QUELQUES PHOTOGRAPHIES DES TRAVAUX (mars 2015)

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Chantier Duparchy, phase 1. Coût : 644 278 € TTC. Maître d’ouvrage et d’œuvre : Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2015.

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Localisation du chantier Duparchy, phase 1. Maître d’ouvrage et d’œuvre : Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2015.

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Chantier Duparchy : le pont dit Corot n’est plus là… Un pan de l’histoire vernaculaire du lieu a disparu à tout jamais, sans même rejoindre un musée lapidaire local ! © BM, mars 2015.

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Chantier Duparchy : le pont dit Corot n’est plus là… © BM, mars 2015.

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Chantier Duparchy, mené par le Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2015.

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Chantier Duparchy, mené par le Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2015.

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Chantier Duparchy, mené par le Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2015.

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Chantier Duparchy, mené par le Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2015.

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Chantier Duparchy, mené par le Syndicat de l’Orge. © BM, mars 2015.

SOURCES
1. Voir l’article sur le présent site Internet : http://portes-essonne-environnement.fr/le-syndicat-de-lorge-reamenagera-les-berges-de-lorge-parc-duparchy/ (17 mars 2014).

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 25 mars 2015.

L’origine de la traversée du Transilien RER-C à Savigny-sur-Orge

PEE ET LES JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 2014

Étrangement, on oublie souvent que les dossiers locaux, gérés dans le temps présent, puisent leur origine dans l’histoire locale. Le 5 juin 2014, le conseil d’administration du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) a approuvé la convention de financement pour la réalisation de la phase de projet du Tram-train Massy-Évry, la consultation des entreprises et la libération des emprises pour un montant de 39 millions d’euros. (A) Trois mois plus tard, le conseil général de l’Essonne adopte la convention de financement relative aux études « projet et assistance » pour un montant de 4,3 millions d’euros. Les travaux débuteront en 2015 pour une mise en service fin 2019. (B) Autre actualité locale, l’enquête publique relative à l’acquisition des terrains nécessaires à la réalisation du prolongement du T7 entre Athis-Mons et Juvisy-sur-Orge, créant ainsi une correspondance entre le tramway et les lignes du RER-C et du RER-D en 2018. (C) Deux dossiers, deux devoirs de mémoire des lieux : le premier rappelant que la création d’une ligne de transport n’est pas sans contrainte pour une cité et ses acteurs, le second rappelant que cette naissance se traduit par un accouchement parfois douloureux d’un nouveau paysage urbain local.

Les Journées du Patrimoine 1997 de la ville de Savigny-sur-Orge étaient consacrées au chemin de fer de Paris à Orléans traversant la commune depuis 1843. Ce fut l’occasion pour Sylvie MONNIOTTE de présenter une communication intitulée « L’histoire du chemin de fer à Savigny-sur-Orge à partir des sources originales conservées aux archives ». Elle a été reproduite en 2005, avec autorisation de l’auteur, dans la publication La Mémoire de Savigny-sur-Orge, coordonnée par Bernard MÉRIGOT, alors maire adjoint chargé du Patrimoine et des Syndicats intercommunaux. L’origine de la traversée du Transilien RER-C à Savigny-sur-Orge se trouve dans la construction de la ligne du chemin de fer de Paris à Orléans. (D)

Memoire SSO 2005 Chemin de fer 8 p

La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, septembre 2005, p. 1.


DOCUMENT : COMMUNICATION

Sommaire

I. Balafres ferroviaires indélébiles et lieux de mémoire
II. La mémoire manuscrite
III. Une physionomie communale qui change (NDLR : le texte est consultable en pdf)
1. 1841 : la ligne Paris-Orléans

2. 1881 : la Grande ceinture de Paris
3. 1888 : la Gare de marchandises
4. 1903-1904 : le doublement des voies et la Gare actuelle de Savigny
Notes (NDLR : le texte est consultable en pdf)

Communication
(extraits reproduits ci-dessous avec l’autorisation de l’auteur – texte entier en pdf)

Le patrimoine ferroviaire et ses implications cadastrales sont souvent considérés comme mineurs dans une ville. Lignes de chemin de fer, ponts, passages à niveau, réseaux routiers adjacents font tellement parties de notre paysage quotidien que l’on n’y fait plus guère attention. Pourtant une lecture historique des documents qui concernent ce patrimoine, montre combien ces lieux de mémoire sont primordiaux dans l’Histoire d’une cité.

I. BALAFRES FERROVIAIRES INDÉLÉBILES ET LIEUX DE MÉMOIRE

Au moment où la Tangentielle ferrée sud dans les vallées de l’Orge et de l’Yvette suscite bien des interrogations de la part des administrations, des collectivités, de ses futurs riverains, quant aux aménagements liés directement à la mise en œuvre du projet et aux conséquences d’une telle ligne ferroviaire sur la ville, ses habitants et l’écosystème local, les Saviniens d’aujourd’hui ont-ils une pensée pour ceux d’hier ?

Les études du Comité de pilotage 1996-97 portent essentiellement sur le déplacement de la gare d’Épinay-sur-Orge vers le nord (à l’intersection de la future ligne Massy – Évry et la ligne RER-C), sur la dérivation du cours de l’Yvette, sur l’adaptation de la RD 257, sur l’insertion dans l’environnement local (en ce qui nous concerne celui de Grand-Vaux) : bref, sur des lieux qui ont une mémoire, un passé, une histoire à nous transmettre avant de disparaître ou d’être irrémédiablement modifiés (1).

SNCF, ligne C du RER, Lara, Bali, ticket, coupon, contrôleur, retards, grèves, ce sont autant de mots si souvent utilisés de nos jours par des milliers de banlieusards empruntant le train pour aller et venir de Savigny-sur-Orge à un point X, et inversement.
Mais ces voyageurs savent-ils qu’une ligne ferroviaire est un formidable lieu de mémoire pour quiconque s’intéresse à l’Histoire d’une localité ? Ont-ils conscience de la valeur historique d’une balafre ferroviaire sur un plan cadastral ? Soupçonnent-ils que, de la construction de leur ligne, est née une frontière indélébile entre le haut de Savigny, le Plateau, et le bas de Savigny, l’ancien village ? Qu’au cours des XIXe et XXe siècles, sous l’impulsion d’une société remodelant selon ses besoins les tracés ferroviaires et leurs abords, le chemin de fer a bouleversé au moins quatre fois la configuration des rues et des quartiers qu’il traverse, pour leur donner leurs allures actuelles ?

Avec le projet de rocade ferroviaire, nous sommes sur le point de tourner une page de l’histoire des lieux. Nous assistons aux premières douleurs de l’accouchement d’un nouveau paysage urbain local. Dans des circonstances différentes, nous vivons ce que les Saviniens ont vécu lors :

1/ de l’arrivée du chemin de fer à Savigny en 1841 : entrant par le nord-est sur un pont surplombant l’Orge construit par la Compagnie de chemin de fer, longeant l’actuelle avenue de l’Orge (supprimant ainsi les anciens sentiers de Savigny à Fromenteau, de la Péteuse, et de Saint-Martin, élargissant le chemin d’exploitation des Marais pour Dieu), passant sous le pont de la Montagne pavée (ancienne Montagne du Christ), suivant le trajet d’une partie de la rue de la Fontaine Blanche (ancien sentier du même nom), arrivant à la hauteur de l’actuelle gare (ancien sentier latéral, suppression de la Vieille rue, passage à niveau devant le château), traversant sur un pont la rue Joliot-Curie (ancien chemin de la Cave), longeant la rue des Tourelles (ancien sentier latéral), enjambant la rue de la Martinière par un pont (voie très fréquentée à l’époque), passant entre la rue de l’Égalité et la rue des Rossays (remplacement du chemin de Savigny à Épinay, du vieux chemin de Rossay, suppression du sentier du haut de Rossay, pont sur le chemin de la Croix de Rossay -seule voie de communication avec Grand-Vaux), sortant de Savigny en direction d’Épinay par le viaduc sur l’Yvette ; corollaire de cette arrivée, une station provisoire est construite sur un petit terrain cédé par la maréchale DAVOUT en 1844, près du pont Joliot-Curie ;

La première gare de Savigny-sur-Orge, avant 1904. Carte postale A. Thévenet, Savigny. Collection HB.

La première gare de Savigny-sur-Orge, avant 1904. Carte postale A. Thévenet, Savigny. Collection SMM.

2/ de la réalisation de la Grande ceinture de Paris en 1881 : touchant le site de Grand-Vaux en se déviant de la ligne Paris – Orléans à la hauteur de l’actuelle autoroute A6, passant sur l’Yvette en direction de la gare de Petit-Vaux ;

3/ de l’établissement d’une gare de marchandises à Savigny, avec son chemin latéral d’accés, en 1888-89 : entre la ligne Paris – Orléans et l’actuelle rue de la Fontaine Blanche (non loin de la gare) ;

4/ du doublement des voies de la ligne Paris – Orléans en 1903 ; corollaire de ces travaux, en 1904-05, la construction de la gare actuelle de Savigny et du pont de Saint-Michel (2).

Gare 1904

La gare de Savigny-sur-Orge, construite en 1904. Carte postale A. Thévenet, Savigny. Collection HB.

II. LA MÉMOIRE MANUSCRITE

Grâce aux documents conservés dans les dépôts d’archives municipales, départementales et particulières, les historiens peuvent saisir les changements vécus par les Saviniens et leur patrimoine foncier tant privé que communal.

Les Archives municipales de Savigny détiennent les registres de délibérations municipales (3), les matrices cadastrales et un fonds de photographies – cartes postales anciennes sur lesquelles la gare de Savigny figure sous différents angles et à différentes époques. Nous avons ainsi une illustration de la première gare de Savigny, datant de la deuxième moitié du XIXe siècle, succédant à la simple station – abri de 1844, construite en pierre, sise tout près du pont Joliot-Curie (en arrière de l’actuelle maison dite « École Joséphine »). La seconde gare de Savigny, édifiée en 1904 légèrement en amont de la ligne par rapport à son aînée, est celle que nous connaissons avec sa célèbre frise « Chemin de fer d’Orléans » (4).

À Chamarande, aux Archives départementales de l’Essonne, deux séries sont immédiatement consultables pour le réseau ferré parisien : les séries Sp et Up. Malgré des intitulés de cotes alléchants, les dossiers Sp « Chemin de fer » spécifiques à Savigny se sont avérés lacunaires. Une succession de rapports d’ingénieurs, d’arrêtés, de correspondances (1930-1940), des tables de surfaces de déblai – remblai (1836), une carte du réseau des lignes de base (1868) n’offrent à cette commune qu’une infime place et la relègue au rang de citation parmi d’autres villes. Seule une mise en demeure pour la Compagnie de chemin de fer d’enlever un atterrissement sous le viaduc du chemin de fer portant directement la commune (5).

La deuxième série, Up « Tribunal de première instance de Corbeil », est beaucoup plus instructive sur les balafres ferroviaires saviniennes. Trois importantes liasses de documents concernent : les procédures administratives et judiciaires entamées par la Compagnie de chemin de fer d’Orléans afin d’obtenir les terrains saviniens nécessaires à la construction de la voie ferrée de 1841, les premières préoccupations des Saviniens (élus et administrés dont la maréchale DAVOUT), les dossiers d’expropriation de 1841-43, de 1879-81 pour le chemin de fer de la Grande ceinture de Paris, de 1888 pour la réalisation d’une gare de marchandises, enfin de 1903 pour le doublement des voies de la ligne Paris – Orléans (6).

Gare vers la province

Vue de la gare de Savigny-sur-Orge, en direction de la province. Carte postale Olivier, épicerie. Collection HB.

Enfin, une bibliographie ancienne est disponible dans le fichier « Chemin de fer » du dépôt départemental. La presse locale du XIXe siècle y est peu abondante, mais elle fournit un état précis du processus d’expropriation. La presse du début du XXe siècle et les périodiques généraux ou spécifiques au chemin de fer mentionnent certains détails intéressants sur la future ligne du RER C : agitation anti-ferroviaire, urgence du doublement des voies entre autres (7). Un livre, édité à Orléans et à Paris en 1845, doit retenir l’attention – en sus des ouvrages spécialisés et des manuels de vulgarisation, précurseurs des « Que-sais-je ? » : Paris – Orléans ou parcours pittoresque du chemin de fer de Paris à Orléans de Salvador TUFFLET. Il s’agit d’un superbe guide touristique de luxe présentant les diverses curiosités naturelles et historiques des citées, dont Savigny, traversées par le Paris – Orléans du début des années 1840. On peut y admirer des dessins de la station-abri provisoire de Savigny, du château de Savigny vu du railway, du viaduc de Villemoisson-sur-Orge et du viaduc sur l’Yvette (8).

III. UNE PHYSIONOMIE COMMUNALE QUI CHANGE

(…)

Sylvie MONNIOTTE, septembre 1997

La suite du texte de la communication (partie III et notes) est consultable à l’intérieur du fichier  pdf de La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, septembre 2005, pp. 5-8 : MEMOIRE SSO 2005.


SOURCES
A. STIF, « Convention de financement de 39 millions d’euros pour le tram-train Massy-Évry », communiqué de presse du 2 juillet 2014 (pdf) : STIF_-_CA_02072014_CP-_Financement_Tram-Train_Massy-Evry-2.
B. Le Parisien Essonne-matin, « Un pas de plus pour le projet tram-train », 16 septembre 2014, p. II (pdf) : 2014-09-16 LP TTME ; Le Républicain, F.H., « Le projet de tram-train Massy-Évry devient irréversible selon Jérôme Guedj », 18 septembre 2014, p. 08 (pdf) : 2014-09-18 LR TTME.
C. Préfecture de l’Essonne, Arrêté n°2014/SP2/BAIE/022 du 5 août 2014 portant ouverture de l’enquête parcellaire relative au projet de prolongation de la ligne du tramway 7 d’Athis-Mons à Juvisy-sur-Orge (du 22 septembre au 7 octobre 2014) (pdf) : arrêté parcellaire T7.
D. Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, « L’histoire du chemin de fer à Savigny-sur-Orge à partir des sources originales conservées aux archives », La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, septembre 2005, pp. 5-8 (communictaion présentée en septembre 1997).

© Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, 20 septembre 2014.